Jean-Jacques Birgé

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lundi 31 juillet 2006

La plus vieille salle de cinéma du monde


Le jour de l'arrivée de notre train en gare de La Ciotat, j'ai raconté la filiation étonnante de Françoise avec l'histoire du cinématographe. En passant en décapotable devant l'Eden Théâtre, j'ai pris une photo du plus vieux cinéma du monde. Aucune carte postale en vente nulle part ! Le 21 septembre 1895, eut lieu, la première projection, sur invitations, du Cinématographe Lumière. C'est là que les spectateurs s'affolèrent devant les images du train fonçant dans leur direction, et non pas à Paris deux mois plus tard, le 28 décembre, au Salon Indien du Grand Café, première séance publique payante du Cinématographe Lumière, car le programme parisien ne comportait pas ce film-ci.
Dès 1892, Antoine Lumière, le père des illustres Auguste et Louis, acquit 90 hectares, de la plage jusqu'à la colline, à la Ciotat. Nombreux de leurs films y furent tournés lorsque la famille s'y réunissait le week-end. Leur résidence, le Palais Lumière, existe toujours également, transformée en appartements.

mercredi 19 juillet 2006

Les Histoire(s) du cinéma aux oubliettes


Nous souhaiterions vous informer des derniers changements concernant votre commande. Nous avons le regret de vous informer que la parution de l'article suivant a été annulée : Jean-Luc Godard (Réalisateur) "Histoire (s) du cinéma - Coffret 4 DVD". Bien que nous pensions pouvoir vous envoyer ces articles, nous avons depuis appris qu'il ne serait pas édité. Nous en sommes sincèrement désolés. Cet article a donc été retiré de votre commande. Le compte associé à votre carte de paiement ne sera pas debité. En effet, la transaction n'a lieu qu'au moment du départ d'un colis.
Dans le dernier numéro du journal des Allumés, j'annonçai la sortie imminente d'une ?uvre majeure de JLG : On attend toujours avec impatience cette ?uvre audio-visuelle unique, indis-pensable, duelle et unique, L'Histoire(s) du cinéma (...) dont la sortie est sans cesse repoussée, probablement pour une question de droits tant le maître du sampling y accumule les citations cinématographiques. Oui, en voilà de l?information, du monumental, du poétique freudien, de l?image et du son, de la musique (catalogue ECM) et des voix? Chacun y fait son chemin, alpagué par une citation intimement reconnue et qui vous emporte très loin. Chacun y construit sa propre histoire, la sienne et celle du cinéma. C?est un film interactif, plus justement, participatif. Devant ce flux incessant et multicouches (Godard accumule au même instant des images d?archives, son quotidien, des photos, les voix d?antan et la sienne, la musique, les bruits, tout cela mixé et superposé) à vous de trier, d?extraire, d?y plonger ! Un conseil : laissez le poste allumé et vaquez à vos occupations sans vous en soucier. En fond, mais à un volume sonore décent. Passant à proximité, vous aurez la surprise de vous faire happer par tel ou tel passage. Là tout chavire, ça vous parle, à vous seul, indentification due au jeu des citations, nouvelle façon de voir et d?entendre. Le génie de J-LG retrouvé. Et vous, au milieu, le héros de cette saga, l?unique sujet. (JJB, ADJ n°16)
Ici même le 16 juin, après plusieurs annonces de report, je commentai : Comment Godard négocie-t-il l'emprunt de ces milliers d'extraits protégés par le droit d'auteur ? Il est à parier que cette question n'est pas étrangère à l'ajournement des Histoire(s) en DVD. Godard cite, certes, mais avec ces emprunts il produit une ?uvre nouvelle, totalement originale, à la manière de John Cage en musique. De toute façon, sa filmographie n'est qu'un tissu de citations, littéraires lorsqu'elles ne sont pas cinématographiques. Il n'y a pas de génération spontanée, Godard assume le fait que nous inventons tous et tout d'après notre histoire, la culture. Le travail du créateur consiste à faire des rapprochements, à énoncer des critiques, à produire de la dialectique avec tous ces éléments.
Existaient déjà l'édition papier Gallimard et la version audio en CD remixée pour ECM, mais il manquait fondamentalement l'original filmique. Grosse déception, Amazon avertit que ce chef d'?uvre absolu ne sera pas édité. Il ne me reste plus qu'à recopier l'enregistrement VHS réalisé sur Canal+ il y a une dizaine d'années, grâce à mon graveur DVD de salon, simple comme bonjour, Bonjour Cinéma !

Photo de Guy Mandery parue dans Le Photographe en 1976 : à droite, de trois quart dos avec catogan, on reconnaîtra le jeune collaborateur de Jean-André Fieschi, ayant mission de récupérer une paluche (caméra prototype Aäton qu'on tenait au bout des doigts) rapportée de Grenoble par JLG. Entre nous, le chef opérateur Dominique Chapuis. De dos, en costume blanc, je crois me souvenir qu'il s'agissait de Jean Rouch. Je fus nommé représentant de Aäton à Paris, mais je perdis l'affaire au bout de deux jours, après une mémorable soirée chez les frères Blanchet avec Jean-Pierre Beauviala, où Rouch se montra à mes jeunes yeux tel un grotesque mondain se gargarisant d'histoires que je considérai du plus mauvais goût, soit simplement sexistes et racistes. Le second degré avait dû m'échapper, mais Rouch était extrêmement différent sur le terrain et à Paris, et chaque fois que nous nous rencontrâmes je ne pus m'empêcher de me retrouver en profond désaccord avec lui, comme, par exemple, sur la diffusion des archives Albert Kahn qu'il aurait préféré voir projeter muettes et non montées, quitte à ce que cela ne touche qu'une poignée d'aficionados élitistes. Ceci n'enlève rien à la beauté de ses films (revoir Chronique d'un été coréalisé avec Edgard Morin, et le passionnant coffret incluant, entre autres, Les maîtres fous).

mardi 18 juillet 2006

L'arrivée de notre train en gare de La Ciotat


Année après année, Françoise filme ses départs de la gare de La Ciotat. À mon tour, je filme son arrivée tandis que Rosette nous attend sur l'autre quai. L'arrière grand-père de Françoise était le chef de gare à l'époque du film des frères Lumière, il avait préféré être chef de gare à La Ciotat plutôt que sous-chef à Toulon. Ce qui est magnifique, c'est que son autre arrière grand-père, Louis Trotobas, fut l'un des premiers acteurs de l'histoire du cinématographe puisqu'il était le gamin farceur de L'arroseur arrosé, celui qui marche sur le tuyau ! Françoise en a tourné un remake coquin au début de son film Thème je, elle raconte cette histoire le samedi, jour d'orgueil (parmi les 7 péchés capitaux du site, un pour chaque jour de la semaine).