Le lagon bleu d'Erwan Keravec
Par Jean-Jacques Birgé, vendredi 23 janvier 2026 à 00:02 :: Musique :: #6083 :: rss

Pour illustrer ses trois nouvelles compositions pour cornemuse écossaise, Erwan Keravec choisit la station thermale du lagon bleu en Islande. C'est un gigantesque lac artificiel au milieu des champs de lave et de lichen alimenté par l'eau d'une centrale géothermique. Après ses remarquables interprétations récentes de Terry Riley ou Philip Glass, son album "solo" Whitewater, qui signifie eaux vives, d'essence tout autant minimaliste, fait bien l'effet d'un bain chaud entre 36° et 40°. L'appréhension de s'y plonger cède la place à une fascination dont il est à la fois douloureux et rassurant de s'extraire. Le timbre omnubilant et invasif du drone de la cornemuse renfermerait-il silice, sel de mer, calcium, carbonate et magnésium, soins d'un guérisseur ou sons d'un chaman breton à vous donner le vertige, comme jadis le Pandit Pran Nath, La Monte Young et Marian Zazeela ? La musique d'Erwan Keravec n'est pas sans risque, c'est d'abord une expérience réclamant de s'abstraire de son quotidien rassurant et répétitif. Un comble donc certainement. L'instrument tellurique y est pour quelque chose, trois bourdons (un basse et deux ténors) à anche simple, et un chanter (tuyau mélodique) muni d'une anche double. Après deux pièces intenses, Increase the flow rate et Until the swirl appears, la plus courte, Leeshore, nous aide à sortir du bain.
→ Erwan Keravec, Whitewater, CD 12€ - LP 22€ Offshore/Ici d'Ailleurs, dist. l'Autre distribution
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