Jean-Jacques Birgé

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jeudi 23 mars 2006

Captain Beefheart on TV


Captain Beefheart est-il le vrai génie qu'évoque Jimmy Carl Black en l'opposant à Zappa ? Sa destruction systématique des rythmes rock, ses élans free, sa voix exceptionnelle préservent la puissance de la découverte. Ses peintures ont le même pouvoir de fascination. L'art brut conserve une charge révolutionnaire qui fait fi des modes. Documents enfin visibles grâce au P2P. Illégal ?

Pour une fois, un documentaire qui n'est pas qu'hagiographique ! The Late Show présente The Artist Formerly Known As Captain Beefheart, réalisé par Elaine Shepherd et conté par John Peel. Tous les protagonistes sont là, les cadavres entre Zappa et le Capitaine sortent du placard, les musiciens du Magic Band (Doug Moon, John French, Ry Cooder, Bruce Fowler) ainsi que le créateur des Simsons, Matt Groening, ou le directeur du Musée d'Art Moderne de New York en rajoutent une couche, les peintures de Don Van Vliet (prononcer Vlit) sont exposées, les témoignages abondent, le désert de Mohave nous entoure, les extraits musicaux mettent l'eau de feu à la bouche...
On trouve sur le Net des émissions de télé, comme celle-ci diffusée à la BBC en 1994, évidemment difficilement visibles autrement, d'autant qu'elles ne sont pas commercialisées. Le téléchargement devenu interdit sur le territoire français, quels risques prenons-nous à enfreindre cette loi honteuse qui vient de passer à l'Assemblée sous prétexte de garantir les droits de propriété des artistes au détriment de la mémoire musicologique ? N'aurait-on pu trouver un système qui préserve les deux ?
Côté concerts, j'ai trouvé l'extrait d'Amougies avec She's Too Much For My Mirror et My Human Gets Me Blues (où Don Van Vliet, dit Captain Beefheart est accompagné par Victor Hayden/The Mascara Snake à la clarinette basse, Bill Harkleroad/Zoot Horn Rollo à la guitare, Mark Boston/Rockette Morton à la basse et Jeff Burchell/The Imposter Drumbo à la batterie)... J'avais enregistré sur place l'intégralité du concert (en audio) avec surtout la version de 20 minutes de Big Joan Stes Up avec Frank Zappa à la guitare et arrosant de whisky l'harmonica du Capitaine... Document exceptionnel qui serait perdu si un jeune homme de 17 ans n'avait pas embarqué un petit magnéto avec son sac de couchage !
J'ai également pu récupérer l'émission Chorus de 1980 ainsi que deux morceaux de 1966 (Who Do You Think You're Foolin'? et Diddy Wah Diddy) sur la plage de L.A. dans le Dick Clarke Show.
À noter enfin, Some Yoyo Stuff, un DVD un peu frustrant (13 minutes), acheté sur Internet, réalisé par Anton Corbijn.



mardi 21 mars 2006

Incassable(s) par D' de Kabal


INCASSABLE(s) est un album mis en ligne sur le net - à disposition de tous, téléchargeable gratuitement sur le site officiel www.d2kabal.com et sur le site partenaire www.90bpm.com.
Engagement politique, voix rauque, beaucoup d'humour, d'amour et de haine. Dématérialisé donc incassable.

Inclassable peut-être, incontournable, certainement. Le rap réfléchit la rue et les cités. Celui du slameur D' est une mitraillette libératrice, un feu d'artifices qu'éclairent Hanifah Walidah, Claudia Philips ou Marc Ducret, une construction infernale, une histoire de nègre qui reprend sa liberté pour en jouir sans entraves et sans temps mort. Les producteurs Yed et Professor K rivalisent de petites trouvailles. On plonge dans le passé pour bondir dans le futur.
Paracelse proclamait : "Je vous apporte la peste, moi je ne crains rien, je l'ai déjà !"
La voix de D' comme le mouvement de la rue sont : incassable(s).

lundi 20 mars 2006

Prova d'Orchestra


Le générique du film de Fellini se déroule sur un concert de klaxons, embouteillage précédant quelques considérations acoustiques du copiste. Le silence envahit la chapelle tandis qu'on voit les notes inscrites sur les partitions posées sur les pupitres. Fellini n'invente rien et c'est évidemment hirsute, comme une répétition d'orchestre. Chaque musicien vient témoigner de sa relation privilégiée avec son instrument. L'orchestre se rebelle contre la toute-puissance du chef.
Avec deux autres pseudo documentaires, Roma et Les Clowns, c'est un des meilleurs films de Fellini. Tourné pour la télévision, c'est un filmetto, explique Federico. Il raconte aussi n'écouter jamais de musique, cela le plonge dans une profonde mélancolie. Il n'a aucune culture musicale et il fait confiance à Nino Rota, qui, lui, ne regarde pas les films. Même finis... Il ne supporte pas d'être plongé dans l'obscurité. C'est amusant lorsqu'on sait que l'association Fellini-Rota est souvent citée en exemple d'accord parfait entre un réalisateur et un compositeur ! Complémentarité confiante entre deux handicapés.

Le film, hélas, n'est distribué en France que dans un gros coffret qui réunit 8 DVD, heureusement essentiellement des films de la première période (i Vittelloni, Il Bidone, La Dolce Vita, Juliette des Esprits), un (trop) tardif (La Voce della Luna) et un documentaire (Je suis un grand menteur).

lundi 13 mars 2006

Chœur automobile


Une vidéo d'une rare élégance pour une japonaise, trois autres à l'humour teuton pour VW, et une préfiguration de l'avenir des cookies et des recoupements de fichiers sur Internet...
Serge Adam m'envoie ce matin le lien vers cette pub pour une bagnole japonaise.
La musique contemporaine ne sied plus seulement aux documentaires animaliers !
Pour rester dans l'humour de ce début de semaine, Françoise me fait suivre ce lien qui n'amusera que ceux qui parlent bien anglais, et qui n'est pas sans relation avec le billet d'hier sur le danger de flicage de nos ordinateurs personnels.
Sans oublier, une autre pub automobile, cette fois allemande, et même hyper teutonne, viel Spaß ! Signalée par l'ami Drop sur son blog...

lundi 6 mars 2006

Antoine Bonfanti parti sans bruit


Antoine s'est tu samedi à Montpellier, 83 ans. Rappel.

Etudiant à l'Idhec, j'avais été impressionné par l'audace d'Antoine Bonfanti lorsqu'il mixait un film. Il fait partie d'un trio de passeurs qui m'ouvrirent au monde du son comme je l'avais été à celui de la musique par Frank Zappa. Les deux autres sont Aimé Agnel, devenu psychanalyste, et le compositeur Michel Fano. Aimé développait la perception auditive, Fano inventa le concept de partition sonore. Avec Antoine, c'est la pratique vivante du métier qui me fascina. Lorsque nous lui apportâmes La nuit du Phoque à mixer, il demanda d'emblée si nous souhaitions le regarder une fois avant ou nous lancer directement ! Pas si étonnant venu du mixeur de Godard, Marker, Resnais... Évidemment, nous nous sommes jetés dans l'aventure comme si tout commençait là ! Et Antoine m'apprit à mixer avec les dix doigts d'une part, et d'autre part à ne pas avoir peur des mouvements brusques et radicaux. La frilosité des mixeurs m'a ensuite toujours agacé. Je trouvai en lui la validation de mes propres expériences, le goût du risque, la fascination de l'accident opportun, le swing du mix.
Antoine mixa alors presque tous mes films. Ces conseils pour la prise de son furent aussi précieux, et j'adhérai à ces choix, Nagra (le magnéto portable utilisé pendant des décennies au cinéma) et Beyer M160, un micro directionnel qui obligeait à faire des choix ! Le son est peu de choses qu'il faut savoir, mais entendre, écouter est une autre paire... de manches.

Merci à Dominique Greussay pour la photo qu'elle prit lors d'une fête à Iskra.

samedi 4 mars 2006

Moondog, hommage de TraceLabel au Point Éphémère

Ce soir à 21h. J'en suis (image et musique) !
Point Éphémère, 200 Quai de Valmy, 75010 Paris - Organisé par Trace Label.