J'ai demandé à Vincent Segal d'imiter un oud avec son violoncelle. Comme d'habitude lorsque les intentions sont claires et que les musiciens sont de ce niveau technique et sensible, c'est dans la boîte dès la première prise. La culture générale fait toute la différence.

Deux remarques en relisant cet article du 19 mai 2013.
La première concerne mon camarade Vincent Segal qui continue à m'enchanter. Ces jours-ci j'écoutai son duo avec le pianiste cubain Roberto Fonseca, son disque avec le contrebassiste Stéphane Kerecki où intervient la trompettiste Airelle Besson, le quartet composé de Ballaké Sissoko à la kora, Émile Parisien ‎au soprano et Vincent Peirani ‎à l'accordéon et des enregistrements cette fois plus anciens que nous avions réalisés ensemble. J'aime ces coups de fil depuis une gare, un aéroport ou son petit studio où il travaille son violoncelle, mais jouer avec lui me manque, tant son esprit d'à propos est incroyable, son lyrisme envoûtant et son enthousiasme communicatif.
La deuxième est l'inquiétude ressentie devant la perte de culture générale chez la plupart des jeunes que je rencontre. Ils sont contaminés par les effets Kleenex d'une époque amnésique qui ne pense même plus réinventer la roue, sans comprendre que leur avenir est dicté par le passé. Je fus récemment stupéfait que des étudiants ne connaissent ni les Beatles, ni Jacques Tati, ni David Lynch. Seule la culture générale permet de s'extirper des idées reçues. À mariner dans son propre jus, on rate le changement d'angle qui manque aux spécialistes. Je me souviens que, jeune responsable des études à l'Idhec (future Femis), j'exhortais les élèves à lire des livres, aller voir des expos, assister à des concerts, s'intéresser à la danse, voyager, parce qu'il ne suffisait pas de voir des films pour faire du cinéma. Il faut sans cesse apprendre à vivre et remettre son titre en jeu pour ne pas suivre le mouvement qui nous est imposé par l'actualité, les us et coutumes et le politiquement correct. Mais est-ce que cela n'a pas toujours été ainsi ?


Scénario et réalisation - Pierre Oscar Lévy
Direction artistique - Jean-Jacques Birgé
Musique - Vincent Segal
Assistante - Sonia Cruchon
Conseil historique - Luis Belhaouari
Post-production - Snarx-Fx
Production déléguée - Dominique Playoust, Pixo Facto
Droits photo © RMN (Musée d'Orsay) / Thierry Le Mage
À l'origine, le film produit par Samsung Electronics France fut conçu pour être joué en boucle dans le cadre de "Révélations, une odyssée numérique dans la peinture".
Exposé au Petit Palais en septembre-octobre 2010.