Jean-Jacques Birgé

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lundi 20 avril 2009

Paprika, qui contrôle les rêves ?


Laissez télécharger les premières minutes du film pendant que vous lisez ces quelques lignes. Je n'ai pas trouvé l'extrait avec sous-titres français, mais Paprika est publié en France en double DVD avec tout ce qu'il faut pour un prix très modique. J'ai choisi ce passage, parce que c'est évidemment ainsi que j'ai découvert ce drôle d'objet fondamentalement cinématographique comme insiste le générique à la fin de cette séquence.
Mon goût pour les épices à s'en relever la nuit me fait automatiquement vibrer en sympathie avec le film "onirique" de Satoshi Kon. Oscillant entre le rêve et le cauchemar, le dernier long métrage (2006) du réalisateur de Perfect Blue est un délire absolu, sorte de "thriller théorique et critique où le rêve contamine le réel pour mieux montrer la valeur du cinéma" (je cite fluctuat.net dont les critiques sont toujours affûtées). Si ce film d'animation japonais renvoie sans cesse à ce qu'est le cinéma depuis ses origines il ne manque pas de réfléchir au flot d'images qui nous submerge dès lors que nous allumons notre ordinateur. Bien malin celle ou celui capable de distinguer sans coup férir le vrai du faux. Les recherches sur la réalité virtuelle alimentent la paranoïa justifiée par les machines que nous avons créées. Qu'arrivera-t-il quand des puissances mal intentionnées en auront pris le contrôle, illégalement ou légalement ?
Du coup, j'ai commandé Millennium Actress, Tokyo Godfathers (entre 7 et 10 euros chaque, y compris Paprika) et la série Paranoia Agent, du même réalisateur.

vendredi 10 avril 2009

La fabrique des sentiments


Après Violence des échanges en milieu tempéré (autre article ici), Jean-Marc Moutout signe un second film tout aussi remarquable, cette fois autour du speed dating, rencontres express entre célibataires ou du moins supposés. La direction d'acteurs est exceptionnelle. Je n'avais jamais été emballé par Elsa Zylberstein qui trouve ici son meilleur rôle aux côtés de Jacques Bonnafé et Bruno Putzulu. Il faut parfois du temps aux comédiens pour trouver leurs marques. Pour une femme seule, à 36 ans, la question des enfants et du couple se pose de façon critique. Moutout en dessine un portrait tout en nuances et il l'entoure d'hommes plus craquants les uns que les autres. C'est très fort. On est loin des schémas machos éculés, dans la vraie vie comme au cinéma ! Le montage du film sert une mise en scène sobre et inventive. Jean-Marc Moutout est un des cinéastes les plus intéressants du moment et l'on peut espérer que les producteurs lui offriront les moyens de continuer de nous étonner par son regard acéré sur les mœurs de nos contemporains. La fabrique des sentiments fait partie de mes films récents préférés avec Il Divo de Paolo Sorrentino et Rachel Getting Married (Rachel se marie) de Jonathan Demme... À suivre.