Jean-Jacques Birgé

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mercredi 21 novembre 2018

L'absurdité de Free


Kafka se tordait de rire en lisant Le Château en public, perché sur une chaise. Serai-je aussi stoïque face aux réponses de l'Assistance Free ? Suis-je une nouvelle victime de la gueguerre entre Free et Orange qui a la main sur les travaux de voirie et qui est propriétaire des armoires où sont connectées toutes les lignes ?
Il est 22h. Voilà 12h que je n'ai plus d'Internet ni de téléphone fixe. Je suis en effet passé en dégroupage total cet été. L'assistance Free me répond d'abord qu'il est impossible de réparer l'ADSL car la fibre est activée, ce qui bloque le système de dépannage de l'ADSL ! Sauf que la fibre n'est pas connectée, car un fourreau est écrasé dans le trottoir, empêchant de passer l'aiguille. Et ce depuis juillet. Les techniciens Free se succèdent, chaque fois sans ne pouvoir rien faire. Cela dépend d'Orange qui ne bronche pas, après m'avoir assuré qu'ils allaient s'en occuper dans les trois jours. Sauf que cela fait déjà plusieurs semaines. Un technicien Free suggère de passer la fibre en aérien. Je n'y vois aucun inconvénient. C'est leur problème. Le mien est de rester connecté, avec le meilleur débit si possible !
J'ai insisté auprès de Free en expliquant que je parlais à un humain et non à un robot, et que donc leur réponse kafkaïenne n'était pas recevable. Il semblerait que la remarque ait porté ses fruits. Du moins, on verra demain si Free me rappelle ou m'empêche de travailler en m'isolant médiatiquement, et pour combien de temps ?

FREE SUITE : Free répond qu'ils ne peuvent pas réparer l'ADSL si la fibre est activée. Le problème c'est que la fibre n'arrive pas jusque chez moi ! Donc plus d'Internet, plus de téléphone fixe jusqu'à ce que le duo infernal Free/Orange trouve un moyen de raccorder la fibre. Or cela fait 125 jours que ce problème n'est pas réglé, et le prochain rendez-vous est dans une semaine, où ils constateront une fois de plus que le fourreau est écrasé dans le trottoir... L'HORREUR ! J'ai envoyé à tous hasards une lettre de réclamation en A.R.

vendredi 19 octobre 2018

La galère des Points Relais


D'habitude je peste contre les transporteurs qui ne livrent jamais comme ils s'y sont engagés. Cette fois j'avais 5 colis de 17 kilos à envoyer en Alsace par Mondial Relay, or la plupart des commerçants qui assurent ce service refusent de prendre des colis de plus de 10 kilos. J'en appelle 13 avant d'en trouver un qui accepte que je dépose mes 87 kilos le lendemain. Je n'avais pas choisi ce mode de livraison, mais l'acheteur de la collection de livres de science-fiction du Club du Livre d'Anticipation qui appartenait à mon père.
Il me reste encore à vendre les revues Fiction Magazine (1953-1987), Satellite (complète 1958-1963), Galaxie (1964-1977), Hitchcock Magazine, Mystère Magazine, des recueils chez Casterman, d'autres bouquins de science-fiction chez Gallimard, de la collection rouge chez Hachette, etc., sans compter les 47 volumes reliés géants du Génie Civil (1915-1937) qui appartenaient à mon grand-père, les 12 volumes reliés du Théâtre de Pierre Corneille (1827), les 8 volumes reliés de Courteline (1930), quantité d'Avant-Scène Théâtre, des livres de son Enfer, un Vian illustré par Boullet, un Valentine Penrose préfacé par Paul Éluard, je n'en finirai jamais ! D'autant que de mon côté je cendrais bien ma collection des Cahiers du Cinéma depuis 1974 (600 numéros) et les 46 premiers magazines de photos Zoom (1971-1977). J'en ai mis une partie sur LeBonCoin, mais n'hésitez pas à me contacter...

vendredi 5 octobre 2018

Le baromètre Ikéa


Le baromètre Ikéa ou la sérendipité appliquée aux objets marchands.
Je ne sais plus quelle mouche m'avait piqué d'acheter cette petite table de nuit chez Ikéa, une planche ronde fixée à un mât vissé sur un pied en métal. Peut-être avais-je trouvé la chose légère, voire pratique en appoint à l'happy hour. J'ai fini par la vernir de la couleur du sauna en cèdre rouge et je l'ai placée à côté de la porte pour y déposer ce que j'avais oublié de laisser à la maison, par exemple mes lunettes. Je me suis aperçu que ce n'était certainement pas du bois lorsqu'il plut beaucoup et que la planche piqua du nez. À la saison sèche elle est remontée jusqu'à viser les étoiles. Voilà, je pensais avoir acquis une petite table et j'ai un baromètre très original façon bois imitation cèdre rouge ! D'un autre côté, on peut se demander si le reste du mobilier Ikéa n'est pas aussi de la camelote... Pas la peine de vous moquer, tout le monde connaît la réponse.

lundi 2 juillet 2018

Les doigts chauves


Lorsque mon cactus a basculé j'ai eu l'idée saugrenue de le rattraper au vol. Il m'a fallu retirer les épines une à une avec une pince à épiler. Comme pour des orties, j'ai fini de retirer les glochides avec du ruban adhésif, puis je me suis bien lavé les mains que j'ai badigeonnées de calendula. Je ne sais pas si cela picote ou cela grattote, mais j'ai toujours trouvé que la coiffure en brosse ne m'allait pas du tout, même sur les doigts. Quand j'étais tout petit, ma mère m'avait passé sur les cheveux un cosmétique pour les redresser et cela faisait affreusement mal pendant qu'elle frictionnait mon crâne. En plus, cela ne marchait pas du tout. Je suis donc plutôt rassuré d'avoir de nouveau les doigts chauves.

lundi 4 juin 2018

Sans chaînes...


Sur FaceBook, Tiger Hubert Gong m'envoie très gentiment ce message : "I've been nominated to do this by Laurent Perrier - Day 6 of 10 days. 10 all time favourite albums. What really made an impact and is still on your rotation list, even if only now and then. Post the cover, no need to explain, and nominate a person each day to do the same. I nominate Jean-Jacques Birgé". Je suis embarrassé, car je ne cède jamais à la pression des chaînes alors que le jeu est plutôt sympathique et que j'aurais très bien pu faire la liste des 10 disques qui m'ont marqué et que je continue à écouter, mais dans d'autres circonstances.
D'abord, passant déjà trois heures par jour à rédiger mes articles de blog, toute sollicitation supplémentaire empiète douloureusement sur mon travail. Or je dois répondre ces jours-ci à un appel d'offre pour une exposition passionnante, et ce en tant que concepteur et compositeur. Il y a aussi les finitions graphiques de mon prochain album et quelques autres broutilles chronophages.
Ensuite, si je me forçais à répondre, je ne me vois pas du tout solliciter à mon tour mes camarades qui ont souvent d'autres chats à fouetter que participer à ces jeux obsessionnels. D'autre part, ces chaînes encombrent le Net et finissent par me taper sur le système. Enfin et surtout je ne tiens pas à surcharger mon mur qui affiche déjà mes articles quotidiens auxquels je souhaite accorder le plus de lumière.
Ne m'en veux donc pas, cher Tiger Hubert Gong, de décliner ton offre, qui par ailleurs me touche puisque tu es le premier à avoir pensé à moi pour répondre à cette gymnastique intellectuelle et émotionnelle.

vendredi 1 juin 2018

J'ai tué un tigre


Bagnolet, 1er juin. Depuis qu'on en entend parler, je l'ai tout de suite reconnu. Aedes Albopictus est plus petit qu’une pièce d‘un centime, il a un vol assez lent et il est facile à écraser en vol. Il ne faisait aucun bruit. Pas un rugissement. Pas eu le temps non plus de piquer, du moins pas moi qui suis de la chair à moustique premier choix. J'ai déployé l'échelle au-dessus de l'évier, attrapé le torchon et sans même prononcer un mot d'allemand j'ai frappé. Dans tous les pays du monde les tigres se dressent en langue allemande, vous ne saviez pas ? C'est pour cela que Schnuckenack et Manon qu'Anna vient chercher de Cologne n'ont plus qu'à bien se tenir. Ruhe, Tiger! Comme je n'en croyais tout de même pas mes yeux, je l'ai photographié. Il bougeait encore, mais je ne voulais pas l'écraser. Les moustiques sont les seules bestioles que je peux occire sans hésiter, mais je ne suis pas encore certain de n'avoir aucun remords. Ensuite quitte à vider les soucoupes dans le jardin, je les ai supprimées. Quel besoin d'entretenir des eaux stagnantes pour dorloter ces monstres sanguinaires ? Enfin, je l'ai déclaré sur le site Vigilance-moustiques. Non, le chikungunya ne passera pas par moi... En tout cas pas cette fois !

mercredi 30 mai 2018

Fichés par FaceBook, Google et ...


J'ai commencé par FaceBook en allant dans mes Paramètres. La ligne du dessus indique clairement : "Pour télécharger vos informations, accédez à Vos informations Facebook." Cinq options sont proposées : Affichez vos informations par catégorie / Téléchargez une copie de vos informations à des fins de sauvegarde ou de transfert vers un autre service / Historique personnel (Consultez et gérez vos informations et certains paramètres) / Découvrez comment gérer vos informations / Supprimez définitivement votre compte Facebook et vos informations. En choisissant la deuxième option, "vous pouvez télécharger toutes les informations d’un coup, ou bien vous pouvez sélectionner uniquement les types d’informations et les plages de dates que vous voulez. Vous pouvez choisir de les recevoir dans un format HTML facile à visualiser, ou dans un format JSON, qui pourrait autoriser un autre service pour une importation plus simple." Vous êtes ensuite averti par mail lorsque le fichier rassemblant tout ce que vous avez fait sur FaceBook est compilé pour que vous puissiez le télécharger. Il a fallu 210 Mo pour retrouver tous les commentaires que j'ai laissés ici et là, mes conversations dont certaines fort désagréables, les messages de Messenger, les photos, les films, les évènements créés ou suivis, la liste des suiveurs, les amis, les groupes, les likes et autres réactions, mon profil, mes recherches, les horaires et les lieux de connexion, etc. Et si je peux les récupérer FaceBook les a et peut évidemment s'en servir un de ces jours, par exemple de mèche avec le gouvernement qui sourit à Mark Zuckerberg, son fondateur qui a aujourd'hui 34 ans.

Je n'étais pourtant pas au bout de mes surprises. J'ai ensuite tapé takeout.google.com et ce fut au tour de Google de me suggérer de m'armer de patience pendant que leur robot préparait le fichier que je pourrai télécharger. Sauf que cette fois, sa taille était de 47,25 Go ! J'ai la petite liste de ce qui est sauvegardé dans la base de données de Google : "Service de configuration de l'appareil Android, Blogger, Favoris, Agenda, Google Chrome, Classroom, Cloud Print, Contacts, Drive, Fit, G Suite Marketplace, Communautés d'aide Google, Google My Business, Google Pay, Google Photos, Google Play Livres, Console Google Play, Services Google Play Jeux, Google Play Films et séries, Google Play Musique, Google Play Store, Cercles Google+, Google+ Communautés, Flux Google+, Groupes, Mains libres, Hangouts, Hangouts en direct, Application Google Home, Outils de saisie, Google Keep, Historique des positions, Messagerie, Cartes Signature de l’Éditeur ou d’un représentant de l’Éditeur dûment autorisé, Maps (vos adresses), Mon activité, My Maps, Google Actualités, Posts sur Google, Profil, Enregistré, Contributions à la recherche, Street View, Liste de tâches Google et YouTube." Etc.


Vous commencez à comprendre le fichage en ligne. Pas besoin d'être pucé comme dans les romans d'anticipation ou les pronostics d'avenir proche ! Il ne manque que la webcam enregistrant tout ce qui passe à sa portée. C'est pourtant parfaitement faisable. Cela explique l'inquiétude de la CNIL et l'afflux spameur relatant le RGPD (Réglement Génral de Protection des Données), bien que cela ne change pas grand chose dans les faits. Il y a peu, avec Sonia, Sophie et Mika, nous avons réalisé pour Daesign et DPMS, un groupe de formation, des vidéos à l'esprit décalé permettant de former les intéressés au sujet dans les entreprises. Le plus dingue, c'est que je n'arrive pas à télécharger mes données, cela plante régulièrement, et donc Google est le seul à tout savoir de mes activités à la minute près ! Alors lorsqu'on lit le petit article de Frédéric Lordon sur la main de la Zad, les fourgons d'Arago et l'arc d'extrême-droite vers lequel notre gouvernement nous entraîne, on comprend que le danger est au pas de votre porte...

vendredi 25 mai 2018

Un métier de bras cassés


Il semble impossible de faire confiance au moindre transporteur. Du temps des tournées mondiales de notre opéra Nabaz'mob, nous avions plusieurs fois eu des sueurs froides avec UPS, TNT et Fedex. Un chauffeur qui ramenait nos lapins de Bucarest était passé par Amsterdam. Les coffee-shops avaient probablement ralenti la livraison ! La Poste au moins s'excuse chaque fois qu'un remplaçant se trompe de boîte ou prétend abusivement être passé. Cette fois, et ce n'est hélas pas la première, c'est au tour de GLS de raconter des chars. Le colis de nourriture pour les minous, parti de chez Zooplus le 15, est annoncé en livraison le 19, mais nous attendons en vain. Il faut patienter jusqu'au 23 pour que le transporteur nous fasse le même coup, mais il a le toupet de prétendre que nous n'étions pas là. Et le lendemain, rebelote avec l'annonce de 14h42 : "pas livré car pas présenté". Les journées sont courtes chez GLS ! Douze jours après la commande, le colis n'est toujours pas là alors que le site marchand assure un maximum de 4 jours. Notre énervement tient aussi aux réponses cavalières de l'expéditeur qui ne met jamais en doute les allégations du transporteur, on a vraiment l'impression que GLS appartient au même propriétaire que Zooplus. Quand on sait que le service de réclamation de GLS fait payer aux destinataires 0,80€ la minute d'attente interminable, on comprend l'arnaque (pour l'expéditeur ce coût est réduit à 0,18€, toujours en plus du prix de l'appel). Comme n'importe qui, après quelques minutes à ce tarif honteux et dissuasif, j'ai fini par raccrocher et j'ai tenté les mails, mais là vous vous retrouvez à la case départ. En dédommagement, Zooplus nous offre une réduction de 5% sur la prochaine commande. Cela nous fait une belle jambe et à nos chatons un beau poil ! Ce genre de mésaventure inonde probablement le courrier des lecteurs des magazines de protection des consommateurs. Mais cela ne sert pas à grand chose. Notre expérience montre qu'il n'y a pas un transporteur pour racheter l'autre. Façon de parler, car j'ignore la gymnastique financière de ces multinationales. En reprenant l'historique de nos livraisons, Chronopost est tout de même un peu plus fiable. Nous n'avons pas eu de mésaventure avec eux comme les deux fois où GLS avait balancé le colis de 15 kilos par dessus le mur du jardin, sans sonner, un jour de grosse pluie... Enfin, si les chauffeurs travaillent si mal, il est logique de s'interroger sur les conditions de travail qui leur sont imposées...

P.S.: Anne-Gaëlle me conseille d'acheter leurs croquettes dorénavant sur Zoomalia, un peu plus cher, mais moins énervant côté livraison.
Et Stéphane suggère les croquettes suédoises Husse, "de très bonne qualité (supérieure à bien des marques «véto») à tarifs très abordables. Et les livreurs sont des licenciés locaux, charmants qui plus est". Je pense que je vais essayer les croquettes suédoises la prochaine fois !

mardi 21 novembre 2017

Bifurcation

...
Tout avait bien commencé. Peut-être que Françoise avait trop mangé d'huîtres la veille et l'avant-veille, peut-être était-elle un peu fatiguée ou momentanément déshydratée, mais j'ai eu une sacrée frousse lorsqu'elle est tombée dans les pommes. Nous avions prévu de passer la journée sur l'île d'Oléron en commençant par un succulent déjeuner au restaurant De l'île aux papilles. Sauf qu'à peine avait-elle bu quelques gorgées de son thé rooibus et goûté l'amuse-gueule à la purée de potimarron et crème de châtaigne, sa tête partit en arrière à s'en briser le cou. Me levant précipitamment pour la redresser je vois ses yeux ouverts comme des soucoupes, fixes, aveugles à mes gestes et sa tête qui bascule à nouveau. Frayeur de ma vie, j'ai pensé un instant qu'elle était morte. Fulgurance du monde qui bascule. J'avais beau tapoter ses joues, l'appeler, ces quinze secondes de cauchemar me hanteront. Passé le sang froid dont j'ai toujours fait preuve dans pareille circonstance, l'émotion s'inscrit profondément et resurgit plus tard, intacte. Heureusement une infirmière qui déjeunait à la table à côté fait s'allonger Françoise les pieds en l'air dans un coin du restaurant pour qu'elle retrouve ses esprits, sa pâleur soudaine se dissipant. La gentille serveuse a déjà appelé les pompiers qui arrivent à trois, font les examens d'usage et téléphonent à leur tour au médecin qui, sans la voir et par mesure de précaution, décide d'envoyer ma chère et tendre au Centre Hospitalier de Rochefort. Les jeunes pompiers me suggèrent de prendre mon temps, de finir le déjeuner que je n'ai pas commencé, car il y a beaucoup d'attente aux urgences, en réalité tellement plus qu'ils ne le supposent. Pour tenter de me détendre je décide de me concentrer sur ma commande. Je m'enfile donc avec un brin de culpabilité et d'égoïsme des noix de Saint-Jacques, purée de panais, jus de viande, chips d’ail, suivies d'encornets, crème de chou-fleur, chou romanesco, chorizo, et je m'achève ou me reprends avec des pommes rôties, caramel gingembre, chantilly vanille, noix. C'est la phase la plus sympathique de l'aventure. De son côté, Françoise n'a vécu qu'une courte absence, une grande fatigue avant de se sentir mal puis de se réveiller étonnée. La suite est moins marrante, car elle révèle l'état désastreux dans lequel la course au profit a mis les hôpitaux...

...
À première vue il s'agit d'un malaise vagal qui n'est pas grave et pour lequel la médecine ne peut pas grand chose. Il y a foule ce dimanche en début d'après-midi aux urgences et les effectifs réduits obligent chacun à attendre des heures entre chaque opération. L'électrocardiogramme comme le reste des analyses ne révèle aucun dysfonctionnement. C'est probablement une déshydratation, mais on ne lui donne pas à boire et elle n'a rien mangé depuis la veille ! Je marche de long en large sur le parking plutôt que moisir à l'entrée à partager l'angoisse des familles dans l'expectative. Lorsque je convainc l'accueil de me laisser tenir compagnie à Françoise je reste debout dans le couloir ou une fesse sur son brancard. J'entends plâtre, suture, embolie, scanner... Trois heures plus tard, le médecin apparaît pour valider sa sortie, mais il décide qu'une prise de sang est plus prudente. Ajoutez deux heures avant qu'on lui fasse cette saignée qui l'affaiblit un peu plus alors qu'elle n'a rien mangé depuis la veille. On lui annonce que les résultats n'arriveront que dans deux nouvelles heures, sauf que le changement d'équipe de 19h remplace les préposés par d'autres qui ne sont pas encore au courant. Les informations suivent, mais selon de tels protocoles que le stress des patients n'est pas pris en compte, si ce n'est par les infirmières, épuisées par leurs conditions de travail. À 22h Françoise décide de s'en aller lorsqu'elle apprend que le nouveau médecin est parti en mission à l'extérieur sans avoir laissé de consignes. Une infirmière a la gentillesse de décrypter les résultats d'analyse tout à fait normaux et nous voilà enfin sur la route pour rejoindre Royan où nous arrivons avant minuit. Dans cette histoire le dévouement des infirmières, gentilles, drôles, prévenantes, fut exemplaire. Les médecins, probablement débordés, ne véhiculaient pas cette humanité. Lorsque nous interrogeons le personnel, elles nous expliquent qu'elles sont en sous-effectif, que leurs journées font douze heures, que les ressources d'accueil sont saturées, quantité de lits ayant été fermés, entendre qu'ils existent matériellement, mais qu'ils sont déclarés inexistants pour raison économique ! Dans les couloirs le brancardier slalome avec les lits à roulettes et les fauteuils roulants. On attend sans savoir ce qu'on attend. L'addition de la pénurie de personnel avec les lourdeurs administratives accouchent d'une situation surréaliste. Imaginez que les analyses sanguines sont envoyées par courrier au médecin traitant, la bureaucratie hospitalière ignorant Internet ! Huit heures aux urgences nous ont montré le délabrement du service public orchestré par le ministère de tutelle. Nous n'avions d'autre solution que d'en rire, les infirmières partageant avec humour et dévotion notre colère fondamentalement politique.

P.S.: un autre article paru en septembre 2013

jeudi 21 septembre 2017

Bas les pattes !


Les amoureux des chats me comprendront. D'autres me trouvent excessivement inquiet lorsqu'une de nos petites bêtes ne rentre pas de la nuit, jusqu'à penser que nous sommes obnubilés comme de vieux gâteux. L'accident d'Ulysse nous a passablement traumatisés. Certains amis empêchent leur chat de sortir la nuit, mais qu'est-ce qu'une vie de chat sans balades nocturnes ? Même lorsqu'il était à la campagne, Bernard cloîtrait totalement les siens de peur qu'il leur arrive quoi que ce soit. Nous avons changé de vétérinaire parce que l'ancien nous taxait de laxisme inconscient alors que la nouvelle nous sourit en disant que c'est juste un vrai chat. C'est tout de même idiot d'entretenir une litière lorsqu'on a un jardin, et ceux des voisins !
À l'approche d'Oulala et de ses deux petits, Django gronda bizarrement le matin précédent. Il a filé par le toit du garage, et quand il est rentré le soir il boitait. J'ai bien vu qu'il tenait sa patte avant droite en l'air, mais il ne s'est pas laissé approcher, disparaissant pendant deux jours. Il a fini par revenir, mais le coude avait encore enflé. Coup de griffe ou morsure d'un loubard du quartier, Django était bon pour la piqûre et les antibios. Il a heureusement repris ses gros câlins. Dès que les médicaments ont commencé à résorber l'abcès, il a demandé à sortir. Nous avons résisté un temps, et puis nous lui avons ouvert pour qu'il aille faire ses besoins, et là Françoise s'est fait blouser. Elle surveillait qu'il ne grimpe pas aux arbustes, mais Django est passé derrière elle en sautant en amont, preuve qu'il ne va pas si mal. On peut voir cette crapule sur le toit du garage. Le tout est qu'il vienne matin et soir prendre ses médocs.
Coline puis Anne-Laure et Olivier sont venus voir les chatons qui les suivront d'ici six semaines dans leurs appartements avec terrasse. Les petits mangent de tout, sont propres et font valser la chatière pour aller gambader. Leur mère n'arrête pas de les gronder parce qu'ils n'obéissent pas à la patte et à l'œil. Elle joue avec eux, leur apprend à se battre, va les chercher lorsqu'ils se cachent dans le tas de bois. Django accepte cette promiscuité à l'heure des repas. Tête contre tête, les quatre bestioles dévorent croquettes, pâtées, poisson, etc.
Ils font tous leurs griffes sur le tronc en ficelle et s'amusent comme des fous avec le tunnel en lin, deux accessoires géniaux que j'ai commandés sur le site Internet qui nous livre les kilos de nourriture mensuelle. Quant à la litière, provisoire le temps que les chatons s'habituent au jardin, nous avons définitivement opté pour celle au silice, biodégradable et compostable, qui ne se change qu'une fois par mois, ne pue pas et ne colle pas aux pattes.

mardi 18 juillet 2017

AddictGear, une arnaque parmi tant d'autres sur le Net


Les arnaqueurs n'ont pas attendu Internet pour agir. J'ai raconté ici celle dont j'avais été victime lorsque j'avais 25 ans. De même que les techniques des faux-monnayeurs évoluent avec les nouvelles technologies, l'imagination des malfrats est sans limites. Nous recevons probablement plus de tentatives d'escroquerie par mail que de courriers qui nous sont réellement adressés. Sur les milliards de spams envoyés chaque jour, le nombre des gogos qui se font avoir au fishing reste élevé, à commencer par les personnes âgées. Sur le Net l'arnaque la plus classique est de ne jamais recevoir l'objet commandé. Certains sites marchands vous garantissent le remboursement, de même Paypal si vous ne vous y prenez pas trop tard. Il arrive aussi que l'achat soit simplement volé par un postier indélicat sur le trajet vers chez vous. Il est donc prudent de se renseigner sur le vendeur lorsqu'on lui achète quelque chose pour la première fois. Un magasin qui a pignon sur rue est susceptible de recevoir votre visite courroucée, mais comment faire le siège d'une boutique virtuelle ? Il y a pourtant des signes qui devraient nous mettre la puce à l'oreille...
Il y a trois mois j'ai donc acheté deux paires de chaussures sur le site AddictGear que je n'ai jamais reçues et le site ne répond à aucun des mails que je lui ai envoyés. Leur téléphone est évidemment saturé et leur adresse en Oklahoma équivaut à un gag lynchien. Si j'avais vérifié leur page FaceBook j'aurais été averti par d'autres victimes, même si leurs commentaires sont effacés au fur et à mesure par cette société malhonnête. Les préposés n'ont pas pris le temps de me répondre, mais celui de me bloquer de leur page FaceBook oui !
J'aurais dû me méfier de leur accroche publicitaire, aveuglé par les alléchantes pompes colorées dont je me voyais déjà affublé cet été. Trois médaillons coiffent leur sigle : Satisfaction garantie à 100%, Port gratuit, Commandes sécurisées. C'est trop pour être honnête ! Cela me rappelle l'argumentaire des escrocs qui vous assurent qu'il n'y a pas d'arnaque. En effet lors d'une tractation quelconque il ne viendrait pas à l'idée d'une personne honnête d'évoquer son éventualité ! Chaque fois que quelqu'un m'a assuré qu'il ne m'arnaquait pas, j'ai froncé le nez et ne me suis jamais trompé sur ce point. De toute manière, j'ai toujours à l'esprit l'idée lacanienne que l'inconscient ignore les contraires. Ce n'est pas l'affirmation ou la négation qui sont importantes, mais le sujet sur lequel elles portent. Dans "J'aime ça" ou "Je n'aime pas ça", seul "ça" compte. C'est ainsi qu'il faut aussi comprendre la citation de Cocteau "Ce que l'on te reproche, cultive-le, c'est toi." Pardonnez cet à peu-près néophyte, mais ce bon sens peut s'appliquer à toutes les appréciations quelles qu'elles soient, expliquant par là les revirements à 180° de nos répulsions et attractions.
Il n'empêche que je me suis fait avoir d'une centaine d'euros et c'est contrariant.

P.S.: heureusement je serais très probablement remboursé grâce à l'assurance de la carte de paiement...

mardi 27 juin 2017

Salopards en casquette


Hier Louis-Julien Nicolaou écrivait que "hormis chez quelques rappeurs, j'ai jamais pu blairer les gens à casquette. Homme ou femme, c'est pareil. La casquette, c'est niet." C'est le genre de communication qui s'échange sur les réseaux sociaux, comme on se confie à ses amis. Si les avis divergent, cela change des insultes apolitiques qui fleurirent pendant les élections. On en reparlera dans six mois lorsque la réalité aura remplacé le storytelling des médias aux ordres... Ainsi, les unes et les autres réagissent et commentent. Marc Chonier poste une photo de lui avec couvre-chef et bébé sur le ventre, arguant d'abord qu'il y a casquette et casquette, et qu'elles sont très utiles aux chauves.
Sa casquette est du type européen, fondamentalement différente des américaines qu'évoque Nicolaou. Dans la première partie du XXe siècle, celle de Marc était la marque distinctive des ouvriers, que les bourgeois appelaient d'ailleurs "les salopards en casquette". Les patrons se distinguaient de la plèbe en portant melons ou hauts-de-forme. Il y a aussi celle des marins, et les circonstances pourraient pousser tout un chacun à ressembler avec joie au Capitaine Haddock. La casquette que ne peut pas supporter le journaliste des Inrocks est la casquette américaine, créée à l'origine pour le base-ball. Elle souligne l'influence des USA et ne donne pas à ses porteurs un air très intelligent, surtout lorsque la visière est à l'envers comme celle des coureurs cyclistes désirant protéger leur nuque du soleil. Cette impression peut sembler arbitraire, mais ce galurin rime hélas avec McDo et d'autres poisons du soft power...
Il existe quantité de couvre-chefs. Ayant porté moi-même la casquette avec rabat derrière la tête pour les traversées du désert, j'ai finalement et définitivement opté pour le chapeau des pêcheurs cambodgiens du Tonlé Sap. J'en possède de différentes couleurs. La visière est généreuse en largeur comme en longueur, quasi panoramique, et le rabat permet aussi d'éviter les coups de soleil qui vous prennent à revers. Ce tissu peut être relevé par deux petites ficelles qui pendent de chaque côté, ou couvrir le visage grâce à des boutons pression pour laisser apparaître seulement les yeux lorsque le vent de sable vous empêche de respirer. Agrémentée d'une paire de lunettes, c'est la version tropicale de la cagoule intégrale que je choisis par grand froid en passant loin des banques pour éviter tous risques inutiles !

mardi 6 juin 2017

Le diable est dans les détails


Les douze coups de minuit étaient bien derrière nous. Il n'en avait probablement sonné qu'un petit. Pour la route ! J'ai glissé la clef dans la serrure. Elle tournait, tournait, tournait sur elle-même. Comment aurions-nous fait sans la porte du garage ? J'éclairai mes tentatives vouées à l'échec en tenant l'une de mes lampes torche à LED entre les dents. Dehors j'ai entouré de gaffeur noir la clef que je n'avais pas réussi à extraire du canon, pour lui éviter de briller sous le réverbère. J'ai attendu lundi pour contacter un voisin bricoleur possédant une disqueuse et un poste à souder.
Parti dans une des grandes surfaces spécialisées situées en banlieue-est avec le vieux modèle cassé, je me suis fait refiler une fermeture par cylindre inadaptée. Nietzsche prétendrait que le diable est dans les détails ! La taille était la bonne, le canon était bien centré, mais la gâche et le verrou étaient inversés ! J'ai donc emprunté quatre fois l'autoroute, harponné le vendeur du rayon quincaillerie, négocié la reprise du blister déchiré, pour que ça colle... C'est dingue, on ne pouvait pas voir que l'on s'était trompé sans lacérer le plastique, mais j'ai surtout l'impression qu'il y a toujours un détail devant lequel je passe à côté et qui me fait recommencer je ne sais combien de fois ce qui devrait être évident dès la première.
Le voisin s'en est superbement sorti. Même pas besoin de repasser une couche de peinture bleu marine. Voilà dix-sept ans que le penne n'était pas en face du trou ! Maintenant qu'il y est au bord, j'espère que les froussards vont arrêter de nous emmerder en tentant de nous faire voter Macron encore une fois. Pendant qu'on œuvrait, leurs militants sont d'ailleurs passés dans la rue avec leurs tracts bleu ciel. Ils ont hésité à me le tendre, sachant qu'il finirait à la poubelle, pas seulement celle de l'Histoire.
Dommage que mon interphone se soit remis à déconner. Il y a des portes destinées à être fermées, mais les nôtres sont branchées ouverture. Sauf qu'il faut de nouveau nous déplacer au lieu de faire cela à distance. Alors on crie "qui est-ce ?" par la fenêtre. Pour les Témoins de Jéhovah j'avoue qu'on ajoute autre chose sans avoir besoin de descendre ni traverser la cour. J'ai installé une sonnerie sans fil qui hurle cocorico à faire sursauter la marmaille féline. C'est trente fois moins cher que l'Urmet pourri qui fonctionne une fois sur dix. C'est seulement ennuyeux quand il pleut, mais on a commandé du soleil. En tout cas, à la maison, ça brille toute l'année et la température est diaboliquement idéale. Je le disais, tout est dans les détails...

Note à celles et ceux qui ont un double de la porte du jardin : réclamez la nouvelle clef en imitant le cri du coq !

jeudi 1 juin 2017

Le technicien prend la main


Il y a des jours où l'on devrait être occupé à autre chose. Mais voilà, ce matin-là j'avais du temps à perdre. C'était censé m'en faire gagner à l'avenir. J'ai donc tenté de résoudre un des 1001 problèmes domestiques laissés de côté et pour lequel il faut parfois attendre dix ans avant de s'y pencher. Ou bien jamais. Peu adepte de la procrastination, j'aurais plutôt tendance à laisser tomber instantanément l'affaire en cours pour répondre à un appel à l'aide. Je ne suis pas non plus du genre à m'avouer vaincu, comme cette fichue clef du coffre-fort si bien cachée que nous sommes toujours à sa recherche trois ans plus tard. Ce n'est pas qu'il abrite nos économies, il y a juste ma modeste collection numismatique d'enfant, mais c'est rageant.
Alors voilà, contrarié de ne pas réussir à synchroniser le Calendrier sur mes MacBook Pro, iPad Pro et iPhone 6S, j'ai tenté de les synchroniser via iTunes plutôt que iCloud qui résistait à mes injonctions. Ayant fait chou blanc et revenu à iCloud, j'ai simplement bloqué mon Calendrier dont une fenêtre était ouverte avec le panneau "Déplacement des calendriers vers le serveur". J'eus beau forcer à quitter, redémarrer, après avoir décocher, recocher, les flèches n'atteignaient jamais leur cible.
J'ai donc composé le 0 805 54 00 03, numéro d'Apple Assistance qui m'a répondu aussitôt. Après m'avoir fait jeter quelques 100 000 fichiers (je n'exagère pas, mais les manipulations furent heureusement beaucoup moins nombreuses), mon ordinateur est redevenu tout neuf ou plutôt frais comme un gardon. Le service est gratuit (pas le coût de téléphone, mais ce n'est pas grand chose, vous pouvez aussi vous faire rappeler et là c'est vraiment gratuit), même à y passer des heures comme avec Françoise dont les problèmes semblent plus complexes que les miens. Le technicien a donc pris la main sur mon ordinateur, ou plus exactement, avec sa flèche rouge à lui, il m'indiquait les manipulations que je devais exécuter, condamnant à mort des fichiers devenus inutiles avec le temps. Après avoir brillamment résolu mon problème, il me conseilla de me connecter désormais à iCloud en cas de pépin similaire. Pour compléter ma formation, il me suggère de régulièrement réinitialiser le contrôleur de gestion du système (SMC) de mon Mac et réinitialiser sa mémoire NVRAM. Je ne résume rien, le plus sûr est que vous cliquiez sur ces deux liens. Il ajouta que pour mon tour Mac Pro il était par contre nécessaire de débrancher tous les câbles, pas seulement l'électricité, et ensuite d'appuyer 15 secondes sur le bouton d'allumage... J'allais oublier de souligner qu'il ne faut jamais jeter à la poubelle ou transformer de quelque manière que ce soit des sauvegardes de Time Machine sans provoquer une catastrophe menant au formatage de l'ordinateur, rien que ça !
En tout état de cause je n'ai pas perdu ma matinée, et pour fêter cela je suis parti avec Armagan faire des emplettes gastronomiques à l'Istambul Market de Noisy-le-Sec. Le petit bistro d'à côté y fait de délicieuses lahmajouns qui ne coûtent que 2,50€. Sur la route la file de voitures faisant la queue aux pompes à essence encore pourvues s'allongeait à vitesse V. Nous sommes rentrés tranquillement par Romainville et Les Lilas où les petits pavillons fleuris respiraient un air de vacances. Ayant presque tout dévoré avant de penser à illustrer mon article, il ne me restait que les çig kofte moulées à la main (on reconnaît la trace des phalanges sur la photo), où la viande crue est remplacée par de la semoule comme on le pratique à Istambul...

mardi 14 mars 2017

Manuel de survie


Didier est ressorti hilare d'un petit séjour hygiénique dans la boîte verte où se trouve un des lieux d'aisance de la maison. J'y laisse toujours de la lecture instructive comme ma collection de revues Schnock ou des fascicules publiés par la Préfecture de Police. Il était tombé sur le Manuel de survie de Joshua Piven et David Borgenicht que ma fille m'avait offert il y a longtemps pour je ne sais quel anniversaire. Elsa, connaissant les exploits sportifs de mon enfance et mon goût pour tout ce qui peut être pratique, ne pouvait pas tomber mieux.
Danseur, Didier fut particulièrement sensible à l'article Comment sauter dans un train en marche quand on se trouve sur le toit. Les auteurs conseillent de ne pas essayer de se tenir debout, de se mettre à plat ventre dans les virages ou à l'approche d'un tunnel, d'accompagner le balancement du train avec son corps, latéralement et en avant, et une fois l'échelle trouvée de descendre rapidement. Pour moi, c'était une évidence.
Il y a plus Sioux. Comment survivre à une morsure de serpent venimeux, se débarrasser d'un requin, échapper à un puma, un alligator ou des abeilles tueuses m'en apprennent long comme le bras. Comme gagner un combat à l'épée, encaisser un coup de poing, sauter d'un immeuble dans un container, faire une trachéotomie, détecter un colis piégé, faire atterrir un avion, survivre à un tremblement de terre ou à un naufrage, etc. Mais me souviendrai-je de ma lecture si mon parachute ne s'ouvre pas ou si je dois sauter dans une voiture en marche depuis une moto ? Pas question alors d'ouvrir le manuel que j'aurai précautionneusement glissé dans ma poche ! Il faut donc que j'apprenne par cœur comment démarrer une voiture sans clé de contact ou que faire si une dame accouche dans un taxi.
Il manque évidemment quantité de réponses aux questions qui risquent de se poser dans les mois à venir à l'issue du scrutin des élections présidentielles, raison pour laquelle je fais le maximum pour convaincre mes camarades de voter pour le candidat de la France Insoumise dès le premier tour.

mardi 21 février 2017

Psoas, le muscle diabolique


33. Dites 33. 33 ans depuis le premier grand cri japonais ! 33 ans de lumbago. On m'a dit que j'en avais plein le dos. J'ai changé de vie. Entre temps j'ai vu des médecins, des kinés, des ostéos, des réflexologues, des masseuses, des rebouteux, des sorcières, des acuponcteurs, des ophtalmos, des magnétiseurs, j'ai fait des radios, des IRM, de la gymnastique, du taï-chi, j'ai avalé des antalgiques, des anti-inflammatoires, des relaxants, lu des livres, fumé des pétards, changé de matelas, pris des vacances, tenté l'EMDR, je me suis allongé sur le dos... Avec le temps et mes exercices matin et soir j'ai résorbé la hernie discale, mais tous mes disques lombaires sont écrasés. On me dit pourtant que je ne fais pas le poids. J'ai maigri, me suis recoincé, regrossi, j'ai fait du yoyo, du vélo, de la marche à pied, mangé moins, mais rien n'y fait, devant la peur de la douleur je me mets en baïonnette, les jambes ne sont plus en face du tronc, rien de grave, juste impressionnant... On m'a parlé du "muscle poubelle", le psoas sur lequel viendraient se fixer les toxines à cause de la proximité des reins, mais il paraîtrait que c'est du flan. Ce serait simplement la proximité du colon. Si l'un ou l'autre s'enflamme, il y aurait contagion. Est-ce plus juste ? Je l'ignore. Le psoas part de la hanche, traverse l’abdomen et s’attache profondément sur les cinq vertèbres lombaires. Aïe ! Certains prétendent que le psoas réagit au stress émotionnel et aux peurs. Aux dernières informations, une position assise trop longue le raccourcirait et produirait cambrure et lumbago. Même origine pour le point de côté. Il faut donc l'étirer. Allongé, je laisse tomber ma jambe gauche en attrapant mon genou droit. Jusqu'ici j'avais évité les génuflexions. Je ne suis pas croyant. Peut-être que quelques prières à Cinq-lombaires auraient eu raison de ma récurrence ? Je respire, me redresse doucement, le soleil revient, maudit psoas !

lundi 30 janvier 2017

Ceci est mon sang


Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font. Ce sous-titre du livre d'Élise Thiébaut est symptomatique du style de l'ouvrage, à la fois intriguant et spirituel, brisant le tabou avec humour et précision comme l'avait fait Giulia Enders avec Le charme discret de l'intestin il y a deux ans. En effet Ceci est mon sang a tout pour devenir un best-seller. Il révèle le secret des femmes, coffre à mystères que la plupart d'entre elles ignorent, sans compter les hommes qui en parlent encore moins ! C'est pourtant l'intérêt des mâles pour le livre qui semble surprendre le plus l'auteur, et j'en fais évidemment partie. On connaissait son style acéré, son engagement politique et féministe, ses jeux de mots accrocheurs par ses précédents ouvrages ou son Blog sur Mediapart. Cette fois c'est carrément saignant ! À travers sa propre vie, ses digressions familiales, son parcours douloureux, elle aborde l'histoire révolutionnaire du cycle menstruel, de la puberté à la ménopause, en passant par le sexe, la contraception, la procréation et l'endométriose, maladie encore trop méconnue, du moins dépistée souvent très tard. Négligées, raillées, cachées, les cellules souches des règles pourraient bien être source de jouvence et d'immortalité. Comme dans toute bonne série, d'épisode en épisode, on est surpris de découvrir un monde qui n'a pas fini de faire couler... de l'encre.

→ Élise Thiébaut, Ceci est mon sang, La Découverte, 16€

mardi 3 janvier 2017

Les Sans Radio de l'Est parisien retrouvent les ondes, en numérique !


Après que Françoise m'ait offert un poste de radio numérique, j'ai remisé mon tuner FM et je profite du son limpide de mon nouveau joujou. Jusqu'à très récemment 200 000 habitants de Bagnolet, Montreuil, Paris 20e, Les Lilas, Romainville ne recevaient pas les stations diffusées par Radio France. Les émetteurs des chaînes privées situées sur le toit des Mercuriales les étouffaient, transformant les environs de la Porte de Bagnolet en Triangle des Bermudes. Après quatorze ans, la lutte des Sans Radio de l’Est parisien a porté ses fruits. Grâce à une autorisation du CSA, depuis juillet et à titre expérimental, il y a désormais moyen de (ré)écouter France Musique, France Culture, France Inter, France Infos, FIP, Radio Bleue et Le Mouv grâce à un émetteur en Radio Numérique Terrestre (DAB+), ainsi qu'une trentaine d'autres stations accessibles en RNT sur Paris. En installant son émetteur numérique en haut des tours, l’opérateur TowerCast réalise une première nationale, car nulle part ailleurs on ne peut écouter FIP ou France musique en DAB+, et cela se passe dans l'Est parisien !

Sur le Blog des Sans Radio Michel Léon explique :
La Radio numérique terrestre (RNT) est une nouvelle technologie de diffusion d’un signal audio par voie hertzienne sous forme digitalisée. Au niveau européen, la RNT se généralise : la Norvège vient d'abandonner la FM à son profit ! En France, après plusieurs expérimentations, elle est apparue à Paris, Lyon et Marseille en juin 2014, sans la plupart des grandes radios, en particulier sans celles du groupe Radio France. Mais, tout récemment, le CSA a accordé une autorisation expérimentale pour le groupe Radio France et exclusivement dans l’Est parisien. (...)
Contrairement à la radio analogique hertzienne (AM ou FM), où le son sous forme de signal électrique est transporté tel quel dans l'onde porteuse, la radio numérique envoie un son qui est d'abord numérisé, puis compressé, afin d'être transmis en optimisant la bande passante. La radio numérique terrestre (RNT), petite sœur de la télévision TNT, fonctionne sur le principe d'une fréquence allouée à la chaîne de radio (en fait à un « bloc » constitué d’une poignée de stations partageant la même fréquence au sein d’un « multiplex »), mais celle-ci est unique à l'échelle nationale. Contrainte de cette technologie, la Radio numérique terrestre nécessite, pour être réceptionnée, un équipement spécifique : un poste de radio adapté à la technologie numérique.
Le principal avantage pour l’auditeur réside dans une qualité du son améliorée par rapport à la radiodiffusion analogique (rapport signal/bruit, bande passante, et diaphonie bien meilleures, absence d'interférences entre stations par rapport à l’AM ou la FM). Le principal inconvénient (toujours pour l’auditeur) est un risque d'absence de signal (décrochage) dans les zones à réception difficile. Avec le numérique, soit le signal passe, soit il ne passe pas. En analogique, on pouvait écouter un signal dégradé. Pas en numérique. Toutefois, il est à noter qu'un signal numérique est bien moins sensible aux interférences du fait de la correction d'erreurs. À l’échelle réduite de nos quartiers, le signal est suffisamment puissant pour que le problème ne se pose pas.
L'association des Sans Radio a négocié avec la marque britannique Pure et propose plusieurs modèles de postes de radio RNT (tous captent aussi la FM). Si vous passez par l’association, vous bénéficiez d’un tarif «professionnel» (vous pouvez commander plusieurs postes).

Mon Evoke F3 est Bluetooth, contrôlable à distance avec la télécommande, mais aussi avec mes iPhone et iPad. Il permet d'écouter aussi leur contenu, à côté du numérique et de la FM, ainsi que Spotify pour ses abonnés. Il existe des modèles sur piles, et tous possèdent un haut-parleur monophonique, ou stéréophonique en plus de la sortie stéréo.

jeudi 20 octobre 2016

Fuite de fuel


Les évènements s'enchaînent, les catastrophes se déchaînent. Bon d'accord, c'est à un petit niveau, très perso, mais j'aurais tout de même préféré faire de la musique plutôt que soulever des poids lourds et remuer ciel et terre pour trouver la panne. Lorsque l'on me demandait comment ça va, j'avais tendance à répondre que les emmerdements se suivent, mais ne se ressemblent pas. Je serais plus positif en affirmant qu'il est extraordinaire de constater comme il est difficile d'avancer dans la vie, à devoir sauter un obstacle pour affronter le suivant. Ma maman me rappelle que plaie d'argent n'est pas mortel, mais elle s'accompagne très souvent d'un marathon physiquement et psychologiquement pénible pour en venir à bout...
Ainsi, j'ai laissé s'épuiser le fuel et la chaudière s'est arrêtée, ce qui a probablement assassiné la pompe électrique, et paf, le porte-monnaie. Notre consommation de fuel fut étrangement forte pour les cinq mois passés et j'avais pourtant eu l'impression d'avoir vérifié la jauge récemment sans que cela soit alarmant. Le livreur nous a donc dépanné en urgence de 1000 litres en attendant le reste la semaine prochaine. Comme j'avais un doute sur la jauge, j'ai regardé à nouveau cinq jours plus tard. Il ne restait presque rien dans la cuve. Une odeur de mazout flottait vers la trappe qui pèse un âne mort. Je me suis fait aider pour la soulever. Le retour de fuel coulait comme un robinet, non pas dans la cuve, mais à côté, dans la terre. Est-ce le livreur qui, dans sa hâte, aurait fait tomber un bout du tuyau dans la cuve ou était-il déjà mal vissé ? En attendant de remplacer le cuivre nous l'avons donc rallongé avec un bout de plastique pour que le flux s'écoule au bon endroit. Mais nous avons perdu entre 500 et 700 litres de fuel partis dans la terre, ce qui n'est pas franchement écologique, même si c'est de là qu'il provient avant raffinage, du moins à quelques milliers de kilomètres et à quelques millions d'années.
Avec les impôts locaux exorbitants, le fuel est la dépense la plus importante de notre habitation. La maison est grande. Nous aimons avoir chaud. Ce sont donc plusieurs milliers d'euros qui partent en fumée chaque année. Si nous vivions dans le sud, nous soulagerions considérablement la note, à tous points de vue. J'y pense parfois, d'abord parce que la mer me manque à Paris, et que son niveau ne montera pas jusqu'ici de mon vivant. Je suis d'une nature impatiente.

jeudi 13 octobre 2016

Reprenez le contrôle de la ville en 50 hacks


Le graphiste et designer Geoffrey Dorne publie en édition bilingue Hacker Citizen, le guide de survie citoyen en milieu urbain, cinquante idées amusantes à réaliser soi-même pour résister à la société de contrôle qui, de plus, nous submerge de publicités et bétonne à tours de bras nos villes. Certaines sont vraiment potaches, mais d'autres sont quasiment d'utilité publique. J'avais déjà croisé des bibliothèques de rue, cabines téléphoniques désaffectées où l'on peut déposer et prendre gratuitement des bouquins, mais j'ignorais qu'il existait des prises USB dans le mobilier urbain ou de discrètes prises électriques au coin des rues. On peut confectionner des nids pour les oiseaux ou des bombes à graines pour ensemencer quantité d'espaces laissés vacants, détourner les caméras de surveillance et les affiches de publicité honteuses. Geoffrey Dorne a conçu un joli livre en illustrant chaque page où l'imagination des activistes est astucieusement sollicitée pour égayer la ville et détourner ce qu'elle a d'odieusement intrusive. Il devrait enchanter les graffeurs et les noctambules, et profiter ainsi à toute la population !



→ Geoffrey Dorne, Hacker Citizen, Tind Editions, 24,90€
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