Jean-Jacques Birgé

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dimanche 31 mai 2009

Lire aux cabinets


Lire au cabinets est le titre d'un opuscule d'Henry Miller écrit en 1952. Prétexte à d'intéressantes réflexions sur la lecture, les cinquante pages de ce petit livre rose (ed. Allia, 6,10€) interrogent le temps que pour la plupart nous ne prenons pas. Il monte en épingle notre solitude nécessaire et le besoin de faire plusieurs choses à la fois. Certaines peuvent sembler stériles comme choisir des ouvrages sans réelle consistance pour nous accompagner dans l'expulsion de nos selles, mais lire en mangeant pose des questions du même ordre. Pour mon propre usage, je retiens essentiellement que j'aurais préféré, n'en déplaise à l'auteur, me pencher sur son ouvrage, chapitre 13 des Livres de ma vie, assis sur la rondelle plutôt que suant au soleil. Rien ne me conforte plus que de choisir le livre exact qui rime avec l'activité présente, le paysage traversé, l'humeur du moment. Nicolas emporta Les enfants de minuit dans son périple indien comme je relisais Sophocle et Platon dans les îles grecques. Il en est de même pour mes accompagnements musicaux, en voiture ou à la maison ; je choisis du rock dans les grands parcs américains, de la musique bretonne au Finistère, du rap lao à la frontière chinoise, le premier mouvement de la première symphonie de Charles Ives si je suis totalement déprimé, Dario Moreno pour un réveil musclé, etc. Il n'y a que le cinéma que j'aborde à contrepied pour briser ma journée marathon et me plonger dans un autre monde, quasi schizophrène, encourageant la passivité. Quant aux cabinets, j'alterne la lecture des magazines avant de tirer la chasse et les ficher à la poubelle et la respiration ventrale, sachant bien qu'il n'existe aucun rapport de cause à effet entre la lecture et la défécation. Leur seul point commun est une pratique exigeant détente et concentration.

dimanche 17 mai 2009

On verra bien


Il pleut. Je ne bouge pas. Plongée dans le mode d'emploi de mon nouveau compact, un petit Lumix à glisser dans la poche où que j'aille ou me promène. Là, je fais du sur place. La rotation de l'objectif de mon vieux Coolpix 4500, plus de dix ans et seulement cinq millions de pixels, me permettait de faire des photos sans avoir l'air de viser, de cadrer les autoportraits seul ou en groupe, de prendre en plongée ou contre-plongée. Tout cela me manquera cruellement, mais je découvrirai forcément d'autres pratiques. Depuis fort longtemps il manquait au Nikon quelques pixels, comme des trous d'épingle. Igor dit que j'aurais mieux fait de prendre un Olympus pour la qualité des images. Je rêvais d'un Reflex, mais il ne m'aurait pas servi à grand chose. Trop gros, je l'aurais oublié à la maison. Là j'y suis, mais ce ne sont que des tests. Il y a de drôles de commandes comme la transformation pour affiner les silhouettes ou un onglet pour animal domestique ! La reconnaissance de visage est impressionnante. La fonction "filmer" du TZ7 fait du HD stéréo, mais ce ne peut être qu'un pis aller lorsque l'on n'a pas de caméra sous la main. Mon petit enregistreur Korg MR1 dans une poche, l'appareil-photo dans l'autre, je suis certain d'avoir au moins ce dont j'ai besoin en cas d'imprévu prévisible. On verra bien.

mercredi 13 mai 2009

ON comment


Grâce à Karine, je me suis résolu à placer un filtre sur la mise en ligne des commentaires. Les messages insipides ou les insultes ne faisaient que polluer les autres. Contrairement à ce que certains prétendent, leur quantité n'est pas gage de bonne santé pour un blog. Quant à leur qualité, elle me donne le courage de continuer, même si, et heureusement, nous ne sommes pas tous et toutes forcément d'accord. Dans une discussion animée, on aiguise ses arguments, y décelant les failles et les à-peu-près. J'ai souvent raconté comment dans le Drame nous nous chamaillions souvent, mais finissions toujours par nous accorder. Il suffit de partager un projet, de vie ou de travail, pour qu'il ne soit plus question que des modalités. Encore faut-il savoir ce que l'on souhaite ! La bonne foi des bretteurs est une condition sine qua non d'un échange enrichissant...
Il n'y a donc pas grand chose de changé pour déposer un commentaire. Ayant reçu un mail m'en avertissant dans l'instant, il ne me reste plus qu'à valider sa mise en ligne. Ce délai est souvent très bref lorsque je suis devant mon écran, hélas trop souvent qu'à mon goût, et je peux même effectuer cette validation depuis mon iPhone lorsque je suis en promenade. Le système fonctionne depuis toujours avec succès, par exemple, sur les blogs de Poptronics ou d'Art et autres choses. Cette décision est aussi une petite contribution à la résorption de l'afflux d'informations qui nous étouffe et que nous alimentons. J'userai et abuserai donc de cette nouvelle fonction. Rappelons aussi aux bidouilleurs d'IP et aux schizos du pseudo que l'origine du commentaire ne trompe personne. Il est souvent difficile, et même parfois criminel, de se taire. Ne pouvant pas tout résoudre en un jour, je pratique désormais le tri sélectif, pour votre confort...

mardi 12 mai 2009

Ma main au feu


Même pas mal ! J'en ai déjà parlé, j'apprends à contrôler la douleur. Comme je ne suis pas masochiste et que je ne fais pas exprès de me faire mal, je ne peux pas tester mes théories quand ça me chante. Depuis quelques années, je travaille sur la brûlure jusqu'à non seulement ne plus la ressentir, mais ne même plus en avoir de trace. J'en étais si convaincu samedi que j'ai montré à ma compagne le mauvais endroit de ma main ! Pourtant un peu au-dessus, on voyait très bien la marque... Revenons en arrière jusqu'au grill que je touche en enfournant un poulet fumé à la mode chinoise. Ma peau ressemble alors à une viande dorée à souhait. Impressionnant. Je pose un glaçon illico sur la plaie pendant une dizaine de minutes tandis que j'étudie les sensations successives provoquées par la chaleur et le froid conjugués. J'enfile les adjectifs comme des perles sur le chapelet de mon imagination jusqu'à presque regretter de ne plus rien sentir. Quel autre secret possède le fakir qui marche sur des braises ? La brûlure finit par ressembler à celle du piment que j'affectionne plus que de raison. Je tiens l'analogie. Cela en devient agréable. La grosse sangsue rougeâtre devient un tatouage éphémère qui disparaîtra comme toutes les autres blessures. Enfin, presque toutes. J'ai sur la cuisse un coin de peau particulièrement doux qu'un bistouri dessina lorsque j'étais enfant. Comme si la leçon n'était pas suffisante, je plonge la même main dans les orties dont Françoise a besoin pour la soupe. Pas de trace cette fois, mais une anesthésie électrique et collante qui monte en pointe vers le poing. Stop. On arrête là les expériences. Aller dans le sens de la douleur, l'apprivoiser, rend ces déboires piquants et instructifs.

lundi 11 mai 2009

Lavage de cerveau


Je suis complètement débile. Heureusement j'enregistre les informations inconsciemment et je les mets en écoute régulièrement. Ce matin, en me repassant involontairement, ça fait beaucoup d'adverbes, le fil des évènements domestiques, j'ai eu un sursaut de lucidité. Il était très tôt. Pendant le rembobinage de l'affaire du lave-linge, j'ai fait un arrêt sur image et je me suis aperçu que nous avions commandé une machine à laver qui ne passerait pas les portes de la cave ! Jeudi, un acheteur d'eBay a emporté la vieille dont la courroie avait encore lâché. Nous avions conclu qu'il fallait acquérir une machine qui consomme moins, mais contient plus. Trop la charger finissait par faire claquer la courroie d'entraînement du tambour. Sauf que les portes de la cave sont de 60 centimètres de large et celle que j'ai commandée en fait minimum 69. Je me vois mal abattre la cloison à la masse. Que j'y sois suffit. D'autant que sont des murs porteurs. Aussitôt, j'envoie un courriel à Maismoinscher pour annuler ma commande passée il y a déjà quinze jours sur le site de PriceMinister ! En attendant on lave à la main et je me lamente sur mon état de fatigue qui me fait réagir avec un tel délai... Lessivé.