Deux séries anglaises nous font passer l'hiver en attendant les nouvelles saisons américaines du printemps. La plus excitante est sans conteste Mr Selfridge où l'émancipation des femmes s'épanouit dans le décor d'un grand magasin de luxe londonien, l'équivalent du Bon Marché ou des Galeries Lafayette, dirigé par un américain paternaliste au début du XXe siècle. Les dialogues d'une grande finesse, le jeu des comédiens anglo-saxons qui travaillent leur rôle comme peu de Français en prennent la peine, la psychologie des personnages, la qualité des décors et costumes confèrent à cette "comédie" dramatique de 10 épisodes de 45 minutes élégance, sensualité, splendeur, éclat et prestige, résumés par le mot british, glamour.


La première saison se déroule en 1908-1909, la seconde entre mars et novembre 1914 et la troisième qui vient de débuter en 1919. Des suffragettes au remplacement des hommes partis se battre, les femmes y affirment leur pouvoir et assument leur indépendance, sans camoufler les différences de classe. Selfridge avait compris qu'il ne lui fallait pas seulement vendre des produits, mais des histoires où les clients, et surtout les clientes, se projetteraient. Mettant en scène la naissance de la société de consommation, Mr Selfridge, inspirée d'une histoire vraie, est une réponse féministe à Mad Men qui montrait comment notre monde avait été forgé par la publicité dans les années 60.


Simultanément, la chaîne ITV diffuse également la série policière Broadchurch, du nom d'un patelin imaginaire. Tournée dans le Dorset et le Somerset qui déroulent de magnifiques paysages de falaises au bord de la mer et de campagne anglaise, l'enquête policière cède souvent la place à une étude de caractères où la fragilité des personnages révèle la difficulté d'être de chacun et chacune face à la mort, ici celle d'un enfant. Là encore la qualité de l'interprétation profite à cette série limitée à deux saisons de 8 épisodes de 45 minutes chacune. La seconde est en cours de diffusion...