Jean-Jacques Birgé

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mercredi 6 septembre 2006

La théorie du complot (enfin à la télévision)


Loose Change passe sur Planète ce soir à 20h45 en version française. Voir billet du 29 mars dernier. À Libération ou Télérama comme ailleurs, les journalistes supportent mal d'être pris de court et critiquent toutes les enquêtes qui leur a échappé en tentant de les discréditer. En France, la liberté de la presse serait-elle finalement tributaire de ses sponsors et des organes gouvernementaux qui l'informe ? Ou bien, simplement, la vérité est trop incroyable ? Comme les élections truquées qui ont mis Bush Jr sur le trône, l'intox de l'anthrax ou les prétendues armes de destructions massives en Afghanistan et en Irak... Croyez-vous qu'ils admettraient leurs erreurs ? Non, ces "professionnels" donnent simplement l'information du jour, comme si de rien n'était ! Devant le succès rencontré par ce film aux USA et qui pose tant de questions qu'ils ont négligées, ils n'ont plus que le choix que d'annoncer, évidemment avec la réserve des mauvais joueurs, le meilleur film réalisé sur le 11 septembre 2001.
Rediffusions les 8 septembre à 13h30, le 9 à 14h05, le 14 à 13h25 et le 26 à 13h30.

La sauvagerie oisive de Outkast


Enfin un peu de musique ! Des disques comme je les aime, surprise garantie à tous les index. À classer juste derrière leur précédent double album, Speakerboxxx / The Love Album, chef d'œuvre à rapprocher du Carnival de Wyclef Jean, ou mieux, du Back on the Block de Quincy Jones, parce qu'avec Idlewild Outkast s'enfonce dans l'histoire du jazz en lui donnant un sacré coup de jeune, à commencer par un sample emprunté à l'une de mes idoles, le sous-estimé Cab Calloway dont les trépidations hante l'album. C'est la seule musique qui mempêche de rester assis. Je saute sur place. Mes pieds s'envolent. Ici, le rap croise le fer avec le blues, le jazz répond aux mélodies soul des voix noires. C'est monté comme la bande-son d'un film, le film éponyme d'où est tirée toute cette musique qui swingue et vous redonnerait le moral pour cette rentrée sinistre (rien de personnel, pas d'affolement !).
Album kaléidoscopique où l'on ne sait pas vraiment qui fait quoi, shaker secoué dans tous les sens, des glaçons qui donnent chaud, effets de studio, cuivres en guise de blings, drums ou percussions électroniques, guitare saturée contre piano bastringue, tout cela s'agite au service des voix explosives de la Great Black Music. Le groupe formé par Andre "3000" Benjamin et Antwan "Big Boi" Patton est le duo le plus énigmatique de la scène "pop" depuis l'association Lennon-McCartney. Qui fait quoi de ces deux frères ennemis, de ces deux potes où chacun est l'ombre de l'autre, son miroir et son contraire ? Je m'y perds, et cela n'a aucune importance, parce que seul compte le résultat, la transmutation du travail en très or. Je crains le pire pour leur film, un peu comme les velléités pourpres du petit Prince de Minneapolis incapable de dessiner un mouton. Si leurs clips étaient hyper décevants, le hip hop de ces Blackbirds of 2006 est toujours aussi élégant !