Jean-Jacques Birgé

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mercredi 16 novembre 2016

Moins incisif


Je déprime très rarement, mais parfois un réseau d'émotions me pousse à une tristesse qui m'envahit sans désir de la vaincre. Pour en arriver à cet état il faut que les attaques se portent sur plusieurs fronts, sans que j'en sois forcément la cible. Quantité d'évènements sont susceptibles de m'affecter, de la compassion individuelle jusqu'à l'état du monde. Les défenses immunitaires affaiblies, le risque est de tomber malade.
Moment mal choisi, car je dois subir une grosse opération dentaire en fin d'après-midi. Cette intervention qui s'étalera sur plusieurs mois n'est peut-être pas étrangère au blues qui m'envahit. La perte d'une incisive est certainement symbolique. Comment mordre sans ? Grrr ! Lorsque j'étais en neuvième, l'équivalent du CE2, trois garçons plus âgés m'avaient renversé accidentellement dans la cour de récréation. La dent cassée que le Docteur Lessault avait remplacée lorsque j'atteins 22 ans avait tenu une trentaine d'années, mais le dentiste suivant avait mal rebouché le conduit et une infection récurrente m'oblige à ajouter un nouvel implant au centre de ma mâchoire supérieure. L'opération est compliquée. La perspective de la greffe osseuse ne m'enchante guère, mais je n'ai pas le choix et je vais devoir porter un appareil en attendant la cicatrisation. J'ai la chance de posséder de magnifiques exostoses où la chirurgienne va pouvoir puiser la matière première.
Cela n'explique pas tout. Demain j'aurai probablement déjà évacué ma peine. Pessimiste gai, je brûle d'un soleil intérieur qu'il faut tout de même ranimer de temps en temps. J'ai ajouté cette phrase pour n'inquiéter personne, surtout après avoir choisi ce Saint Jérôme du Caravagge photographié Galerie Borghese pour illustrer mon article, icône d'ailleurs très positive...

jeudi 10 novembre 2016

Envol


Prendre de la hauteur. Changer d'angle. Renverser les apparences. Nous en avons bien besoin lorsque le monde marche sur la tête. Je me souviens de mon baptême de l'air, j'étais enfant, toute la famille était montée dans un petit coucou, à l'époque les voyages en avion étaient rares. Plus tard j'ai fait la même chose en parapente, mais cette fois je suis parti en duo avec un pilote.


Départ à skis ! La pente semblait si raide qu'elle était presque abrupte. Extrêmement impressionnant. Après avoir décollé, tout file, ça plane, la peur se dissipe, c'est merveilleux, la neige ne fond pas plus que mes ailes, Icare est vengé... En écoutant le son de ce que j'ai filmé, j'ai beau répéter que tout va bien, je ne trouve pas le ton de ma voix très rassuré. L'atterrissage se fera les pieds en l'air, sans douleur. Je n'ai jamais essayé le parachute ni le saut à l'élastique, mais j'ai ingurgité et fumé des trucs bizarres qui m'ont envoyé dans les airs. J'aime les voyages parce qu'ils pulvérisent souvent mes idées préconçues, des idées reçues. Certains n'étaient pas toujours agréables, loin s'en faut, surtout dans les zones de guerre, mais j'ai toujours appris du déplacement. Il ne faut jamais craindre ce que l'on ignore. Ces temps-ci nous ne serons certainement pas au bout de nos surprises !