Jean-Jacques Birgé

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dimanche 25 janvier 2009

L'ONJ et ses fantômes


Vendredi soir, le nouvel ONJ faisait sa première apparition sous la forme d'une répétition publique du projet Around Robert Wyatt à la Dynamo de Banlieues Bleues à Pantin. Son directeur artistique, Daniel Yvinec, avait pris soin de faire distribuer un petit texte en fixant les termes : "Si certains musiciens vous tournent le dos, ne vous formalisez pas, c'est pour mieux communiquer avec leurs semblables, indirectement vous devriez en bénéficier... Il est possible par ailleurs qu'il soit nécessaire de faire quelques mises au point au cours d'un morceau qui de fait ne sera pas donné dans son intégralité. (...) N'hésitez pas à déambuler dans ce lieu pour trouver un emplacement qui vous convient, à vous promener pour mieux voir ou mieux entendre. Vous pouvez même, si le cœur vous en dit, vous frayer un chemin, entrer dans la forêt des pupitres pour vivre quelques instants au cœur de l'orchestre..." L'enregistrement du disque qui sortira le 23 avril commence d'ailleurs aujourd'hui dimanche. Peu de spectateurs osèrent céder à l'invitation si ce n'est les photographes s'en donnant à cœur joie.
Jazz Magazine m'ayant commandé cinq épisodes sur les préparatifs de ce nouvel ONJ dont le dernier reste à paraître, je rappellerai néanmoins les enjeux de ce premier projet en citant encore Yvinec : "Bien souvent, on enregistre des disques en posant dans un premier temps les bases instrumentales. On y ajoute ensuite la voix. Il m'a toujours semblé étrange de faire entrer le personnage principal à la fin du film. Around Robert Wyatt inverse le processus en utilisant les voix a capella comme point de départ." Étrange impression onirique de voir les dix jeunes musiciens s'exécuter sous les limbes vocales de Wyatt, Daniel Darc, Yaël Naïm ou Rokia Traore. De tous ces bienveillants fantômes ne manquaient que Camille et Irène Jacob parmi les invités annoncés. On se plaît à rêver à ce qu'en ferait un Bashung... Les arrangements de Vincent Artaud (sur la photo à droite d'Yvinec, avec le guitariste Pierre Perchaud) offrent l'avantage d'ignorer les originaux en ne se référant qu'aux voix, proposant des chansons une interprétation qui évite soigneusement le clonage forcément décevant.


Jazz, tout en restant fidèle à la couleur "classique" européenne de l'arrangeur et en lorgnant vers une pop où tel crescendo me fait irrésistiblement penser à la fin de A Day In The Life, l'École de Canterbury sachant parfaitement ce qu'elle doit aux quatre gars de Liverpool, la musique joue des effets d'ensemble plus que de chorus inutiles tant la voix est le soliste de ces évocations. À la pâte des cuivres s'ajoutent parfois les timbres étranges de Joce Mienniel transformant sa voix dans le logiciel Usine ou de la pianiste Ève Risser penchée sur les cordes de son instrument lorsque l'une et l'autre n'assurent pas leurs parties de flûtes. Sur la photo, on découvrira Sylvain Daniel au cor d'harmonie, Antonin Tri Hoang, Rémi Dumoulin et Matthieu Metzger aux anches, Guillaume Poncelet à la trompette. Le claviériste Vincent Lafont a finalement rejoint la petite bande en remplacement de Paul Brousseau tandis que la batteur Yoann Serra dirige ce passage rythmique.
Écouter ainsi les chansons de Robert Wyatt ou celles de ses amis John Greaves et Elvis Costello produit une impression de voyage, un déplacement étrange que les voix désincarnées mais extrêmement présentes renforcent en émotion. Connaître véritablement de quel bois se chauffera l'ONJ exige d'entendre l'ensemble des trois projets 2009. De quelle liberté jouiront sur scène les interprètes ici plus musiciens de pupitres que personnalités engagées ? Les arrangements très écrits d'Alban Darche pour le second programme en hommage à Billie Holiday, Broadway in Satin, créé le 7 mars à Saint-Ouen, leur laisseront-ils une plus grande d'initiative ? Faudra-t-il attendre le film muet Carmen à l'Opéra Comique dont les musiciens écriront eux-mêmes la partition sous les traitements électro-acoustiques du pianiste Benoît Delbecq pour découvrir toutes les ressources de ces jeunes gens pour la plupart encore inconnus du public ? Vous le saurez lors du énième épisode de cette excitante aventure !

jeudi 22 janvier 2009

Répétition des Vampires au Cap (1995)


Recherchant systématiquement ce qui pourrait être publiable sur YouTube, DailyMotion ou Vimeo, je réalise des petits montages avec les quelques rushes du Drame égarés parmi mes archives domestiques. En 1995, le Centre Culturel Français de Johannesburg nous propose une tournée en Afrique du Sud pour célébrer le centenaire du cinématographe. Comme les organisateurs métropolitains ont la mémoire courte, nous en sommes flattés bien que nous ayons alors décidé d'arrêter de jouer en public. Notre interlocuteur me demande si j'ai jamais vu les baleines passer au large du Cap de Bonne-Espérance ou si j'ai jamais nagé au milieu des manchots ? Il est difficile de refuser ce genre de proposition malhonnête, et nous acceptons de bon cœur ! Les dates ayant glissé de quinze jours, nous manquerons les baleines, mais nous passâmes un temps merveilleux au milieu des volatiles nautiques. Si leur pas maladroit est comique, leur nage rappelle le vol du goéland sitôt qu'ils ont plongé. Pour jouer en direct avec Les Vampires de Louis Feuillade, Bernard Vitet et moi demandons à l'accordéoniste Michèle Buirette, qui est en outre la mère de ma fille, de partir avec nous pour cette tournée de ciné-concerts.
J'évoquerai en son temps mon précédent voyage en Afrique du Sud avant Nelson Mandela pour tourner le film Idir et Johnny Clegg a capella et ce retour après la fin de l'apartheid, deux voyages que les paradoxes locaux rendirent plutôt pénibles, si ce n'est chaque fois le plaisir partagé avec nos hôtes.
Comme souvent avec les quelques archives que j'ai retrouvées, il s'agit d'une répétition et l'on m'y voit peu puisque je tiens la caméra. De plus, la qualité est souvent médiocre, mais ces rares témoignages ont l'heur de plaire aux amateurs de nos élucubrations artistiques. Les premiers plans du 20 novembre se situent au Studio GRRR à Paris. Bernard cherche ses notes au bugle tandis que Michèle lui souffle les accords. Dix jours plus tard, dans une salle du Cap, les amis se retrouvent pendant la balance pour interpréter Carton, chanson du disque éponyme, qui colle parfaitement avec un film muet puisque les paroles sont constituées de titres de films et qu'on y évoque les intertitres des films muets, d'où son titre ! Bernard pose son instrument pour chanter avant de gratouiller les cordes du piano. À la fin j'ai ajouté deux plans. Sur le premier, on ne voit pas le contrechamp qui aurait été trop hors sujet, un gigantesque gorille ! Sur le second, nous sommes entassés tous les trois dans une automobile en route pour le théâtre de Joburg où nous emmène Alexandre de Clermont-Tonnerre. Je me souviens seulement qu'il ne fallait pas se promener au-delà d'un certain trottoir, sinon nos vies seraient gravement en danger. Il est des accords qui nous échappent.

dimanche 18 janvier 2009

Le grand orchestre d'Un D.M.I. répète L'homme à la caméra (1986)


L'archéologie domestique révèle des traces insoupçonnées. Je creuse, époussette, feuillette. Apparaissent sans cesse des bribes de mémoire enfouies sous les piles accumulées au fil du temps, classées, brouillées par les déménagements, images, sons, programmes, articles de presse, partitions, lettres... Voici donc aujourd'hui un petit montage rapide du seul témoignage vidéographique du grand orchestre d'Un Drame Musical Instantané. La scène se passe début 1986 à Paris. Nous répétons la reprise de L'homme à la caméra que nous avions créé trois ans plus tôt, le 5 octobre 1983, au festival Musica à Strasbourg. On reconnaîtra Francis Gorgé (guitare), Bernard Vitet (cigarettes), Youenn Le Berre (flûte), Hélène Sage (clarinette basse), Philippe Legris (tuba), Bruno Girard (violon), Marie-Noëlle Sabatelli (violoncelle), Geneviève Cabannes (contrebasse), Lê Quan Ninh et Benoît Moerlen (percussion) et moi-même (fauteuil)... Impossible de me souvenir du nom de l'altiste qui remplaçait Nathalie Baudoin, ni de celui du corniste, Patrice Petitdidier étant absent.
Nous avions imaginé la musique du film muet de Dziga Vertov en nous inspirant de ses écrits sur le "laboratoire de l'ouïe". C'est aussi la première fois que nous composions des chansons qu'interprétaient Geneviève, Didier et Bernard. Nous avons enregistré un 33 tours du spectacle lorsque nous sommes passés au Théâtre Déjazet à Paris. C'est une des plus belles partitions du grand orchestre, mais le disque n'a pas eu beaucoup de succès. Nous avions mal pensé la pochette qui pouvait laisser croire qu'il manquait les images de Vertov, or l'enregistrement avait été pensé hors contexte. Il aurait probablement été mieux reçu si nous ne nous étions pas référés au ciné-concert.
Pour la petite histoire, Youenn Le Berre est un des fondateurs du groupe celtique Gwendal, Bruno Girard du groupe d'influence d'Europe de l'Est Bratsch, Geneviève Cabannes du trio féminin Pied de Poule avant de rejoindre Castafiore Bazooka, Hélène Sage a composé de nombreuses musiques pour la danse, Lê Quan Ninh a intégré le quatuor de percussion contemporaine Hêlios sans négliger la libre improvisation, Philippe Legris est toujours sur la brêche (il a même enregistré une pièce du Drame pour tuba solo !), Didier Petit a fondé le label de disques in situ avant de se consacrer exclusivement à son instrument et à l'improvisation... Depuis, il m'est arrivé de jouer avec Hélène et Didier pour divers projets de création. Quant à mes deux camarades du trio historique du Drame, une recherche sur ce blog vous donnera plus d'informations que vous pourrez en assimiler en une seule fois !

samedi 17 janvier 2009

Spike Jones explose la télé


« Thank you music lovers », aujourd'hui est un grand jour ! Un coffret de 3 DVD de Spike Jones vient d'être publié aux Etats-Unis, accompagné d'un CD d'inédits. Spike Jones et ses City Slickers forment certainement l'orchestre le plus déjanté qui ait jamais existé, influençant Frank Zappa, John Zorn, Weird Al Yankovic, Thomas Pynchon, le Bonzo Dog Band, tous les bruitistes de la Terre et les designers sonores du futur. Il existait déjà un documentaire passionnant mais frustrant intitulé The Spike Jones Story. The Legend offre cette fois les shows intégraux à nos pupilles dilatées qui n'en croient pas leurs oreilles. Le chef d'orchestre qui dirigeait avec un pistolet à la main et un chewing-gum à la mâchoire est également l'ancêtre de la vidéo musicale tant ses mises en scène préfigurent l'intérêt que porteront plus tard les amateurs de scopitones et de clips.
Fin des années 40, Spike Jones tourne aux USA avec sa Musical Depreciation Revue réunissant musiciens, acrobates, jongleurs, chanteurs et comédiens. J'avoue préférer les parties musicales burlesques aux sketchs comiques, comme enfant j'étais fou des clowns musicaux qui ne disent pas un mot, mais n'en pensent pas moins. On connaissait les gags sonores de Spike Jones par les disques, souvent sans savoir que les visuels étaient encore plus nombreux, plus dingues, plus invraisemblables ! Il rappelle les musiciens de dessin animé comme Carl Stalling sauf qu'ici nous sommes en direct, sans filet, et que ce sont les musiciens qui jouent aussi le rôle des écureuils fous. Parodiant les classiques, les virtuoses City Slickers martyrisent Laura, Sheik of Araby, Hawaïan War Chant, Cocktails for Two, All I Want for Christmas Is My Two Front Teeth, Chloe... à coups de cloches à vache et de trompes d'auto, de sifflets à roulette et d'appeaux d'oiseaux, de banjos mitraillettes et de nain caché dans la contrebasse, d'éternuements et hoquets, de rires et de voix gaguesques tranchant brutalement avec les crooners qu'ils invitent.
Mais ce qui surprend le plus pour qui n'a évidemment pas connu la télé américaine au début des années 50, c'est la place de la pub ! J'ai compris son importance lorsque Steve Ujlaki me raconta le lancement d'HBO dont il avait été l'un des vice-présidents, la chaîne de cinéma qui inspira directement Canal+. « L'enjeu était de faire une chaîne qui ne soit pas de la télévision. Jusque là, les programmes étaient choisis par les annonceurs.» On voit cela très bien dans la géniale série Mad Men qui vient de recevoir un Golden Globe pour la seconde année consécutive. Le spectacle hebdomadaire de la NBC s'intitulait explicitement Colgate Comedy Hour et les saynètes comiques alternaient avec de longs sketchs de pub, les acteurs se prêtant au jeu. Le disque 2 présente deux All Star Revue entièrement consacrés à Spike Jones, ce qui nous permet de savourer en tout quatre heures de spectacle à valeur de document exceptionnel, car montré tel qu'à l'époque, 1951-52, sans coupures, ni playbacks (outre ceux joués en direct par les instrumentistes). Le troisième DVD rassemble un entretien avec le maestro chez lui en famille, son apparition en Leonard Burnside au Ed Sullivan Show, des interviews de ses musiciens, etc. Spike Jones raconte que ce sont les couinements des souliers d'Igor Stravinsky dirigeant son Oiseau de feu qui lui donnèrent l'idée de remplacer les percussions par des effets sonores comiques.
Détail important : les galettes commandées sur Amazon.com ne sont pas restreintes à la zone américaine et fonctionnent donc sur les lecteurs français.

lundi 12 janvier 2009

Un Drame Musical Instantané répète Le K (1992)

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Il n'est jamais facile de condenser un spectacle en quelques minutes. C'est pourtant ce que je fais avec les archives exhumées d'Un Drame Musical Instantané. Ce sont des documents, des témoignages, la qualité de l'image et du son sont très limite, mais c'est tout ce qui reste. Ici une répétition du K, ailleurs une autre de Zappeurs-Pompiers 1 (1988) ou un concert de Machiavel au Pannonica (1999), plus tard une représentation de J'accuse avec Richard Bohringer dans le rôle de Zola et un orchestre de 70 musiciens (1989), une de Zappeurs-Pompiers 2 (1990), le grand orchestre du Drame en répétition (1986), des bribes de Machiavel en studio (1999), etc.
Le K fut créé le 4 octobre 1990 au Festival Musiques Actuelles de Victoriaville (Québec) avec le comédien Daniel Laloux. La création française se tint en février 1991 au Festival Futures Musiques avec Richard Bohringer interprétant cette fois le texte de Dino Buzzati. Une précédente version avait été présentée en 1985 avec Michael Lonsdale et le percussionniste Gérard Siracusa. Quelle que soit la version, figurait également au programme une autre nouvelle de Buzzati, Jeune fille qui tombe... tombe.
Le K fut publié en CD avec Richard Bohringer, d'abord chez GRRR, puis chez Auvidis, légèrement écourté, dans la collection Zéro de conduite. Au rachat d'Auvidis par Naïve, toute le collection disparut. Heureusement GRRR ressortit l'album dans sa version originale. Le K fut nominé aux Victoires de la Musique dans la catégorie pour la jeunesse aux côtés d'Henri Dès, mais c'est Walt Disney qui l'emporta avec Aladdin ! Je me souviens très bien de la joie de Pascal Comelade qui s'était laissé embarqué comme nous dans cette galère lorsqu'il me reconnut sur le fauteuil juste devant lui. Quant à Jeune fille qui tombe... tombe, il est sorti sous le label in situ alors dirigé par Didier Petit avec Daniel Laloux affublé de son tambour napoléonien. Je le préfère nettement à notre enregistrement du K.
Au Théâtre de Quimper en 1992 (montage ci-dessus), Daniel Laloux avait repris le rôle du narrateur. Un Drame Musical Instantané, producteur du spectacle, ici en répétition, était composé de Francis Gorgé (guitare, ordinateur, instruments de synthèse), Bernard Vitet (trompettes, anche, piano) et moi-même (instruments de synthèse, trombone, voix). Le scénographe était Raymond Sarti, le luminariste Jean-Yves Bouchicot. Raymond avait inventé un décor tout en métal rouillé, vieux ventilos, loupes géantes et nuages mobiles. Jean-Yves éclairait la scène avec des machines improbables comme de vieilles photocopieuses dévoyées.
L'aventure magnifiquement avancée s'est terminée en catastrophe. Nous jouions au Festival Musique Action de Vandœuvre-les-Nancy avec tous les atouts en main, distribution idéale, conditions techniques parfaites, éclairage, sonorisation, la partition sur le bout des doigts et enfin une vingtaine de programmateurs de festivals dans la salle. Ce sont des choses qui arrivent, nous étions si sûrs de nous que nous nous sommes relâchés et avons joué comme des pieds, mettant un terme à tout espoir de continuer à tourner le spectacle.

samedi 10 janvier 2009

FluxTune fait son apparition sur YouTube


Frédéric Durieu a récemment mis en ligne des enregistrements réalisés avec notre nouvel instrument virtuel, FluxTune, le programme de composition musicale que nous avons conçu après La Pâte à Son et qui attend depuis quatre ans que nous lui trouvions des conditions satisfaisantes pour le rendre public. FluxTune est conçu comme un Lego où le circuit constitue une sorte de partition obéissant à des lois totalement différentes des séquenceurs traditionnels. Le secret réside dans le comportement des aiguillages programmés par Fred. FluxTune peut être considérée comme la forme adulte de La Pâte à Son, avec une interface à la fois puissante et la plus simple possible.


Fred a commencé par placer Rave Party sur YouTube, emballement de percussions sur rythmique techno dont j'ai réalisé les sons avec mon Ensoniq VFX-SD en cherchant à retrouver les effets produits par alternance rapide de plusieurs programmes. C'est souvent en cherchant à reproduire un geste musical que j'invente des timbres et des modes de jeu. Les deux autres exemples, ComeBack et Aubade, sont réalisés à partir d'échantillons de piano sur cinq octaves et deux couches de timbres.


Depuis son château du sud de la France, Fred a programmé les algorithmes, secondé par Kristine Malden qui a apporté sa patte graphique tandis qu'à Paris je tentais de rendre mélodieuses nos élucubrations qui dans les premiers temps d'expérimentation n'avaient rien de très musical ! J'ai raconté comme il fut passionnant de devoir exprimer en mots ce dont je rêvais en termes musicaux à un mathématicien sans aucune compétence musicale et dont les algorithmes m'échappent au point que je les conçoive comme des équations poétiques ! Empiriquement nous nous sommes progressivement approchés de ce que nous imaginions l'un et l'autre au début du projet. Il reste encore quelques ajustements à faire. J'ai demandé par exemple à Fred qu'il soit possible de contrôler des instruments midi depuis FluxTune plutôt que de devoir se cantonner à ceux que j'ai échantillonnés note à note. Du sien, il affine l'interface et la présentation graphique. Nous continuons à avancer doucement, lorgnant une opportunité pour conclure, comme un nouveau début !

jeudi 8 janvier 2009

Machiavel au Pannonica (1999)

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Le Pannonica, Nantes 1999. Document d'archives. Un Drame Musical Instantané se produisait alors sous le nom de Machiavel, titre du dernier album du Drame, plus électro que techno et axé sur le recyclage des vinyles de l'orchestre.
Je venais de terminer le CD-Rom Alphabet et proposai à Murielle Lefèvre et Frédéric Durieu de prendre en charge les projections en improvisant les images comme nous le faisions pour la musique. Bernard Vitet est ici à la trompette, Philippe Deschepper à la guitare et DJ Nem aux platines. Quant à moi, je joue du Theremin et du synthétiseur...

dimanche 4 janvier 2009

Le Général de Gaulle


Écouter et voir Lors, Laurent Jouin, me font voyager. Me fait ou me font ? Dans le temps, dans la ville, à la campagne, sur l'eau, euh, là je m'avance peut-être un peu... Donnant naisance, en alternance, à une profonde gravité et un grand éclat de rire. Pas ensemble. L'un après l'autre. Acteur comique, chanteur dramatique. De l'un à l'autre. D'un claquement de doigt.
J'ai filmé Lors à l'Ile Tudy en août 1996. Il chante a capella une chanson "traditionnelle" qu'il a collectée sur le terrain, "Le Général de Gaulle", de Louis Raoul. Onze ans plus tard, il enregistrera ce petit bijou, accompagné par Robert Kevran, sur son CD/DVD "Chansons de la Bretagne éternelle d'hier et de toujours, pour maintenant par rapport à demain" (Keltia Musique). C'eut été un crime que ça se perde !