70 Jean-Jacques Birgé

Jean-Jacques Birgé

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lundi 10 novembre 2025

Nonselves sur Bad Alchemy 131 (revue allemande)


JEAN-JACQUES BIRGÉ ne laisse pas passer le 50e anniversaire du label GRRR sans démontrer une nouvelle fois, avec Nonselves (GRRR 3124, DL), sa fantastique créativité et la vitalité de son œuvre.
En une sorte de « plunderphonie » qu'il a composée en 2019 en référence aux 110 courtes vidéos présentées à la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris par John Sanborn, l'artiste américain connu notamment pour ses collaborations avec The Residents, qui avait créé un autoportrait inhabituel. À savoir ex negativo, avec 110 caractéristiques et attitudes qui, prétend-il, ne le caractérisent pas, lui, Sanborn – NOT ME : Not wild. Not binary. Not romantic. Not gay. Not honest. Not hostile. Not innocent. Not liberated. Not sociable etc. etc... Mis en images sur des motifs absurdes, de nombreux clips musicaux, un mélange de contrastes bizarres, ironiques, sarcastiques. Mais voyez par vous-même →http://nonself.me !!!
Birgé s’y colle, en analogie musicale, avec des claviers d'échantillons, dans sa « radiophonie » il mélange, à l'instar de Sanborn, des sons pop, classiques, art rock et avant-gardistes, des extraits de tubes, des citations de films, d'interviews, de publicités, des effets de distanciation brechtienne, qu'il « birgétise » de manière cinématographique et auditive. Avec pratiquement aucun son « Not Me ». Le cut-up se joue également « en direct live », comme un Anything-goes (tout est permis) et un orchestral Everything-together (tout tous ensemble). Birgé est certes mentionné à juste titre dans Wikipédia sous le mot-clé « Plunderphonics » en relation avec John Oswald, The Residents et Negativland. Mais, comme il me l'écrit, c'est John Cage qui lui a donné l'impulsion, notamment avec le « Roaratorio », la « Sinfonia » de Berio et, enfin et surtout, « Number 9 » des Beatles. Avec mon penchant pour Mahler et Charles Ives, j'ai toujours été réceptif à ce genre de choses, notamment en tant que contrepoint – surréaliste ? – au narcissisme et à l'expressivité. En tout cas, pour moi, cela ne tient pas à un jeu occasionnel, mais à l'essence même de Birgé. Comme quelqu'un qui, avec Jean Cocteau, se distingue de ceux qui « se divertissent sans arrière-pensée ». Qui se sent proche de Simon Rummel, « encyclopédiste avide de savoir », lorsque celui-ci, avec son ensemble Umlaut, réussit à créer une musique bizarre qui rappelle à la fois Haydn, Offenbach, Kagel, Spike Jones ou le Bonzo Dog Band. Et bien sûr à Un Drame Musical Instantané. Compagnons de voyage, voyageurs et guides à travers l'espace et le temps. [drame.org/blog/, 10.11.25]

Nonselves : → version audio de Birgé / → version vidéo de Birgé et Sanborn

Et comment pourrais-je, en tant que Bad Alchemyst, ne pas citer JJB : "Alors, à Lille comme je sortais de ma conférence sur 200 Motels de Frank Zappa, mes oreilles se sont dressées et mes yeux n'ont fait que trente-trois tours lorsque Falter Bramnk m'a remis son CD tout frais. Vinyland Odyssee est une sorte de collage. Il me rappelle les œuvres de Max Ernst ou Jacques Prévert, les affiches déchirées de Raymond Hains ou Jacques Villeglé, voire mes propres émissions de radio telles qu'elles étaient diffusées sur Crimes parfaits (1981). Max Ernst ou Jacques Prévert, aux affiches déchirées de Raymond Hains ou Jacques Villeglé, ou encore mes propres radiophonies telles qu'on les entend dans Crimes parfaits (1981) ou L'ai-je bien descendu (1989). Certaines pièces sont drôles et spirituelles, d'autres grinçantes et corrosives. Je pense aussi aux premiers dessins animés de Walt Disney avant qu'ils deviennent politiquement corrects." [drame.org/blog/, 29.10.25]

Rigobert Dittmann

Simon Rummel Ensemble sur Umlaut


Jean Cocteau critiquait ceux qui « s’amusent sans arrière-pensées ». Ce n’est certainement pas le cas de Simon Rummel, compositeur et chef d’orchestre allemand à la tête d’un ensemble de onze musiciens dévoués. En encyclopédiste curieux il puise son inspiration dans tous les folklores, j’entends par là la musique classique, le jazz, les variétés internationales sans oublier son propre terroir, le bruitisme moderne et d’autres sources qui ne sont pas forcément sonores. Pour créer des pièces microtonales il n’hésite pas à utiliser les voix ou un synthétiseur Casio rudimentaire affublé de potentiomètres, et à côté des cuivres, des anches, du violon et de la batterie on entend des flûtes à bec, un harmonium et des sons électroniques. Ces petits courts métrages joyeux rappellent les facéties de Haydn, Rossini, Offenbach, Satie ou Kagel comme de Spike Jones et ses City Slickers ou du Bonzo Dog Band. Il prolonge aussi la tradition des fanfares allemandes, particulièrement réputées, même s’il leur tord le cou avec bienveillance, mais c’est tout de même au big band de jazz que semble aller sa préférence, un cadre qui sert aussi bien l’ensemble que les individualités. Ce cousin germain d’Un Drame Musical Instantané (époque du grand orchestre 1981-86) m’enchante en me faisant voyager dans l’espace et dans le temps. Le grand jeu : passé, présent, avenir !


Parallèlement à l'Ensemble, Simon Rummel dirige des chœurs amateurs, joue de l’orgue chaque dimanche dans une petite église de la banlieue de Cologne, compose pour la danse et le cinéma et réalise des installations/sculptures sonores avec des instruments originaux qu'il invente, basés sur la microtonalité.

Albums de l'Ensemble parus sur le label Umlaut :
Nichts Für Alle 2016
Im Meer 2017
Singinging 2023
Antworten auf seltene Fragen, à paraître le 29 novembre 2025