Par Jean-Jacques Birgé,
mardi 29 novembre 2011 à 00:26 ::Multimedia
Si les parents déterminent généralement l'avenir de leurs enfants, les rencontres imprévues peuvent heureusement provoquer des bifurcations, nous permettant d'échapper à ce qui semblait entériné par notre appartenance sociale. Ainsi, pendant nos années de formation, certains professeurs orientent parfois considérablement nos choix. Je me souviens de Monsieur Marnay, prof d'anglais au Lycée Claude Bernard. Plus tard, Jean-André Fieschi joua le rôle de passeur en m'apprenant la plupart de ce que je sais aujourd'hui et la manière de continuer à l'acquérir sans lui. Si au lycée j'avais eu un professeur d'arts plastiques comme Marie-Laure Buisson peut-être aurais-je suivi un chemin différent.
Lorsqu'elle enseignait au collège de Palaiseau, elle m'avait montré d'incroyables pop-ups réalisés par ses élèves. Mutée depuis l'année dernière au Lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil, elle a ouvert à l'intention de ses seconde, première et terminale. J'ai découvert ainsi le résultat du thème qu'elle avait initié. La pomme d'Ananda P. sculptée avec les dents côtoie les plastiques illuminés de Guillaume M et Eddie B, et comme chaque fois l'imagination des adolescents surprend par leur originalité et leur fantaisie. Elle peut être grave comme pour les séries ou, ludiques comme ou . Marie-Laure Buisson donne évidemment des pistes en organisant des , rassemblant du matériel pédagogique et passant des heures de préparation sans compter... Il faut voir ses yeux briller quand elle évoque les travaux de ses élèves.
Par Jean-Jacques Birgé,
mardi 22 novembre 2011 à 00:14 ::Multimedia
En 1997 Valéry Faidherbe participait au CD-Rom Carton que je réalisai à partir du fonds photographique de Michel Séméniako. Faidherbe nous filma, Bernard Vitet, Michel Séméniako et moi-même, dans l'espèce de photomaton inventé par le photographe où chacun pouvait faire sa propre lumière avec un faisceau de fibres optiques. Quatorze ans plus tard il imagine à son tour une machine à faire du Séméniako ! Il lui propose de restituer ainsi son geste de peintre de lumière, mais dans le mouvement. En septembre 2011, il tourne son film, (8 minutes), dans le cadre de la résidence du photographe à Marcoussis. "En superposant le temps de la réalisation des poses nocturnes, le film donne à voir la construction de l’image qui est l’addition sur une seule photographie de tous les coups de pinceaux lumineux colorés donnés par Michel Séméniako avec sa torche dans l’espace photographié. Il restitue ainsi la magie de cette révélation lumineuse du paysage. La bande-son documentaire restitue la concentration de cette merveilleuse fiction où la lumière réécrit l'histoire ou la géographie. Le vidéaste en profite aussi pour faire quelques du temps et de l'espace, un grand désordre qui contraste terriblement avec le calme des prises de vues" (2 minutes).
Sur le point de terminer le montage de ce luxueux making of, Faidherbe, à qui j'avais présenté le photographe, effectue une quadrature de ce cercle d'amis en ajoutant quelques accords musicaux et un bout de refrain de la chanson que nous avions composée, nous-mêmes tentés d'exprimer l'étonnante technique du photographe, paradoxalement invisible dans le cadre qu'il habite et construit. L'ectoplasme (Birgé-Vitet)
Par Jean-Jacques Birgé,
jeudi 17 novembre 2011 à 00:05 ::Multimedia
La langue anglaise fait la distinction entre l'art et l'entertainment, terme difficile à traduire en français. Les États Unis envahissent la planète de leurs divertissements alors que nous prétendons vivre au pays de la culture. Samedi dernier, le journal Libération affichait les jeux vidéo en une à l'occasion de l'exposition au Grand Palais, revendiquant, par dessus le marché (!), le statut d'œuvres d'art, "bonnes ou mauvaises", à cette énième déclinaison de l'industrie culturelle américaine dominante.
Dans son édito, Sylvain Bourmeau inclut ce nouvel engouement dans une suite chronologique qui commencerait par Cinéma pour se poursuivre avec Jazz, Bande dessinée, Rock, Télévision, Rap jusqu'à Jeux vidéo. Cet amalgame ne s'embarrasse pas des nuances. Le cinéma naquit dans les foires, eut ses lettres de noblesse du temps de l'ancienne cinéphilie et périclita dans les recettes records de produits formatés pour adolescents US, modèles à suivre www (world wide web) ; le jazz est resté une niche où ses véritables auteurs tirent le diable par la queue les bénéficiaires des publicitaires pour parfums pour hommes - sans que le rock lui paye son tribut, l'un appartenant aux Noirs, l'autre alimentant la tire-lire des Blancs. Même tour de passe-passe avec le rap : tel Elvis à une autre époque, Eminem fut la réponse fabriquée pour faire face à la montée du ghetto. Comme pour chacun de ces phénomènes la bande dessinée la plus inventive est ainsi rangée avec le bas de gamme, et tout ce qui passe à la télévision est à la même enseigne. Cet aparté pour replacer le jeu vidéo dans une suite logique, système de récupération et d'exploitation plus capitaliste qu'artistique.
Passé cette digression historique, si mon intervention est polémique, elle se justifie par la politique de conservation patrimoniale que cette exposition entend insuffler à coups de millions au détriment, forcément, d'autres secteurs, comme je m'en expliquai à Jean-Noël Lafargue sur son :
L’engouement pour le jeu vidéo est compréhensible et sa célébration calculée, démagogique au Grand Palais ou lucrative à la SACD. Mais qu’en est-il des CD-Roms culturels, des jeux moins populaires certes (un peu Arte contre TF1, non ?), dont la France s’était fait une spécialité ? Aucun fonds n’a été affecté à leur maintenance, entendre leur adaptation à de nouveaux supports après l’éclatement de la bulle Internet qui avait sonné leur fin (sans rapport direct de cause à effet). Du de Laurie Anderson (excellente collection Voyager) à notre (produit par NHK-Educational) en passant par les de John Maeda, les d’Antoine Denize, les de Peter Gabriel, les d’Éric Viennot, autant de chefs d’œuvre qui portent des noms d’auteur au lieu de l’anonymat « corporate » du jeu dit vidéo. Ma collection qui fonctionnait essentiellement sous Mac OS 9 dort dans un coin du grenier, alors qu’il faut voir la surprise émerveillée des étudiants en nouveaux médias lorsqu’ils en découvrent les fleurons sur une vieille machine qui peut encore les lire… Ces œuvres d’art sont des jouets d’une rare invention dont l’influence aura plutôt marqué les installations actuelles que le secteur industriel du jeu vidéo, et il serait temps de les sauver avant disparition totale.
Pour développer les termes de ce commentaire, je préciserai avoir été ulcéré du revirement de la SACD en faveur du jeu vidéo contre les œuvres multimédia qu'elle abandonna après la faillite d'Initial Cut. La réponse apportée par son Directeur Général, Pascal Rogard, fut claire, la société d'auteurs ne pouvant se permettre d'ignorer un secteur qui pourrait rapporter des sous alors que les créations sur Internet n'étaient supportées par aucun modèle économique (malgré l'étonnante créativité qui marqua le secteur avant qu'il ne se concentre sur les services et le commerce) et que les installations artistiques n'ont évidemment aucun soutien de l'industrie (malgré l'expansion extraordinaire de ces nouveaux moyens d'expression). Depuis, il n'y a plus aucun administrateur multimédia au Conseil d'Administration, mais un conseiller pour la création interactive, l'éternel Alain Le Diberder, qui, fait exceptionnel, n'a jamais été élu, contrairement au reste du Conseil. Comme pour l'absurde loi Hadopi, l'ensemble des sociétés d'auteurs se sont laissées phagocyter par les éditeurs et les producteurs au détriment de la plupart des auteurs. Rappelons aussi que le secteur du jeu vidéo est certainement celui où le statut d'auteur est le plus bafoué et où règne une exploitation terrible et rédhibitoire.
Ici comme ailleurs nous avons à faire avec d'un côté la puissance d'une industrie, multinationale et lobbyiste, et d'un autre à des créateurs indépendants que l'État a lâchés au profit du privé. Sa mission serait justement de rééquilibrer le rapport de force de manière à ce que les chercheurs, rêveurs, utopistes, les artistes qui inventent des mondes qui ne sont pas à l'image du nôtre, continuent de provoquer les facteurs de produits grand public pour les faire évoluer, pas seulement techniquement ! En regardant les titres des principales sections de l'exposition Game Story (Sports/Arts martiaux, Kawaii, Science-Fiction, Historique, Guerre/Action/Aventure, Fantasy/Fantastique/Horreur) on comprendra qu'il s'agit essentiellement d'un enfumage chargé d'évacuer tout recul critique. Historique contre Histoire, Guerre et ses dérivés musclés contre Politique, Kawaii contre Comédie, etc. Le modèle graphique est clairement le cinéma de divertissement américain et l'animation asiatique, effets de mode dont l'éphémère n'est compensé que par la nostalgie. J'aimerais être convaincu du contraire, mais ce ne sont pas les dix illustrations choisies par Libération qui risquent de me faire changer d'avis. À noter que les les pages 4 et 5 reproduites ici sont signées Bethesda Softworks, Warner Interactive, Microsoft, deux fois Sony et Activision, trois fois Nintendo ! Sic.
Il existe heureusement des indépendants pour ruer dans les brancards tels les Belges de ou , une Américaine et encore un Belge, qui montrent que le jeu vidéo peut devenir un art à part entière en s'affranchissant de l'influence hollywoodienne, tant esthétique que narrative. Dans son article de Libération, Olivier Séguret n'est pas dupe de ce qu'il revêt aujourd'hui, "creuset majeur de la culture contemporaine... vigueur industrielle et puissance commerciale... mainstream qui occupe l'essentiel de la très vaste et très vague catégorie des loisirs culturels...", mais en glorifiant exclusivement son aspect le plus formateur, entendre formatage, il participe à une injustice flagrante envers celles et ceux qui continuent à œuvrer dans l'ombre des grands médias et, paradoxalement, de la société du spectacle, les artistes.
En conclusion, je rappellerai la phrase de Jean-Luc Godard : « La culture, c'est la règle ; l'art, c'est l'exception ».
Par Jean-Jacques Birgé,
mercredi 16 novembre 2011 à 00:40 ::Multimedia
Voilà, j'ai reçu tout ce que j'avais commandé, comme annoncé dans mon article sur un des CD de Burroughs, produit par le talentueux Hal Willner, spécialiste de tribute albums évoqués également dans cette colonne. À ceux qui pensent qu'un album de texte dit en anglais risque de leur tomber des mains, je réponds du tac au tac que nenni, le flow de ces écrivains vaut tous les chanteurs américains dont vous ne comprenez pas plus les paroles. Sauf qu'ici l'écriture est d'une autre nature, littérature inspirant bien des apprentis paroliers de la musique populaire d'outre-atlantique. À l'écoute d', , et de leur prédécesseur, le rock 'n roll , vous comprendrez pourquoi ici Iggy Pop, Diamanda Galás, Marianne Faithfull, Dr John, Jeff Buckley, Sonic Youth, John Cale, Donald Fagen, Michael Franti, Arto Lindsay, Chris Spedding, et ailleurs Bob Dylan, Laurie Anderson, Lou Reed, Tom Waits, Kurt Cobain, Soft Machine, Throbbing Gristle, R.E.M. ou Bill Laswell leur rendent hommage. Remarquablement accompagnés par des musiciens inventifs qui savent ce qu'ils leur doivent, les textes dits par leurs auteurs, à l'exception de Poe servi, entre autres, par Abel Ferrara, Christopher Walken ou Gabriel Byrne, sonnent comme des déclarations d'indépendance, des cauchemars psychomoteurs, des grooves de l'enfer.
(1990) est un hörspiel cinématographique, extrêmement travaillé comme le deuxième Burroughs, (1993), qui swingue un max. (1998) de Holman oscille entre pop et musiques improvisées européennes. Si tous dévoilent une diversité de climax étonnante et une inventivité musicale hors du commun, chaque pièce de (1989) de Ginsberg confiée à la composition de l'un des musiciens parmi lesquels Bill Frisell, Marc Ribot, Marc Bingham, Gary Windo, Lenny Pickett, Steve Swallow, Michael Blair, Beaver Harris, en fait le plus contemporain. Le double (1997) privilégie le texte de Poe et les ambiances sombres qu'il réclame. Là encore l'accompagnement musical et la partition sonore sont aussi remarquables que les interprètes dramatiques. Un peu paresseux, j'ai téléchargé une version numérique (gratuite) du texte des contes et poèmes pour suivre sur iPad sans trop d'effort. Des chansons d'Ed Sanders ou Deborah Harry and The Jazz Passengers ponctuent les deux CD. Sur le livret dessiné par avec préface de Baudelaire qui commençait chaque journée en louant Poe et le traduisit en français, je reconnais les noms de Ken Nordine, David Shea, Wayne Kramer, Greg Cohen... J'écoute en boucle tous les disques.
Je ne résiste pas au plaisir de rappeler l'existence de l'album consacré à (1990), autre icône de la culture nord-américaine, compositeur extravagant de Bugs Bunny, Bip Bip, Porky, Speedy Gonzalez et tant d'autres dessins animés hirsutes, et l'un des maîtres de Frank Zappa ou John Zorn, lui-même consultant de . Les zappings de Stalling rappellent autant les cut-ups de Burroughs que les films de Jean-Luc Godard.
J'ai toujours été sensible aux lectures en musique. Dès 1973 j'enregistre des improvisations sur des textes de Philippe Danton, Gilbert Lascault ou... Burroughs (tiens, tiens !). Sur Trop d'adrénaline nuit (1977), premier disque d', je clame un texte inédit de Jean Vigo sur un trio de percussion. En 1981-82 j'assure la direction musicale des Éditions Ducaté, cassettes enregistrées avec Annie Ernaux (La place), Jane Birkin (Lettres de Katherine Mansfield), Annie Girardot (Maudit Manège de Philippe Djian, interdit par l'auteur), Ludmila Mikaël (Le chemin de la perfection de Sainte Thérèse d'Avila) ! La rencontre potentielle de la littérature et de la musique me fascina avant même de remettre au goût du jour les ciné-concerts, manière de donner accès aux textes à ceux qui ne lisent pas encore ou aux chefs d'œuvre du cinéma muet à ceux qui ne supportent pas le silence. Pour nombreux la lecture à haute voix commence aussi parfois avec la m/paternité !
Se succédèrent Un théâtre de dernier ordre (1978) de Josef von Sternbergavec Françoise Achard, Trou (1982) d'après Poe (ça alors !), Le château des Carpathes de Jules Verne et Le dandy des gadoues de Michel Tournieravec Frank Royon Le Mée (1987), Le pic avec Dominique Meens (1987), Le K et Jeune fille qui tombe... Tombe... de Dino Buzzatiavec Michael Lonsdale (1985), Richard Bohringer (avec qui nous avions créé J'accuse d'Émile Zola en 1989, augmentés d'un orchestre de 80 musiciens) ou Daniel Laloux (1990), Let My Children Hear Music de Charlie Mingus (1992), puis le CD Sarajevo Suite (1994), dont j'assume la direction artistique avec Corinne Léonet, entièrement construit autour des poèmes d'Abdulah Sidran, et encore deux disques avec Michel Houellebecq dont Établissement d'un ciel d'alternance (1996). Autant de CD que de spectacles vivants. J'adorai aussi accompagner André Dussollier, Bernard-Pierre Donnadieu, André Velter (1992), Claude Piéplu (1994), Alain Monvoisin (1998). Moins rock 'n roll que les Américains, ils n'en divulguent pas moins la beauté de la langue française croisée avec une musique suggestive qui évite définitivement l'illustration. Marche sur le fil que j'espère renouveler bientôt avec Birgitte Lyregaard autour de divers auteurs dans La chambre de Swedenborg (Strasbourg, 26 janvier 2012), et en improvisant avec Jacques Rebotier (Le Triton, juin 2012)... L'an passé, j'accompagnai un texte de Ginsberg avec Vincent Segal à La Maison Rouge (partie 2 du film), décidément, il n'y a pas de hasard !
Enfin, mon roman La corde à linge, récemment édité par publie.net, aborde la question en insérant des musiques et des sons dans le cours du récit, ponctuations ou accompagnements optionnels, lisibles exclusivement sur iPad (ou iPhone), les autres liseuses se contentant pour l'instant du texte et des images.
Par Jean-Jacques Birgé,
lundi 14 novembre 2011 à 07:47 ::Multimedia
À de Roubaix, affichent complet. À moins d'avoir la chance d'un désistement, il n'y a plus qu'à espérer que la création de la compagnie Si et Seulement Si et du scénographe Raymond Sarti soit reprise à Paris ou ailleurs.
Les seuls acteurs de ce "parc d'attraction pour enfants et lampes de poche" sont les visiteurs et le décor. Suivez le guide ! Mais avant, enfilons les capes noires qui nous rendent invisibles. Lorsque les portes se referment derrière notre petit groupe de fantômes on entend râler les petits devant la peur du noir. Pas longtemps. Dans la brume les éclairs qui lacèrent nos corps d'aveugles indiquent le chemin. Nous plongeons dans un puits dont la surface réfléchit nos visages. La forêt cache des animaux que nos torches surprennent. Rampons vers une grotte recouverte de dessins dont elles dévoilent les fluorescences. À scruter ses détails les contes s'y construisent et s'y inventent. Apprenons à prendre le temps de la découverte. Collons notre oreille à la paroi. Levons la tête vers les étoiles. Décryptons les ombres. Ce sont parfois les nôtres. Apprivoisons les éléments. Ici tout n'est qu'est illusion.
Pour deux euros seulement, vous croirez parfois que le monde est sens dessus dessous. Le parcours en 24 étapes passe de la peur à l'émerveillement. Pas nécessaire d'avoir grandi pour échapper au sortilège. En sortant, j'ai souhaité retomber en enfance, non par nostalgie, mais dans l'espoir de connaître encore beaucoup de ces émotions. Toute ma vie j'ai cherché à préserver le rêve. Il a fallu sans cesse réinventer le monde. Retourner comme un gant mes peurs d'enfant. Oser plonger dans le vide ou dans la multitude. Apprendre à voir l'invisible. Écouter le silence. Profiter de l'instant. Les enfants de la nuit n'oublieront pas de si tôt cette plongée dans le noir.
Par Jean-Jacques Birgé,
mercredi 2 novembre 2011 à 07:06 ::Multimedia
La semaine dernière je suis allé en repérage au avec la percussionniste suédoise . Nous préparons un spectacle qui y sera créé le 26 janvier 2012 avec la chanteuse danoise dans le cadre de l'exposition . Huit cents œuvres et objets de vingt-et-un pays européens y sont présentés jusqu'au 12 février 2012. Nous interviendrons lors d'une nuit où sont attendus pas loin de trois mille étudiants.
Le parcours muséographique est constitué de trois volets. est réalisé par le Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg. Y figurent entre autres Caspar David Friedrich, Francisco Goya, Eugène Delacroix, Gustave Doré, Victor Hugo dont la modernité picturale me surprendra toujours, Edvard Munch, Odilon Redon, M. K. Čiurlionis, František Kupka, Wassily Kandinsky, Kazimir Malevitch, Piet Mondrian, Jean Hans Arp, Paul Klee, Max Ernst, André Masson, Victor Brauner, Roberto Matta, Wifredo Lam, Jeanne Tripler, Helene Smith... a été confié à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg et au Cabinet des Estampes et des Dessins des Musées de Strasbourg qui ont choisi Baldung Grien, Brentel, Cranach, Dürer, Schongauer, Mantegna, Jacques Callot, Piranèse...
La troisième de nos quatre interventions se tiendra au milieu des instruments de , réalisé par le Musée Zoologique de la Ville de Strasbourg et le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg. Nous sommes fascinés par le , exemplaire unique au monde (photo, en anglais mesmerize signifie hypnotiser), un tube à rayons X, un tube de Crookes, un récepteur télégraphique, un cohéreur de Branly, un photophone de Bell, etc. Nos propres instruments, cuivre, bois, peau, s'intégreront parfaitement aux dispositifs déjà mis en scène ; la voix et le corps font partie de ce laboratoire incroyable où planent les esprits de Charcot, Pierre et Marie Curie, Camille Flammarion et bien d'autres savants.
Plutôt que de rajouter une couche de sens à une programmation d'une extrême densité, ce qui reviendrait à illustrer platement les œuvres et perturber la réflexion des visiteurs déjà fortement sollicités, nous nous installons dans la nef, bateleurs sur tréteaux dès l'entrée ou officiants d'une étrange expérience, à l'écart des interprétations picturales.
Notre chambre de Swedenborg devient une attraction parmi les autres : "Répartie en quatre stations (Antichambre, Le long couloir blanc, Expérience du ciel et de l'enfer, La chambre de Swedenborg et ses fantômes), le spectacle consiste en une séance de spiritisme où trois maîtres de cérémonie utilisent leurs instruments de musique pour convoquer les esprits d'artistes qui se sont intéressés à l'occultisme. Le rôle de l'orchestre est de faire passer le public au travers du long couloir blanc qui mène à la chambre de Swedenborg, afin que chacun choisisse son paradis ou son enfer. Les spectateurs y rencontreront peut-être les spectres d'August Strindberg, Karen Blixen, Hilma af Klint, William Blake, Henry James, Benjamin Christensen, Carl T. Dreyer, Goethe, Poe, Baudelaire, Honoré de Balzac… Les cloches sonneront tant que cela peut, les voix célestes s'élèveront dans les cintres, les lumières du Tenori-on hypnotiseront les plus récalcitrants. Si le silence aurait pu être mortel, espérons que tout le monde reviendra sain et sauf de l'expérience musicale !"
Suivra un ballet de Jean-François Duroure inspiré de Rudolf Laban et un final festif qui conclura la soirée sous l'immense nef du musée. L'exposition elle-même sera transportée au de Berne du 31 mars au 15 juillet 2012.
Pour voir les autres billets, cliquez tout en haut sur Jean-Jacques Birgé, changez de thème et utilisez les calendriers d'archives...
Vous pouvez rechercher un terme avec le champ loupe en haut à droite.