Par Jean-Jacques Birgé,
samedi 24 février 2007 à 00:22 ::Multimedia
, Étienne Mineur annonce que c'est probablement la dernière présentation du site Web d'Issey Miyake qu'il réalise. Il clôt magnifiquement sept ans de collaboration en renouvelant son approche par un traitement dans l'esprit de sa mise en pages du pour la Fondation Cartier. Cela ressemble aussi plus à ce que confectionnait Miyake avant qu'il ne vende sa maison et son nom.
La réponse à nos questions de design est toujours, si ce n'est dans le sujet lui-même, du moins dans la matière du support. La solution est devant nos yeux, il faut trouver le bon angle, incliner le plan dans la lumière pour qu'elle nous saute à la figure ! L'imagination vient après.
Côté fringues, la marque a hélas perdu beaucoup de sa magie. Mais les mouvements de Mineur pour la jouissent d'une frémissante chorégraphie de caractères typographiques, tandis que la est portée par une amusante musique répétitive, swing et ravissante de Sacha Gattino. Comble du plaisir, tout cela est simplement interactif. Oups !
Par Jean-Jacques Birgé,
lundi 12 février 2007 à 02:24 ::Multimedia
Il est impossible de signaler ici chaque fois que le graphiste émet un billet "qui mérite le détour". Prenez le temps, c'est dense et généreux. Aujourd'hui dirigeons-nous vers les liens externes qu'il préconise. Je cite ici les plus excitants parmi les blogs encore actifs qu'il mentionne.
est une designer graphique passée par Paris VIII, le MIT et Harvard. Elle travaille sur les ramifications entre applications numériques et physiques, ou plus exactement sur l'application du numérique à l'univers physique (j'ai déjà évoqué mon attachement au geste instrumental) ! Son blog recèle des idées merveilleuses. Je découvre ainsi le (image ci-dessus) créé avec Hayes Raffle ou les jeux d'improvisation de . Le récent blog de semble de cette veine.
Je ne lis que de temps en temps ceux de (qui vient de quitter incandescence pour l'agence 180 à Amsterdam) et d', collaborateurs d'Étienne Mineur, car ce ne sont pas des blogueurs réguliers. Pierre, qui aime bien les trucs ringards, un peu lourds, me fait découvrir une face cachée de la télévision, avec beaucoup d'humour. Étienne décrit ses travaux par le menu, ses concerts avec Front 242...
Depuis l'âge de 15 ans, ayant bifurqué vers la musique, je ne joue plus aux jeux de société, mais le blog d', le papa de l'Oncle Ernest et de In Memoriam, est passionnant pour quiconque s'intéresse aux jeux vidéo. Quant à , son nom indique parfaitement sa destination...
J'en oublie. Prendre des adresses dans ses filets, c'est se faire attraper aussi sec. Variation sur L'arroseur arrosé. L'égouttoir est indispensable. La lumière sur le front, on va au charbon en rampant parmi ces millions d'informations qu'on passera au tamis pour en rapporter quelques pépites... Et il ne suffit pas de creuser, il faut extraire, frotter et faire briller !
Par Jean-Jacques Birgé,
samedi 10 février 2007 à 00:34 ::Multimedia
J'ai évoqué ici la Bibliothèque disparue de Babylone et les risques encourus aujourd'hui. Nous connaissions . Sur son nouveau blog, nous révèle l'existence d'une nouvelle mine, . Le site Internet Archive est une organisation à but non lucratif, fondée en 1996, qui s'est fixée de réunir des documents numérisables dont les droits sont échus et de les offrir en libre service aux chercheurs, historiens, étudiants et à quiconque souhaite les utiliser (sous licence Creative Commons). Les collections proposent des textes, des documents sonores et cinématographiques, des logiciels libres, des sites web. Pour les films, une grande variété de qualité technique est proposée depuis du 64k mpeg4 jusqu'à du mpeg2 gravable en dvd, en streaming ou en téléchargement. Au milieu de dizaines de milliers de documents, on trouve de véritables chefs d'œuvre.
À l'instant où je tape ces lignes, j'écoute , le 7 novembre 1970 à Berkeley, d'une qualité exceptionnelle. Se succèdent Four Organs, My Name Is, Piano Phase et Phase Patterns. Si j'ai assisté aux représentations parisiennes qui suivirent, j'ignorais totalement l'existence de My Name Is qui est dans le style de Come Out. a interrogé le public qui faisait la queue pour le concert en leur demandant : "What is your name ?" et en a monté des bouts présentés lors du concert-même !
Les vont de célèbres films muets à des excentricités tels Reefer Madness, Carnival of Souls, Sex Madness en passant par des films dont la question des droits me paraît plus ambigüe (La nuit des morts-vivants, Rashomon, Dementia 13, etc.). Une section intitulée Cinemocracy présente les films de propagande commandés par le Gouvernement américain, au début des années 40, à John Ford, John Huston, Frank Capra et William Wyler !
Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un extrait de , même si l'œuvre n'a pas l'envergure , aussi époustouflantes à écouter qu'à leur création il y a près de quarante ans. Le concert complet, c'est .
Par Jean-Jacques Birgé,
jeudi 8 février 2007 à 16:43 ::Multimedia
Pas eu le temps d'écrire ce matin. Nous avons dû filer prendre dans la salle de projection d' où elles étaient stockées depuis leur présentation à l'Espace Paul Ricard. Au départ, Guillaume nous prête main forte, mais arrivés à Mantes, je dois m'y coller malgré mon hernie discale et mes trois disques écrasés (je suis aussi producteur des disques GRRR). Lorsque nous avons eu tout rangé correctement dans sa cave, a suggéré qu'au lieu de louer l'installation 4000 euros on y ajoute un zéro, ou bien que l'on nous envoie des gros bras !
Pour nous détendre, nous avons établi le programme de notre création du 3 mai au . Nous rejouerons sous le nom des Somnambules, mais nous serons cette fois accompagnés par le saxophoniste et le batteur . Étienne fera traverser un modulateur en anneau (ring modulator) à son biniou et jouera également de la cornemuse. La première partie sera constituée de pièces réalisées dans le cadre de l'atelier que je dirige actuellement pour Jazz93 sur le thème de l'électro. Des élèves des conservatoires des Lilas, Pavillon-sous-Bois et Romainville programment des séquences musicales projetées sur l'écran sur lesquelles d'autres joueront avec leurs instruments (trompette, sax, percussion, etc.) transformés par le H3000, mon synthétiseur d'effets loufdingue.
Pour la seconde partie interprétée en quartet avec le peintre Nicolas Clauss aux commandes des images, nous avons choisi de présenter cinq œuvres inédites dans le cadre du spectacle vivant : (un zinc bien franchouillard fonctionnant en boucles), (du SM dans un univers immaculé), (American spoken), (un grand bol d'air frais) et (montage de dessins d'une très grande richesse). En cliquant sur les liens précédents, vous pouvez jouer sur votre ordinateur avec leurs versions interactives (à condition d'avoir installé le ). Pour le spectacle du 3 mai, nous supprimons les musiques existantes en ligne, mais nous conservons les voix d'Heritage (Bush père et fils, amen) et L'ardoise (où celles des enfants donnent un éclairage politique à toute cette affaire).
Par Jean-Jacques Birgé,
mercredi 7 février 2007 à 00:48 ::Multimedia
Comment faut-il comprendre la dernière œuvre interactive d'Antoine Schmitt,
?
Encore vivant (?), paraphrasant le compositeur Edgard Varèse : le créateur "d'aujourd'hui refuse de mourir". Le désert est immense, sa traversée interminable.
Encore vivantes (?), ces créatures artificielles remuent parfois à peine, il faut prendre le temps de les laisser se développer, à leur rythme.
Elles bougent encore (?), paranoïa de l'artiste sombrant un soir dans une déprime inexplicable ou cri de joie à l'instar de l'Eurêka d'Archimède sortant de l'eau la couronne d'or du roi Hiéron ? Still Living vient de recevoir le second Prix ex-aequo au de Berlin, une nouvelle consécration pour , père de tant de créatures numériques et d'objets comportementaux plus énigmatiques les uns que les autres.
À caractériser les œuvres d'Antoine d'art conceptuel ou minimaliste, on risque de faire fausse route. S'il dépouille ses pièces jusqu'au plus simple appareil, ce n'est pas pour faire maigre ni par austérité. Si le propos ne se voit pas au premier coup d'œil et nécessite parfois quelque explication, ce n'est pas faute d'avoir regardé à hauteur d'homme. La rigueur reste tendre, la morale prévaut. C'est peut-être la revanche de tous les développeurs, injustement laissés dans l'ombre des infographistes. Le public n'a pas conscience de l'importance du code. C'est le moteur de tout ce qui bouge, la colle qui rassemble. La programmation est l'élément fondamental des mondes numériques.
Il y a un peu plus de dix ans, lorsque nous sommes rencontrés chez pour le CD-Rom Au cirque avec Seurat. Antoine revenait d'un long séjour chez Next, dans la Silicone Valley, aux côtés de Steve Jobs. Pendant notre collaboration suivante, sur mon CD-Rom Carton (1997), il disait déjà vouloir faire accepter le code comme création artistique. Les algorithmes pouvaient devenir une œuvre de l'esprit. En 1998, naquit Venus, un gros ver bleu qui dansait à l'écoute de la musique. Suivirent des dizaines d'autres créatures aux comportements plus bizarres les unes que les autres. Son chef d'œuvre fondateur date de 1996, il s'agit du Pixel blanc qui se promène sur l'écran au gré de sa fantaisie en laissant une trace derrière lui comme un escargot. Tandis qu'il développait ces drôles d'objets comportementaux pour avec tact (j'ai toujours eu un faible pour cette série comique), nous inventâmes ensemble Machiavel (1999), un scratch vidéo interactif de 111 boucles vidéo, lecture poétique du Monde Diplomatique autant qu'entité réagissant au plaisir et à l'ennui ! Notre dernière collaboration est , l'opéra pour 100 lapins communicants , qu'il serait chouette de reprendre dans des festivals de musique contemporaine ou de nouvelles technologies.
Dans Still Living j'ai un faible pour les derniers tableaux, le graphe complétant les barres ou les camemberts. Mise en scène clinique. L'économie est ici mise en short, ça tourne court, le côté réducteur est projeté sur l'écran, nous laissant tout bonnement perplexe. Travail sur la durée.
De projets Internet en expositions, d'installations en performances live (en compagnie du compositeur Vincent Epplay ou seul, dans le plus simple appareil de l'artiste plasticien), Antoine Schmitt ressemble à ses créatures, tantôt placide, tantôt plus vif que nature, dessinant une trace qui s'efface à mesure qu'il avance. Frankenstein du numérique, il impose des règles à ses créations virtuelles, leur donne un cadre et les regarde s'ébattre sans lui. Ses initiales le portant à l'excellence, on attend avec curiosité chaque nouvelle manifestation de son imagination.
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