Jean-Jacques Birgé

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mardi 25 juin 2019

Hautaine au thym


Oulala préfère le thym à tous les autres pots du jardin tandis que le canard se contente de mauvaises herbes. On les appelle mauvaises par ignorance et parce que souvent elle colonise les autres. Oulala n'est pas plus mauvaise, c'est un petit cœur, mais elle écrabouille mon thym. En général elle se love en rond petit patapon, épousant le cercle. Les chats trouvent la terre plus fraîche. Peut-être incarnerait-elle bien un sourcier pour déterminer où creuser le puits ? Mais on ne dresse pas les chats comme on dresse un buffet, en tout cas pas sous nos latitudes. Django choisit l'ombre pour s'y allonger de tout son long. Il fait bien son mètre. Cela me rappelle une histoire terrible que m'ont racontée Elsa et Lulu hier soir. Une amie avait un boa apprivoisé qui s'enroulait autour d'elle lorsqu'ils dormaient ensemble. Comme le reptile ne mangeait plus et se tenait à côté d'elle de tout son long, raide comme un piquet, elle est allée consulter un vétérinaire. Il lui a alors expliqué que le boa simplement jeûnait et mesurait la taille de sa maîtresse pour pouvoir l'engloutir quand il aurait vraiment faim. J'ignore si elle était menue ou s'il avait les yeux plus grands que le ventre, mais cela en dit long sur notre manière de voir.

jeudi 20 juin 2019

Pas au bout de mes peines...


Incroyable ! Après plus d'un an de tergiversations, Orange a fini par m'installer la fibre.
Si la connexion est techniquement ultra rapide, elle est encore très fragile, car je ne suis pas à l'abri d'un acte malveillant des trois sœurs foldingues qui habitent au fond de l'allée et attaquent mon mur régulièrement en prétendant être les propriétaires de l'allée privée sans n'avoir jamais évidemment produit aucune preuve, et pour cause. J'ai déjà évoqué ici ce conflit ridicule, mais hautement handicapant. Leur acte de propriété, comme tous ceux dont les murs ou les portes donnent sur l'impasse, ne spécifie aucune suzeraineté. Par contre la Mairie a confirmé ce qui apparaît sur le cadastre, à savoir que l'impasse n'existe pas juridiquement, puisqu'elle est constituée des fonds de parcelles. Si elles étaient propriétaires elles me devraient le droit d'échelle qu'elles me refusent manu militari. Par contre je leur dois le passage puisqu'elles passent sur mes terres pour rentrer chez elles. En attendant je suis bien ennuyé car elles m'interdisent abusivement de réparer mon mur qui s'abîme en attendant que la Justice fasse son boulot puisqu'il est impossible de discuter calmement avec elles sans essuyer une salve d'insultes, voire d'attaques physiques. Ma non-violence m'interdit évidemment de répondre à leur folie qui trouvera d'autres souffre-douleur lorsque les deux parcelles à vendre dans l'impasse seront attribuées à de nouveaux propriétaires qui ne manqueront pas de faire des travaux autrement plus importants que mon modeste passage de câble collé sur mon propre mur ou une journée de ravalement de la façade plein nord !
Comme si cela ne suffisait pas de courir après les fournisseurs d'accès à Internet qui se font eux-mêmes une gueguerre dont les usagers paient évidemment les pots cassés. Le sous-traitant Circet ayant installé la fibre Orange avec succès, j'ai aussitôt appelé Free qui depuis novembre refuse de réparer l'ADSL de ma FreeBox sous prétexte que je suis éligible à la fibre. Malgré une trentaine de coups de téléphone ils ne rappellent jamais. Je les ai donc mis en demeure de faire leur travail, faute de quoi je migrerai vers un autre opérateur. On aura compris que j'avais deux boîtes Internet, ce qui m'a permis de continuer à travailler... Ah que la vie pourrait être simple sans que forces obscures de la bêtise et de la méchanceté conjuguées s'exercent régulièrement !

mercredi 19 juin 2019

Inextinguible


Aucun trucage. C'est juste réfléchi. Le masque cache à la fois l'appareil et le photographe. J'ai oublié ce que c'était. Un stéréoscope ? Un loup vénitien ? La vision du monde des esprits ? Il a forcément un nom bizarre qui ferait rêver les lecteurs de Jules Verne. À l'époque du tout connecté lit-on encore cet auteur ? Lorsque j'étais enfant c'était notre science-fiction. La technologie est allée au delà de bien de ses rêves, mais mon goût des aventures est resté le même. Que je plonge en profondeur, vole au-dessus des pics, gravisse un volcan ou regarde la Terre depuis la Lune, c'est à lui que je dois de m'y être préparé. J'arpenterai bientôt les ruelles de Venise ou m'enfoncerai dans la forêt des Carpathes avec la passion inextinguible de la découverte. Peu importe que j'y ai ou non déjà mis les pieds, c'est toujours la première fois. Je m'y emploie chaque matin. Cette soif de créer me jette hors du lit aux aurores. Retrouver chaque jour l'innocence de la jeunesse avant que l'école nous ait imposé les réponses, avant que notre passion soit devenue un métier, avant que les illusions se soient perdues dans le cynisme d'une réalité factice. Et je n'oublie jamais la maxime de Cocteau, "le matin ne pas se raser les antennes".

mardi 11 juin 2019

Plage arrière


Même sans soleil, je n'en finis pas de rêver devant la translation du bleu du ciel. Les miroirs renvoient une image illusoire qui réchauffe le cœur. Voilà 20 ans que j'avais envie de donner des couleurs à la maison, mais je n'en avais pas les moyens. C'est dire si je suis heureux et comblé. Il restera évidemment le quatrième pignon à restaurer quand les foldingues qui m'empêchent d'accéder à mon mur auront été mises au pas. En attendant je voyage en pensée vers des contrées où les couleurs sont la norme. Le vert, le jaune et l'orange du jardin donnent à ma jungle parisienne des allures tropicales. Bambous, yuccas et palmier. Je vois la côte depuis mon île. Les accents circonflexes évoquent l'entretien dont a encore besoin le toit du studio. Chaque chose en son temps.
Le temps me manque pour rédiger des articles plus sérieux. Ne me demandez pas pourquoi. Je suis content du jingle que j'ai enregistré pour le podcast sur la cybercriminalité, mais je dois encore travailler les annonces vocales de chaque épisode et les virgules à insérer dans le texte que dit Sonia. Nous avons perdu l'appel d'offres de celui de l'INA à partir de leurs archives ; c'est dommage, je pense que nous aurions fait un truc vraiment original, mais la logique des concours m'a toujours échappé. Comme dit ma camarade, l'avantage est que nous pouvons partir tranquilles en vacances ! D'un autre côté je réfléchis à mes deux prochains disques, pour 2020 et 2021, ainsi qu'aux futurs albums virtuels dont un avec Jonathan Pontier et Christelle Séry, à mes concerts de l'été et de l'automne qui seront littéralement épatants, trop tôt pour tout révéler, mais je suis excité comme un pou. Par la vie aussi qui réserve tant de surprises, entre bonnes et mauvaises nouvelles, les premières faisant passer au second plan l'inquiétude générée par les secondes, "au final" (comme répètent inlassablement les djeunz) une manière positive d'appréhender ce délicat équilibre !

vendredi 7 juin 2019

La théorie du handicap


Dans le film 1+1 une histoire naturelle du sexe de Pierre Morize dont j'avais composé la musique, un biologiste rappelait la Théorie du handicap formulée par Amotz Zahavi en 1975. Dans la nature les mâles sont souvent très colorés alors que les femelles ont des robes plus ternes. Il s'agirait pour eux de les séduire en étant le plus flashy possible. L'opération est couronnée de succès lorsque les femelles se disent qu'en se signalant ainsi aux prédateurs les survivants doivent avoir de sacrés bons gènes. L'enjeu est tout de même pour chacune d'abandonner la moitié des siens pour perpétuer l'espèce en adoptant la moitié de ceux du mâle. Dans le film on pouvait constater que les hommes fonctionnent exactement comme n'importe quelle cellule mâle, à savoir que ce qui les caractérisent est de ne rien faire, mais ça c'est une autre histoire. Ayant moi-même une forte inclinaison pour les couleurs vives, que ce soit pour ma maison ou pour mon accoutrement quotidien, je me demande régulièrement si je ne participe pas moi-même à ce numéro de claquettes, en en sortant souvent gagnant malgré les bosses récoltées en marchant sur le fil. Se relever après chaque accident mène forcément à la chute, qui ne peut être alors que triomphale. Je mise donc sur l'attrait que peut représenter un type qui ne craint pas le ridicule en composant une musique de fada, en se livrant impudiquement dans ses articles ou en se vêtant d'habits qui se voient de loin ! Les claquettes en tennis sur galets ne sont qu'un indice de mon état d'Étretat ponctué par les cris des goélands sur fonds de sacs et ressacs.

mercredi 5 juin 2019

Le calme avant et après la tempête


Juste besoin de vacances. Cela fait des mois et des mois que je n'ai pas pris l'air. L'air du temps. Tant qu'on a la santé. Té, là y a un blème. Je ne peux pas continuer mon marabout de ficelle comme si de rien n'était. Aux tests d'effort hier matin le cardiologue s'est inquiété. Rien de grave, mais tout de même... Comme je suis résident de la république, je tiendrai mes lecteurs/trices au courant après une série d'analyses plus ou moins sympas que le corps médical a commencé à m'infliger. Lorsque je cours comme un malade j'ai un étau dans la poitrine qui ne passe qu'au bout de trois heures. Alerte. Évidemment c'est "comme" un malade, méthode Stanislawski ! Pour l'instant je fais semblant. Pas la peine d'en faire des tonnes tant que le malaise coronarien n'est pas identifié.
Donc courtes vacances. Avoir une résidence secondaire ou du moins en profiter régulièrement (j'avais écrit légumérient) empêche de partir ailleurs, or c'est l'ailleurs qui m'a toujours attiré. Que ce soit une virée vers la mer la plus proche ou dans la jungle asiatique j'ai besoin de changer d'atmosphère, d'arpenter des pays dont je ne parle pas la langue, de vivre comme les autochtones, de couper la perfusion numérique... Aujourd'hui c'est plein ouest, les grands espaces ! Jonathan nourrira les chats qui font la gueule de n'être pas du voyage...

Joseph Mallord William Turner, Seascape with Buoy, c.1840

mardi 4 juin 2019

Demain dehors, hier dedans


Hier je postais un billet sur le futur de la maison. Aujourd'hui je reviens sur son passé. Dehors, dedans. C'est drôle de voir son domicile habité par une autre famille. Le décorateur de À cause des filles..?, le dernier film de Pascal Thomas, a conservé certains éléments d'origine et en a ajouté d'autres pour correspondre au scénario...


Devant mon imposante bibliothèque le réalisateur eut l'idée de transformer le personnage interprété par José Garcia en chauffeur de taxi poète.


Pascal Thomas aurait souhaité mettre en valeur le tableau où un garçon nage vers une fille qui dort dans son lit, mais je n'ai jamais pu retrouver le peintre qui l'a réalisé. De toute manière, cette allégorie a depuis quitté mon domicile et j'ai tourné la page de toute une époque...


Les amis reconnaîtront ici et là le salon ou la cuisine, les étagères couvertes de CD, les fauteuils orange, la cheminée...


Le synopsis est plutôt sympathique, mais je n'ai pas encore vu le film complet.


Depuis qu'il est sorti en DVD, la production n'a pas eu l'idée de m'envoyer un exemplaire de ce film à sketches relié par un fil. C'est dommage, j'aurais apprécié le geste, d'autant que pour un tournage cela s'était plutôt bien passé. Imaginez une équipe de quarante personnes qui débarque chez vous, fait valser les meubles, coupe le courant du réfrigérateur et de la boîte Internet sans prévenir, remplit les deux jardins de projecteurs et réflecteurs, transforme le garage en catering, etc. Ensuite j'avais tout de même dû repeindre par endroits le sol de la cuisine, mais tout cela avait été plutôt amusant...

lundi 3 juin 2019

Des bleus


Youpi ! Ma maison ressemble enfin à celles de Burano ou d'autres villages méditerranéens. Tous les artifices sont bons pour lutter contre la grisaille de la capitale polluée. "Bientôt", le personnage d'Ella & Pitr, ressort encore mieux sur le bleu du ciel. Les passants s'arrêtent pour nous féliciter, mais tout le monde n'est pas aussi bien intentionné...
L'épicier kabyle du quartier me raconte qu'au bled on dit qu'il vaut mieux une mauvaise année qu'un mauvais voisin. De ce côté je suis servi. Une folle agressive, bête et méchante prétend, sans fondement, qu'elle est propriétaire de l'allée privée qui longe ma maison. Depuis vingt ans que j'habite là ses victimes se comptent par dizaines... On raconte même qu'un cambrioleur surpris par elle et ses deux sœurs, aussi sympathiques qu'elle, aurait lui-même appelé le 17 pour que les policiers viennent le délivrer ! Jusque là je n'avais rien à faire de ses hurlements, insultes et invectives, n'ayant pas besoin d'avoir accès à cette impasse pour rentrer chez moi. Mais lorsqu'elle en a interdit l'accès aux techniciens Free et Orange venus installer la fibre, pour un autre voisin et moi, j'ai tenté de discuter. Pas moyen. Deux fois de suite elle a coupé le fil, installé par le génie civil, qui aurait permis de tirer le câble. Ils ont dû revenir défoncer le trottoir et je suis toujours handicapé d'Internet. En effet Free refuse de réparer mon ADSL en panne depuis novembre puisque je suis éligible pour la fibre, et Orange fait des promesses depuis un an qu'il ne tient pas, rejetant la responsabilité sur Sosh.


Avant-hier le délire est monté d'un cran lorsque l'horrible dame a empêché les ouvriers de ravaler mon pignon qui donne sur l'allée, or les fissures doivent être rapidement comblées pour empêcher les infiltrations. Légalement cette impasse n'existe pas, elle est constituée de fonds de parcelles, dont la mienne. Je lui dois le passage, mais je n'ai évidemment pas à lui demander d'autorisation écrite d'autant qu'elle habite toute au fond de cette allée maudite. Elle a installé un portail, au niveau de la rue, qu'elle ferme à clef. J'en possède un double grâce à la gentillesse de tous les autres propriétaires qui sont obligés de passer par là pour rentrer chez eux. Si l'absurde n'est pas fait pour me déplaire, cette histoire m'affecte considérablement car je ne supporte ni la mauvaise foi, ni la bêtise, ni la violence. En plein délire elle a en effet agressé physiquement un de ses voisins de l'impasse. En attendant que la Justice s'en mêle sérieusement, j'ai choisi de ne faire ravaler que les 3 autres pignons. Je me souviens de la morale que me raconta un metteur en scène bosniaque pendant le Siège de Sarajevo : "Lorsque tu arriveras au ciel, Dieu te demandera ce qu'il en était de ton voisin et de ton chat". Si les chats plaideront aisément en ma faveur, je crains que l'horrible sorcière fasse baisser ma cotte malgré tous mes efforts pacificateurs !
Heureusement je ne serai pas étonné que dans le quartier d'autres sourires colorés viennent bientôt répondre au mien...