Jean-Jacques Birgé

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 8 décembre 2007

Ce soir, je fais le zig au Théâtre Paris-Villette pour Poptronics


Communiqué de presse :
Poptronics, l’agenda des cultures numériques, investit la scène du Théâtre Paris-Villette pour une soirée performance éclectique, inclassable et, on l’espère, surprenante. Lancé fin juin 2007, le site Poptronics a fait son trou dans le flot de l’info en ligne, en progressant de jour en jour (600 000 pages vues, près de 30000 visiteurs uniques en novembre) avec son graphisme radical, ses choix éditoriaux affirmés et sa ligne décalée. Musique et archi, jeux et net-culture, nouveaux médias et bidouilles sonores, les choix de poptronics sont à l’image du site, modernes.
L’équipe, qui mélange artistes et journalistes, chercheurs et même un chat (le seul et unique chat pigiste au monde, Guillaume-en-Egypte, qui revisite à coups de pattes graphiques l’actualité du monde) vous invite à la rencontre. De Christophe Jacquet dit Toffe, responsable de la ligne graphique, qui maniera la souris et le verbe pour décortiquer la pop’architecture, à Jean-Philippe Renoult, Elisabeth Lebovici, et même Julie, qui œuvre dans l’ombre à la qualité éditoriale du site… Annick Rivoire, fondatrice et directrice de publication, les présentera tous (même les absents).
Mais Poptronics ne pouvait se contenter de la jouer « auto-promo » : son pop’lab, le magazine en PDF ouvert à l’expérimentation artistique, se veut aussi une passerelle entre les arts et les pratiques, du net-art au graphisme, de la musique au post-graff. En guise de pop’cerise sur le gâteau, des artistes ayant investi cet espace viendront pratiquer une « extension » scénique de leur projet.
Au programme, les « instants RSS » de Nicolas Frespech, la faconde du compositeur Jean-Jacques Birgé, etc.
Si Poptronics convie à deux heures d’échanges, rires et surprises, sur la scène relookée du Théâtre Paris-Villette, c’est grâce au projet x-réseau, initié par le Théâtre Paris-Villette en faveur de la création artistique en réseau. Depuis janvier 2006, x-réseau réunit des créateurs, des chercheurs et des penseurs, qui élaborent ensemble une scène du Net, plate-forme technologique et artistique dédiée aux arts en réseau...

Ce soir samedi à 20h précises (ouverture des portes à 19h).
Entrée libre, réservation conseillée (nombre de places limité) par mail à info@poptronics.fr
Théâtre Paris-Villette, Parc de la Villette 211, av. Jean Jaurès Paris 19e, métro Porte de Pantin.
L'image a été réalisée à partir de FluxTune, software musical encore inédit, créé en collaboration avec'' Frédéric Durieu.

J'ignore encore ce que je vais raconter et présenter ce soir, mais ce sera forcément une suite ou la réponse au Pop'lab que Poptronics m'a commandé il y a quelques mois et que j'ai centré sur l'étincelle créatrice. J'ai pondu 17500 signes, envoyé 25 de mes photos (libre à Toffe de les utiliser ou pas pour sa maquette) et adjoint 5 mp3 qui jalonnent ma carrière. On dit carrière du chantier à ciel ouvert d'où sont extraits les cristaux qui m'ont alimenté, du sable pour commencer, un grain, histoire de gripper la machine. J'ai exhumé la première pièce électro-acoustique que j'ai enregistrée en 1965, suivie d'une autre de 1968, tout aussi inédite ! J'ai également choisi le premier morceau de mon premier disque datant de 1975, et deux autres œuvres, une pièce pour orchestre symphonique composée avec Francis et Bernard et pour terminer un truc "récent" plus explicitement électro. Dès qu'il aura été publié, ce qui ne saurait tarder, j'apporterai probablement ici quelques éclaircissements complémentaires à cette somme qui comprend aussi un long entretien avec Annick Rivoire et Elisabeth Lebovici et une accumulation obsessionnelle appelée playlist du moment. Ne sachant plus comment m'y prendre pour retrouver la vivacité inventive de mes débuts musicaux, je suis retourné en arrière pour remettre le compteur à zéro et retrouver la fraîcheur de l'inconscient, cette innocence que seule la ruse pourra ensuite contrebalancer. J'ai saisi qu'il fallait que j'abandonne toutes mes bouées de sauvetage pour faire ce que je ne sais pas faire. Le danger donne des frissons, sa proximité force les miracles. Pour continuer à inventer j'ai triché en changeant de support, entre autres avec ce que l'on a eu coutume d'appeler le multimédia. Il m'a fallu composer avec de nouvelles incompétences que je devais contourner à chaque nouveau passage à l'acte. Si le cinéma a structuré mon langage, la musique a conservé son mystère.
Sur son blog, Etienne Mineur signalait avant-hier l'entretien que Jean-Luc Godard a donné à Arte la semaine dernière dont une phrase exprime bien ce que je viens de tenter de résumer. Retournant celle du Guépard de Visconti, "Il faut tout changer pour que rien ne change" (j'évoquai ici-même le rôle des révolutionnaires dont une des fonctions involontaires est de permettre au système de perdurer), Godard ouvre ses Histoire(s) du cinéma avec "Ne change rien pour que tout change" qui correspond parfaitement à la pensée de mon Pop'lab.

Karlheinz Stockhausen ne fera plus de bruit


Après John Cage, Luciano Berio et György Ligeti, un des grands compositeurs de la seconde partie du XXe siècle s'est éteint mercredi à l'âge de 79 ans. Après plusieurs Études pour musique électronique, il écrit Gesang der Junglinge en 1956 pour cinq groupes de haut-parleurs entourant le public. Il y pousse le sérialisme de Webern a son paroxysme, l'appliquant à la durée, au timbre et à la dynamique des sons électroniques et des voix. On reconnaît son influence sur toute la techno allemande. Momente et Hymnen marquèrent mes premières années, mais nous nous insurgeâmes devant Aus den sieben Tagen qui exploitait les interprètes improvisateurs de façon éhontée. La partition indiquait "fais voile vers le soleil" et Stockhausen signait l'œuvre. On retrouve ce genre de pratique chez Heiner Goebbels qui fait improviser des musiciens pendant des semaines, note ce qu'il préfère et refait jouer à ces mêmes improvisateurs leur musique qu'il a figée. Imaginez le supplice et la rancœur. Karheinz Stockhausen intégrait la subjectivité de l'interprète dans ses recherches sur l'aléatoire. Ses pièces pour orchestre, parfois agrémentées de projections lumineuses, étaient gigantesques, sa maîtrise du "temps-espace" renversante.