70 Pratique - décembre 2025 - Jean-Jacques Birgé

Jean-Jacques Birgé

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vendredi 26 décembre 2025

En 2013 j'étais passé à la planche à clous


Depuis cet article du 5 avril 2013, je continue mes pratiques de fakir, même si, depuis trois ans, le Theragun remplace souvent le Shaktimat (le deuxième article est daté du 9 juin 2022) ! En plus, depuis que je fais du vélo d'appartement (sur les conseils de Peter), je me suis gainé et n'ai plus besoin d'aller chez l'osthéopathe.

Comme si ma collection de tapis de réflexologie pour les pieds ou le massage chinois Tuina Anmo de Madame Ji ne suffisaient pas, je suis passé à la planche à clous, ou plus exactement à sa forme moderne et occidentale, le tapis Shakti dont il existe de nombreuses imitations que je n'ai [à vrai dire] pas testées. Première impression, ce n'est pas pour les douillets. Le moment où l'on s'allonge dessus ou, pire, celui où l'on se relève n'est pas piqué des vers. On me les tirera donc facilement du nez, j'avoue, j'avoue tout. Après quelques minutes une sensation de chaleur vous envahit et [il m'arrive] même de m'endormir dessus, nulle contre-indication. La séance fut redoutablement efficace. Impression de détente et soulagement immédiat des douleurs dorsales. Il me semble plus approprié en fin de journée qu'en matinée. Livré dans un sac en coton, le petit tapis peut s'emporter partout avec soi en voyage. Le site de Shakti est plein d'informations [...]. La technique est vieille de 7000 ans et l'exercice ravira les adeptes du yoga de plus en plus nombreux. Lancé en 2007, il a obtenu un succès phénoménal en Suède il y a quelques années tel que plus de 10% de ses habitants en possèdent. Il se pourrait bien que la France en plein stress et déconfiture s'y mette bientôt.

LE MASSEUR À TOUTE ÉPREUVE


Possédant toute une panoplie d'instruments de torture soulageant mes douleurs vertébrales depuis que je poussai mon premier grand cri japonais en 1983 à ne pas me relever, toute nouvelle acquisition prouvant son efficacité est une bénédiction scientifique aux pouvoirs magiques. J'ai déjà répertorié ici la plupart des articles concernant mon dos fragile. Il y a [maintenant neuf ans], la construction du sauna [...] m'avait permis d'abandonner quasiment toute prise de drogue. [Un coach sportif] m'a conseillé d'utiliser un pistolet de massage, outil longtemps réservé au milieu hospitalier. J'ai choisi la marque de référence, les utilisateurs se plaignant des pannes des modèles économiques chinois. Le Theragun (modèle Prime, le plus simple - désolé pour le nom qui peut sonner agressif !) a l'avantage de posséder une poignée triangulaire facilitant l'accès à toutes les zones du corps et une application smartphone le contrôlant en Bluetooth si besoin. Or le résultat est tout bonnement époustouflant. Que ce soit en amont ou en aval d'un effort, l'effet est immédiat. Trente secondes ou une minute de ce marteau piqueur suffisent souvent à faire disparaître mes douleurs à la main (pouce à gâchette), au bras (tendinite), au cou (torticolis), au dos (mon ostéopathe me rassure, je peux même l'appliquer directement sur ma colonne vertébrale). L'objet a supprimé instantanément mes courbatures après notre randonnée de dix-huit kilomètres dans les Cévennes. Il a beau être lourd (il existe un modèle de voyage), où que j'aille je le glisse dans ma valise. J'adore ce genre de trucs magiques.

mardi 9 décembre 2025

Mehr Licht !


Ayant remplacé la vieille armoire à pharmacie du premier étage, j'en ai démonté les miroirs pour les placer à des endroits stratégiques qui renvoient la lumière de l'extérieur. Il y en a déjà partout dans le jardin, parfois derrière les feuilles, lui donnant une impression de profondeur. J'ai commencé par en disposer un étroit entre les deux fenêtres du studio, soit entre les deux parois qui participent à son isolation sonore (c'est une boîte dans la boîte) ; comme elles sont exposées à l'est et encastrées sous le auvent, le petit miroir éclaire un peu la pièce. Le jeu est de le rendre invisible pour n'en conserver que l'effet.


J'ai placé les deux autres derrière les étagères de la cabine qui est forcément exiguë. Il y en avait déjà un grand tout au fond. Sous certains angles elle semble beaucoup plus spacieuse. Elle abrite des centaines d'instruments du plus gros, le piano, aux plus petits, des appeaux d'oiseaux. Les tiroirs en sont pleins. Les plus beaux, violons ou cors, sont rangés dans leurs boîtes. Certains sont plutôt encombrants comme les synthés vintage, les guitares ou le frein, une contrebasse à tension variable construite par Bernard Vitet. Sur les étagères ou dans les tiroirs, je les ai regroupés par famille, les percussions en bois ou celles en métal, les flûtes, les vents, les guimbardes, etcétéra. Dans les pièces les plus lumineuses de la maison il n'y a aucun miroir, même minuscules. C'est inutile et j'aime bien caractérisé chaque espace. Seuls des tableaux sont accrochés au rez-de-chaussée, tandis qu'au premier les murs sont blancs avec absolument rien d'affiché si ce n'est les bibliothèques qui occupent des pans entiers (il y en a sept en tout, toutes thématiques !). Même chose dans l'escalier, la première volée de marches est vierge alors que des œuvres habillent la montée jusqu'au deuxième étage éclairée par un vélux. Ma préférée est l'ange d'Ella & Pitr qui perd l'équilibre et semble dégringoler.


Pour ma part je ne tombe qu'en montant (j'ai enfin compris ces jours-ci que, prenant les virages à la corde, j'accroche mon bout de pied sur l'étroitesse des marches qui tournent en colimaçon), comme la semaine dernière en venant du sous-sol où je me suis esquinté deux doigts et arraché un ongle en m'accrochant aux tuyaux ! Il y a évidemment des miroirs à la cave, et je n'avais pas enfilé mes gants de caoutchouc (comme l'avançait Jean Cocteau, "les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.", mais, du Sang d'un poète à Orphée, sa phrase que je préfère reste "regardez-vous toute votre vie dans un miroir, et vous verrez la mort travailler, comme des abeilles dans une ruche de verre"). Mehr Licht ! (bon d'accord, là ce sont les derniers mots de Goethe sur son lit de mort ; ce qui devint le titre d'un album étonnant de Bernard, et correspond peut-être mieux au sens de mon article, toujours plus de lumière).

jeudi 4 décembre 2025

Couleurs d'automne


De la pluie ou des températures on ne peut plus se fier à la météo depuis que les humains ont été remplacés en grande partie par des machines, mais pour l'instant les saisons résistent au changement climatique. Le ginkgo biloba passe doucement du vert au jaune, des bords de la feuille vers la tige. Les piridions rouge orangé du cotonéaster tâchent les dalles, écrasés sous nos pas. Le laurier reste vert, mais il faut l'empêcher de se propager partout dans le jardin. Sur la photo prise du premier étage je ne vois rien d'autre si ce n'est les bambous qui sont aussi persistants que le palmier. Des verts et des noirs ! Que faire de toutes les immenses tiges mortes que j'ai coupées au fil des années et qui ont séché au garage ? Quant au palmier de Chine, mon échelle est trop petite pour que je continue à en couper les palmes fânées ; un voisin en a certainement une, mais ce n'est pas simple de l'adosser au tronc rond. Tout cela grandit évidemment année après année. Certains arbres meurent, asphyxiés par les plus tenaces. La glycine étouffe progressivement, mais sûrement, le lavatère et l'églantier.

Je ne vais pas faire tout le tour du jardin, mais je suis surpris qu'il reste des fleurs à cette saison. Sans être pourtant un contemplatif, je peux absorber la nature comme une source infinie d'énergie. Je ne pense pas avoir la main verte, mais les plantes me parlent. Elles communiquent déjà entre elles. Je répète à mon petit-fils de ne pas arracher les feuilles pour rien. Elles sont vivantes. Les végétariens ont une imagination limitée. C'est parce qu'elles nous ressemblent moins que les animaux que nous faisons la sourde oreille. Je leur parle à mon tour, je les caresse, je les nourris parfois. Mais je fais cela avec tous les objets. C'est mon côté animiste. Tous ces électrons excités comme des puces ! Rien ne se perd, rien ne se crée. Les atomes vont et viennent. Je ne suis pas sûr scientifiquement de ce que je raconte, mais c'est une idée généreuse d'étendre la vie à tout ce qui bouge et ne bouge pas. La majorité des humains croient bien dans un truc encore plus absurde qu'ils appellent dieu ! Là, pas de jaloux, pas de guerre, même pas de polythéisme, on vit avec.