En quête de mes doubles
Par Jean-Jacques Birgé, vendredi 27 février 2009 à 00:17 :: Perso :: #1258 :: rss

Si je n'ai pas reproduit le système initiatique qui me fut transmis par Jean-André Fieschi, lui-même instruit par l'écrivain , je n'en ai pas moins toujours cherché mes doubles, d'autres moi-même en somme parmi les générations qui me suivent. Ne rêvant pas d'en faire à leur tour mes élèves, j'ai préféré les considérer comme des collaborateurs avec qui partager mes jeux. Le désir de revivre sans nostalgie les épisodes passés de ma jeunesse, probablement de la comprendre, la tendresse complaisante que j'éprouve pour mon passé, m'ont souvent poussé vers celles et ceux avec qui je sens des points communs, ce qui les différencie a priori de mes compléments, pièces d'un puzzle dont l'équilibre est la clef de voûte. Aucun pseudo double ne peut pour autant être autrement qu'un complément et chaque complément est à sa manière un autre double. Mais je sens bien la différence entre les opposés qui s'attirent et les semblables qui partagent. Bernard Vitet et Francis Gorgé incarnent l'accord parfait de trois individus radicalement différent embarqués sur le même navire, en l'occurrence Un Drame Musical Instantané, près de quarante d'amitié, trois tiers d'Un dmi, pour jouer sur les mots comme sur les touches. 3/3 d'1/2 est d'ailleurs le titre que je donnai à l'une des pièces de l'album Machiavel après que nous ayons découpé en trois les vinyles du Drame pour en reconstituer un seul sur la platine tourne-disques ! La joie fut immense de marcher ensemble, de tout casser parfois, de reconstruire aussi le monde à nos mesures, microscopique dans les effets, immense par nos ambitions de rêveurs. Il en fut de même avec mes compagnes et aujourd'hui réfléchit ma face cachée comme un criquet bienveillant à l'affût de mes faux pas, qu'elle le veuille ou non.
Pourtant la tendresse que j'éprouvai, par exemple, pour les élucubrations instrumentales d', les constructions provocantes d'Ève Risser, la rigueur obsessionnelle de , la fantaisie gastronomique de Sacha Gattino, la soif d'apprendre d', sans oublier , ne ressembla jamais à la fascination que je ressentais pour les autres, ceux qui savent ce dont j'ignore tout, les peintres, les conteurs, les virtuoses, les ouvriers, les ingénieurs, les voyous... Mes doubles m'émeuvent, mes compléments m'épatent. Les uns valident mes choix, les autres les certifient. Tous à la fois me rassurent et me font marcher au bord d'un précipice où l'écho me demande d'abord qui je suis.
Commentaires
Sincèrement désolé...
Ajouter un commentaire
Les commentaires ont été définitivement fermés pour cause de centaines de spams par jour. Vous pouvez néanmoins continuer à en écrire en les envoyant à info(at)drame.org et ils seront publiés en votre nom ou pseudo à l'avenir aussi rapidement que dans le passé.
Précisez COMMENT dans le titre de votre mail.
Cela fait toujours plaisir d'avoir des retours de temps en temps ;-)
Merci d'avance.