70 Humeurs & opinions - janvier 2026 - Jean-Jacques Birgé

Jean-Jacques Birgé

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mercredi 28 janvier 2026

Allégorie de la politique culturelle française


L'article datant du 10 mai 2013, j'aurais pu titrer la peau de chagrin, tant nous sommes allés de Charybde en Scylla. Rien n'a changé, tout a empiré. J'ajoute que je comprends mal le peu d'intérêt que suscite la culture dans les colonnes de deux des magazines qui me semblent les plus combatifs, à savoir Mediapart et Le Monde Diplomatique. Les aspects les plus explicitement politiques ont toujours représenté pour moi la façade d'un monde dont la culture abrite les racines. Quant à l'art, n'en parlons même pas ! Comme disait Godard, "la culture est la règle, mais l'art est l'exception."

Dans la sphère culturelle les réductions de budget vident les structures de leur sens. Au delà des frais fixes et incompressibles, immobilier et entretien, salaires des permanents, etc. il ne reste rien ou pas grand chose pour la programmation. Les lieux d'accueil deviennent des coquilles vides. Les artistes se retrouvent donc dans une situation de plus en plus précaire, les intermittents sont pour la plupart incapables de comptabiliser les heures nécessaires pour faire valoir leurs indemnités de chômage, sans parler des autres, condamnés à manger de la vache enragée. Tout le monde s'inquiète, mais la révolte est encore bien sourde face à l'austérité prônée par le gouvernement. Tout cela n'est évidemment qu'une question de choix, et tous les secteurs de l'économie sont touchés par cette politique criminelle et suicidaire. On jette à la rue les pauvres pour faire le lit des riches. Le nombre des nantis est pourtant inversement proportionnel à celui des exclus.
En regardant la cour du Palais Royal depuis la terrasse du Ministère de la Culture j'ai cru y voir une allégorie de ce gâchis. Au premier plan les colonnes de Buren sont entières, mais derrière ce petit rempart toutes les autres sont sciées à la base, asphyxiés par les bâtiments historiques qui les encadrent dans une bienséance de façade.


Le personnage qui erre au milieu de cette forêt décimée me rappelle le héros de bande dessinée Léon-La-Terreur ou le photographe Gilbert Garcin [...]. Dans des registres différents leurs deux bonshommes cravatés noir et blanc dynamitent les conventions et nous interrogent sur l'absurdité de notre monde.

mercredi 21 janvier 2026

Les tests ravageurs


Au début des années 90 le laisser-faire du siège de Sarajevo avait marqué le blanc-seing à des outrances que la fin de la seconde guerre mondiale avait interdites jusque là. Avaient suivi aussitôt le génocide rwandais et la guerre en Tchetchénie.
L'incroyable non-intervention à Gaza contre le régime génocidaire d'extrême-droite de Netanyahou a de même montré à son complice étatsunien qu'il pouvait pratiquer le même cynisme sans craindre les foudres des autres pays.
Trump est intervenu ainsi au Venezuela, annonçant ses vues sur le Groenland, le Canada, Cuba, etc. Israël et les USA mettent fin à l'ONU qui était parfois intervenu dans le passé. Ils offrent également une opportunité à la Russie pour le Donbass, à la Chine pour Taïwan et à quiconque aurait des envies expansionnistes sur son voisin.
Ce n'est pas que les guerres coloniales ou les politiques impérialistes avaient cessé, mais cela ne se revendiquait plus au grand jour depuis le délire nazi. Cela n'a pas empêché 25 chefs d'états africains de mourir assassinés depuis les années 60. Mais aujourd'hui les services secrets ne servent même plus à rien. Tout se fait au grand jour. Nous sommes entrés dans une période où le cynisme est explicite.
Comme je l'évoquais récemment, cette arrogance a toujours perdu les puissants. Mais entre temps les populations, qui n'ont rien à voir avec les bras de fer économiques des élites gouvernantes, en prennent pour leur grade. Rappelons la célèbre phrase de Paul Valéry : "La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent bien mais ne se massacrent pas."
La seule chance que nous ayons est d'arrêter les Docteurs Folamour au pouvoir en refusant, de toutes parts, d'y aller et en espérant que le capitalisme s'épuise de lui-même selon les lois de l'entropie qui, sinon, risquent de s'appliquer à l'humanité toute entière.

dimanche 4 janvier 2026

Des espoirs


À l'origine c'est un post publié sur FaceBook, et puis chemin faisant j'ai pensé le copier ici.

Plafonnant sans cesse aux 5000 "amis", limite imposée par FB, je retire systématiquement les idiots pour pouvoir accepter de nouvelles invitations. Ainsi, même si je les aime bien parfois dans la vraie vie, je vire les camarades qui ne comprennent rien au désordre du monde. Leurs propos me dépriment tout simplement lorsqu'ils affublent LFI (à laquelle je ne suis pas affilié) d'antisémitisme, lorsqu'ils justifient le génocide des Palestiniens en évoquant le Hamas, lorsqu'ils n'identifient pas les provocations et les ingérences des USA secondés par l'OTAN, lorsqu'ils tiennent des propos racistes, machistes ou tout simplement idiots, alors que grâce au plus grand nombre des autres j'apprends plein de choses et que leur solidarité m'aide à supporter l'absurdité de l'espèce humaine. Je comprends que certain/e/s défendent leurs privilèges de classe, j'ai plus de mal lorsque ceux qui n'en profitent pas les soutiennent becs et ongles.

Je pense avec désespoir au monde que nous laisserons, incapables d'enrayer la catastrophe générée sur l'autel du profit à court terme. Certain/e/s y verront de la sensiblerie de ma part, moi qui vis à l'abri d'un home sweet home, protégé par les restes d'un pays qui fut socialement exemplaire, sans être dupe du coût généré par son colonialisme, toujours actuel, même si déguisé. Notre impuissance me pousse à œuvrer dans une politique de proximité, en marge de tous les systèmes qui n'ont apporté que misère, injustice, corruption, mort et cynisme. Il y eut dans l'Histoire quelques avancées fondamentales, mais la résultante est hélas négative.

J'ai plusieurs fois tenté de quitter FaceBook, mais je n'ai pas trouvé de plateforme d'information plus efficace dans le cadre de mes activités professionnelles, ou politiques. Je lis évidemment Mediapart et Blast, parfois Le Monde Diplomatique, et survole les grands médias aux mains des quelques milliardaires, histoire de savoir tout de même ce que les réactionnaires nous concoctent.

Mes articles quotidiens, au moins du lundi au vendredi, abordent généralement des sujets absents ailleurs, en particulier dans le domaine culturel. La presse lui réservant plus que jamais une peau de chagrin, mon blog est un espace militant et solidaire. Je ne suis pas journaliste, d'une part un simple citoyen, d'autre part un artiste conscient de l'importance que chacun peut revêtir pour l'autre. Aucune humilité de ma part, c'est simplement le fruit d'un travail acharné à l'écoute des bruits du monde et de la quête poétique de mon inconscient, d'où une certaine forme d'égocentrisme propre à tous les artistes, en espérant toujours toucher le plus grand nombre, même si c'est très relatif au vu de la marginalité de ce que représente la recherche en matière de création artistique. Penser par soi-même est un vœu pieux, mais on fait ce qu'on peut avec les moyens du bord.

P.S.: Ne manquez pas demain lundi "USA le complot", une émission de création de 1983 réalisée par Un Drame Musical Instantané !

jeudi 1 janvier 2026

Une année explosive !


Cette nouvelle année, je vous la souhaite explosive. C'est pourtant le contraire d'un appel à la guerre, à la violence ou à quoi que ce soit de négatif, mais la situation ne peut plus durer. Je rêve en effet que ce monde inique, cynique, lâche et criminel laisse la place à la solidarité, à la justice, et pourquoi pas à la vieille trinité liberté-égalité-fraternité rangée aux oubliettes par une clique de politicards véreux à la solde des très riches qui ont déclaré la guerre aux pauvres. Le capitalisme est arrivé à une extrémité qui nous condamne tous et toutes s'il ne s'écroulait de lui-même par son absurdité maladive et suicidaire. Les puissants auront beau construire des bunkers sur des îles lointaines, ils se feront dézinguer par leurs domestiques et leurs agents de sécurité dont ils ne peuvent se passer. Je repense au film Sans filtre (Triangle of Sadness) de Ruben Östlund. Le mauvais scénario est la destruction de la planète vers laquelle nous courrons tête baissée. Mais on peut toujours rêver, on peut toujours s'aimer, je ne sais pas pour combien de temps encore, mais raison de plus, se souhaiter une année moins dégueulasse que celle qui laisse se perpétuer un génocide qui fait honte à ce qui me fut léguer. Dans l'histoire de l'humanité le désespoir a souvent accouché de miracles, parce qu'alors on n'a plus le choix. En attendant, je reproduis une des vitrines de Bernard Belluc exposées à Sète au MIAM, mais mes vœux sont sincères. Si vous ne pouvez pas changer le monde, aimez vous les uns les autres, embrassez vos voisins, protégez la faune et la flore autour de chez vous, partagez la tendresse que je vous envoie puisque vous m'avez lu jusqu'ici.