Jean-Jacques Birgé

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lundi 24 mars 2014

Les chats préfèrent les terrains vierges


Un billet félin avant de reprendre les hostilités ;-)
Comme tout le monde j'ai remarqué que les chats étaient attirés par celles et ceux qui ne les aiment pas, ou qui prétendent du moins ne pas les aimer. Automatiquement les minets vont s'y frotter. L'explication me semble simple. Nos bestioles préfèrent les terrains vierges, car elles peuvent y déposer leurs odeurs sans être perturbées par celles de leurs congénères. Bien que nous fassions semblant de croire qu'il s'agit de câlins, les glandes sudoripares apocrines situées sur le menton, les tempes et la racine de la queue lui permettent de marquer son territoire. Toute incursion le pousse à l'étendre pour ne pas être gêné par des odeurs qui ne sont les siennes. Ce n'est donc nulle infidélité, ni bêtise, mais une manière discrète de s'imposer. Ces mammifères ayant su domestiquer l'homme à son insu, ils profitent, en plus des massages, du gîte et du couvert, où, quand et comme ils veulent. La moindre contrariété peut leur faire avoir un comportement odieux qui n'est que le reflet de leurs angoisses. On peut ne pas apprécier, mais qui sommes-nous pour leur donner des leçons de maintien ? Vivre dans le même habitacle que ces félins nous permet un recul critique de nos us et coutumes que l'analyse comparative procure avec une certaine tendresse.

vendredi 28 février 2014

Les mails à la poubelle


Les mails sont devenus si nombreux qu'ils ne sont plus un moyen certain d'atteindre leurs destinataires. J'en ai récemment fait la pénible expérience en participant à la promotion de mon nouveau roman USA 1968 deux enfants conçu exclusivement pour iPad. Pour ne pas succomber à la paranoïa parce que la majorité des journalistes, à qui Les inéditeurs proposaient un code-promo en vue de télécharger gratuitement l'application, ne répondaient pas, nous avons eu recours au logiciel MailChimp. Il permet de savoir si le destinataire d'un courriel l'a ouvert, a cliqué sur le lien, et si oui quand ? Résultat : la grande majorité l'avaient zappé sans l'ouvrir, son expéditeur leur étant inconnu parmi les centaines de mails reçus ce jour-là. J'ai moi-même plusieurs fois retrouvé un message capital dans la boîte des indésirables ou glissé distraitement dans ma poubelle. Une solution consiste à prévenir l'intéressé qu'un courriel va suivre, mais encore faut-il avoir son numéro de portable. L'annuaire qui compilait les numéros fixes n'est plus d'aucune aide. Seul le réseau des connaissances peut nous sauver, mais là réside l'inégalité entre les individus ! Contrairement au monde anglo-saxon ouvert à l'inconnu, la société française n'a d'oreille que pour celles et ceux qui lui sont recommandés. Cette barrière explique que les "fils et filles de" sont mieux lotis que d'autres. On pourra toujours tenté de faire ami-ami sur FaceBook, tâté du réseau professionnel LinkedIn, mais en l'absence de recommandation ou de notoriété on risque fort de prêcher dans le désert. C'est rageant car quantité d'œuvres ne pourront atteindre leur cible. Leur public existe, mais le contact ne se fait pas.
J'en suis venu à me demander si je n'allais pas revenir au courrier postal, mais une journaliste de Libé me répond que là aussi elle croule sous la pile des lettres timbrées. À une époque j'envoyais une carte postale de L'origine du monde de Courbet pour obtenir à coup sûr une réponse, l'image choc attirant l'attention.
En définitive il n'y a que le téléphone ou le contact direct qui soient aujourd'hui véritablement efficaces. D'où l'importance du réseautage. Cela explique les adhésions opportunistes à un parti, une loge, une communauté, une famille, une église, une école, une association, et point de salut pour les ours et les indépendants ! Tout est cloisonné. La curiosité n'est pas motrice. À l'heure d'Internet on se rend compte que rien n'a vraiment changé. L'absurdité règne toujours en maître. Notre vieux monde ne fonctionne que sur ses acquis alors que l'inconnu est le sang neuf dont toute société a besoin pour évoluer et se réinventer sans cesse.

mardi 14 janvier 2014

La respiration continue


Sur le site assezvu.com Francis Gorgé a compilé des textes et croquis de Bernard Vitet sur la respiration continue, également appelée respiration circulaire ou souffle continu. Vous pouvez éventuellement sauter à la troisième partie qui l'aborde directement, mais la logique veut que son explication soit précédée de la respiration oxygénatoire et de la respiration sonore.
En 1976 comme je m'extasiais devant la prouesse technique Bernard me promit que je pourrai y arriver en cinq minutes ! Il utilisa la technique de la paille dans un verre d'eau, mais j'assimilais encore mieux le fait de souffler l'air que j'avais stocké dans les joues tandis que j'inspirais par le nez. À mon tour je démystifiai souvent ce que l'Ircam appelait alors l'aspirotechnie en faisant des démonstrations à mes camarades. Je me souviens l'avoir ainsi transmise à Antonin-Tri Hoang lorsqu'il était tout jeune. Sa maîtrise exige ensuite une bonne pratique, mais les bases sont aisées à acquérir.
Plutôt qu'un exercice virtuose stérile la respiration continue permet de ne pas inféoder la longueur de sa phrase musicale à sa respiration. Il est ainsi facile de terminer une phrase, même lorsque l'on n'a plus d'air dans les poumons.
Un article de Wikipédia livre une définition basique et Heddy Boubaker aborde les instruments cas par cas, mais la remarquable étude de Bernard Vitet comblera les musiciens les plus curieux.

lundi 6 janvier 2014

Scotch prend des cours de cuisine

...
Françoise critiquant mes achats en ligne de croquettes bio et s'entêtant à rapporter du poisson frais à Scotch chaque dimanche au retour du marché des Lilas je lui ai offert Je cuisine pour mon chat à l'occasion du réveillon de Noël. Scotch s'en est aussitôt emparé, sautant les chapitres sur ses besoins alimentaires, son régime de sénior, les maladies causées par une mauvaise hygiène alimentaire, les substances dangereuses et filant directement à la page 84 où sont détaillés les makis verts, les sardines croustillantes, le mini-soufflé de la mer, la soupe chinoise de nouilles au canard, le parmentier de foie de morue à la purée de patates douces, la tarte à la banane, la poêlée de Saint-Jacques à la crème de courgettes et le tartare d'huître, crabe et pommes ! Scotch a beau être en pleine forme il a tout de même 11 ans et demi et je doute que cette gastronomie tardive refasse grimper aux arbres ce gros matou de 9 kilos. C'est vrai qu'il a toujours été grand pour son âge, mais il passe le plus clair de son temps à roupiller, préférant qu'on lui ouvre la porte plutôt que devoir escalader le soupirail pour sortir dans le jardin. Les recettes semblent plutôt avoir été conçues par un trio de fines gastronomes souhaitant partager leur pitance avec leurs animaux de compagnie. En tout cas, elles mettent l'eau à la bouche. Justement laissez toujours de l'eau fraîche à votre chat, car l'alcool est proscrit, comme d'ailleurs le chocolat (poison accumulatif), le café, l'oignon cru, les raisins, l'avocat, l'éthylène glycol... Le livre paru chez Anagramme est illustré de jolies frimousses et évidemment des plats que vous aurez eu la patience de préparer et de ne pas dévorer entièrement avant que le maître des lieux n'ait eu le temps de dire ouf ou miaou !

jeudi 26 décembre 2013

Un téléphone au chaud


Vais-je avoir l'air d'un fou, d'un geek ou les deux à la fois ? Dans le passé lorsque l'on croisait dans la rue un individu parlant tout seul on savait à quoi s'en tenir. Avec les téléphones portables munis d'écouteurs discrets on en a pris l'habitude et les soliloqueurs peuvent se promener en toute quiétude sans attirer l'attention. Quant à mon goût prononcé pour les jouets technologiques dont j'ai souvent fait mes outils, je n'empêcherai jamais les moqueries affectueuses de celles ou ceux qui finiront par y venir un jour au l'autre. Résister au progrès est une saine attitude que je ne pourrai jamais critiquer. Enfourchant donc ma bicyclette par climat hivernal je conjuguerai mon époque à tous les temps en répondant au téléphone sans me geler les mains ou ratant la communication pour avoir été fouiller désespérément dans laquelle de mes poches. Ce cadeau de Noël offert par ma sœur et son époux n'arrangera pas l'image que l'on se fait parfois de moi ! Le micro est caché au bout de l'auriculaire, l'écouteur dans le pouce et les commandes sont disposées au poignet. De plus les doigts de l'autre main sont conducteurs pour pouvoir toucher l'écran de mon smartphone en les laissant au chaud. Contrairement au faux portable des débuts le gant Blutooth singe les usages tout en les préservant. On aura vraiment tout vu ! Mais pas tout entendu : si l'écouteur fonctionne bien, le micro laisse bigrement à désirer...

jeudi 19 décembre 2013

Mutations florales


Comment se fait-il que le jardin soit toujours en fleurs à Noël ? Jaunes, violettes, blanches, multicolores... Même celles de la passion ne se sont pas éteintes ! Réchauffement climatique ou tripatouillages génétiques ? Aurions-nous la main verte ou la musique adoucit les fleurs ? Nous leur chantons maint refrain quand le matin revient. Les feuilles mortes qu'on ramasse à la pelle ont fini par dégringoler, mais le reste s'épanouit quelle que soit la météo. Je n'écris pas depuis la Côte d'Azur ou Zanzibar, puisque la scène se passe à Paris, je te dis. On ne va pas se plaindre, mais je m'étonne. J'ai rentré les grasses qui minaudaient dans un coin, coupé les bambous secs histoire de laisser passer un peu de lumière dans leur forêt inextricable, élagué l'églantier qui m'avait valu une dénonciation à la mairie parce qu'il débordait trop sur la rue... Son parapluie plaisait pourtant aux passants qui s'abritaient lors des grosses averses et aux merles qui se repaissent de ses baies de poil à gratter. Les oiseaux me ravissent. Il suffit d'une mésange ou d'un rouge-gorge quand j'ouvre les volets pour que ma journée soit ensoleillée même sous un édredon de nuages. Qu'il vente, pleuve, grêle ou neige, le jardin réfléchit nos émotions.

jeudi 5 décembre 2013

Plus je dépense, plus je gagne


Depuis 1975 je suis scrupuleusement le conseil glané dans l'autobiographie de Jean Marais qui y prétend "plus je dépense plus je gagne". Il ne s'agit pas de jeter l'argent par les fenêtres, mais de gérer habilement les flux migratoires. Pour commencer, l'argent n'est pas fait pour être thésaurisé mais pour circuler. L'exercice tient évidemment de la marche sur le fil et ne prend chez moi son sens qu'en période de trouble. Il s'agit de créer un vide soudain sur son compte bancaire pour qu'un appel d'air produise miraculeusement une rentrée inespérée. Comme il faut pouvoir gérer le danger, cela ne peut pas fonctionner si l'on est aux abois, déjà dans le rouge. Voilà quarante ans que ce système marche pour moi, même s'il fut des temps où l'exercice était des plus périlleux. Il exige que ses pratiquants soient de bons gestionnaires, capables d'envisager les enjeux. Je me souviens avoir fait frémir ma compagne en allant acheter une télé lors de l'une des ces périodes angoissantes. Le lendemain, aucun résultat ne se faisant sentir, je retournai acquérir un lecteur VHS. Bingo ! Un gros contrat tomba aussi sec, validant ce sport dangereux.
Il me semble que c'est avant tout une question d'action, de mouvement volontaire, d'agitation nécessaire. Je pourrais comparer cela à la recherche de travail. Fut un temps où j'envoyais régulièrement mille sollicitations par la poste. Internet n'existait pas. Heureusement que les temps ont changé ! Il fallait faire imprimer une carte remarquable avec si possible une image en couleurs, la glisser mille fois dans une enveloppe, rédiger chaque adresse à la main, coller mille timbres et lécher également le rabas de l'enveloppe, plus le coup de tampon, et direction la poste... Résultat des courses : aucune réponse. Mais quelques jours plus tard je recevais un coup de fil me proposant une grosse affaire. Or la proposition émanait d'un quidam à qui je n'avais rien envoyé. Le constat impliquait que si je n'envoyais pas mille sollicitations la 1001ème ne se manifestait pas. Je n'ai jamais pu expliquer rationnellement cette synergie, mais la magie n'opère jamais que si l'on aide la chance à vous sourire. Ainsi, dans les périodes d'inquiétude budgétaire, j'applique le conseil de Jean Marais, certes avec la plus grande circonspection, mais confiant dans l'existence des miracles. Car fut aussi un temps où je n'avais pas de quoi m'offrir un croissant lorsque j'en avais envie...

mardi 26 novembre 2013

Mes dentistes ne disaient rien


Si les dentistes nous disaient qu'il faut évidemment se brosser les dents, aucun ne nous expliquait jamais les supplices que nous allions subir si nous ne respections pas scrupuleusement leurs conseils. Peut-être parce qu'il vient de débuter dans le métier et qu'il n'est pas encore usé, mon praticien me donne tous les détails du pourquoi et du comment je me retrouve sur son fauteuil des heures durant, la bouche ouverte à m'en décrocher la mâchoire, avec dévitalisations, implants et couronnes à la clef. Si j'avais été plus discipliné j'aurais probablement encore toutes mes dents, blanches et jolies. Comme la plaque dentaire se constitue en huit heures il insiste pour que je passe le fil dentaire fluoré (Inava) le soir avant de me laver les dents avec la brosse électrique (Oral B de Braun Professional Care 1000, l'une des moins chères des efficaces) et du dentifrice fluoré (1450 ppm minimum) que je passe déjà chaque matin. Trois secondes sur chaque dent en laissant la brosse faire le travail, trois secondes aussi sur le dessus et trois secondes à l'arrière. Il étaye sa démonstration de petits dessins et répond à toutes mes questions. Sa précision lui fait encore découvrir plusieurs caries qui avaient échappé au précédent, parti sans prévenir exercer en Bretagne.
Aujourd'hui la facture est encore plus salée que les tortures à endurer sur le fauteuil à bascule. La Sécurité Sociale considère que l'on peut vivre sans dents et les mutuelles remboursent scandaleusement peu dans ce secteur de santé. On accuse souvent les dépassement d'honoraires qui montent à trois milliards d'euros quand les bénéfices des mutuelles seraient de 25 milliards. Les miens se dissipent brutalement parce qu'aucun dentiste ne m'a jamais expliqué clairement ce que me réservait l'avenir...

vendredi 22 novembre 2013

Nems Cha Sõ


Devrais-je arrêter d'acheter des Nems pour ne pas penser à Bernard ? Il partageait ce goût pour les boulettes de porc fermenté à tel point que c'était la seule chose qui lui faisait plaisir que je lui apporte à l'hôpital. Continuer à en manger me rend triste depuis qu'il est parti. Je lui coupai en petits morceaux pour qu'il puisse les avaler alors que je n'en fais goulument qu'une bouchée. Il les accompagnait de gorgées de Coca, un drôle de médicament dont la teneur en sucre équivaudrait à du poison si consommé à haute dose. J'en bois parfois pour me réveiller ou faire passer une nausée. En France on appelle erronément Nems les pâtés impériaux alors que ce sont des Chả giò (prononcé tiaï ho), peut-être parce qu'au Nord-Vietnam on les appelle Nem rán ? Le porc fermenté est haché avec de l'ail, du sucre, du sel, du piment... Il est ensuite enveloppé dans de l'aluminium et serré dans du papier avec un élastique, puis conditionné par dix dans un petit filet. Si la date de péremption est évidemment indiquée il n'est pas rare d'y lire une date avant laquelle il est déconseillé de le consommer. Les Nems me font aujourd'hui le même effet que les photographies de mon camarade. L'émotion est trop forte. Impossible de m'habituer à sa disparition. Je me le remémore tel qu'il avait la soixantaine, en pleine forme, plutôt que le vieux monsieur à la barbe blanche des derniers temps. D'autres boiraient à sa mémoire. Chaque bouchée me rappelle les merveilleuses années où nous avons œuvré ensemble et tant de fois refait le monde.

jeudi 14 novembre 2013

Lapin aphrodisiaque


J'étais certain qu'un jour ou l'autre on y viendrait ! L'association inattendue des termes renvoie Nabaztag à nos méfaits précédents. En m'envoyant la photo qu'elle a prise lors de son passage hier à Paris, Valérie n'a pas précisé de quelle boutique il s'agissait. Il n'empêche que huîtres, gingembre, ginseng, galanga, bourrache, romarin, basilic, ail n'ont jamais rien prouvé. Certains auteurs prétendent aussi que cannelle, ciboulette et vanille stimulent le plaisir féminin tandis que les hommes ont recours à l'avoine, au céleri, au cordyceps ! Quelques mouches cantharides dorment au fond d'un tiroir depuis 1972 ! Mais un lapin ? Ou alors très chaud, à la moutarde !

vendredi 1 novembre 2013

Le Jour des Morts


Anna m'a appelé hier soir pour me montrer l'autel qu'elle avait installé dans le restaurant du Triton. Elle se souvient de son premier Jour des Morts au Mexique en 1975 où l'on invite les défunts par des offrandes comme le mole, mélange de piments et de cacao. Grâce aux photos, toute la famille y passe. Anna y a rajouté des amis musiciens disparus comme Elton Dean et Hugh Hopper ou le danseur Pierre Doucin, tous habitués de la salle lilasienne. Cette fête animiste, au croisement des traditions aztèques et de la religion chrétienne imposée par les Espagnols, avait pour but d'apaiser les âmes errantes. À partir des années 20 les gouvernements nationalistes qui avaient eu raison de la révolution de 1910 la relancèrent pour unifier le pays comme avec les films, les chansons, les livres scolaires, etc. Les vieilles recettes pour éviter les débordements sociaux fonctionnent toujours aussi bien. On danse avec les petits squelettes et l'on chante avant de raccompagner les morts le lendemain jusqu'à leurs tombes où l'on déguste avec eux le mole. Et la transe de s'emparer des mangeurs de peyotl.
Cette tradition n'est pas si éloignée d'Halloween, fête celte transformée en opération commerciale, bénéfique aux confiseurs, magasins de costumes et aux dentistes. Comment goinfrer les gamins de bonbons alors qu'aujourd'hui j'en ai douloureusement payé les frais par une séance de torture sur le fauteuil d'un arracheur de dents ? La gourmandise de mes premières années me coûte cette fois deux implants et une couronne. Mon dentiste attentionné me raconte que j'aurais pu éviter toutes ces misères, aujourd'hui grâce à une brosse à dents électrique avec dentifrice fluoré (minimum 1450 ppm) sur tête de brosse ronde matin et soir après les repas, plus du fil dentaire fluoré le soir avant la brosse à dents. Je recracherais bien les trois quarts des saloperies en sucre dont je me suis gavé enfant. Ma mâchoire est encore trop endolorie pour que je sente le goût du mole. Quant à mes morts ils vivent dans mes rêves, l'amour de l'abstraction et la permanence du souvenir étant plus forts que tous les rituels.
À propos des festivités halloweenesques j'aime beaucoup l'article de Thomas Halter dans Investig'Action sur le soft power, "une arme parmi les plus efficaces de l'arsenal diplomatico-propagandiste des grandes puissances impérialistes", manière discrète de mettre le pied dans la porte en promouvant la culture pour imposer tout le reste.

mercredi 18 septembre 2013

Messages échoués sur une plage


Hier soir j'ai ramassé sur FaceBook d'anciens messages qui ne m'étaient jamais parvenus. Elsa m'a suggéré de cliquer sur Autre sous l'icône de l'onglet Messages et des dizaines sont apparus, simplement cachés parce qu'émanant d'utilisateurs non répertoriés comme Amis. Pour revenir à la liste habituelle j'ai cliqué à nouveau sur Boîte...


Le premier provenait d'une amie de Bernard Vitet qui avait appris sa mort et me demandait une adresse, le second de la jeune femme qui avait ramassé mon porte-feuilles dans l'escalier du métro et l'avait remis au guichetier. Je m'étais aperçu de ma maladresse dans le wagon, avais galopé jusqu'à l'entrée, cassé mes lunettes dans la précipitation, convaincu le guichetier de me rendre l'objet perdu, redescendu quatre à quatre l'escalier et rejoint Françoise qui m'attendait dans le train encore à quai. Quelle suée, et quelle joie ! Étonnante impression d'avoir découvert des bouteilles rejetées par la marée après des semaines à flotter sur la Toile. Elsa me raconte que je ne suis pas le seul à ignorer cette ressource. Peut-être devrais-je explorer les bords du cadre avant que le train ne soit déjà parti ou la mer retirée ?

jeudi 5 septembre 2013

Bouvard et Pécuchet à moi tout seul


Le mortier n'a rien à voir avec celui que mon grand-père évoquait régulièrement dès qu'on le branchait sur la guerre de 14. Dommage, car à force qu'il en rabâche la balistique raffinée peut-être aurais-je été plus apte à calculer la trajectoire d'un obus qu'à combler des trous dans mon jardin ? D'un autre côté, lors des trois jours du service militaire j'ai refusé de cocher les cases du questionnaire liées au bombardement et je me suis fait réformer. Rien à regretter. Quarante ans plus tard, je me faisais une montagne des creux au milieu du dallage qui mène à notre porte d'entrée quand un copain me suggéra d'acheter du mortier, mélange tout prêt de ciment, sable et je ne sais quoi à mouiller pour en faire une pâte applicable à la truelle. Le problème avec ce genre d'activité vient du fait que je ne suis pas bricoleur pour deux ronds. J'ai donc consciencieusement rassemblé le matériel sans être certain de m'y prendre ensuite correctement, y compris dans le maniement de la taloche. Il semble que la fonction de cet ustensile soit de lisser après que j'ai bouché les excavations provoquées par l'éclatement des dalles sensibles aux variations de température. Après pesage sur la balance de la cuisine des différents ingrédients, soit l'eau et la poudre, me voici à quatre pattes dès l'aube à gratter les mousses avec une brosse en métal. Je fais monter l'enduit en mayonnaise et j'éradique les pièges à talons aiguilles en y mettant souvent les doigts bien que le mode d'emploi stipule que c'est totalement déconseillé. J'ignore les méfaits du produit, mais j'ai l'impression que mes doigts sont devenus aussi lisses que les fesses d'un nourrisson, ce qui correspond bien à mon niveau dans l'échelle des compétences maçonniques.
Prudent, j'ai gardé pour demain la confection de la marche qui s'est désintégrée sous le seuil en métal, sachant que je devrais avoir recours à une planche pour presser l'enduit et l'empêcher de se répandre en glissant. Nouvelle épreuve en perspective. J'ai 24 heures pour constater la qualité de mon travail expérimental qui me rappelle fortement ma lecture de Bouvard et Pécuchet.
(...) Le lendemain, si le résultat me semble satisfaisant hormis l'esthétisme, je ne peux évidemment plus bouger. Je remplace l'Ixprim par un cocktail reine-des-prés/cassis/harpagophytum censé soulager mes douleurs lombaires sans risquer/profiter d'effets secondaires plus ou moins fantasmés. Le ciel gris menaçant, je repousse à plus tard mes génuflexions cimenteuses et m'immerge dans un bain bouillant, algué et moussant qui me fait oublier les tâches ménagères.
La seconde épreuve me conforte dans mon incompétence et m'encourage à réitérer. J'aurais dû démonter le seuil et fabriquer un coffre pour la marche. De toute manière je n'ai pas assez de mortier. Pourtant ça tient. Je suis partagé entre la satisfaction de m'y être collé et mon inappétence qui m'empêche de mener à bien une affaire pas si compliquée. Après avoir nettoyé les ustensiles je retrouve mon assurance et vogue vers de nouvelles aventures.

mercredi 17 juillet 2013

Saine lecture


Les toilettes sont une salle d'attente comme les autres. Ne rien y proposer à lire tient du non-sens ou de l'urinoir. C'est aussi une autre manière d'illustrer notre passage à Montpellier avec des amis chez qui nous sommes comme coq en pâte. Plutôt qu'une pile de revues ils proposent à notre concentration quelques aphorismes choisis collés au milieu d'icônes et de dentelles chinoises en papier rouge. Ainsi les papiers découpés murmurent :
- Pour la France d'en haut des couilles en or. Pour la France d'en bas des nouilles encore.
- Un crédit à long terme, ça veut dire que moins tu peux payer plus tu payes. (Coluche)
- Je pose mon argent à la banque qui le perd en bourse. J'en donne à l'État qui rembourse ma banque. C'est bien fait le capitalisme !
- Drôle de monde où l'on "gère" les enfants et où l'on "rassure" les marchés !
- Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons nous aurons chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous aurons chacun deux idées. (proverbe chinois)
- Il n'existe que deux choses infinies : l'univers et la bêtise humaine... Mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue. (A. Einstein)
- Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux. (A. Allais)
- Si vous voulez que vos rêves se réalisent, ne dormez pas. (proverbe juif)
- Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. (A. Einstein)
- Si tu ne choisis pas ta vie, le choix se fera sans toi par un chemin taillé à même ta chair. (J. Bousquet)
- Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. (principe de précaution shadok)
Etc.

vendredi 24 mai 2013

L'origine du mal


Me lisant handicapé par un lumbago persistant, de bonnes âmes m'ont écrit pour me conseiller diverses pratiques de guérison. Soulagé momentanément par les bons soins de la masseuse chinoise, de l'ostéopathe, du réflexologue et de la nouvelle pharmacopée, en l'occurrence de l'Ixprim, savant cocktail de tramadol et de paracétamol, mais néanmoins bloqué en position allongée depuis trois semaines, j'ai eu tout le loisir de lire Healing Back Pain en anglais dans le texte, le best-seller du Docteur John E. Sarno. Le médecin américain y livre son intuition sur l'origine du mal au dos et comment s'en débarrasser définitivement, même affecté comme je le suis par une hernie discale et trois disques écrasés !
L'hypothèse formulée par le médecin américain tient du bon sens, mais son style est celui d'un auteur à succès s'adressant à une large population plutôt inculte en matière psychanalytique. Dès lors que l'on considère que la majorité de nos afflictions proviennent de la somatisation, ou du moins que notre mental a une influence indéniable sur les maladies que nous attrapons, pourquoi ne pourrait-on guérir par ce qui provoqua le mal ? D'où sa suggestion de soigner les TMS (Tension Myositis Syndrome, en français Troubles musculosquelettiques) sans médicaments, ni chirurgie, ni exercice physique, mais par le seul pouvoir du cerveau... Si l'I.R.M. montre une lésion vertébrale, Sarno prétend que ce n'est pas elle qui provoque la douleur. Il est question de manque d'oxygénation des tissus, mais je ne vais pas réécrire ici son bouquin. Le stress et la colère rentrée seraient à l'origine du mal, comme on peut se fabriquer un cancer, un ulcère à l'estomac, de l'asthme, quelque maladie dermatologique, etc., la liste est longue. Pour avoir envisagé moi-même depuis fort longtemps cette théorie et l'avoir testée avec succès, la lecture confirme mon hypothèse. On peut évidemment atténuer la douleur et la faire disparaître en l'apprivoisant, de même on peut très bien guérir de moult maladies par un travail psychologique ou psychanalytique, tout dépend de l'ampleur des dégâts. L'inconscient est hélas plus puissant que la concentration volontariste et la relaxation philosophique, aussi n'est-ce pas toujours facile, particulièrement en période de crise aiguë. Sur tous les terrains il est fondamental de juguler la peur.
Là où Sarno est léger, c'est évidemment dans la guérison miraculeuse qui tient, malgré ses dires, plus d'une sorte de conviction à laquelle je ne peux adhérer, n'ayant pas en son temps acquis la petite croix Vitafor qui guérit tout, peines du corps et peines du cœur, il suffit d'envoyer le bon de commande, ici un petit livre de poche à quelques euros, je ne me suis pas ruiné. Le pouvoir de suggestion des praticiens ayant recours à la méthode du médecin américain est certainement la clef de leurs succès, mais j'ai beau avoir suivi, ou plus justement précédé à la lettre, les conseils avisés prescrits, soit traiter l'affaire par le mépris, je me suis tout de même coincé le dos après trois ans et demi de rémission alors que je pensais être sorti de là ! Cela fait trente ans que ma cinquième lombaire joue le rôle de mon talon d'Achille. Si le ciboulot est souvent à l'origine du mal, s'il est possible de s'en débarrasser par un travail psychique, il n'en reste pas moins que le best-seller qui aurait soigné des milliers de personnes de par le monde tient par son style d'une entreprise commerciale juteuse qui laisse planer le doute sur les intentions philanthropiques de son auteur. Ouvrage de vulgarisation sur le pouvoir de l'inconscient, il n'empêchera pas chacun de morfler et de trouver également l'issue qui lui convient...

vendredi 5 avril 2013

Ça y est, je suis passé à la planche à clous


Comme si ma collection de tapis de réflexologie pour les pieds ou le massage chinois Tuina Anmo de Madame Ji ne suffisaient pas, je suis passé à la planche à clous, ou plus exactement à sa forme moderne et occidentale, le tapis Shakti dont il existe de nombreuses imitations que je n'ai hélas pas testées. Première impression, ce n'est pas pour les douillets. Le moment où l'on s'allonge dessus ou, pire, celui où l'on se relève n'est pas piqué des vers. On me les tirera donc facilement du nez, j'avoue, j'avoue tout. Après quelques minutes une sensation de chaleur vous envahit et on pourrait même s'endormir dessus, nulle contre-indication. La séance fut redoutablement efficace. Impression de détente et soulagement immédiat des douleurs dorsales. Il me semble plus approprié en fin de journée qu'en matinée. Livré dans un sac en coton, le petit tapis peut s'emporter partout avec soi en voyage. Le site de Shakti est plein d'informations en anglais, mais le mode d'emploi basique est en français. La technique est vieille de 7000 ans et l'exercice ravira les adeptes du yoga de plus en plus nombreux. Lancé en 2007, il a obtenu un succès phénoménal en Suède il y a quelques années tel que plus de 10% de ses habitants en possèdent. Il se pourrait bien que la France en plein stress et déconfiture s'y mette bientôt.

mercredi 3 avril 2013

Soulager son iPad / iPhone


J'avais beau effacer des applications récupérées gratuitement grâce à i-nfo.fr, la mémoire de stockage de mon iPad était curieusement toujours saturée. En cherchant sur le Net j'ai trouvé PhoneClean qui, depuis le Mac, supprime les fichiers inutiles de la tablette, temporaires non effacés, caches, cookies, scripts, etc. J'ai gagné ainsi plus d'un giga de mémoire, mais cela ne suffisait pas. J'ai cherché alors ce qui prenait tant de place dans Réglages/Général/Utilisation. Mes applis de musique sont parfois gourmandes, mais comme je m'en doutais ce sont mes abonnements aux journaux, comme par exemple Libération dont les numéros s'accumulent sans que l'on puisse les effacer au fur et à mesure, qui occupaient quantité de gigas. Pas d'autre moyen que d'effacer l'application fautive et de la réinstaller. Comme j'avais gagné ainsi une dizaine de gigas j'ai fait subir le même régime à tous les iPhone et iPad de la maisonnée. J'aimerais trouver une solution aussi simple pour perdre à mon tour quelques kilos !

jeudi 28 février 2013

Construire un arc musical


Parmi les petits sujets tournés en 1993 pour mon film Idir & Johnny Clegg a capella je n'avais jamais regardé celui où Clegg fabrique des arcs musicaux avec les bambous de son jardin. Je l'ai conservé ici dans la continuité comme s'il s'agissait d'un didacticiel. Il n'y aurait qu'à suivre chacune des étapes. Une petite démonstration de lutherie roots.


Collectionneur de tout ce qui peut produire du son et virtuose de la guimbarde, je n'osai pourtant pas demander à Clegg de m'offrir l'un de ces arcs ou de m'en construire un tant cela lui avait donné du mal. Mais je possédais au moins le mode d'emploi. Vingt ans plus tard, les bambous de mon jardin ont largement atteint la maturité requise. Eux, moi pas.

mardi 12 février 2013

Cadeau empoisonné


Ma fille et mes nièces m'ont offert un cadeau empoisonné. Les shii-takés sont pourtant des champignons comestibles. Mais il faut vaporiser le kit de culture bio plusieurs fois par jour pour un résultat jusqu'ici bien maigre. Chaque fois que je passe devant, pschit pschit sur les cinq faces ! Les deux spécimen qui sont sortis sont néanmoins superbes. À cette allure je suis loin de me recycler dans le champignonnisme. Voilà un mois que je bichonne l'énorme cube, le stressant comme il est spécifié sur la notice : chocs thermiques et humides, voire de grandes claques sur une des faces ! Son mycélium étant très fragile, une secousse suffit à couper ses microfilaments et ainsi à rebouturer le champignon. Je prends en photo le magnifique spécimen qui a poussé d'un coup et grandit de jour en jour avant qu'il n'envahisse la cuisine. Nous le partageons en deux pour nous en délecter avec une pincée de sel et un filet d'huile de périlla.

mardi 25 décembre 2012

Le pâté magique (reprise)


En cette période de fêtes diminuée de ce que les nantis appellent la crise pour camoufler leur goinfrerie au détriment du plus grand nombre, le foie gras n'est pas à la portée de toutes les bourses. Aussi redonnerai-je la recette de mon célèbre pâté, recette que je tiens de ma camarade Brigitte Dornès, et qui me vaut chaque fois tant de félicitations, nombreux convives le comparant à la gâterie évoquée plus haut. Toute proportion gardée, voilà donc facile, bon marché et du plus bel effet gustatif :
1. Faire cuire 500g de foies de volaille dans du vin blanc (il m'est arrivé de les remplacer par du foie de lapin et c'était drôlement bon, j'avais ajouté aussi une cuillerée à soupe de miel, miel que j'avais moi-même mis en pot à La Ciotat où le papa de Françoise possède quelques ruches).
2. Dans un mixeur, broyer les foies égouttés avec 400g de beurre salé, un peu de poivre, un petit verre de cognac, et le tour est joué ! A partir de là, on peut imaginer toutes les variations, en remplaçant le cognac, en ajoutant des herbes, etc.
3. Mettre le résultat au frigidaire, attendre 24 heures, ce méli-mélo peut se conserver facilement une ou deux semaines, mais il est très rare qu'un de ces pâtés vive aussi longtemps... Attention, c'est riche ! Mais tellement bon, vous n'en reviendrez pas et perdrez votre appétit d'oiseau, ne pouvant faire autrement que d'y revenir. Succès assuré. Cela fait 30 ans que je récolte les compliments de mes invités et qu'on me demande la recette. C'est si facile que c'en n'est pas croyable.
Bon appétit et joyeuses fêtes !
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