Jean-Jacques Birgé

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mercredi 5 mars 2008

De la responsabilité des formateurs


Lors d'un workshop comme celui auquel je participe aux Beaux-Arts de Quimper, il est évidemment épuisant d'enchaîner les projets des étudiants les uns après les autres. Après l'exposé de chacun, il est indispensable d'avoir au moins une idée ou une remarque intelligente. C'est du moins l'enjeu que je me fixe chaque fois. J'essaie de comprendre, m'interdisant de juger, critiquant sans ne jamais acculer un étudiant ou une étudiante dont le travail peut sembler insuffisant ou abscons. Je me sers de tout ce que je trouve dans leur projet ou leur discours pour digresser sur des considérations plus larges qui fassent sens pour l'ensemble des présents. Chaque participation a valeur d'exemple pour tous, aussi leur demande-je d'être attentifs lors de l'énoncé de chaque travail personnel. Il est important que tous les étudiants puissent intervenir sur les exercices ou les œuvres des uns les autres, qu'ils suggèrent et s'interrogent. Je cherche moi-même à comprendre les motivations, les enjeux et la finalité de chaque projet. À la manière des petits enfants, j'égraine les pourquoi. Je me fiche des tâtonnements techniques et des maladresses. Seule m'importe l'originalité de la démarche ou plus exactement la manière dont chacun doit penser par soi-même. J'insiste aussi sur le fait que "ce qui est important n'est pas le message, mais le regard"...
La provocation n'est pas absente de mes interventions, outrepassant les raisons de ma venue, soit le rapport des sons et des images, ici l'utilisation du son dans les œuvres plastiques. Qu'est-ce qu'un artiste ? Y a-t-il toujours une souffrance en amont ? Parfois cachée, elle ne se révélera souvent qu'avec le temps. Quel modèle économique pourra permettre à ces jeunes gens de vivre de leur art lorsqu'ils seront jetés dans la vie active ? Je mets les pieds dans le plat en abordant le tabou de la technique ou de l'argent, des droits d'auteur et de la propriété... Karine et Christine réagissent au doigt et à l'œil. Ensemble, nous dessinons doucement le paysage apparemment inextricable que certains ou certaines arriveront peut-être à apprivoiser. J'aimerais être propulsé dans dix ans pour voir ce que seront devenus les plus créatifs, les atypiques, les révoltés...

dimanche 2 mars 2008

Range ta chambre !


Comme je ne regarde pas la télévision, beaucoup de choses m'échappent, certainement pas des informations primordiales, mais par exemple tout ce qui concerne la télé-réalité ou la publicité. Alors, lorsqu'Olivia me fait découvrir ces spots refusés par l'enseigne suédoise, je suis ravi de rigoler un bon coup.


Toute son enfance, je n'ai pas arrêté d'embêter ma fille en lui répétant "range ta chambre !". C'est le sujet de la campagne de publicité qu'Ikea commanda, mais ces spots furent évidemment recalés et jamais diffusés, sauf lors de magazines sur la pub tard en soirée...


Elsa a fini par apprécier les rangements... Lorsqu'elle a eu son propre appartement ! Est-ce dicté par mon comportement obsessionnel, mais j'ai tendance à penser que vivre dans un espace pas trop fouillis permet de faire le ménage dans sa tête et d'avoir les idées claires... Il y en a qui rigolent...


Ikea pense à tout. C'est une petite Suède en soi. Tout est prévu, réfléchi, pratique... Il n'y a plus la place pour la moindre fantaisie. C'est à se flinguer... La poésie est un acte de résistance.


Il ne s'agit évidemment de faire ici la pub de cette entreprise mouillée jusqu'au coup dans la collaboration avec l'Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Mais reconnaissons que ces spots interdits sont amusants et diablement efficaces.


Je sens que je vais me faire incendier.


Chez Ikea, ce n'est pas cher, mais c'est souvent de la camelote. Les objets ne sont pas d'une grande solidité, les vis ne sont pas toujours en face des trous, elles se déserrent, ça penche, ça craque, etc. Il faut vraiment faire le tri. C'est un peu comme chez Lidl. On peut faire des trouvailles formidables, mais tout le monde rique de se retrouver avec le même intérieur. En faisant les brocantes, on peut trouver moins cher, plus original, et de meilleure qualité, mais l'on n'a pas cette impression de neuf...