Paul Jarret a plusieurs cordes à sa guitare. Il prend la tangente, à l'opposé de son contemplatif Acoustic Large Ensemble, avec Tilia, son dernier album, où il revient à ses amours de jeunesse, rock 'n pop, sans délaisser le jazz ni le free. Écouter son nouveau quartet européen avec le saxophoniste allemand Philipp Gropper, le contrebassiste Étienne Renard et la batteuse d'origine coréenne Sun-Mi Hong, c'est comme relire un album de Tintin, il n'y a pas d’âge pour cela. On y revient toujours, un jour ou l'autre. Du rock progressif de maintenant, plutôt british façon frithé, distordu et rythmé, où les quatre musiciens jouent comme un seul homme. Les morceaux de Tilia (le tilleul) font référence à l'arbre, des racines aux feuilles en passant par les ramures. Ça bourgeonne et ça pousse, c'est le printemps, un printemps précoce.

→ Paul Jarret, Tilia, CD BMC, 11€, dist. Socadisc