Jean-Jacques Birgé

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mercredi 1 avril 2020

Le stylo anti-cons


Ceci n'est pas un poisson d'avril. Il existe bel et bien.
Le confinement fait sortir les donneurs de leçons du bois. Pas mal d'entre eux traitent les uns et les autres de cons parce qu'ils ne font pas comme ci ou comme ça, parce qu'ils obéissent aveuglément aux consignes gouvernementales, parce qu'ils les adaptent intelligemment à leur sauce, parce qu'ils prennent des risques inadmissibles, parce qu'ils auraient trouvé un remède miracle, parce qu'ils ne supportent pas leurs voisins ou que l'on ne pense pas comme eux.. Cela fait évidemment le jeu du pouvoir de monter les Français les uns contre les autres. On fustige à tour de rôle les Chinois, les Parisiens, les paysans, les musulmans, les juifs, etc. Et la délation retrouve les beaux jours de la France pétainiste...
La police verbalise un type qui va chercher des serviettes hygiéniques pour sa copine "parce que si Madame en avait vraiment besoin elle a qu’à sortir les chercher elle-même...", alors qu'il aurait fallu, comme dit ma copine, le féliciter et l'encourager. Un autre prend la même prune à 135€ pour être allé acheter Le Monde "qui n'est pas de première nécessité" et les flics lui suggèrent de grouper ses courses, pas d'acheter le journal... Un autre parce qu'il se promène à 50 mètres de chez lui reçoit sa contravention. Tous avaient des attestations en bonne et due forme. Hier je vois des jeunes en casquettes qui ont droit à la fouille au corps. Et tout cela sans masque, sans gants, en vous cramiotant au visage, comme mon gendre en témoigne pour avoir baissé sa vitre de voiture lors d'un contrôle de gendarmerie !
Chaque fois que nous sortons dans les termes de la loi nous devons imprimer ou rédiger une nouvelle attestation, ce qui gaspille un nombre incalculable de feuilles de papier. Je ne sais pas comment, mais Nicolas a compté que cela correspondrait à 200 000 arbres, rien qu'en France ! Comme certains ont également reçu l'amende pour avoir rempli leur attestation au crayon noir pour ne pas gâcher de papier, il reste le stylo effaçable... J'ignore le bilan carbone de cet outil magique, mais vu la durée probable du confinement qui risque de nous mener jusqu'à juin, cela me semble valoir le coup, d'autant qu'on lui trouvera certainement plus tard d'autres usages du même acabit. Vive le stylo anti-cons ! Et j'emmerde la maréchaussée...

vendredi 27 mars 2020

La Poste en rade, comme nous...


Évitez la Poste... Les courriers postés il y a 15 jours ne me sont toujours pas parvenus. Chez moi ou les voisins, seules quelques revues ont passé le filtre (Télérama, Beaux-Arts Magazine, Revue et Corrigée...). Aucun service de presse comme les CD ou les DVD en enveloppes à bulles ne sont jamais arrivés. Lorsque je cherche des informations sur le site de La Poste il n'est fait aucune mention d'éventuels retards. Le licenciement de quantité de postiers explique évidemment les difficultés de ce service. La dématérialisation des supports s'en trouve renforcée. Les courriers en rade refont-ils jamais surface, finiront-ils à la broyeuse, alimenteront-ils les soirées d'indélicats préposés ? C'est un des mystères de la crise...
D'un autre côté les sites web surchargés fonctionnent de manière erratique. Je n'arrive plus à me connecter à celui de Télérama qui me répond comme si je n'étais pas abonné même lorsque je suis connecté. De l'édition papier je ne lis toujours que les premières pages en m'arrêtant avant les programmes TV que je n'ai pas feuilletés depuis plus de quinze ans, mais la partie culturelle et le Petit Journal me permettent de connaître l'actualité des sorties, que je partage ou pas les points de vue des journalistes. Leurs articles ne me défrisent qu'extrêmement rarement. J'évite la presse quotidienne aux ordres.
Le courrier devrait donc représenter un des derniers facteurs qui nous relient matériellement à l'extérieur tangible. On peut aussi aller boire des coups ou prendre le thé chez les voisins, mais là c'est mort. Quant aux réseaux sociaux, il va falloir lever le pied et prendre le temps de respirer l'air frais du printemps, au moins à la fenêtre !

Mais si l'on regarde de plus près ce qui se trame, c'est la colère qui nous guette, sans que l'on puisse faire grand chose en temps de confinement. La colère est pourtant déconseillée en ce qui concerne nos défenses immunitaires. Le gouvernement a fait passer 25 ordonnances censées sauver l'économie : possibilité de travailler 60 heures par semaine dans certains secteurs, de réduire le repos compensateur à 9 heures, de travailler le dimanche et 7 jours sur 7, supprimant sciemment le terme provisoire, il laisse les entreprises imposer les congés payés sur le temps de confinement, etc.... L'interdiction des marchés (c)ouverts va asphyxier les petits producteurs, les paysans vont morfler une fois de plus et le ministre de l'Agriculture d'appeler les Français sans activité à prêter main forte aux agriculteurs ! On croit rêver. Ce gouvernement est mon pire cauchemar. Les auteurs, les intermittents du spectacle vont crever, et je ne parle pas des SDF (qui vont voir grossir leurs rangs si cela continue, et c'est parti pour durer jusqu'à juin). Pendant ce temps là, télétravail oblige, les gros richards boursicotent, rachetant les actions qui ont chuté, il n'y a pas de petit profit, au sens propre, euphémisme. Ce n'est pas la guerre, et pourtant les profiteurs de guerre ont du cœur à l'ouvrage avec Macron (et ses équivalents ailleurs), pieux représentant des banques. On peut simplement espérer que cela se paiera après les vacances d'été, lorsque les Français se réveilleront de la léthargie dans laquelle ils sont plongés de facto. Les gilets deviendront de toutes les couleurs. À moins qu'ils envoient l'armée !? Mais les beaux jours reviendront et les salopards passeront en jugement. Ou bien nous en crèverons. Parce que leur guerre a en effet commencé. Ils la déclarent à tout bout de champ, une guerre contre le peuple, et, maintenant qu'ils ont rincé les plus pauvres, la classe moyenne est dans leur collimateur... Entre les prises de conscience écologiques et politiques, cette crise planétaire ressemble bigrement à une période pré-révolutionnaire... Déjà la CGT lance un préavis de grève de toute la fonction publique (fonctionnaires territoriaux, employés de l'eau, des déchets, du logement social, sapeurs-pompiers, pompes funèbres...) du 1er au 30 avril ! Et les réactionnaires de crier au scandale, mais de ne ne pas réagir aux 25 ordonnances honteuses qui cassent tous les acquis sociaux sous prétexte du virus...

Oups ! Je me suis laissé aller. Tout cela parce que ma boîte aux lettres est vide ? Les impacts sur notre ciboulot sont imprévisibles, surtout que nous devons probablement tenir jusqu'à juin...

lundi 2 mars 2020

Jardiner bio en bandes dessinées


J'imagine que si Jean qui nous a conseillé cet ouvrage, c'est en fan de bandes dessinées plus qu'en jardinier, fut-il en herbe, encore qu'il cultive son jardin voltairien à la manière d'un autre Jean-Jacques. L'adaptation libre du livre Le Bio Grow Book de Karel Schefhout & Michel Panhuysen par Denis "Pic" Lelièvre est un puits de culture, mais j'en ai les yeux qui me brûlent après cette passionnante leçon de chimie organique propre à une saine alimentation et meilleure oxygénation. Avec humour et précision, Pic explique le cycle naturel des plantes, la vie des sols, les engrais verts, les nutriments et les engrais bio, le compost (c'est ce qui m'a poussé à acquérir cette bande dessinée de 128 pages aussi denses que la forêt primaire), les cultures en extérieur et en intérieur, l'importance de la lumière et de l'eau, les semis et boutures, la lutte contre les maladies, etc. À propos des petites bêtes qui font tout le travail en sous-sol, j'aimerais bien que mon chat Django arrête de rapporter des vers de terre à la maison lorsqu'il ne trouve pas d'autres proies. Il faudra que je revienne à cette bible en fonction de mes futures activités jardinières, mais déjà j'en sais un peu plus sur mon compost ! Je la range à côté du Guide Clause où sont répertoriées les diverses essences d'arbres. Si vous faites pousser quoi que ce soit qui se mange, vous vous régalerez de cette BD instructive... Fans de musique, ce qui ne vous empêche pas de vivre sainement, Pic dessine régulièrement dans le Journal des Allumés du Jazz ;-)

→ Denis Pic Lelièvre, Jardiner bio en bandes dessinées, Mama Edotions, 35€

vendredi 17 janvier 2020

L'orchestre-solo


Cette semaine je patauge dans les synthétiseurs vintage. Comme je dépannais Étienne venu copier une disquette système pour le clavier Ensoniq VFX-SD qu'il vient d'acquérir et dont je possède un exemplaire, il a apporté un rack Fizmo de la même marque pour le me prêter quelque temps. C'est vraiment super gentil. L'instrument a une couleur incroyable et permet en deux temps trois mouvements de moduler radicalement les sons en temps réel. Hélas, l'objet n'a pas eu le succès escompté et il a coulé la boîte. Cela arrive souvent avec les petits fabricants imaginatifs. Il suffit d'un raté pour que toute la gamme disparaisse. En plus, il faut acheter les prototypes très tôt, alors qu'ils ne sont pas totalement terminés, mais avant qu'ils soient retirés du marché.
Alors que je voulais faire écouter à Étienne mes propres programmations du VFX, clavier que j'utilise depuis 30 ans, il tombe en rade, incapable de s'auto-calibrer. Heureusement mon camarade connaît un réparateur susceptible de soigner mon précieux instrument que je viens d'ailleurs d'enregistrer pour mon prochain CD. J'en profite pour lui apporter mon vieux PPG Wave 2.2, dont la sonorité transparente reste inégalée, mais qui perd la mémoire et fait sauter les plombs chaque fois que je l'allume. En gros, nous vieillissons mieux que l'électronique, sans parler de l'informatique. À croire qu'il vaut mieux produire de la musique éphémère avec des instruments Kleenex dont la mode passe chaque année plutôt que chercher à inventer en programmant des appareils originaux aux propriétés infinies, de ceux qu'on peut pousser dans leurs retranchements, dans des zones insoupçonnées par les luthiers eux-mêmes. Chaque fois que j'entre dans un magasin de musique, je demande si de nouveaux instruments "barjos" sont sortis, mais depuis quelques années on me répond d'emblée par la négative. J'ai tout de même récemment dégotté les machines russes de Soma, mais si je comptais me racheter un ARP 2600 que Korg ressort pour le NAMM il vaut mieux que j'oublie, car les précommandes affichent partout complet.
Tout cela n'est pas très grave, j'ai suffisamment à faire avec ma panoplie d'homme-orchestre. En définitive c'est peut-être le terme qui me définit le mieux. Homme-orchestre du XXIe siècle ? Il faut bien que j'actualise le terme, sinon on pensera que j'ai une grosse caisse attachée sur le dos. Au jeu des comparaisons je tiens plutôt du croisement de la tortue et du lièvre. La maison d'un zébulon. Les anglo-saxons préfèrent le terme one-man-band. Traduit, "L'orchestre solo" ? Comment expliquer que je joue autant d'instruments virtuels sur mon ordinateur que de multiples claviers analogiques et numériques, auxquels s'ajoutent quelques centaines d'instruments acoustiques ?
Revenons à nos moutons électriques. Tout content de retrouver les valises de mes synthétiseurs du siècle dernier au grenier pour les apporter au docteur, je découvre que la mousse intérieure de celle du PPG tombe en poussière. Lorsque j'y mets la main, elle imprime sa forme comme dans la neige avant de s'éparpiller en poudre inquiétante. Toutes les mousses ne se désagrègent pas ainsi, mais après 20 ou 40 ans cela arrive de plus en plus souvent. Mes bonnettes de microphones furent les premières à s'effriter. J'ai cherché en vain la composition des unes et des autres sur le Net. Certaines résistent au temps, d'autres pas. C'est comme tout. C'est comme nous.

Illustrations : collection Sacha Gattino

mardi 19 novembre 2019

Arnaque


Vous croyez admirer un canard, mais renversez-le et vous découvrirez l'arnaque. En 1980 Bernard Vitet nous avait appris un subterfuge que nous avions trouvé très amusant et que nous avions utilisé dans la pièce Crimes Parfaits d'Un Drame Musical Instantané. Il avait enregistré sa voix à l'envers, puis il avait retourné la bande magnétique. On avait l'impression d'une bande passée à l'envers, mais on comprenait tout ce qu'il racontait. Moins par moins égale plus. Il fallait d'ailleurs toujours conserver les premières prises, car notre camarade s'y entendait si bien que l'on finissait pas ne plus percevoir l'effet de (fausse) voix renversée. Dans la cas présent, prononcez "canard", appliquez l'effet reverse et vous auriez pu entendre "arnaque" si je ne vous avais pas blousés. Parce que canard à l'envers ne donne pas "arnaque", mais "ranaque" ! Il aurait fallu prononcer "cannera", mais mon introduction n'aurait plus tenu debout. Je vous l'avais annoncé : arnaque !
Celle de samedi dont j'aurais pu être victime est un classique. Une certaine Clarisse Duvalier, résidant 7 avenue de la Grande Armée à Ajaccio, me commande la collection de l'Avant-Scène Théâtre (1954-1960) que j'ai mise en vente sur LeBonCoin en me demandant d'y ajouter le prix du port via Colissimo. Elle est pressée de conclure l'affaire, mais préfère passer directement par Paypal, et non par LeBonCoin, car "avec Paypal, fiable, sécurisé et rapide, pas besoin de communiquer vos coordonnées bancaires", d'autant que son compte bancaire ne serait "pas relié à son compte LeBonCoin, par conséquent le paiement via l'application LeBonCoin est impossible pour elle" ! L'arnaque consiste à envoyer ensuite un faux mail de PayPal stipulant avoir bien été crédité. Si l'on ne vérifie pas son compte en se connectant directment au site, on se fait évidemment avoir. L'adresse est une boîte aux lettres à la porte d'un lycée sur l'Île de Beauté (pas la porte à côté !) et j'imagine que l'arnaqueuse ira chercher l'imposant colis à la Poste avec une fausse pièce d'identité, à moins que ce soit un peu plus retors.
J'avais déjà été la cible de cette même arnaque il y a quelques mois. J'ai l'impression que la moitié des centaines de mails que je reçois chaque jour consiste en des tentatives frauduleuses. Il est facile de se laisser prendre au phishing si l'on ne vérifie pas l'authenticité des protocoles. On sait qu'il ne faut jamais se connecter au web via les applications de mail, mais il y a bien d'autres coups tordus comme par exemple les publicités sur FaceBook. La plupart du temps, l'objet de vos désirs y est proposé beaucoup plus cher que si vous le cherchiez vous-même simplement sur le Net. Et puis il n'y a pas que sur le Net qu'on puisse se faire escroquer. Lorsque j'étais jeune homme j'avais acheté un piano qui n'existait pas et une veste en daim qui était en suédine. Nous avons tous et toutes été victimes un jour ou l'autre de personnes sans scrupules qui jouent sur la confiance, ce qui peut rendre terriblement triste. Je préfère franchement les voleurs à la tire qui n'exercent aucun chantage affectif...
Je conclurai en précisant que mon canard est un animal empaillé, photographié dans une école de Victoria en Transylvanie, et que son air renfrogné ne correspond absolument pas à ses intentions véritables.

lundi 4 novembre 2019

La météo depuis la cime des arbres


Cet été à Victoria en Transylvanie, lorsque nous sommes redescendus du clocher de l'église Sf. Împărați Constantin și Elena où j'avais enregistré la simandre, le pope m'a demandé si je savais à quoi servait la baguette accrochée sur sa guérite. Il était tout fier de m'expliquer que cette cime de pin est un baromètre. Selon l'inclinaison du rameau il peut prévoir la météo. C'est un peu le principe de la pomme de pin qui s'ouvre lorsqu'il va faire beau, pas si différent des hygromètres traditionnels où un cheveu fait le même office. J'ignore comment travaillent les météorologues qui se trompent souvent. Se basent-ils sur des informations envoyées par des satellites ? Les croisent-ils avec une grenouille emprisonnée dans un bocal ? Font-ils confiance à leurs rhumatismes ?
Dans cette période de bouleversement climatique où la Terre se réchauffe dangereusement, où le changement de route du Gulf Stream pourrait donner à la France le climat du Canada, j'ai pris l'habitude d'aimer tous les temps. Pour ma peau, pour le jardin. Mais plus loin, au sud, c'est la mort que sèment le soleil ou les vagues. Les mouvements migratoires de masse seront impossibles à contenir. Il faudra apprendre à vivre autrement, à partager vraiment. Et l'on aura toujours besoin du système D, sans pour autant devenir d'agressifs survivalistes, en cherchant des alternatives à nos vies de fous, consommateurs compulsifs manipulés par quelques profiteurs sans scrupules, comme si ces exploiteurs criminels pouvaient échapper à leur propre suicide. Et bien voilà, on part d'une petite baguette de pin et l'on se retrouve avec la fin du monde !
C'est le sujet de l'album que j'enregistre en ce moment en coproduction avec le Musée Ethnographique de Genève. En 1994 j'avais écrit le scénario d'un film sur cette entropie à partir d'un roman de C.F. Ramuz, mais à l'époque personne ne voulait en entendre parler. Aujourd'hui c'est devenu la tarte à la crème des blockbusters, mais elle a un drôle de goût, plutôt rance. Ramuz est un de mes auteurs favoris, une des plus belles plumes de la langue française, avec un rythme qui n'avait pas échappé à Stravinsky puisque ce sont ses mots dans Renard, L'Histoire du soldat et la version française des Noces. C'est aussi l'une des clefs de l'œuvre de Jean-Luc Godard, sans que cela ait de rapport avec le Jean-Luc persécuté de l'écrivain vaudois ! En attendant, il pleut, c'est tout ce qu'il sait faire, comme le chantait Brigitte Fontaine.

mercredi 25 septembre 2019

Manuel de survie en cas d'effondrement de notre civilisation


Avant de vider définitivement l'appartement de mes parents j'ai récupéré quelques cahiers parmi la quantité phénoménale de livres, sept mille pour tout dire. Les uns ont été vendus, d'autres donnés, mais j'en ai conservé quelques uns qui me rappelaient mon enfance, en particulier ceux ayant trait à mon passage aux Louveteaux. Tous les jeudis, certains week-ends et lors de vacances, je pratiquais le scoutisme aux Éclaireurs de France, une troupe que dirigeait un jeune couple, rue d'Alésia d'abord, puis dans le fond de la rue de Nevers. Ils portaient les totems de Fennec et Akela. J'habitais alors rue Léon Morane dans le 15e arrondissement et je me rappelle être rentré plusieurs fois avec le grand mât de la troupe sur la plateforme arrière de l'autobus. On ne peut pas imaginer le plaisir que nous avions à voyager en plein air sur ce bacon mobile d'où l'on pouvait descendre en marche lorsque le receveur ne nous regardait pas. Ces jours-là je portais un uniforme bleu, un foulard jaune et évidemment des culottes courtes. De 8 à 11 ans, j'ai ainsi appris et testé la manière de vivre, à la fois morale et pratique, que m'avaient inculquée mes parents et que j'allais adopter au cours de ma vie. Je suis rapidement devenu sizenier, et, le plus jeune de France, je fus présenté à la petite fille de Baden Powell sur la scène de la Salle Pleyel. C'était déjà une vieille dame, le fondateur du scoutisme, né en 1857, étant mort en 1941.
Mon Manuel de l'éclaireur, sous-titré L'ami du campeur, publié en France en 1947 par les Éclaireurs unionistes d'inspiration protestante, prétend "développer chez les garçons la curiosité saine de la nature et des hommes. Il s'efforce de les pousser à «entreprendre» et à «réaliser»." Ce livre dont la première version remonte à 1914 n'est donc pas exempt de sexisme. Si les filles furent intégrées très rapidement au mouvement, Baden-Powell considérait que les garçons étaient des éclaireurs et les filles des guides. On notera la nuance ! Heureusement ma troupe n'était pas seulement laïque, elle était mixte, ce qui me valut, entre autres, mes premiers émois sexuels lors d'un camp à Belle-Île lorsque j'avais 11 ans. Entré aux Louveteaux à l'âge de 8 ans, je ne désirai pas poursuivre le scoutisme aux Éclaireurs l'année suivante. C'est à cette époque que je pris ma carte de Citoyen du Monde ! Si l'on fait abstraction de ma prédisposition obsessionnelle, ces trois ou quatre années aux Louveteaux et mon travail de premier assistant à la sortie de l'Idhec sont la base de mon imparable organisation.
Il était nécessaire que je resitue le contexte, mais en ouvrant ce livre je suis surpris de la somme d'idées pouvant nous permettre de survivre dans une perspective collapsologique ! Passé le chapitre sur la France, celui sur les arts me donne des pistes sur ce qui a pu m'inspirer alors que j'étais enfant. Celui sur le sport a quelque intérêt également, mais les choses deviennent sérieuses avec celui sur la santé. Hygiène de vie, sauvetages en tous genres, du cheval emballé au chien enragé, de l'électrocution aux troubles digestifs, on frise le Manuel de survie que ma fille m'avait offert il y a longtemps avec beaucoup d'humour. On y trouvait Comment sauter dans un train en marche quand on se trouve sur le toit, Comment survivre à une morsure de serpent venimeux, se débarrasser d'un requin, échapper à un puma, un alligator ou des abeilles tueuses, Comment gagner un combat à l'épée, encaisser un coup de poing, sauter d'un immeuble dans un container, faire une trachéotomie, détecter un colis piégé, faire atterrir un avion, survivre à un tremblement de terre ou à un naufrage, etc. Là ce serait plutôt comment construire une cabane, faire des nœuds, camper par tous les temps... Les chapitres Voir sans être vu et Transmissions sont évidemment passionnants, avant d'aborder ceux sur la nature qui concernent les animaux, les plantes, les roches, le climat et ce que l'on peut en tirer. L'exploration pourrait devenir un jour déterminante, comme Le Travail des hommes et Les bricolages puisqu'il s'agit de construire tout ce qui peut nous permettre de survivre dans la nature ou en l'absence du confort moderne. Cette perspective d'effondrement de la civilisation industrielle et du capitalisme devient de plus en plus probable sans que l'on sache très bien quand cela se produira, et si j'en verrai les effets.
Ce manuel tombe donc à pic au moment où j'attaque mon nouveau projet discographique intitulé Perspectives du XXIIe siècle. Coproduit avec le Musée Ethnographique de Genève (MEG) et les Archives Internationales des Musiques Populaires (AIMP), il y est question de repartir à zéro en revoyant les bases à la lumière des erreurs fatales du passé. Cette éventualité est plutôt sympathique, puisqu'elle envisage qu'il y aura des survivants !

mercredi 11 septembre 2019

Tant bien que mâle


J'aurais pu écrire un énième article fustigeant le machisme toujours prégnant, des gars qui s'étalent, abusent de leur position de force ou de leurs prérogatives sociales, mais la question ne concerne pas que l'espèce humaine. J'ai mis hors d'état de nuire le matou qui a fait sauter les plombs de toute la maison en marquant son territoire sur une prise de courant de la cuisine. Le voyou qui terrorisait Django et Oulala, que des opérations ont rendus stériles, manœuvre qui devrait inspirer quelques mâles sexuellement incontinents, ne pourra plus empuantir le cellier ni le rez-de-chaussée. Loin de moi l'idée d'en rajouter en lui faisant du mal. Mes chéris ont la délicatesse de faire leurs besoins dans les jardins avoisinants. J'ai donc installé deux chatières électroniques ne laissant passer que les chats autorisés. Il leur suffit de présenter leur puce d'identité devant la trappe pour qu'elle s'ouvre automatiquement. Tout le monde peut sortir, mais ils sont seuls à pouvoir entrer.
N'étant pas du tout bricoleur, l'installation tint à la fois de l'exploit et du miracle. À la cave le trou existant était trop grand. au rez-de-chaussée il était trop petit. J'ai dû combler l'espace qui aurait pu laisser passer des petites souris, encore qu'en général elles pénètrent chez moi dans la gueule de Django, et attaquer au burin l'épais mur du salon. J'ai bêtement commandé pour rien une extension de tunnel, préférant conserver la chatière extérieure, question d'isolation thermique et de minimisation des travaux terrassiers, et insérer en force la nouvelle à l'intérieur. Évidemment celle-ci n'est pas d'équerre, mais ceux ou celles qui me connaissent peuvent imaginer le sentiment de victoire qui m'anime lorsque je réussis à bricoler un truc qui tient tant bien que mâle. Après avoir retaillé le morceau de gazon synthétique qui sert de tapis-brosse aux bottes de sept lieues des félins entre les deux portillons, j'ai testé les équipements avec les intéressés qui ont commencé par faire la gueule, mais se sont vite habitués à montrer patte blanche. La moindre contrariété peut modifier leur comportement !


Ainsi, si un chat se met à pisser quelque part, ce qu'il ne faisait jamais "au paravent", il faut toujours se demander ce qui a changé. Cela m'est arrivé avec Scotch qui faisait ses besoins dans la douche depuis que l'on avait fermé la porte d'une des chambres. Il avait suffi de la rouvrir pour qu'il cesse cette pratique détestable. Je cherche actuellement une idée pour que mes zozos arrêtent de me prendre pour le portier, en miaulant pour que je les fasse entrer ou sortir à tout bout de "chant", et choisissent d'utiliser plus souvent les équipements qui m'ont coûté les yeux de la tête et la sueur de mon front.

vendredi 6 septembre 2019

Dormir ?


Vais-je enfin pouvoir dormir ? J'en doute. D'abord parce que j'ai l'habitude de dormir peu. Quatre heures et quart me suffisent. Il m'arrive néanmoins d'avoir des insomnies nocturnes. Plutôt que me retourner désespérément dans tous les sens dans mon lit, je me lève et vais travailler une heure ou deux. Je retrouve le sommeil aussitôt ! D'ailleurs le soir je m'endors en trente secondes. Par contre le matin, le soleil me réveille, d'où l'installation d'un volet roulant. Dans les hôtels où les chambres sont dans l'obscurité totale je dors plus tard le matin. Si on ne le ferme pas tout à fait, le volet laisse passer l'air du dehors. La télécommande permet aussi de l'arrêter en marche et de ne pas le fermer jusqu'en bas. Au milieu de la nuit il suffit parfois que je marche trois minutes sur un tapis de réflexologie pour retrouver les bras de Morphée. Je m'allonge bien dix minutes chaque soir sur un tapis de fleurs, le Shakti Mat hérissé de pointes qui me transforme en fakir. Ainsi mon dos se repose et je ronfle moins. On verra à l'usage... Le petit fil qui dépasse correspond au thermomètre que j'ai accroché à l'intérieur il y a vingt ans et dont je n'ai encore jamais changé les piles. Mais la grande question est celle de l'appréhension du sommeil. Suis-je si heureux de me réveiller et d'aller travailler comme je le prétends ou est-ce la crainte de la mort ? J'ignore pourtant la peur du noir (la preuve !) comme j'aime le silence. Il est vrai que le silence n'existe pas. Il y a toujours le murmure de la ville ou le chant de la nature, au pire le son de mon sang qui circule dans mes veines...

mardi 3 septembre 2019

Le rouquin faisait sauter les plombs


Nous étions à Bucarest lorsque mon voisin, passé nourrir Django et Oulala, m'appelle pour me dire que les plombs de la maison ont sauté à cause du réfrigérateur et que les glaces Berthillon ont fondu. Je n'ai évidemment pas tous les détails, mais cela sent la catastrophe, avec serpillères et déménagements. Pascal a heureusement sauvé la majorité du contenu du congélateur. Or chaque fois qu'il remplace les fusibles, cela disjoncte. Comme l'appareil a vingt ans j'en commande un aussitôt, suivant les suggestions du magazine Que Choisir, pour ne pas nous retrouver trop longtemps sans réfrigérateur. Il fait encore plus de 30°C dehors. Rentrés à Paris, je m'aperçois que la largeur du nouveau "frigo américain" est de 92cm au lieu des 82 de l'ancien, et qu'il ne rentrera pas dans l'espace qui lui est alloué. J'annule donc la livraison et la commande. Après recherches sur Internet, je suppose que le compresseur est hors-service, que la résistance de dégivrage dysfonctionne ou que le ventilateur est en panne. Alors que je tourne désespérément autour de la question, je m'aperçois que le matou roux qui tape l'incruste de temps en temps a giclé sur les murs de la cuisine. Mes deux chats ayant été opérés n'ont pas cette nauséabonde pratique ni le tonus de s'opposer à l'intrus qui passe parfois la nuit par les chatières que j'ai installées à l'avant et à l'arrière du pavillon. Apercevant trois petites coulées sous une prise électrique, j'ai l'idée de la démonter, découvrant alors que cet horrible individu a réussi à couper le courant de toute la maison en marquant un territoire qui n'est même pas le sien. J'en ai profité pour nettoyer mon vieux frigo de fond en comble qui est reparti comme si de rien.
Un dépanneur m'avait prévenu que, même très âgé, il fallait mieux le faire réparer en cas de panne, plutôt qu'en racheter un nouveau. En effet il date d'une époque où les machines n'étaient pas construites selon la règle de l'obsolescence programmée. Les mêmes appareils ou équivalents ne tiennent que quelques années et les constructeurs ne sont tenus de fabriquer les pièces de rechange que pendant sept ans après leur sortie sur le marché. Il ne me reste plus qu'à faire l'acquisition de chatières électroniques interdisant l'entrée à d'autres félins que les miens. Lorsque je dis "les miens", les humains domestiqués comprendront l'ambiguïté du renversement. Cela fonctionne grâce aux puces dont ils sont équipés. Me voilà donc allongé par terre à installer ces portillons censés nous délivrer des odeurs acres des anciens amants d'Oulala...

lundi 17 juin 2019

Cafouillage informatique


Article seulement pour geeks Macophiles. Les autres, à demain ! Ou bien rattrapez les billets qui vous ont échappé ;-)
Je m'en doutais. Juste après avoir installé une mise à jour d'une application VPN, plus aucune connexion Internet ne fonctionnait. J'ai cherché dans tous les sens jusque tard dans la nuit sans trouver la solution. Le lendemain j'appelai Apple Assistance qui comme chaque fois répond diligemment. Sauf que, passé les mêmes tests que les miens, leurs solutions sont draconiennes. Leurs techniciennes me suggèrent d'abord de réinstaller le système (Command-R) et comme cela ne marche pas d'effacer le disque dur après avoir fait une copie de sauvegarde, etc. Les techniciens/ciennes ne s'ennuient pas trop en proposant ces mesures, au mieux, terriblement chronophages. En désespoir de cause j'appelle mon camarade Francis qui est plus calé que moi en la matière. Ses tests sont toujours logiques. Il faut dire que j'ai déjà déplacé le Mac pour qu'il intercepte le wi-fi, car je le branche habituellement en Ethernet pour une question de distance, et que les préférences Réseau indiquent bien que je suis connecté avec une adresse IP. Pourtant aucun site n'est accessible. J'avais bien pensé que cela pouvait venir d'un bug au niveau des DNS, mais je n'osais pas les effacer. Francis m'y encourageant, tout est revenu dans l'ordre, j'ai rebranché mon bardas de fils, réinstallé Tunnelblick et retrouvé le sourire. Face à cette dépendance de la technologie nous sommes bien peu de choses. Cette inquiétude est bien plus grave qu'une panne momentanée.

vendredi 5 avril 2019

Petit commerce


Je souhaite me séparer d'un paquet de livres qui appartenaient à mon père. J'ai mis des annonces sur FB, mais j'ai l'impression que son moteur exclut ce genre d'opération à cause du motif, alors je les reproduis ici en espérant passer le blolage !
LIVRES DE SCIENCE-FICTION :
- Revue Fiction Magazine (1953 à 1987) N°1 à 374 + Numéros spéciaux Bis
- Revue Satellite (1958-1963) N° 1 à 38 / 42 à 46 / 9 suppléments
- Galaxie Magazine (coll. complète 1964-1977) N°1 à 158 + numéros spéciaux bis
- Quantité de livres des collections Rayon Fantastique (Hachette/Gallimard), L'Étrange (Robert Laffont), L'énigme (Hachette), Anticipation (Fleuve Noir), Press Pocket, Marabout, J'ai Lu, Anthologie de l'Imaginaire 1 à 15 (Opta Marginal), Edition Spéciale (JC Lattès), gros volumes chez Casterman, etc.
De grands auteurs : Ursula Le Guin, Sturgeon, Herbert, Spinrad, Van Vogt, Asimov, Ballard, Dick...
- En italien (!) I Romanzi di Urania
- En portugais (!) Os Grandes Ronances de Ficçãà Cientifica
REVUES POLICIÈRES
Hitchcock Magazine, Mystère Magazine, Magazine de Mystère !
LE GÉNIE CIVIL, REVUE GÉNÉRALE HEBDOMADAIRE DES INDUSTRIES FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES, 47 vol.reliés illustrés, 1915-1937, entièrement illustrés, une merveille ! 28x36cm - 1,65m linéaire
- Théâtre de Pierre CORNEILLE, 12 vol. reliés, Ladrange 1827, avec le commentaire de Voltaire et les jugements de La Harpe...
- COUTELINE, 8 volumes reliés, ed. du Trianon 1930, demi chagrin marron à coins, 5 nerfs, titre et auteur en doré, tranche supérieure dorée. Aquarelles et dessins de Joseph Hémard en et hors texte. Couverture originale conservée.
DES LIVRES ÉROTIQUES RARES ET DES PHOTOS DES ANNÉES 50
- Valentine Penrose, Dons des féminines, Préface de Paul Éluard, Librairie Les Pas Perdus, Paris, 1951 – n°146
- Liane Laure : Jacinthe ou Les images du péché – héliogravures P.Beloti – Aux Galants Passe-Temps 1934 n°407/1200 sur Vergé Antique Hollande orné de 15 héliogravures - Jan Brzekowski – Les murs du silence – ill. Fernand Léger – ed. Caractères
- Barnum Digest – Boris Vian & Jean Boullet – Aux deux menteurs
- Georges Bastia – Le zoo des vedettes - lithographies – signé n°151/450 ed. Héracléïa 1947
Etc. !

mercredi 27 mars 2019

7. Données, comment les manipuler ?


Tout est question d'organisation. Même l'inconscient est structuré comme un langage, avançait Jacques Lacan ! Je retrouve mon propre système lorsqu'il s'agit d'inventer quoi que ce soit. Je fais des listes que je croise les unes avec les autres. Comportement obsessionnel, me direz-vous, et vous aurez raison, mais cela fonctionne à merveille en ce qui me concerne, mettant un cadre à mon imagination débordante ;-)
Cette méthode pallie aussi ma mémoire forcément limitée. Plus jeune je rédigeais des fiches cartonnées, je suis ensuite passé à la base de données grâce à l'application FileMakerPro, j'ai heureusement indexé mes centaines de CDR sur Tri-Catalog, aujourd'hui le système de recherche Spotlight me tire souvent d'affaire, et puis Internet est devenue une formidable source souvent plus compétitive que ma collection de dictionnaires et d'encyclopédies. En fait tout cela est complémentaire. Comme pour les listes il faut croiser les sources pour avoir une vision plus juste de ce qui nous intéresse...


Si vous désirez voir ou revoir l'ensemble des 7 petits films, c'est !

jeudi 21 mars 2019

6. Réseaux sociaux, le monde est-il si petit ?


Des textes rédigés par Sophie de Quatrebarbes et Sonia Cruchon pour notre série SNT j'apprécie les bémols qui mettent en garde contre les dangers d'Internet ou plutôt ses chimères. Ainsi les réseaux sociaux ont maints avantages, mais aussi quelques inconvénients ou du moins des leurres. Les amitiés sur FaceBook ne sont que virtuelles. Cela n'empêche pas de sortir IRL (In Real Life), dans la vraie vie, et de se confronter à des situations qui nous sortent de notre zone de confort. D'un autre côté, les réseaux sociaux offrent de nous regrouper par sujets d'intérêt, voire d'avoir accès à des informations que la plupart des médias de presse censurent pour presque tous appartenir à un courant de pensée dicté par des banquiers et des marchands d'armes ! Selon comment on les utilise ils peuvent par exemple nous aider professionnellement ou devenir le support d'un contre-pouvoir. La question des fake news est sérieuse, mais elle n'est pas différente des médias traditionnels aux ordres des gouvernements.


Notre petit film explique simplement comment fonctionnent techniquement les réseaux sociaux...

mardi 19 mars 2019

5. Internet, IP un protocole universel ?


Comme Guillaume, l'idée du pigeon voyageur m'a toujours emballé. Quoi de plus poétique pour envoyer une lettre d'amour par exemple ? Je n'ai évidemment jamais pu concrétiser ce rêve, alors je me console avec une lettre manuscrite ou bien une carte postale dont l'image suggèrera de subtiles interprétations, ajoutant le timbre-poste, dit de collection, en accord avec mon message...


La voix de la Hotline explique à Guillaume le raisonnement analogique qui a permis d'adapter Internet avec ses adresses IP et comment envoyer ses informations par les tuyaux du Net. Découpage en petits paquets à rassembler ensuite grâce au TCP (protocole de contrôle de transmissions) ou à l'UDP (protocole de datagramme utilisateur), etc.

jeudi 14 mars 2019

4. Photographie numérique, du réel aux pixels ?


Si les pixels sont nombreux, j'essaie d'être le plus sobre possible dans l'accompagnement musical de notre série sur les SNT, Sciences Numériques et Technologiques, programme destiné aux professeurs des classes de seconde.


Comme le racontait Jacques Prévert dont notre équipe réalisa la websérie Prévert Exquis : «... elle ne se laisse pas faire, la pomme, elle a son mot à dire et plusieurs tours dans son sac de pomme, la pomme, et la voilà qui tourne dans une assiette réelle, sournoisement sur elle-même, doucement sans bouger, et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait, la pomme se déguise en beau fruit déguisé, et c'est alors que le peintre de la réalité commence à réaliser que toutes les apparences de la pomme sont contre lui...» Nos pixels seraient-ils en définitive «les terrifiants pépins de la réalité» ?!

mercredi 13 mars 2019

3. Les objets connectés, des robots dans nos maisons ?


Ce troisième épisode de notre série sur le fonctionnement des nouvelles technologies dans le cadre du programme des SNT à l'usage des classes de seconde décrit comment fonctionnent les objets connectés. Dès 2005 j'avais participé avec Antoine Schmitt à l'un des premiers de ces objets, le lapin Nabaztag qui délivrait quantité de services comme la météo, les embouteillages sur le Périphérique, la qualité de l'air, la bourse, les actualités, nos propres courriels, etc. Pourtant, ce que je préférais était l'expression de ses humeurs et ses exercices de taï-chi ! Mais cela c'est du domaine des objets comportementaux... Nous avions ensuite perverti l'objet en créant l'opéra Nabaz'mob pour 100 lapins !


C'est toujours très amusant pour moi de sonoriser ces petits films. Je commence par noter ce qu'il faut souligner ou animer par le son. Ensuite je place ceux que j'ai déjà utilisés dans les épisodes précédents. Mais avant tout cela j'ai circonscrit mes timbres à une charte sonore, un cadre de timbres qui donnent sa couleur à l'ensemble de manière à caractériser le projet sans partir dans tous les sens. L'étape suivante est donc de fabriquer les sons manquants. Je les classe en fonction de l'origine de l'enregistrement, ceux qui proviennent de ma sonothèque, ceux qui sont générés par mes machines électroniques ou ceux que je bruite ou que j'enregistre avec ma bouche, etc. Quand tout est en place, je mixe l'ensemble en dosant le volume de chacun. Ici Nicolas Le Du met une dernière touche au montage en les mixant avec les voix de Sonia Cruchon et Guillaume Clemencin.

mardi 12 mars 2019

2. Le Web, site Internet ou site web ?


Notre allégorie pigeonesque aurait plu à Bernard Vitet. Peut-être même aurait-il mieux compris le fonctionnement d'Internet et des moteurs de recherche qui échappe souvent aux séniors ? Ils ont aussi le droit et même le besoin de comprendre ! C'est la fonction du MOOC, s'adresser au plus grand nombre. Hier, en abordant la question de la géolocalisation, je n'ai pas donné l'explication de SNT, ce sont les initiales du programme Sciences Numériques et Technologie à l'intention des classes de seconde, histoire que les jeunes apprennent comment ça marche...


Comme ce coup-ci nous abordons les navigateurs, Guillaume me donne envie de comparer les résultats de recherche sur Chrome, Safari (dont j'ai remplacé le moteur de recherche par Ecosia) et Firefox, et surtout de tester Qwant dont la particularité est de respecter notre vie privée... Résultat : il y a beaucoup moins d'occurrences que sur les trois mastodontes américains, mais les réponses sont plus justes et classées d'une manière extrêmement pertinente !

lundi 11 mars 2019

1. Géolocalisation, comment s'y retrouver ?


L'enseignement de l'informatique au lycée évolue : l'option ICN (Informatique et Création Numérique) sera bientôt remplacée par un enseignement en Sciences Numériques et Technologies (SNT) destiné à tous les élèves de seconde dès la rentrée 2019. Nous pourrions vous livrer la websérie d'un coup, mais Le son sur l'image est déjà suffisamment dense pour que je ménage votre temps en jouant là aussi le jeu du feuilleton, d'autant qu'il s'agit de vidéos conçues pour former les professeur-e-s des collèges et lycées aux mystères d'Internet.
Ainsi l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) nous a commandé 7 petits films pour leur MOOC où le candide est interprété par Guillaume Clemencin tandis que la voix du savoir est celle de Sonia Cruchon qui a également scénarisé et réalisé l'ensemble en binôme avec Sophie de Quatrebarbes. Quant à moi, j'ai eu la joie de sonoriser les animations de Mikaël Cixous et Nicolas Le Du a filmé tout cela et l'a monté.


Un MOOC (Massive Open Online Course) peut se traduire FLOT (Formation en Ligne Ouverte à Tous) ou CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif) ! Toutes ces abréviations nous offrent de quoi jongler avec quelques onomatopées dignes d'un comic strip. L'humour fait toujours mieux passer la leçon ! Alors peut-être aimerez-vous connaître la différence entre un site Internet et un site Web, ce que sont les objets connectés, en savoir plus sur la photographie numérique ou les réseaux sociaux... Et si vous le savez déjà, vous apprécierez l'exercice auquel s'est livrée notre fine équipe... Commençons par la géolocalisation pour comprendre comment fonctionne un GPS !

mercredi 21 novembre 2018

L'absurdité de Free


Kafka se tordait de rire en lisant Le Château en public, perché sur une chaise. Serai-je aussi stoïque face aux réponses de l'Assistance Free ? Suis-je une nouvelle victime de la gueguerre entre Free et Orange qui a la main sur les travaux de voirie et qui est propriétaire des armoires où sont connectées toutes les lignes ?
Il est 22h. Voilà 12h que je n'ai plus d'Internet ni de téléphone fixe. Je suis en effet passé en dégroupage total cet été. L'assistance Free me répond d'abord qu'il est impossible de réparer l'ADSL car la fibre est activée, ce qui bloque le système de dépannage de l'ADSL ! Sauf que la fibre n'est pas connectée, car un fourreau est écrasé dans le trottoir, empêchant de passer l'aiguille. Et ce depuis juillet. Les techniciens Free se succèdent, chaque fois sans ne pouvoir rien faire. Cela dépend d'Orange qui ne bronche pas, après m'avoir assuré qu'ils allaient s'en occuper dans les trois jours. Sauf que cela fait déjà plusieurs semaines. Un technicien Free suggère de passer la fibre en aérien. Je n'y vois aucun inconvénient. C'est leur problème. Le mien est de rester connecté, avec le meilleur débit si possible !
J'ai insisté auprès de Free en expliquant que je parlais à un humain et non à un robot, et que donc leur réponse kafkaïenne n'était pas recevable. Il semblerait que la remarque ait porté ses fruits. Du moins, on verra demain si Free me rappelle ou m'empêche de travailler en m'isolant médiatiquement, et pour combien de temps ?

FREE SUITE : Free répond qu'ils ne peuvent pas réparer l'ADSL si la fibre est activée. Le problème c'est que la fibre n'arrive pas jusque chez moi ! Donc plus d'Internet, plus de téléphone fixe jusqu'à ce que le duo infernal Free/Orange trouve un moyen de raccorder la fibre. Or cela fait 125 jours que ce problème n'est pas réglé, et le prochain rendez-vous est dans une semaine, où ils constateront une fois de plus que le fourreau est écrasé dans le trottoir... L'HORREUR ! J'ai envoyé à tous hasards une lettre de réclamation en A.R.