Jean-Jacques Birgé

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jeudi 19 février 2015

Le distributeur automatique et le stade du miroir


Ce n'est qu'en agrandissant la photo que j'ai remarqué les graines en file indienne dans le bec du geai. Les oiseaux revenus en nombre depuis que nous leur avons disposé à béqueter boudent les boules de graisse et font une razzia sur les graines. Il suffit que je lève le nez de mon ordinateur, ils sont dans ma ligne de mire. À l'affût, j'ai posé mon appareil-photo à côté de moi. D'autant que je suis tout de même à six mètres de l'écuelle derrière la porte-fenêtre. Je pourrais passer des heures à regarder les mésanges et les merles dans le jardin...


Justement, en ce qui concerne la mésange qui voulait traverser le miroir je suis sidéré de constater qu'elle ne s'y cassait pas le bec, mais qu'elle se prêtait à un jeu incroyable ! Toutes les dix minutes elle revient s'amuser de son reflet et fait des sauts en élastique devant la glace posée au fond du jardin. Est-elle curieuse ou facétieuse ? L'un n'empêche pas l'autre. Aux dernières nouvelles, elle a ramené un copain ou une copine, et chacun chacune à son tour glisse sur la surface argentée...

mardi 27 janvier 2015

Lire, c'est dans la poche


Françoise m'a offert une liseuse en espérant probablement me pousser à me reposer. Je ne lis de romans qu'en vacances. Le reste de l'année je suis devant les écrans de mes ordinateurs et je ne m'allonge qu'avec des journaux, des revues ou des modes d'emploi. Le soir j'ai besoin de focaliser loin devant moi, ce à quoi la projection sur le mur répond parfaitement, mon goût pour le cinématographe s'en trouvant conforté. L'objet qui ne pèse que 170 grammes peut contenir plus de livres que je n'en lirai peut-être encore dans ma vie, ce qui va soulager considérablement les bagages des futures vacances. Un léger éclairage arrière augmente le contraste, permettant de lire de jour comme de nuit. En plus on peut choisir sa police de caractères et sa taille. Aux incrédules je dirai que c'est comme lire un livre de poche hyper léger. Une simple pression sur les boutons cachés sous les doigts tourne les pages dans un sens ou l'autre. J'ai demandé conseil à mon ami Jean-Pierre Mabille qui a validé mes observations. D'abord le choix du PocketBook Sense, parfait j'en conviens. Ensuite ne pas coller la couverture, accessoirement signée Kenzo, pour ne protéger l'objet que lorsqu'il risque des rayures ou des coups. On tient mieux la liseuse libérée de son enveloppe. Pas nécessaire non plus de gaver la bibliothèque de littérature, à moins de partir pour un voyage autour du monde. Jean-Pierre me suggère de télécharger le widget gratuit Hiddenfiles pour faire apparaître les fichiers cachés et ajouter la police gratuite GillSans sans empattements dans les préférences de la liseuse. Je ne me sers pas du wi-fi, préférant gérer ma bibliothèque sur le Mac, relié en USB avec un cordon. Les autres applications fournies avec l'appareil me semblent également inutiles, d'autant que j'ai souvent avec moi un iPad ou à défaut un iPhone... Et puis j'ai lu. Le PocketBook est si petit qu'il tient dans une poche révolver, déconseillée si vous comptez vous asseoir, ou à la place d'un porte-feuilles. Comme les appareils que l'on n'hésite plus à emporter avec soi, pourquoi se priver du recueillement de la lecture dans les transports en commun ou je ne sais où. Elle est moins encombrante que le moindre journal et mieux nourrie, sans aucun doute...

J'ai essuyé les plâtres avec Maupassant et suis passé à Houellebecq, me méfiant de tout ce que l'on raconte sur l'écrivain provocateur. J'avais envie de savoir, surtout en cette période où la plupart des médias étouffent la réflexion sous un afflux émotionnel. Je ne peux pas m'empêcher de penser que la surenchère sensationnelle est essentiellement destinée à enterrer autant que possible la lutte des classes. Monter les communautés les unes contre les autres ou faire la guerre sert en général les intérêts économiques des puissants. On s'est par exemple débarrassé de notre paysannerie avec la première guerre mondiale comme on pousse aujourd'hui les inexploitables à s'entretuer en Afrique. C'est rentable pour les marchands de canons qui ont tous par ailleurs investi dans la presse et pour les dictateurs en herbe qui se font les dents avec des lois sécuritaires. Les autres profiteurs se contentent des rentes du pétrole ou des minerais précieux, du cacao ou des céréales, et surtout de la spéculation. On y reviendra, car je m'égare. Soumission n'est pas le roman le mieux écrit de son auteur, mais il conserve l'humour grinçant qui a fait son succès. J'ai été surpris de ne pas trouver d'islamophobie dans ce récit de politique-fiction. L'idée du bouquin est même plutôt marrante si nous ne vivions dans un climat rance où les musulmans sont désignés comme des envahisseurs sanguinaires par les mabouls et les vicieux. Le roman de Michel Houellebecq, avec qui j'ai enregistré deux CD en 1996, est pourtant insupportable, mais sous l'angle d'une misogynie insistante, montrant à quel point le narrateur n'a pas réglé les problèmes avec sa môman. Maintenant cela se lit facilement dans le métro, surtout si on a la chance de posséder une liseuse comme la mienne, dont le prix équivaut à sept romans en édition bourgeoise ou a une quinzaine en poche. Il existe ensuite quantité de livres gratuits passés dans le domaine public, ce qui explique l'actuel regain d'intérêt pour de très grands écrivains comme Zola, Maupassant, Flaubert, Balzac et d'autres.

jeudi 30 octobre 2014

Le casse-noix céleste


Il est terrible le petit bruit de l'œuf cassé devant sur la terrasse, il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l'oiseau qui a faim, envolé quand je me suis approché. J'ai d'abord pensé au son d'une coquille qui éclate et s'effrite. D'autant qu'en m'entendant le volatile a pris ses ailes à son cou. Aucune trace de jaune : pourquoi aurait-il lâché sa future progéniture ? Cela ne tient pas. C'est une noix qu'il a laissé tomber pour la décortiquer. Je me suis souvenu de tout ce qui traîne là-haut, sur le toit. Sur les tuiles rouges on trouve des os de poulet et de mouton, des petits cailloux, des bouts de bois... Les oiseaux jettent leurs larcins depuis le ciel pour prendre ce qu'il y a de meilleur à l'intérieur. Une noix, qu'est-ce qu'on y voit quand elle est ouverte ? Ils font des expériences, certains aspirent la moelle, d'autres préfèrent les graines. De temps en temps ils se mélangent les pinceaux en choisissant des pierres. Les plus grosses pourraient être dangereuses si elles vous atterrissaient sur la tête. Je leur ai donné un coup de main en extrayant les cerneaux. Mais tandis que je tape ces lignes j'entends le son froissé d'une nouvelle tentative. On connaissait les pluies d'insectes et de grenouilles, faut-il s'habituer au grain des noix ?

mardi 7 octobre 2014

Harcèlement téléphonique


Dans mon lit, dans mon bain, à mon bureau, au studio, plus souvent à l'heure des repas, les paltoquets sévissent. Les appels commerciaux se multiplient sur ma ligne fixe. Le téléphone sonne plusieurs fois par jour : soit l'interlocuteur robotique raccroche lorsque je me saisis du combiné, soit une voix idiote me demande si je suis bien Madame Birje. Sous couvert d'études, d'enquêtes, ou explicitement promotionnelle, la publicité envahit notre espace intime sans que nous puissions apposer l'auto-collant "Pas de pub" sur notre boîte aux lettres. Les spams ne suffisaient pas, les centres d'appel délocalisés ont passé la vitesse supérieure. Les usages ont-ils changé ou est-ce un signe de la crise économique que le capitalisme nous fait subir pour nous saigner un peu plus ?
Comment faire pour ne pas répondre à cette intrusion odieuse ? La solution la plus directe est de leur raccrocher au nez aussitôt l'ambiance "central téléphonique" détectée au bout du fil, avant qu'ils n'aient eu le temps d'ouvrir la bouche. La seconde consiste à se sentir obligé d'être bien élevé en leur expliquant que l'on ne répond à aucune sollicitation au téléphone et de leur souhaiter bon courage. Certains insistent, on leur coupera la chique illico. Mais qui sont donc les salopards qui ont vendu mon nom à une officine néo-libérale ? France Telecom ? L'annuaire ? Quel fournisseur a enfreint mes consignes ? J'ai inscrit mon numéro sur Pacitel, sans succès. Free propose un filtrage des appels entrants (encore faut-il avoir accès au numéro intempestif) et un rejet des appels anonymes (mais certains de mes interlocuteurs professionnels cachent leur numéro pour de bonnes raisons !). La CNIL donne d'autres solutions que je vous suggère de tester.
Ne pouvant me permettre de ne pas décrocher pour des raisons professionnelles et domestiques je suis condamné à être de plus en plus expéditif. Je pense que dorénavant, je hurlerai (à la troisième personne du singulier) que je suis mort et raccrocherai aussitôt.

mardi 16 septembre 2014

Chaises à vendre


Après le vol de nos chaises de jardin cet été il fallait en retrouver qui nous plaisent à tous les deux. Pas question d'aller dans une grande surface nous acheter des trucs neufs, moches ou chers. Françoise voulait de l'antique, des fauteuils avec une âme, de ceux qui ont connu du monde, histoire de fesses, de jupes et de pantalons, du confortable à qui offrir une nouvelle vie. Nous trouvâmes notre bonheur chez un brocanteur spécialisé en mobilier de café sur le conseil de Raymond Sarti qui s'y fournit pour certains décors de théâtre. Du solide osier tressé de chez Drucker pour une bouchée de pain, les antiquités n'étant heureusement pas au prix du neuf ! Étroits, ils tiennent merveilleusement le dos avec des accoudoirs discrets pour reposer les bras. Comme on ne peut pas tout garder nous mettons nos autres chaises sur LeBonCoin.


Les six chaises pliantes en fer forgé n'ont pas toutes la même forme. Nous mettons en ligne trois photos comme il est stipulé sur le site.


Mais ce n'est pas tout, ce n'est pas tout. Nous en profitons pour exhumer du garage cinq fauteuils empilables. Encore du métal, mais or et argent, inox et je ne sais quoi, alors que les chaises avaient été peintes en noir.


LeBonCoin n'est pas seulement une manière de faire des affaires en achetant ou vendant du matériel d'occasion. Plutôt que jeter on recycle. Plutôt que dépenser des fortunes pour des objets éphémères on fait circuler des histoires. Sur une plage des messages s'échouent. Savons-nous ce que les souvenirs vont devenir ? Ces rencontres marchandes sont souvent charmantes. Toutes les parties sont contentes. On ne saura pourtant jamais ce que seront devenus ceux que l'on a aimés.

lundi 14 juillet 2014

Parades


À 4h34 j'ai momentanément résolu mon problème de sommeil. Après avoir allumé ma lampe de chevet je l'ai écrasé avec le doigt. Ensuite j'ai nettoyé la tâche rouge sur le mur blanc. Couverte de petites bosselettes l'aine gauche me démangeait encore, mais je me suis rendormi, rassuré. Le lendemain il était 7h37. Plus besoin d'allumer, il faisait jour et mon coude me grattait terriblement. Je suis allé chercher la tapette à mouches que Christiane avait eu la délicatesse de glisser dans le tiroir de la commode. La veille au soir j'avais raté le culicidae posé sur le clavier de mon ordi. Après ce second crime je me suis demandé si je ne devrais pas acquérir cette arme diabolique qui rallonge mon bras pour surprendre l'animal. Il m'est impossible de dormir en sa présence. Le bzzz qui résonne près de mon oreille provoque en moi une danse de Saint-Gui que seule l'approche du meurtre peut calmer. Si je finis par comprendre que ma respiration asthmatéiforme vrombit comme les ailes de la femelle en pleine parade nuptiale, il n'empêche que mon dioxyde de carbone l'attire redoutablement vers mon AB+. Me concentrant sur les surfaces claires je scrute la moindre tâche noire. Le calme succède à la tempête. La victoire me permettra de me rendormir. Je déteste tuer des bêtes, mais les moustiques qui me tournent autour sont incompatibles avec ma propre existence. Je tente toujours de les éloigner avec un répulsif, mais ils reviennent à la charge lorsque je baisse ma garde. Il paraît que les femelles sont particulièrement sensibles à la chair dont le propriétaire a consommé du fromage ou de la bière !


Michel m'en avait offert un verre après la Parade qui clôturait cette semaine de représentations au Théâtre antique d'Arles et dont il a dessiné l'affiche. La pleine lune éclairait Le Syndicat du Chrome au milieu des ruines. L'hommage à Lucien Clergue avait été particulièrement émouvant. Le souvenir de Bernard refaisait surface brusquement ; déjà un an. Le succès des Nuits des Rencontres de cette année gomme la fatigue qui m'assaille. J'avais choisi pas mal des musiques qui accompagnent les projections, avais traité quantité de fichiers imparfaits, choisi les musiciens qui interviennent en direct, joué le porte-paroles des intermittents et sonorisé l'exposition sur les monuments aux morts... Combien de fois ai-je arpenté les mêmes rues, dévoré les expos, cherché un resto correct, corrigé mes articles avant ou après parution ?


Le dernier son enregistré dans ma chambre d'hôte fut le premier diffusé, il accompagnait la photo de groupe de l'équipe des Rencontres. Reconnaîtrez-vous ces zombies dirigés par Joan Fontcuberta ? Le glissando de cordes menaçant se termine par un coup réverbéré tandis que la prise de vue sort du noir. Suit la sélection des meilleurs moments des douze années de la direction de François Hébel montrant la diversité des spectacles mis en forme par Coïncidence. L'humour y rivalise avec la passion. Sam Stourdzé, nouveau directeur dès la prochaine édition, imprimera à son tour sa marque sur les Rencontres qui nous réserveront d'autres surprises. Quant à moi je n'aspire aujourd'hui qu'à me reposer, si les moustiques me fichent la paix !

lundi 12 mai 2014

Mac Migration


Le combat est pénible, mais je ne doute pas de la victoire. Colossale épreuve que d'acquérir un nouvel ordinateur avec la nécessité de retrouver informations et applications sur un outil tout neuf et survitaminé. Après sept ans de bons et loyaux services mon MacBook Pro exige depuis quelque temps des réparations systématiques du disque dur. J'aurais pu le remplacer, mais lors des concerts je suis embarrassé par la lenteur du processeur. Le disque SSD du petit nouveau accélère la vitesse de chargement de 4 à 10 fois. Comme il était hors de question de me coltiner l'absurdité de Mavericks, système 10.9 livré d'office par Apple, on m'a proposé une bête de concours puissante "reconditionnée", les célèbres "refurbished", appareils d'exposition ou retours quasi neufs, équipée d'un Mountain Lion, soit 10.8. Les mises à jour sont fastidieuses, mais peu d'incompatibilités parmi les logiciels que j'emploie quotidiennement. Préférant réinstaller de zéro ce dont j'ai réellement besoin plutôt que recopier les 470 Go de l'ancien l'opération dure plusieurs jours.
J'ai collé sur le capot le même sticker d'Ella et Pitr où une petite bonne femme combat le monstre, manière de camoufler la pomme qui s'éclaire lorsque je suis en scène. J'ai fait attention de ne pas coller la boxeuse dans la pomme, on aurait pu croire qu'Apple combattait le monstre. Il ne faut pas se tromper d'ennemi, bien qu'il faille composer avec.
J'ai dû me fendre en plus d'un petit graveur DVD indépendant puisqu'il a disparu de la machine, un disque dur rapide en USB3 et trois adaptateurs (FireWire, VGA, HDMI). Les applications sont presque toutes opérationnelles maintenant, les documents persos ne posent évidemment aucun problème, mais je ne sais pas où trouver les mails sur l'ancien ordi pour les récupérer, ni comment gérer mes milliers de photographies pour ne pas encombrer le disque dur avec tout sur iPhoto. Après quelques coups de fil à diverses hotlines je suis proche de la victoire. Elle sera très relative, car la totalité des œuvres que nous avons créées avec Director, les CD-Roms, ne fonctionnent plus avec le nouveau système, un scandale ! Le patrimoine disparaît à moins de trouver un émulateur qui les fasse marcher correctement. N'ayant plus accès à Alphabet, Somnambules, FluxTune, FlyingPuppet, etc., je suis obligé de conserver le vieux portable qui va rejoindre dans les archives un iBook blanc qui autorise la lecture des CD-Roms en OS 9. Heureusement Machiavel fonctionne toujours car son projecteur a été recompilé avec Director 11.5 !
J'ai cru vaincre la bête, alors que l'ère de l'informatique marquera certainement un trou de mémoire colossal dans l'histoire de l'humanité.

mercredi 7 mai 2014

Istanbul Market


Je suis toujours curieux de cuisines exotiques qui me font voyager par le goût et l'odorat. Ainsi, lorsque mes amis m'ont prévenu qu'ils partaient faire leurs courses au supermarché turc de Noisy-le-Sec je n'ai fait ni une ni deux, sautant dans mes chaussures pour les rejoindre illico presto. Armagan avait plusieurs fois évoqué Istanbul Market en apportant loukoums, keftas, gâteaux de semoule et petits plats qu'elle avait concoctés elle-même avec des épices succulentes. Bien entendu elle trouve que ce n'est jamais aussi bon que dans son pays, mais elle retrouve les saveurs de son enfance dans les rayons du magasin situé au 150 rue de Paris. Vous allez tout droit depuis la Porte de Pantin et lorsque vous voyez l'A86 surplomber la route vous êtes arrivés ! Pour moi c'est Topkapi et le grand bazar réunis. Je parcours les rayons comestibles comme si je visitais un musée où l'on peut toucher et emporter chez soi les œuvres exposées. Mon panier est juste assez grand pour contenir loukoums à la pistache, bonbons de sucre coton, mûres du framboisier séchées, légumes au sel, prunes crues à mélanger à la salade, fromage de yoghourt au thym, huile d'olive, etc. Pour m'achever nous nous arrêtons au retour à la pâtisserie du Sérail au 165 avenue Jean Lolive à Pantin. Leurs blaklavas aux noix ou à la pistache qui dégoulinent de sirop de sucre égratignent délicieusement mon régime !

lundi 24 mars 2014

Les chats préfèrent les terrains vierges


Un billet félin avant de reprendre les hostilités ;-)
Comme tout le monde j'ai remarqué que les chats étaient attirés par celles et ceux qui ne les aiment pas, ou qui prétendent du moins ne pas les aimer. Automatiquement les minets vont s'y frotter. L'explication me semble simple. Nos bestioles préfèrent les terrains vierges, car elles peuvent y déposer leurs odeurs sans être perturbées par celles de leurs congénères. Bien que nous fassions semblant de croire qu'il s'agit de câlins, les glandes sudoripares apocrines situées sur le menton, les tempes et la racine de la queue lui permettent de marquer son territoire. Toute incursion le pousse à l'étendre pour ne pas être gêné par des odeurs qui ne sont les siennes. Ce n'est donc nulle infidélité, ni bêtise, mais une manière discrète de s'imposer. Ces mammifères ayant su domestiquer l'homme à son insu, ils profitent, en plus des massages, du gîte et du couvert, où, quand et comme ils veulent. La moindre contrariété peut leur faire avoir un comportement odieux qui n'est que le reflet de leurs angoisses. On peut ne pas apprécier, mais qui sommes-nous pour leur donner des leçons de maintien ? Vivre dans le même habitacle que ces félins nous permet un recul critique de nos us et coutumes que l'analyse comparative procure avec une certaine tendresse.

vendredi 28 février 2014

Les mails à la poubelle


Les mails sont devenus si nombreux qu'ils ne sont plus un moyen certain d'atteindre leurs destinataires. J'en ai récemment fait la pénible expérience en participant à la promotion de mon nouveau roman USA 1968 deux enfants conçu exclusivement pour iPad. Pour ne pas succomber à la paranoïa parce que la majorité des journalistes, à qui Les inéditeurs proposaient un code-promo en vue de télécharger gratuitement l'application, ne répondaient pas, nous avons eu recours au logiciel MailChimp. Il permet de savoir si le destinataire d'un courriel l'a ouvert, a cliqué sur le lien, et si oui quand ? Résultat : la grande majorité l'avaient zappé sans l'ouvrir, son expéditeur leur étant inconnu parmi les centaines de mails reçus ce jour-là. J'ai moi-même plusieurs fois retrouvé un message capital dans la boîte des indésirables ou glissé distraitement dans ma poubelle. Une solution consiste à prévenir l'intéressé qu'un courriel va suivre, mais encore faut-il avoir son numéro de portable. L'annuaire qui compilait les numéros fixes n'est plus d'aucune aide. Seul le réseau des connaissances peut nous sauver, mais là réside l'inégalité entre les individus ! Contrairement au monde anglo-saxon ouvert à l'inconnu, la société française n'a d'oreille que pour celles et ceux qui lui sont recommandés. Cette barrière explique que les "fils et filles de" sont mieux lotis que d'autres. On pourra toujours tenté de faire ami-ami sur FaceBook, tâté du réseau professionnel LinkedIn, mais en l'absence de recommandation ou de notoriété on risque fort de prêcher dans le désert. C'est rageant car quantité d'œuvres ne pourront atteindre leur cible. Leur public existe, mais le contact ne se fait pas.
J'en suis venu à me demander si je n'allais pas revenir au courrier postal, mais une journaliste de Libé me répond que là aussi elle croule sous la pile des lettres timbrées. À une époque j'envoyais une carte postale de L'origine du monde de Courbet pour obtenir à coup sûr une réponse, l'image choc attirant l'attention.
En définitive il n'y a que le téléphone ou le contact direct qui soient aujourd'hui véritablement efficaces. D'où l'importance du réseautage. Cela explique les adhésions opportunistes à un parti, une loge, une communauté, une famille, une église, une école, une association, et point de salut pour les ours et les indépendants ! Tout est cloisonné. La curiosité n'est pas motrice. À l'heure d'Internet on se rend compte que rien n'a vraiment changé. L'absurdité règne toujours en maître. Notre vieux monde ne fonctionne que sur ses acquis alors que l'inconnu est le sang neuf dont toute société a besoin pour évoluer et se réinventer sans cesse.

mardi 14 janvier 2014

La respiration continue


Sur le site assezvu.com Francis Gorgé a compilé des textes et croquis de Bernard Vitet sur la respiration continue, également appelée respiration circulaire ou souffle continu. Vous pouvez éventuellement sauter à la troisième partie qui l'aborde directement, mais la logique veut que son explication soit précédée de la respiration oxygénatoire et de la respiration sonore.
En 1976 comme je m'extasiais devant la prouesse technique Bernard me promit que je pourrai y arriver en cinq minutes ! Il utilisa la technique de la paille dans un verre d'eau, mais j'assimilais encore mieux le fait de souffler l'air que j'avais stocké dans les joues tandis que j'inspirais par le nez. À mon tour je démystifiai souvent ce que l'Ircam appelait alors l'aspirotechnie en faisant des démonstrations à mes camarades. Je me souviens l'avoir ainsi transmise à Antonin-Tri Hoang lorsqu'il était tout jeune. Sa maîtrise exige ensuite une bonne pratique, mais les bases sont aisées à acquérir.
Plutôt qu'un exercice virtuose stérile la respiration continue permet de ne pas inféoder la longueur de sa phrase musicale à sa respiration. Il est ainsi facile de terminer une phrase, même lorsque l'on n'a plus d'air dans les poumons.
Un article de Wikipédia livre une définition basique et Heddy Boubaker aborde les instruments cas par cas, mais la remarquable étude de Bernard Vitet comblera les musiciens les plus curieux.

lundi 6 janvier 2014

Scotch prend des cours de cuisine

...
Françoise critiquant mes achats en ligne de croquettes bio et s'entêtant à rapporter du poisson frais à Scotch chaque dimanche au retour du marché des Lilas je lui ai offert Je cuisine pour mon chat à l'occasion du réveillon de Noël. Scotch s'en est aussitôt emparé, sautant les chapitres sur ses besoins alimentaires, son régime de sénior, les maladies causées par une mauvaise hygiène alimentaire, les substances dangereuses et filant directement à la page 84 où sont détaillés les makis verts, les sardines croustillantes, le mini-soufflé de la mer, la soupe chinoise de nouilles au canard, le parmentier de foie de morue à la purée de patates douces, la tarte à la banane, la poêlée de Saint-Jacques à la crème de courgettes et le tartare d'huître, crabe et pommes ! Scotch a beau être en pleine forme il a tout de même 11 ans et demi et je doute que cette gastronomie tardive refasse grimper aux arbres ce gros matou de 9 kilos. C'est vrai qu'il a toujours été grand pour son âge, mais il passe le plus clair de son temps à roupiller, préférant qu'on lui ouvre la porte plutôt que devoir escalader le soupirail pour sortir dans le jardin. Les recettes semblent plutôt avoir été conçues par un trio de fines gastronomes souhaitant partager leur pitance avec leurs animaux de compagnie. En tout cas, elles mettent l'eau à la bouche. Justement laissez toujours de l'eau fraîche à votre chat, car l'alcool est proscrit, comme d'ailleurs le chocolat (poison accumulatif), le café, l'oignon cru, les raisins, l'avocat, l'éthylène glycol... Le livre paru chez Anagramme est illustré de jolies frimousses et évidemment des plats que vous aurez eu la patience de préparer et de ne pas dévorer entièrement avant que le maître des lieux n'ait eu le temps de dire ouf ou miaou !

jeudi 26 décembre 2013

Un téléphone au chaud


Vais-je avoir l'air d'un fou, d'un geek ou les deux à la fois ? Dans le passé lorsque l'on croisait dans la rue un individu parlant tout seul on savait à quoi s'en tenir. Avec les téléphones portables munis d'écouteurs discrets on en a pris l'habitude et les soliloqueurs peuvent se promener en toute quiétude sans attirer l'attention. Quant à mon goût prononcé pour les jouets technologiques dont j'ai souvent fait mes outils, je n'empêcherai jamais les moqueries affectueuses de celles ou ceux qui finiront par y venir un jour au l'autre. Résister au progrès est une saine attitude que je ne pourrai jamais critiquer. Enfourchant donc ma bicyclette par climat hivernal je conjuguerai mon époque à tous les temps en répondant au téléphone sans me geler les mains ou ratant la communication pour avoir été fouiller désespérément dans laquelle de mes poches. Ce cadeau de Noël offert par ma sœur et son époux n'arrangera pas l'image que l'on se fait parfois de moi ! Le micro est caché au bout de l'auriculaire, l'écouteur dans le pouce et les commandes sont disposées au poignet. De plus les doigts de l'autre main sont conducteurs pour pouvoir toucher l'écran de mon smartphone en les laissant au chaud. Contrairement au faux portable des débuts le gant Blutooth singe les usages tout en les préservant. On aura vraiment tout vu ! Mais pas tout entendu : si l'écouteur fonctionne bien, le micro laisse bigrement à désirer...

jeudi 19 décembre 2013

Mutations florales


Comment se fait-il que le jardin soit toujours en fleurs à Noël ? Jaunes, violettes, blanches, multicolores... Même celles de la passion ne se sont pas éteintes ! Réchauffement climatique ou tripatouillages génétiques ? Aurions-nous la main verte ou la musique adoucit les fleurs ? Nous leur chantons maint refrain quand le matin revient. Les feuilles mortes qu'on ramasse à la pelle ont fini par dégringoler, mais le reste s'épanouit quelle que soit la météo. Je n'écris pas depuis la Côte d'Azur ou Zanzibar, puisque la scène se passe à Paris, je te dis. On ne va pas se plaindre, mais je m'étonne. J'ai rentré les grasses qui minaudaient dans un coin, coupé les bambous secs histoire de laisser passer un peu de lumière dans leur forêt inextricable, élagué l'églantier qui m'avait valu une dénonciation à la mairie parce qu'il débordait trop sur la rue... Son parapluie plaisait pourtant aux passants qui s'abritaient lors des grosses averses et aux merles qui se repaissent de ses baies de poil à gratter. Les oiseaux me ravissent. Il suffit d'une mésange ou d'un rouge-gorge quand j'ouvre les volets pour que ma journée soit ensoleillée même sous un édredon de nuages. Qu'il vente, pleuve, grêle ou neige, le jardin réfléchit nos émotions.

jeudi 5 décembre 2013

Plus je dépense, plus je gagne


Depuis 1975 je suis scrupuleusement le conseil glané dans l'autobiographie de Jean Marais qui y prétend "plus je dépense plus je gagne". Il ne s'agit pas de jeter l'argent par les fenêtres, mais de gérer habilement les flux migratoires. Pour commencer, l'argent n'est pas fait pour être thésaurisé mais pour circuler. L'exercice tient évidemment de la marche sur le fil et ne prend chez moi son sens qu'en période de trouble. Il s'agit de créer un vide soudain sur son compte bancaire pour qu'un appel d'air produise miraculeusement une rentrée inespérée. Comme il faut pouvoir gérer le danger, cela ne peut pas fonctionner si l'on est aux abois, déjà dans le rouge. Voilà quarante ans que ce système marche pour moi, même s'il fut des temps où l'exercice était des plus périlleux. Il exige que ses pratiquants soient de bons gestionnaires, capables d'envisager les enjeux. Je me souviens avoir fait frémir ma compagne en allant acheter une télé lors de l'une des ces périodes angoissantes. Le lendemain, aucun résultat ne se faisant sentir, je retournai acquérir un lecteur VHS. Bingo ! Un gros contrat tomba aussi sec, validant ce sport dangereux.
Il me semble que c'est avant tout une question d'action, de mouvement volontaire, d'agitation nécessaire. Je pourrais comparer cela à la recherche de travail. Fut un temps où j'envoyais régulièrement mille sollicitations par la poste. Internet n'existait pas. Heureusement que les temps ont changé ! Il fallait faire imprimer une carte remarquable avec si possible une image en couleurs, la glisser mille fois dans une enveloppe, rédiger chaque adresse à la main, coller mille timbres et lécher également le rabas de l'enveloppe, plus le coup de tampon, et direction la poste... Résultat des courses : aucune réponse. Mais quelques jours plus tard je recevais un coup de fil me proposant une grosse affaire. Or la proposition émanait d'un quidam à qui je n'avais rien envoyé. Le constat impliquait que si je n'envoyais pas mille sollicitations la 1001ème ne se manifestait pas. Je n'ai jamais pu expliquer rationnellement cette synergie, mais la magie n'opère jamais que si l'on aide la chance à vous sourire. Ainsi, dans les périodes d'inquiétude budgétaire, j'applique le conseil de Jean Marais, certes avec la plus grande circonspection, mais confiant dans l'existence des miracles. Car fut aussi un temps où je n'avais pas de quoi m'offrir un croissant lorsque j'en avais envie...

mardi 26 novembre 2013

Mes dentistes ne disaient rien


Si les dentistes nous disaient qu'il faut évidemment se brosser les dents, aucun ne nous expliquait jamais les supplices que nous allions subir si nous ne respections pas scrupuleusement leurs conseils. Peut-être parce qu'il vient de débuter dans le métier et qu'il n'est pas encore usé, mon praticien me donne tous les détails du pourquoi et du comment je me retrouve sur son fauteuil des heures durant, la bouche ouverte à m'en décrocher la mâchoire, avec dévitalisations, implants et couronnes à la clef. Si j'avais été plus discipliné j'aurais probablement encore toutes mes dents, blanches et jolies. Comme la plaque dentaire se constitue en huit heures il insiste pour que je passe le fil dentaire fluoré (Inava) le soir avant de me laver les dents avec la brosse électrique (Oral B de Braun Professional Care 1000, l'une des moins chères des efficaces) et du dentifrice fluoré (1450 ppm minimum) que je passe déjà chaque matin. Trois secondes sur chaque dent en laissant la brosse faire le travail, trois secondes aussi sur le dessus et trois secondes à l'arrière. Il étaye sa démonstration de petits dessins et répond à toutes mes questions. Sa précision lui fait encore découvrir plusieurs caries qui avaient échappé au précédent, parti sans prévenir exercer en Bretagne.
Aujourd'hui la facture est encore plus salée que les tortures à endurer sur le fauteuil à bascule. La Sécurité Sociale considère que l'on peut vivre sans dents et les mutuelles remboursent scandaleusement peu dans ce secteur de santé. On accuse souvent les dépassement d'honoraires qui montent à trois milliards d'euros quand les bénéfices des mutuelles seraient de 25 milliards. Les miens se dissipent brutalement parce qu'aucun dentiste ne m'a jamais expliqué clairement ce que me réservait l'avenir...

vendredi 22 novembre 2013

Nems Cha Sõ


Devrais-je arrêter d'acheter des Nems pour ne pas penser à Bernard ? Il partageait ce goût pour les boulettes de porc fermenté à tel point que c'était la seule chose qui lui faisait plaisir que je lui apporte à l'hôpital. Continuer à en manger me rend triste depuis qu'il est parti. Je lui coupai en petits morceaux pour qu'il puisse les avaler alors que je n'en fais goulument qu'une bouchée. Il les accompagnait de gorgées de Coca, un drôle de médicament dont la teneur en sucre équivaudrait à du poison si consommé à haute dose. J'en bois parfois pour me réveiller ou faire passer une nausée. En France on appelle erronément Nems les pâtés impériaux alors que ce sont des Chả giò (prononcé tiaï ho), peut-être parce qu'au Nord-Vietnam on les appelle Nem rán ? Le porc fermenté est haché avec de l'ail, du sucre, du sel, du piment... Il est ensuite enveloppé dans de l'aluminium et serré dans du papier avec un élastique, puis conditionné par dix dans un petit filet. Si la date de péremption est évidemment indiquée il n'est pas rare d'y lire une date avant laquelle il est déconseillé de le consommer. Les Nems me font aujourd'hui le même effet que les photographies de mon camarade. L'émotion est trop forte. Impossible de m'habituer à sa disparition. Je me le remémore tel qu'il avait la soixantaine, en pleine forme, plutôt que le vieux monsieur à la barbe blanche des derniers temps. D'autres boiraient à sa mémoire. Chaque bouchée me rappelle les merveilleuses années où nous avons œuvré ensemble et tant de fois refait le monde.

jeudi 14 novembre 2013

Lapin aphrodisiaque


J'étais certain qu'un jour ou l'autre on y viendrait ! L'association inattendue des termes renvoie Nabaztag à nos méfaits précédents. En m'envoyant la photo qu'elle a prise lors de son passage hier à Paris, Valérie n'a pas précisé de quelle boutique il s'agissait. Il n'empêche que huîtres, gingembre, ginseng, galanga, bourrache, romarin, basilic, ail n'ont jamais rien prouvé. Certains auteurs prétendent aussi que cannelle, ciboulette et vanille stimulent le plaisir féminin tandis que les hommes ont recours à l'avoine, au céleri, au cordyceps ! Quelques mouches cantharides dorment au fond d'un tiroir depuis 1972 ! Mais un lapin ? Ou alors très chaud, à la moutarde !

vendredi 1 novembre 2013

Le Jour des Morts


Anna m'a appelé hier soir pour me montrer l'autel qu'elle avait installé dans le restaurant du Triton. Elle se souvient de son premier Jour des Morts au Mexique en 1975 où l'on invite les défunts par des offrandes comme le mole, mélange de piments et de cacao. Grâce aux photos, toute la famille y passe. Anna y a rajouté des amis musiciens disparus comme Elton Dean et Hugh Hopper ou le danseur Pierre Doucin, tous habitués de la salle lilasienne. Cette fête animiste, au croisement des traditions aztèques et de la religion chrétienne imposée par les Espagnols, avait pour but d'apaiser les âmes errantes. À partir des années 20 les gouvernements nationalistes qui avaient eu raison de la révolution de 1910 la relancèrent pour unifier le pays comme avec les films, les chansons, les livres scolaires, etc. Les vieilles recettes pour éviter les débordements sociaux fonctionnent toujours aussi bien. On danse avec les petits squelettes et l'on chante avant de raccompagner les morts le lendemain jusqu'à leurs tombes où l'on déguste avec eux le mole. Et la transe de s'emparer des mangeurs de peyotl.
Cette tradition n'est pas si éloignée d'Halloween, fête celte transformée en opération commerciale, bénéfique aux confiseurs, magasins de costumes et aux dentistes. Comment goinfrer les gamins de bonbons alors qu'aujourd'hui j'en ai douloureusement payé les frais par une séance de torture sur le fauteuil d'un arracheur de dents ? La gourmandise de mes premières années me coûte cette fois deux implants et une couronne. Mon dentiste attentionné me raconte que j'aurais pu éviter toutes ces misères, aujourd'hui grâce à une brosse à dents électrique avec dentifrice fluoré (minimum 1450 ppm) sur tête de brosse ronde matin et soir après les repas, plus du fil dentaire fluoré le soir avant la brosse à dents. Je recracherais bien les trois quarts des saloperies en sucre dont je me suis gavé enfant. Ma mâchoire est encore trop endolorie pour que je sente le goût du mole. Quant à mes morts ils vivent dans mes rêves, l'amour de l'abstraction et la permanence du souvenir étant plus forts que tous les rituels.
À propos des festivités halloweenesques j'aime beaucoup l'article de Thomas Halter dans Investig'Action sur le soft power, "une arme parmi les plus efficaces de l'arsenal diplomatico-propagandiste des grandes puissances impérialistes", manière discrète de mettre le pied dans la porte en promouvant la culture pour imposer tout le reste.

mercredi 18 septembre 2013

Messages échoués sur une plage


Hier soir j'ai ramassé sur FaceBook d'anciens messages qui ne m'étaient jamais parvenus. Elsa m'a suggéré de cliquer sur Autre sous l'icône de l'onglet Messages et des dizaines sont apparus, simplement cachés parce qu'émanant d'utilisateurs non répertoriés comme Amis. Pour revenir à la liste habituelle j'ai cliqué à nouveau sur Boîte...


Le premier provenait d'une amie de Bernard Vitet qui avait appris sa mort et me demandait une adresse, le second de la jeune femme qui avait ramassé mon porte-feuilles dans l'escalier du métro et l'avait remis au guichetier. Je m'étais aperçu de ma maladresse dans le wagon, avais galopé jusqu'à l'entrée, cassé mes lunettes dans la précipitation, convaincu le guichetier de me rendre l'objet perdu, redescendu quatre à quatre l'escalier et rejoint Françoise qui m'attendait dans le train encore à quai. Quelle suée, et quelle joie ! Étonnante impression d'avoir découvert des bouteilles rejetées par la marée après des semaines à flotter sur la Toile. Elsa me raconte que je ne suis pas le seul à ignorer cette ressource. Peut-être devrais-je explorer les bords du cadre avant que le train ne soit déjà parti ou la mer retirée ?
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