Jean-Jacques Birgé

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mardi 14 mars 2017

Manuel de survie


Didier est ressorti hilare d'un petit séjour hygiénique dans la boîte verte où se trouve un des lieux d'aisance de la maison. J'y laisse toujours de la lecture instructive comme ma collection de revues Schnock ou des fascicules publiés par la Préfecture de Police. Il était tombé sur le Manuel de survie de Joshua Piven et David Borgenicht que ma fille m'avait offert il y a longtemps pour je ne sais quel anniversaire. Elsa, connaissant les exploits sportifs de mon enfance et mon goût pour tout ce qui peut être pratique, ne pouvait pas tomber mieux.
Danseur, Didier fut particulièrement sensible à l'article Comment sauter dans un train en marche quand on se trouve sur le toit. Les auteurs conseillent de ne pas essayer de se tenir debout, de se mettre à plat ventre dans les virages ou à l'approche d'un tunnel, d'accompagner le balancement du train avec son corps, latéralement et en avant, et une fois l'échelle trouvée de descendre rapidement. Pour moi, c'était une évidence.
Il y a plus Sioux. Comment survivre à une morsure de serpent venimeux, se débarrasser d'un requin, échapper à un puma, un alligator ou des abeilles tueuses m'en apprennent long comme le bras. Comme gagner un combat à l'épée, encaisser un coup de poing, sauter d'un immeuble dans un container, faire une trachéotomie, détecter un colis piégé, faire atterrir un avion, survivre à un tremblement de terre ou à un naufrage, etc. Mais me souviendrai-je de ma lecture si mon parachute ne s'ouvre pas ou si je dois sauter dans une voiture en marche depuis une moto ? Pas question alors d'ouvrir le manuel que j'aurai précautionneusement glissé dans ma poche ! Il faut donc que j'apprenne par cœur comment démarrer une voiture sans clé de contact ou que faire si une dame accouche dans un taxi.
Il manque évidemment quantité de réponses aux questions qui risquent de se poser dans les mois à venir à l'issue du scrutin des élections présidentielles, raison pour laquelle je fais le maximum pour convaincre mes camarades de voter pour le candidat de la France Insoumise dès le premier tour.

mardi 21 février 2017

Psoas, le muscle diabolique


33. Dites 33. 33 ans depuis le premier grand cri japonais ! 33 ans de lumbago. On m'a dit que j'en avais plein le dos. J'ai changé de vie. Entre temps j'ai vu des médecins, des kinés, des ostéos, des réflexologues, des masseuses, des rebouteux, des sorcières, des acuponcteurs, des ophtalmos, des magnétiseurs, j'ai fait des radios, des IRM, de la gymnastique, du taï-chi, j'ai avalé des antalgiques, des anti-inflammatoires, des relaxants, lu des livres, fumé des pétards, changé de matelas, pris des vacances, tenté l'EMDR, je me suis allongé sur le dos... Avec le temps et mes exercices matin et soir j'ai résorbé la hernie discale, mais tous mes disques lombaires sont écrasés. On me dit pourtant que je ne fais pas le poids. J'ai maigri, me suis recoincé, regrossi, j'ai fait du yoyo, du vélo, de la marche à pied, mangé moins, mais rien n'y fait, devant la peur de la douleur je me mets en baïonnette, les jambes ne sont plus en face du tronc, rien de grave, juste impressionnant... On m'a parlé du "muscle poubelle", le psoas sur lequel viendraient se fixer les toxines à cause de la proximité des reins, mais il paraîtrait que c'est du flan. Ce serait simplement la proximité du colon. Si l'un ou l'autre s'enflamme, il y aurait contagion. Est-ce plus juste ? Je l'ignore. Le psoas part de la hanche, traverse l’abdomen et s’attache profondément sur les cinq vertèbres lombaires. Aïe ! Certains prétendent que le psoas réagit au stress émotionnel et aux peurs. Aux dernières informations, une position assise trop longue le raccourcirait et produirait cambrure et lumbago. Même origine pour le point de côté. Il faut donc l'étirer. Allongé, je laisse tomber ma jambe gauche en attrapant mon genou droit. Jusqu'ici j'avais évité les génuflexions. Je ne suis pas croyant. Peut-être que quelques prières à Cinq-lombaires auraient eu raison de ma récurrence ? Je respire, me redresse doucement, le soleil revient, maudit psoas !

lundi 30 janvier 2017

Ceci est mon sang


Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font. Ce sous-titre du livre d'Élise Thiébaut est symptomatique du style de l'ouvrage, à la fois intriguant et spirituel, brisant le tabou avec humour et précision comme l'avait fait Giulia Enders avec Le charme discret de l'intestin il y a deux ans. En effet Ceci est mon sang a tout pour devenir un best-seller. Il révèle le secret des femmes, coffre à mystères que la plupart d'entre elles ignorent, sans compter les hommes qui en parlent encore moins ! C'est pourtant l'intérêt des mâles pour le livre qui semble surprendre le plus l'auteur, et j'en fais évidemment partie. On connaissait son style acéré, son engagement politique et féministe, ses jeux de mots accrocheurs par ses précédents ouvrages ou son Blog sur Mediapart. Cette fois c'est carrément saignant ! À travers sa propre vie, ses digressions familiales, son parcours douloureux, elle aborde l'histoire révolutionnaire du cycle menstruel, de la puberté à la ménopause, en passant par le sexe, la contraception, la procréation et l'endométriose, maladie encore trop méconnue, du moins dépistée souvent très tard. Négligées, raillées, cachées, les cellules souches des règles pourraient bien être source de jouvence et d'immortalité. Comme dans toute bonne série, d'épisode en épisode, on est surpris de découvrir un monde qui n'a pas fini de faire couler... de l'encre.

→ Élise Thiébaut, Ceci est mon sang, La Découverte, 16€

mercredi 25 janvier 2017

L'ail noir


Il aura fallu quelques amis pour en arriver là. À commencer par Koonkwan qui prépare ces délicieux aulx noirs que son fils Sun Sun rapporte de Hong Kong chaque fois qu'il rend visite à ses parents. Il faut les têtes les plus grosses possibles, mais l'ail que l'on trouve là-bas n'a qu'une seule gousse, de la taille d'une châtaigne. La recette semble simple, puisqu'on les laisse cuire dans une marmite à feu très très doux et constant pendant 12 jours minimum. Un autocuiseur style rice cooker fait très bien l'affaire s'il possède la fonction "maintien au chaud". Koonkwan dépose les aulx sans eau du tout alors que Wikipédia suggère de les confire "à l'eau de mer à haute température, ou à basse température (60 à 80°) dans une enceinte humide (70 à 90 %) durant 2 à 3 semaines". Variante surprenante, d'autant que Sun Sun me raconte que son père essuie deux fois par jour l'humidité à l'intérieur du récipient. Pour éviter le contact avec le métal il place les gousses dans un petit panier de bambou. On peut aussi en empiler des couches en les séparant par du bambou tressé aux larges mailles. Après l'avoir laissé reposer il se conserve très bien. Il ne reste plus qu'à l'éplucher pour déguster ce mets divin, un véritable bonbon qui fond dans la bouche, sucré naturellement, au parfum complexe qui rend songeur. Les japonais disent qu'il a le goût d’umami, la fameuse cinquième saveur présente dans la sauce de soja.
L'ail noir qui a confit ainsi, caramélisation connue sous le nom de réaction de Maillard, est vendu très cher, entre 6 et 10 euros la gousse ! On peut le faire soi-même si l'on ne craint pas que l'odeur d'ail hyper puissante n'envahisse la maison. C'est un peu comme les fumoirs à poisson, mieux vaut le reléguer au fond du jardin... L'ail noir produit évidemment quantité de bienfaits pour la santé qu'il serait trop long d'énumérer ici. Les Chinois se passionnent toujours pour les qualités médicinales des aliments. Même si le terme est plus adapté à certains dont les bienfaits sont innombrables, j'ai l'impression que tout ce qu'on mange peut être ainsi qualifié d'alicament ! Théo prend donc en photo l'une de ces merveilles dont Sun Sun nous régale avec dans le fond Pascal qui nous avait concocté un délicieux sauté de veau et des poires au vin. Comme tous ces amis habitent sur le trottoir d'en face, c'est vous dire si nous avons de la chance, les uns et les autres, car notre logis n'est pas en reste quand nous les recevons à notre tour. Il n'empêche que les repas de Sun Sun sont chaque fois mémorables par la variété des plats qui s'accumulent et se succèdent. Si mon réfrigérateur est un frigidaire de Chinois, j'apprends néanmoins chaque fois que nous allons ensemble faire nos courses à Belleville...
De mon côté je fréquente également la rue Sainte Anne où je trouve d'excellents produits coréens ou japonais, en particulier chez ACE, moins cher que beaucoup d'autres magasins du quartier de l'Opéra. Cette semaine je suis allé faire un tour chez K-Mart pour rapporter des banchan comme la pieuvre et des calamars crus pimentés dont je raffole !

mercredi 18 janvier 2017

Tout pour la gueule !


Parmi les merveilles potagères remontées du Gers par Valérie et Christophe lors de leur visite à Paris avec leurs enfants, ils avaient choisi la plus petite de leurs citrouilles. Elle pèse tout de même 8,4kg. Françoise en fait une soupe délicieuse, comme avec leurs butternuts qu'en France on appelle doubeurres, potimarrons et patates. Nos amis nous ont tant gâtés qu'ils ont dû monter en voiture plutôt que prendre l'avion ! Leur coffre au trésor recélait d'innombrables foies gras, pâtés, boudins, confits, palombes, une caisse de vin, de l'ail... Quelles ripailles ! Après leur départ nous continuons à nous régaler de ce que Christophe a mis lui-même en conserves ou bouteilles.
Les amis que nous hébergeons régulièrement nous gâtent chaque fois. La semaine dernière nous avons dévoré les palets beurrés à la cardamome et aux amandes cuits par Sacha, la confiture de poires d'été du Jardin de Coralie, des yuzus confits en attendant d'ouvrir le café Malabar Moussoné. Olivia, qui fait souvent ses propres confitures, comme celle de prunelles, avait apporté du thé Ballade en Flandres, du chocolat et des petites meringues molles aux parfums variés. Anna rapporte du pain noir de Cologne, des thés marrants et des friandises pour les chats. Armagan vient toujours avec d'étonnantes spécialités turques qu'elle a concoctées. Ella et Loïc savent que j'adore le piment et les trucs bizarres qu'ils envoient ou rapportent de tous les coins du monde. Raymond annonce les huîtres et encore du pinard tandis que Marine avait trouvé des ténébrions au curry du Sud-Ouest. Antoine fait sauter des châtaignes. D'autres apportent un bouquet de fleurs, même si celles-ci ne se mangent pas ! Quant à Sun Sun, nous traversons la rue pour nous goinfrer de la farandole de plats chinois qu'ils cuisine pendant des heures. Le vendredi matin nous allons souvent ensemble à Belleville faire nos courses, en commençant par le magasin des Quatre saisons. Pendant qu'il termine chez Paris Store, je file à Super Tofu où les soupes, petits pâtés farcis et crêpes aux légumes salés sont délicieusement authentiques. J'alterne avec les magasins bios à Montreuil et aux Lilas, Istambul Market à Noisy-le-Sec et le portugais Primland à Romainville. Juste en face il y a un boulanger qui mérite le déplacement, sinon je m'arrête à la Gambette dans le 20e. Françoise s'occupe le plus souvent du marché des Lilas le dimanche et des rendez-vous avec l'AMAP de Bagnolet...

vendredi 13 janvier 2017

Mes guacamoles

...
Il y a dix ans j'avais eu l'idée de cuisiner les avocats de maintes façons. Ces derniers temps je me suis contenté de confectionner des guacamoles en en changeant chaque fois la composition, mais je pars évidemment des mêmes bases. Pour commencer je préfère les fruits venus d'Amérique du sud à ceux d'Europe ou du Moyen Orient. Ils sont plus gros, plus chers, mais leur noyau est beaucoup plus petit, ce qui au bout du compte les rend plus économiques, car un seul correspond à quatre des avocats que j'avais l'habitude d'acheter. De plus, ils sont souvent plus goûteux. J'ajoute forcément du citron jaune ou vert, et le plus couramment un demi oignon. Le reste est variable, selon mon inspiration et ce qu'il y a dans le réfrigérateur. Comme je n'achète plus de tomates depuis des années, j'en mets rarement. Je remplace le sel par un bouillon dashi ou certaines sauces de soja. Je varie les piments d'une fois sur l'autre, mais je les choisis plutôt verts. Quant aux herbes, cela dépend de ce que j'ai sous la main, coriandre, shizo, basilic chinois, etc. Pour atténuer l'acidité j'ai eu l'idée de toujours ajouter une cuillerée de miel, mais cette fois j'ai carrément mixé le tout avec une mangue fraîche.

mardi 3 janvier 2017

Les Sans Radio de l'Est parisien retrouvent les ondes, en numérique !


Après que Françoise m'ait offert un poste de radio numérique, j'ai remisé mon tuner FM et je profite du son limpide de mon nouveau joujou. Jusqu'à très récemment 200 000 habitants de Bagnolet, Montreuil, Paris 20e, Les Lilas, Romainville ne recevaient pas les stations diffusées par Radio France. Les émetteurs des chaînes privées situées sur le toit des Mercuriales les étouffaient, transformant les environs de la Porte de Bagnolet en Triangle des Bermudes. Après quatorze ans, la lutte des Sans Radio de l’Est parisien a porté ses fruits. Grâce à une autorisation du CSA, depuis juillet et à titre expérimental, il y a désormais moyen de (ré)écouter France Musique, France Culture, France Inter, France Infos, FIP, Radio Bleue et Le Mouv grâce à un émetteur en Radio Numérique Terrestre (DAB+), ainsi qu'une trentaine d'autres stations accessibles en RNT sur Paris. En installant son émetteur numérique en haut des tours, l’opérateur TowerCast réalise une première nationale, car nulle part ailleurs on ne peut écouter FIP ou France musique en DAB+, et cela se passe dans l'Est parisien !

Sur le Blog des Sans Radio Michel Léon explique :
La Radio numérique terrestre (RNT) est une nouvelle technologie de diffusion d’un signal audio par voie hertzienne sous forme digitalisée. Au niveau européen, la RNT se généralise : la Norvège vient d'abandonner la FM à son profit ! En France, après plusieurs expérimentations, elle est apparue à Paris, Lyon et Marseille en juin 2014, sans la plupart des grandes radios, en particulier sans celles du groupe Radio France. Mais, tout récemment, le CSA a accordé une autorisation expérimentale pour le groupe Radio France et exclusivement dans l’Est parisien. (...)
Contrairement à la radio analogique hertzienne (AM ou FM), où le son sous forme de signal électrique est transporté tel quel dans l'onde porteuse, la radio numérique envoie un son qui est d'abord numérisé, puis compressé, afin d'être transmis en optimisant la bande passante. La radio numérique terrestre (RNT), petite sœur de la télévision TNT, fonctionne sur le principe d'une fréquence allouée à la chaîne de radio (en fait à un « bloc » constitué d’une poignée de stations partageant la même fréquence au sein d’un « multiplex »), mais celle-ci est unique à l'échelle nationale. Contrainte de cette technologie, la Radio numérique terrestre nécessite, pour être réceptionnée, un équipement spécifique : un poste de radio adapté à la technologie numérique.
Le principal avantage pour l’auditeur réside dans une qualité du son améliorée par rapport à la radiodiffusion analogique (rapport signal/bruit, bande passante, et diaphonie bien meilleures, absence d'interférences entre stations par rapport à l’AM ou la FM). Le principal inconvénient (toujours pour l’auditeur) est un risque d'absence de signal (décrochage) dans les zones à réception difficile. Avec le numérique, soit le signal passe, soit il ne passe pas. En analogique, on pouvait écouter un signal dégradé. Pas en numérique. Toutefois, il est à noter qu'un signal numérique est bien moins sensible aux interférences du fait de la correction d'erreurs. À l’échelle réduite de nos quartiers, le signal est suffisamment puissant pour que le problème ne se pose pas.
L'association des Sans Radio a négocié avec la marque britannique Pure et propose plusieurs modèles de postes de radio RNT (tous captent aussi la FM). Si vous passez par l’association, vous bénéficiez d’un tarif «professionnel» (vous pouvez commander plusieurs postes).

Mon Evoke F3 est Bluetooth, contrôlable à distance avec la télécommande, mais aussi avec mes iPhone et iPad. Il permet d'écouter aussi leur contenu, à côté du numérique et de la FM, ainsi que Spotify pour ses abonnés. Il existe des modèles sur piles, et tous possèdent un haut-parleur monophonique, ou stéréophonique en plus de la sortie stéréo.

mardi 25 octobre 2016

Suivez le guide


Avant de nous envoler pour Rome je cherche évidemment des billets d'avion pas chers et un logement abordable, en fonction des dates d'Elsa qui y reprend la nouvelle version de Carmen au Teatro Olimpico avec l'Orchestra di Piazza Vittorio. Créé au Festival Les Nuits de Fourvière en 2013 avec les chœurs et cordes de l'Opéra de St Étienne, cette interprétation cosmopolite du chef-d'œuvre de Bizet avait ouvert la saison de l'Opéra de Rome dans les Thermes de Caracalla l'année suivante, pour être remanié dans une version encore plus pop l'an passé. Dans cette adaptation mariant la salsa au flamenco, la techno au chant lyrique, le blues au tango, le reggae aux sonorités arabes, indiennes et africaines, Elsa, qui tient le rôle de Micaëla, est la seule Française de cette compagnie où chaque personnage chante dans la langue de son pays. Mama Marjas qui tient le rôle titre est à l'origine une chanteuse italienne de raggamuffin, le Brésilien Evandro Dos Reis est Don José, le Tunisien Houcine Ataa est Escamillo, etc. D'autres dates sont annoncées ailleurs, mais nous profitons de cette opportunité pour retourner à Rome où ni Françoise ni moi sommes allés depuis une trentaine d'années.
Nous trouvons donc un vol Air France très bon marché grâce au site Opodo et un appartement spacieux au centre de Rome sur Airbnb pour un prix nettement inférieur à la moindre chambre d'hôtel. Certains parlent d'ubérisation, ce qui a le don de m'énerver, car le système D et les parades aux abus des grands monopoles ne sont pas pires que l'ultralibéralisme ambiant auquel ils participent à moindre niveau. Nombreuses multinationales échappent certes aux impôts locaux, mais les profits de la plupart d'entre elles s'évadent dans des paradis fiscaux avec l'appui des banques. La protection sociale des travailleurs se réduit chaque année à la peau de chagrin sans que l'on ait besoin de chercher un bouc émissaire chez Uber, analyse simpliste évitant d'évoquer le service déplorable des taxis dont 80% de la flotte parisienne appartient à G7 (le concurrent Taxis Bleus fait partie du même conglomérat !) et les conditions de travail des chauffeurs, bien pires que celles imposées par Uber. Pour aller à l'aéroport, nous emprunterons donc le système de cette compagnie dont l'application sur smartphone est remarquable, fiable et astucieuse, pour un prix défiant toute concurrence.
Il suffira ensuite de chercher les meilleurs restaurants romains sur TripAdvisor en fonction des quartiers que nous arpenterons et conformément à notre budget ! Il y a peu j'ai eu la surprise de constater des réductions de 20 à 50% lorsque l'on réserve à Paris avec l'application Lafourchette. Internet permet aux commerçants de remplir leurs hôtels et restaurants en bradant les prix au dernier moment, comme nous le pratiquions en Asie avec Agoda...

Illustration : ravioles de navet cru farcies de caille, émulsion d'escabèche et légumes au restaurant Er Occitan, Bossost, Espagne, découvert grâce à TripAdvisor.

jeudi 20 octobre 2016

Fuite de fuel


Les évènements s'enchaînent, les catastrophes se déchaînent. Bon d'accord, c'est à un petit niveau, très perso, mais j'aurais tout de même préféré faire de la musique plutôt que soulever des poids lourds et remuer ciel et terre pour trouver la panne. Lorsque l'on me demandait comment ça va, j'avais tendance à répondre que les emmerdements se suivent, mais ne se ressemblent pas. Je serais plus positif en affirmant qu'il est extraordinaire de constater comme il est difficile d'avancer dans la vie, à devoir sauter un obstacle pour affronter le suivant. Ma maman me rappelle que plaie d'argent n'est pas mortel, mais elle s'accompagne très souvent d'un marathon physiquement et psychologiquement pénible pour en venir à bout...
Ainsi, j'ai laissé s'épuiser le fuel et la chaudière s'est arrêtée, ce qui a probablement assassiné la pompe électrique, et paf, le porte-monnaie. Notre consommation de fuel fut étrangement forte pour les cinq mois passés et j'avais pourtant eu l'impression d'avoir vérifié la jauge récemment sans que cela soit alarmant. Le livreur nous a donc dépanné en urgence de 1000 litres en attendant le reste la semaine prochaine. Comme j'avais un doute sur la jauge, j'ai regardé à nouveau cinq jours plus tard. Il ne restait presque rien dans la cuve. Une odeur de mazout flottait vers la trappe qui pèse un âne mort. Je me suis fait aider pour la soulever. Le retour de fuel coulait comme un robinet, non pas dans la cuve, mais à côté, dans la terre. Est-ce le livreur qui, dans sa hâte, aurait fait tomber un bout du tuyau dans la cuve ou était-il déjà mal vissé ? En attendant de remplacer le cuivre nous l'avons donc rallongé avec un bout de plastique pour que le flux s'écoule au bon endroit. Mais nous avons perdu entre 500 et 700 litres de fuel partis dans la terre, ce qui n'est pas franchement écologique, même si c'est de là qu'il provient avant raffinage, du moins à quelques milliers de kilomètres et à quelques millions d'années.
Avec les impôts locaux exorbitants, le fuel est la dépense la plus importante de notre habitation. La maison est grande. Nous aimons avoir chaud. Ce sont donc plusieurs milliers d'euros qui partent en fumée chaque année. Si nous vivions dans le sud, nous soulagerions considérablement la note, à tous points de vue. J'y pense parfois, d'abord parce que la mer me manque à Paris, et que son niveau ne montera pas jusqu'ici de mon vivant. Je suis d'une nature impatiente.

jeudi 13 octobre 2016

Reprenez le contrôle de la ville en 50 hacks


Le graphiste et designer Geoffrey Dorne publie en édition bilingue Hacker Citizen, le guide de survie citoyen en milieu urbain, cinquante idées amusantes à réaliser soi-même pour résister à la société de contrôle qui, de plus, nous submerge de publicités et bétonne à tours de bras nos villes. Certaines sont vraiment potaches, mais d'autres sont quasiment d'utilité publique. J'avais déjà croisé des bibliothèques de rue, cabines téléphoniques désaffectées où l'on peut déposer et prendre gratuitement des bouquins, mais j'ignorais qu'il existait des prises USB dans le mobilier urbain ou de discrètes prises électriques au coin des rues. On peut confectionner des nids pour les oiseaux ou des bombes à graines pour ensemencer quantité d'espaces laissés vacants, détourner les caméras de surveillance et les affiches de publicité honteuses. Geoffrey Dorne a conçu un joli livre en illustrant chaque page où l'imagination des activistes est astucieusement sollicitée pour égayer la ville et détourner ce qu'elle a d'odieusement intrusive. Il devrait enchanter les graffeurs et les noctambules, et profiter ainsi à toute la population !



→ Geoffrey Dorne, Hacker Citizen, Tind Editions, 24,90€

lundi 10 octobre 2016

Contreplongée


Comme je n'arrive pas à m'allonger complètement sur la banquette supérieure, je fléchis légèrement les jambes en reposant mes pieds sur les barres en cèdre rouge qui peuvent à d'autres moments rendre la position assise plus confortable. Deux dossiers amovibles sont ainsi livrés avec le sauna. La tête bien posée dans l'alignement de la colonne vertébrale, je vois à travers la fenêtre isotherme le haut des frondaisons du laurier et le mur de bambous qui montent à dix mètres.
J'avais fait pousser cette haie pour bronzer nu à l'abri des regards de la barre d'immeuble située à trois cents mètres, ce qui est absurde à plus d'un point. D'abord parce que ces vingt étages sont très loin de chez nous, ensuite parce que les lofts construits depuis les cachent, enfin parce que plein sud les bambous constituent un parasol parfait qui nous prive du soleil. Ce sont les aléas ridicules de la migration bucolique d'un citadin confronté à la nature. Depuis, j'ai beaucoup appris, mais il m'arrive encore de commettre des erreurs risibles dès que je me mets à bricoler. J'incarne ainsi souvent Bouvard et Pécuchet à moi tout seul !
La position allongée sur le dos, liée à la respiration, est celle que me fait travailler mon kiné Mézières. Je souffle en creusant le ventre et en faisant descendre les côtes vers le bas sans monter les épaules et en essayant même de rapprocher mon cou de la couchette. J'ai trouvé une autre astuce pour y arriver en fléchissant les jambes : je m'allonge dans l'angle de la banquette du bas en plaçant mes jambes à l'équerre sur celle du haut, ce qui me donne plus de place en largeur pour poser les mains.
J'ai tendance à suer le matin plutôt que le soir, mais après la séance de vingt minutes il est indispensable de boire de l'eau et se reposer. Sinon j'ai profité du beau temps de samedi pour nettoyer les grands miroirs placés un peu partout dans le jardin pour renvoyer la lumière.

vendredi 30 septembre 2016

Fait suer !


Voilà, c'est fait ! Enfin, presque... J'avais dans l'idée d'installer un jacuzzi dans le fond du jardin, mais Elsa m'en a dissuadé, arguant que cela ramollissait la peau, que c'était un nid bactérien et que les produits pour l'éviter étaient toxiques. Elle vantait par contre les qualités du sauna infrarouge. Les saunas traditionnels montent à 80-100°C et chauffent l'air tandis que les infrarouges montent maximum à 65°C pour un résultat identique car ils chauffent le corps uniquement. De plus, ils ne présentent aucun inconvénient médical (cardiaque, circulation sanguine, etc.) et surtout ils ne diffusent aucune humidité, néfaste à mes histoires lombaires. Je me suis laissé convaincre, optant pour un grand sauna extérieur en promo chez Atrium-Concept. La responsable commerciale m'avait assuré que j'y tiendrai allongé, mais c'est en biais, compressé, avec les bras croisés sur la poitrine, façon Houdini ! Mes cent soixante dix centimètres ne s'y étireront confortablement qu'à condition que je fabrique une rallonge triangulaire...


Le sauna étant livré en kit, six cartons d'un total de 500 kg, je me suis évidemment fait aider. Il a d'abord fallu le descendre du camion et nous n'étions pas trop de cinq ce matin-là. Pascal a failli mourir étouffé, Sun Sun s'est coincé les cervicales, Youenn a tenu contre vents et marées ! Ruslan et moi avons ensuite suivi les différents modes d'emploi, puzzle d'informations qui mériteraient une bonne actualisation. Nicolas et Elsa sont heureusement arrivés à la rescousse pour placer le plafond qui pèse un âne mort. Mais nous n'étions pas au bout de nos peines. Nicolas avait beau avoir coupé une des ramures du laurier, il a fallu en scier deux autres hautes de dix mètres qui mettait en danger la bicoque. J'ai donc acheté une tronçonneuse dont le prix de location à la journée était pratiquement le même. On voit le ciel.


Tout semblait aller comme sur des roulettes, mais le disjoncteur sautait. Nous avons donc remplacé le fil d'une section de 2,5mm² qui s'échauffait probablement par un de 6mm². Le transfo de 40A semble supporter la puissance de 3225W des 11 convecteurs. En l'essayant le soir-même avec Françoise nous nous sommes aperçus qu'un des convecteurs restait éteint. Le lendemain je redémontais les banquettes pour comprendre que c'était le jus qui ne l'alimentait pas, puis une partie du toit pour vérifier que tout était correct là-haut également. Avant que j'acquiers l'objet j'avais des gens chaleureux, pleins de bons conseils, au téléphone, mais depuis l'achat le SAV ne répond plus que par mail... Comme je dois trouver où est le fil débranché dans la paroi du fond, un des commerciaux a fini par me rappeler. On va y arriver...


La bonne nouvelle, car il y en a une et de taille, c'est que c'est génial ! Nous en profitons 20 minutes chaque matin et chaque soir. D'ici peu j'espère avoir réglé tous les problèmes électriques. Y sont même installés d'origine un système de chromothérapie et un auto-radio ! Nous avons sué avec le Scar Joe Henry, les Variations Goldberg par Glenn Gould, Daniel Erdmann's Velvet Revolution et le coffret des Grandes Heures de la Radio commentées par Pierre Schaeffer, ceci sous ambiance monochrome rouge. J'ai ajouté une petite table ronde et un banc-coffre, une douche de jardin branchée sur le tuyau d'arrosage et remplacé les cailloux de l'allée par un caillebotis de bois. Nous n'utilisions plus le fond du jardin, depuis plus de dix ans que les feuillages avaient transformé le jardin zen en jungle impraticable. Plus rien ne poussait dans le sous-bois derrière les bambous, à l'ombre du charme et du laurier. Construire la cabane et son environnement boisé a utilement et psychologiquement doublé la surface du jardin. Nous voilà fin prêts pour affronter l'hiver.

lundi 26 septembre 2016

Finis les moustiques !


Il y a probablement des récipients ou des flaques d'eau stagnante pas loin de chez nous pour que les moustiques continuent à pulluler tout au long de l'année. Ayant déjà installé une moustiquaire au-dessus du lit de La Ciotat sur la terrasse en plein air, Anny nous a suggéré d'adopter le même système, soit un cadre en bambou fixé au-dessus de notre lit à Paris. Je conserve pieusement tous les grosses tiges coupées du jardin, mais cette fois les tuteurs portent le voile. Bon sang de bons soirs, je peux enfin dormir tranquille sans porter le deuil des culicidés qui me harcèlent, gourmands de ma viande AB+.

vendredi 22 juillet 2016

Cordon !


Le rôle des concierges a évolué avec le temps. La plupart ont été remplacé/e/s par des digicodes, interphones et sas blindés. Quand j'étais petit la concierge montait le courrier, nettoyait l'escalier, sortait les poubelles. Le postier passait deux fois par jour et on était certain d'avoir ce qu'on attendait le lendemain de son envoi. Les ascenseurs étaient relativement rares et l'on avait souvent l'impression de grimper dans une attraction de la Foire du Trône. Les éboueurs passaient tôt le matin pour ne pas encombrer les rues. J'ai tout oublié, mais je me souviens de la mère de mon copain d'enfance Paul qui nous envoyait promener tendrement et aussi de la concierge du boulevard de Ménilmontant dans les années 80. Elle vivait avec son fils dans une loge minuscule qui sert aujourd'hui de local à vélos. Elle bossait comme une folle et refusait d'être payée tant que le contentieux n'était pas réglé avec les précédents propriétaires. On se faisait souvent engueuler, mais elle était totalement dévouée à l'immeuble. L'époque où cette plaque a été posée remonte à bien plus tôt, lorsqu'on devait demander le cordon pour rentrer ou sortir de chez soi après 22h. Les locataires et propriétaires la réveillaient quelle que soit l'heure, encore qu'après minuit cela ne se faisait pas. Ce n'était évidemment pas une vie, et à la fois c'était tout de même plus humain que lorsque, par soucis d'économie, les robots ont débarqué.

vendredi 15 juillet 2016

Bon pied bon œil


Est-ce de vivre sous la grisaille de notre climat tempéré qui pousse mes congénères à s'habiller de noir ou de couleurs fades ? Quelle tradition urbanistique poursuit-on avec nos façades beigeâtres ? Combien de constructeurs automobiles osent la couleur ? Pourquoi les gammes sont-elles si étroites ? À l'étranger on croise boubous et tuniques bariolées, des maisons de toutes les couleurs et des charrettes ornées de fresques au pinceau. L'élégance occidentale voudrait qu'elle ne se remarque pas. Quel dommage ! Si l'on réside dans un périmètre où se dresse une église ou je ne sais quel monument abject nous voilà contraints à la banalité. Notre maison est heureusement orange vif avec les portails bleus que j'aurais aimés Klein. Ainsi j'aime me vêtir d'un feu d'artifices. Customiser mes tennis est chaque fois une partie de plaisir. Je choisis le modèle en magasin pour m'assurer de son confort, mes pieds taillant de plus en plus grand au fur et à mesure que je m'affaisse. En quarante ans ans je suis passé de 39 à 42,5. Loin de moi le 49.3 qui n'augure rien de bon, mais mobilisera mes arpions. Le modèle Air Zoom Pegasus 33 me permet par exemple de choisir le dessin de l'empeigne, la couleur des trois différentes parties de la semelle et des lacets, un texte ou un motif, la taille, la largeur, le renfort, etc. Quelques semaines plus tard, UPS me livre quand ça leur chante.

mardi 12 avril 2016

Énigme ornithologique


Samedi soir en sortant de chez moi je trouve un pigeon perché au-dessus de la porte d'entrée sur une branche minuscule de l'églantier. J'essaie de l'effrayer pour qu'il s'envole, mais il ne bronche pas. Françoise n'aime pas cette espèce d'oiseaux, mais j'ai autre chose à faire à cette heure-ci. C'est probablement un animal malade, attiré par les bouts de pain trempé que le voisin s'évertue à semer malgré l'interdiction de les nourrir. Dans la soirée des amis vont et viennent sous lui sans que j'y repense, mais plus tard lorsque je ferme mes volets pour regarder un film je vois le loustic toujours sur sa branche. J'y retourne, frappe des mains, secoue l'arbre, mais il a les yeux fermés, la tête pendante et j'en conclus qu'il est venu mourir là, bien accroché. Le lendemain matin lorsque j'ouvre la fenêtre il tourne la tête vers moi ! Il n'a toujours pas bougé d'un millimètre depuis la veille. Un de ses copains vient lui tenir compagnie. Il fait des sortes de génuflexions, se tassant, se relevant. Je prends la photo avant que celui-ci, à droite sur le cliché, s'envole sur une cheminée d'en face. Une minute plus tard ma palombe quitte son perchoir à son tour comme si de rien n'était. Morale de l'histoire : il n'y en a pas, mais j'aimerais bien qu'on m'explique.

lundi 21 mars 2016

Cambriolages à Bagnolet


La misère grandissante, comment éviter les cambriolages ? Dans notre quartier ils se multiplient depuis trois ou quatre ans. Ce sont des jeunes qui opèrent très rapidement, dans les pavillons de préférence ; les rez-de-chaussée sans vis-à-vis sont particulièrement ciblés. Ils cassent une vitre ou bien la porte si elle est de mauvaise facture, ils brisent le bas d'une fenêtre lorsqu'elle est en PVC et la tordent pour entrer. Ils cherchent de l'argent et des bijoux, en leur absence se rabattent sur le petit électro-ménager (appareil-photo, ordinateur, tablette, smartphone...), ils ne prennent pas le temps de tout foutre en l'air. Retournant les tiroirs, ils négligent les étagères, la cuisine, la salle de bain, etc. L'opération doit durer moins de cinq minutes. Les voleurs prennent néanmoins des risques incroyables pour un résultat le plus souvent minable, pénétrant même dans des domiciles en présence de leurs occupants. Leur heure de prédilection était jusqu'ici entre midi et 16h, mais les derniers larcins ont eu lieu le matin tôt et le soir. Les coffres des automobiles ne sont pas épargnés. La plupart du temps ce ne sont pas les objets volés, mais la mise à sac et le viol de son intimité qui sont le plus pénible. Sentiment d'insécurité produisant une paranoïa incontrôlée. Certains riverains installent des barreaux, des alarmes, des caméras. Les petits voleurs choisissent toujours les habitations les moins protégées. Il faut que ça aille vite, très vite.
Le cynisme des gouvernements européens n'arrangera rien. La corruption au plus haut sommet de l'État montre un exemple déplorable auprès de toute la population. Les plus démunis ne s'embarrassent pas toujours d'une conscience morale. Les pauvres volent aussi les pauvres. En nous enfonçant dans une crise savamment organisée, la misère ne peut que s'amplifier. D'un côté la délinquance en col blanc échappe aux Fourches Caudines de la Justice, de l'autre la prison est la meilleure école du crime. Aucune solution aux cambriolages ne paraît satisfaisante. Nous ne pouvons nous barricader comme des assiégés, ni nous reposer sur une police de proximité détruite par le pouvoir. L'État fait des économies à des postes indispensables et soutient les banques, modèles d'une escroquerie légale. Nous devons renverser le système qui crée des inégalités si flagrantes et ne propose qu'une répression inefficace face aux conséquences qu'il a engendrés. L'issue ne peut être que politique.

mardi 2 février 2016

Compost 93


Le journal de la communauté d'agglomération Est Ensemble proposait de donner le matériel de compostage contre une participation de 10 euros à condition de suivre un petit stage pour apprendre à se servir d'un compost si l'on possède un jardin. Françoise est donc allée passer deux heures au terme desquelles lui fut remis un polycopié, charge à elle d'aller récupérer à Bobigny la caisse en bois ou en plastique à monter soi-même. Elle a donc choisi le bois de la taille intermédiaire, soit 74x83cm équivalent à 400 litres. Les participants à l'opération étaient très majoritairement des femmes.
Jusqu'ici nous allions porter nos épluchures au jardin Guinguette à Bagnolet ou à celui du Pinacle géré par l'association Bagnolet Ville Fleurie où elle partage 40 m2 avec Alex. Le premier est un jardin écologique de permaculture convivial où les adhérents aiment se retrouver, par exemple le samedi midi pour déjeuner. Le second offre des surfaces permettant réellement de cultiver un petit lopin de terre, et des ruches occupent le bas du terrain.
L'utilisation de composts permet de limiter considérablement les ordures ménagères en recyclant productivement la sorte de terreau qui s'y développe, riche en humus et minéraux. Il faut alterner les couches de matières brunes (feuilles, papier journal...) et vertes (épluchures, marc de café, sachets de thé, restes alimentaires, coquilles d'œufs broyées...) et éviter poisson, viande, os et fromage pour ne pas attirer les rats ! On a gratouillé la terre avant de poser la caisse. Ensuite on retournera, aérera sans tasser les déchets, en surveillant l'humidité et la température qui peut atteindre 70°. Nous avons convié nos voisins à alimenter le nouveau compost. Rendez-vous dans quelques mois pour en apprécier le résultat !

vendredi 22 janvier 2016

Soupe cosmique contre méchant virus


Françoise, Anna et moi sortons lentement du trou noir dans lequel nous avait précipités la vilaine grippe. Notre amie allemande avait eu l'heureuse idée de concocter un congee, bouillie de riz recommandée aux malades en Asie. Facile à digérer la soupe cosmique nous a redonné l'appétit et nous a permis d'apercevoir la lumière au bout du tunnel. Nous avons fait bouillir du riz à feu doux pendant une dizaine d'heures à raison de douze mesures d'eau pour une de riz. Anna, qui fut la dernière touchée, eut le temps d'y ajouter poireaux, carottes, panais et ail coupés en petits morceaux. Elle aurait souhaité y faire cuire un peu de poulet bio, mais le magasin des Lilas ne proposait que des volailles entières. Comme j'immergeai le premier, j'assaisonnai le tout de vinaigre de riz et d'une sauce de soja aux algues kombu. Un délice ! Et en plus le congee nous redonne des forces. Comme on en a fait pour un régiment, nous en mangeons à tous les repas, remontant doucement à la surface, tandis que les brouillards de fièvre se dissipent et que les quintes de toux gutturales se raréfient au profit d'une tendre torpeur qui laisse à distance le givre qui a recouvert le paysage.

mardi 29 décembre 2015

Trois objets insolites


J'ignorais tout de l'objet central avant que Sacha Gattino me raconte sa visite chez Mora à Paris, spécialiste des ustensiles de cuisine. Il s'agit d'un toqueur à œuf "clack inox" permettant de découper de façon parfaitement nette la coquille des œufs. On couvre l'œuf avec la calotte qui est en bas de la potence et on laisse tomber la bille dessus. Manière élégante de casser un œuf cru ou de le présenter à la coque, sans émietter les bords ! J'ai trouver l'objet beaucoup moins cher sur un site Internet...
Sur lequel j'ai évidemment acheté un autre gadget, à gauche sur la photo ! Il s'agit d'un casse-noix qui évite qu'on se pince les doigts ou que l'on s'escrime contre une coque récalcitrante. C'est un peu le même principe, mais la boule surmonte cette fois un ressort. On la tire et la relâche au-dessus de la noix, l'amande ou la noisette...
Le troisième machin argenté est beaucoup plus onéreux et ne sert pas à grand chose en cuisine. J'avais un problème avec les instruments de musique virtuels, parfois extrêmement longs à charger lorsque je suis en concert. En acquérant un disque dur externe SSD, sur les conseils cette fois de Francis Gorgé, j'ai considérablement accéléré le processus. De plus, l'objet autoalimenté est de la taille d'une clé USB alors qu'il contient 1 To de données ! J'ai donc recopié les banques que j'utilise le plus souvent en concert, soit le quart de mon abondante sonothèque.
Il ne me reste plus qu'à acheter des œufs, des noix et à trouver des concerts. On achète les premiers à un monsieur de notre commune qui a des poules qui courent en liberté. Des amis nous apportent en général des noix des jardins de leurs proches. Ne faisant moi-même aucune prospection et les programmateurs n'ayant pas beaucoup d'imagination, je ne joue pas souvent en dehors du studio. Raison de plus pour noter sur vos tablettes le concert que je donnerai le 29 janvier au Triton, Les Lilas, avec Bumcello, soit Vincent Segal au violoncelle et Cyril Atef aux percussions !
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