70 Jean-Jacques Birgé

Jean-Jacques Birgé

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mercredi 21 janvier 2026

Les tests ravageurs


Au début des années 90 le laisser-faire du siège de Sarajevo avait marqué le blanc-seing à des outrances que la fin de la seconde guerre mondiale avait interdites jusque là. Avaient suivi aussitôt le génocide rwandais et la guerre en Tchetchénie.
L'incroyable non-intervention à Gaza contre le régime génocidaire d'extrême-droite de Netanyahou a de même montré à son complice étatsunien qu'il pouvait pratiquer le même cynisme sans craindre les foudres des autres pays.
Trump est intervenu ainsi au Venezuela, annonçant ses vues sur le Groenland, le Canada, Cuba, etc. Israël et les USA mettent fin à l'ONU qui était parfois intervenu dans le passé. Ils offrent également une opportunité à la Russie pour le Donbass, à la Chine pour Taïwan et à quiconque aurait des envies expansionnistes sur son voisin.
Ce n'est pas que les guerres coloniales ou les politiques impérialistes avaient cessé, mais cela ne se revendiquait plus au grand jour depuis le délire nazi. Cela n'a pas empêché 25 chefs d'états africains de mourir assassinés depuis les années 60. Mais aujourd'hui les services secrets ne servent même plus à rien. Tout se fait au grand jour. Nous sommes entrés dans une période où le cynisme est explicite.
Comme je l'évoquais récemment, cette arrogance a toujours perdu les puissants. Mais entre temps les populations, qui n'ont rien à voir avec les bras de fer économiques des élites gouvernantes, en prennent pour leur grade. Rappelons la célèbre phrase de Paul Valéry : "La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent bien mais ne se massacrent pas."
La seule chance que nous ayons est d'arrêter les Docteurs Folamour au pouvoir en refusant, de toutes parts, d'y aller et en espérant que le capitalisme s'épuise de lui-même selon les lois de l'entropie qui, sinon, risquent de s'appliquer à l'humanité toute entière.

Nadoz, pour guitare et clarinette basse


Si je me souviens bien, la guitariste Christelle Séry et le clarinettiste Étienne Cabaret se sont rencontrés au sein du Moger Orchestra. Deux ans plus tard, les voici en duo avec Nadoz pour l'album Le jour entier, une série de très belles pièces où l'une chante parfois et l'autre fait des bruits bizarres, comme j'adore, avec son arbre à sons. C'est frais et inventif, entre musique contemporaine, où Christelle Séry excelle, et musique traditionnelle explicitement bretonne d'où vient Étienne Cabaret. Résultat plutôt pop, entendre que cela pourrait plaire à tout un chacun et chacune, sans les barbelés des frontières imbéciles qui cloisonnent les genres et les publics. Les textes sont de Cabaret, sauf un emprunt à L'assommoir de Zola. Pour s'accorder à Christelle Séry merveilleusement électrique, il choisit la clarinette basse et les percussions grattées, frottées, secouées. Au fil du disque, la complicité montre une fois de plus le secret de la réussite. On peut s'aimer, se désirer, faire de la gymnastique, ou pas, mais sans la complicité la vie reste éphémère. C'est la garante des associations satisfaisantes, l'indispensable lien entre rêve et réalité, l'équilibre sur le fil fragile de l'existence.

→ Nadoz, Le jour entier, CD Musiques Têtues, dist. L'autre distribution, 15€, également sur Bandcamp