Jean-Jacques Birgé

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lundi 24 mai 2021

Les mains d'un homme dans les épinards


Il n'y a pas que les mains d'une femme dans la farine. On peut rêver de celles d'un homme dans les épinards. J'ai fait des pieds et des mains pour prendre les miennes dans l'évier en train de laver les légumes de l'Amap, exquisement frais, sans aucun pesticide, ni même bio. Pied en équilibre instable et retardateur. Si ma chemise m'a donné l'idée du cliché, j'aime photographier mes mains plus que mon visage, même s'il n'y a pas que mes mains qui font des choses bien. Ce matin, je chante donc Nougaro et Lapointe ! Souvent dans mes portraits je fais rentrer mes mains dans le cadre. Je n'ai jamais été un fan des bustes manchots. Intellectuel par goût et nécessité, j'ai l'habitude de dire que je suis un compositeur qui met les mains dans le cambouis, alors que je déteste ce qui les salit, soit peu bricoleur pour un sou. L'évier est d'ailleurs source de gerçures nocives à mes précieux doigts de musicien, or ganté je perds ma sensibilité ! Je ne conçois la musique que dans le geste instrumental. Mon souffle ne me permet plus de mettre en valeur mes pieds de danseur électrique, alors j'associe souvent mes mains à mon sourire, m'interrogeant également sur l'expression de mes yeux et de ma bouche. Mes oreilles et mon nez sont moins malléables. J'arrive à faire bouger mes narines, mais mes oreilles ne sont sensibles qu'au son du corps. Bon, ce n'est pas tout ça, il faut que je passe en cuisine. L'Essentiel de Chartier me suggère ail noir, parmesan, curry, et surtout curcuma, parmi les ingrédients que je possède en magasin. Pour accompagner les épinards, il conseille bière brune ou vin blanc (Chardonnay, Riesling...). Je vais éviter. L'alcool au déjeuner me fait roupiller l'après-midi, et j'ai besoin de tous mes sens !

jeudi 20 mai 2021

Un bourgeon sur mon arbre


L'article date d'il y a déjà 13 ans. Elsa était alors contorsionniste sur trapèze. Probablement une manière de se démarquer de ses deux parents musiciens. Au Cabaret Sauvage elle était la cerise sur le gâteau du Vrai-Faux Mariage de La Caravane Passe. Avec le temps, elle est devenue chanteuse. En fait, elle chantait depuis toute petite. Lorsqu'elle avait 9 ans, Bernard Vitet et moi lui avions écrit tout un album qui n'est jamais sorti. À cet âge la notoriété est pernicieuse. À 11 ans elle avait enregistré Vivan las Utopias ! avec Un Drame Musical Instantané pour l'album Buenaventura Durruti chez nato. Juste une chanson.


Elle a donc cofondé le groupe Odeia avec Lucien Alfonso, Karsten Hochapfel et Pierre-Yves Lejeune (leur version d'Alifib est encensée par Robert Wyatt), tourné le spectacle Comment ça va sur la Terre ? près de 200 fois avec sa mère, Michèle Buirette, et la percussionniste Linda Edsjö, interprété Micaela dans Carmen de Bizet adapté par l'Orchestra di piazza Vittorio, incarné le premier rôle chanté du Dernier Livre de la Jungle avec l'Orchestre Philharmonique et le Chœur de Radio France, chanté les Chroniques de Résistance dirigées par Tony Hymas avec Frédéric Pierrot, Nathalie Richard, Desdemona, François Corneloup et le trio Journal Intime, enregistré Petite fleur avec Ursus Minor et Parenthèses pour Tim Le net, et plus récemment elle a participé au Spat'Sonore pour Des Madeleines dans la Galaxie, et a monté avec Linda le duo Söta Sälta pour les spectacles Comme c'est étrange, dont le CD vient de recevoir le Grand Prix de l'Académie Charles Cros, et J'ai tué l'amour, ces trois derniers se retrouvant fin juin au Théâtre Dunois (réservez, il reste encore quelques places).



SAGES PASSAGES
Article du 20 juillet 2008

Très jeune, j'aidais mon père à corriger l'annuaire Qui représente qui ? pendant la période des vacances. Comme son bureau était sis 1 rue Turbigo, nous nous promenions souvent dans les Halles Baltard et il m'emmenait déjeuner au Pied de cochon. Lorsque j'avais 14 ans, il me trouva des boulots d'assistant chez Tadié Cinéma dont les studios étaient rue des Peupliers à Boulogne-Billancourt, à quelques numéros d'où nous habitions. J'ai ainsi passé une semaine à souder des câbles XLR, me dégoûtant définitivement de ce genre d'activité et du bricolage en général. Plus tard, j'assumai le rôle de second assistant sur My Old man, un moyen métrage américain inspiré d'Hemingway. Je faisais le traducteur, tenais le clap et m'occupais de toutes les basses besognes. Le film se déroulait sur les champs de course d'Auteuil et Maison-Laffite... Lorsque j'obtins mon permis de conduire, j'accompagnai Philippe Arthuys pour une tournée où il présentait un mur d'écrans pour Renault. À Nantes, je me retrouvai au volant d'une Alpine, je crois ne pas avoir dépassé la seconde vitesse !
À ma sortie de l'Idhec, Papa voulait absolument m'aider dans mes recherches de travail. Il avait connu nombreux producteurs, réalisateurs et comédiens, mais je déclinai toutes ses offres, craignant que ses contacts datent beaucoup trop, et donc qu'il soit pris pour un ringard, et moi avec...
À son tour, ma fille Elsa Birgé n'a jamais voulu que je l'aide en quoi que ce soit dans ses démarches professionnelles. Elle ne veut devoir sa "réussite" qu'à elle-même. Cela ne nous empêche, ni sa mère ni moi, chacun de notre côté, de rêver réaliser quelque chose avec elle. [... Sur son site elle vient] de créer deux nouvelles pages de photos prises par Gérard Harten et de coller une nouvelle vidéo où elle évoque son travail. J'ai bien rigolé en l'entendant raconter : "Mes parents ne savaient pas trop quoi faire de moi. Ils se sont dits on va lui faire faire du sport, donc ils m'ont casé à l'École du cirque..." Ou à la fin lorsqu'elle rit en revendiquant "du caractère et pas qu'un peu !"