Encore une nouvelle manière de découvrir la Sérénissime (c'est mon huitième voyage), je pars à Venise pour une petite semaine avec mon petit-fils qui a huit ans. Je publierai peut-être quelques images sur FaceBook ou Instagram, mais ne reprendrai le Blog qu'à partir du lundi 20 avril.
C'est Jean-André Fieschi qui me la fit connaître en 1979 pour clôturer quatre ans de collaboration ; nous arrivâmes à minuit le jour de Noël à la gare ferroviaire de Santa Lucia, sous dix centimètres de neige ; le lendemain nous sommes allés à la Scuola di San Giorgio degli Schiavoni admirer les Carpaccio, seuls avec un couple que nous avons regardé s'éloigner sur le quai enneigé : c'était Michelangelo Antonioni ! J'ai acheté des bottes pour braver l'acqua alta, arpenté la Biennale d'Art Contemporain, me suis baigné au Lido, y ai vécu le pire, une séparation, et le meilleur, toutes les autres fois ! J'y suis allé avec ma fille Elsa qui avait six ans, et c'est au tour de son fils aîné de vivre ce rêve éveillé. Qu'il fasse jour ou qu'il fasse nuit, ce sont bien des Nuits blanches (Visconti, 1957) ou Quatre nuits d'un rêveur (Bresson, 1971) qui me donnent envie de vivre. Y marcher la nuit, c'est comme si un gardien nous avait oubliés, après la fermeture du théâtre, dans ce décor de carton-pâte.