Jean-Jacques Birgé

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vendredi 22 septembre 2017

Quasi quasiment


En cuisine la sérenpidité naît souvent en accommodant les restes. C'est toujours lorsque nous sommes seuls que je fais mes expériences culinaires, alors que je propose plutôt des recettes éprouvées aux amis qui viennent dîner. Cette fois je cherchais une manière de cuire un quasi de veau, une viande sublime élevée dans les Vosges en biodynamie par Loïc Villemin. Après avoir fait dorer les tranches saupoudrées de cacao j'ai terminé la cuisson dans une cocotte avec un bouillon de soja au kombu, thym sauvage et piment Bhut Jolokia. Françoise retenue à l'INA par la nouvelle masterisation de Mix-Up n'a pu partager mon déjeuner que j'accompagnai de galettes de courgettes au curry. Elle insiste régulièrement pour que j'exécute ces improvisations pour nos convives, ce à quoi je me plie à l'imprévu, mais reste sage aux dates programmées. Cela explique pourquoi je préfère monter en scène sans partition, non sans préparation. L'improvisation me transforme en funambule, perdant et retrouvant sans cesse l'équilibre pour ne pas tomber du fil. Le terme somnambule aurait pu aussi bien convenir tant l'inspiration est d'ordre et désordre poétiques, les épices et les rimes procédant de la même énigme...

jeudi 21 septembre 2017

Bas les pattes !


Les amoureux des chats me comprendront. D'autres me trouvent excessivement inquiet lorsqu'une de nos petites bêtes ne rentre pas de la nuit, jusqu'à penser que nous sommes obnubilés comme de vieux gâteux. L'accident d'Ulysse nous a passablement traumatisés. Certains amis empêchent leur chat de sortir la nuit, mais qu'est-ce qu'une vie de chat sans balades nocturnes ? Même lorsqu'il était à la campagne, Bernard cloîtrait totalement les siens de peur qu'il leur arrive quoi que ce soit. Nous avons changé de vétérinaire parce que l'ancien nous taxait de laxisme inconscient alors que la nouvelle nous sourit en disant que c'est juste un vrai chat. C'est tout de même idiot d'entretenir une litière lorsqu'on a un jardin, et ceux des voisins !
À l'approche d'Oulala et de ses deux petits, Django gronda bizarrement le matin précédent. Il a filé par le toit du garage, et quand il est rentré le soir il boitait. J'ai bien vu qu'il tenait sa patte avant droite en l'air, mais il ne s'est pas laissé approcher, disparaissant pendant deux jours. Il a fini par revenir, mais le coude avait encore enflé. Coup de griffe ou morsure d'un loubard du quartier, Django était bon pour la piqûre et les antibios. Il a heureusement repris ses gros câlins. Dès que les médicaments ont commencé à résorber l'abcès, il a demandé à sortir. Nous avons résisté un temps, et puis nous lui avons ouvert pour qu'il aille faire ses besoins, et là Françoise s'est fait blouser. Elle surveillait qu'il ne grimpe pas aux arbustes, mais Django est passé derrière elle en sautant en amont, preuve qu'il ne va pas si mal. On peut voir cette crapule sur le toit du garage. Le tout est qu'il vienne matin et soir prendre ses médocs.
Coline puis Anne-Laure et Olivier sont venus voir les chatons qui les suivront d'ici six semaines dans leurs appartements avec terrasse. Les petits mangent de tout, sont propres et font valser la chatière pour aller gambader. Leur mère n'arrête pas de les gronder parce qu'ils n'obéissent pas à la patte et à l'œil. Elle joue avec eux, leur apprend à se battre, va les chercher lorsqu'ils se cachent dans le tas de bois. Django accepte cette promiscuité à l'heure des repas. Tête contre tête, les quatre bestioles dévorent croquettes, pâtées, poisson, etc.
Ils font tous leurs griffes sur le tronc en ficelle et s'amusent comme des fous avec le tunnel en lin, deux accessoires géniaux que j'ai commandés sur le site Internet qui nous livre les kilos de nourriture mensuelle. Quant à la litière, provisoire le temps que les chatons s'habituent au jardin, nous avons définitivement opté pour celle au silice, biodégradable et compostable, qui ne se change qu'une fois par mois, ne pue pas et ne colle pas aux pattes.

vendredi 8 septembre 2017

Emplettes


Les passages à Paris de mon compère Sacha Gattino sont toujours une partie de plaisir et ce à plus d'un titre. Mon camarade est venu cette fois enregistrer en studio certaines musiques destinées à l'exposition sur les effets spéciaux au cinéma qui débutera le 15 octobre 2017 à la Cité des Sciences et de l'Industrie. À enchaîner les thèmes façon Game of Thrones, nous avions fini par avoir les yeux comme des soucoupes et les oreilles comme des choux-fleurs. Avec Sacha les pauses sont souvent gastronomiques, brioche de chez Pralus, glaces libanaises, déjeuner aux Pâtes Vivantes puisque yam'Tcha était fermé, mais les haltes furent également magasinières. J'achetai donc un épluche-légumes, un peleur de patates et une spatule chez Mora, deux magnifiques chemises chez Coton Doux et Sacha finit ses courses à La Quincaillerie et aux Thés de Chine boulevard Saint-Germain. Aucune de ses stations n'était préméditée. Il suffit d'emprunter telle rue pour que nous soyons happés par telle enseigne. Nous avons été sages, évitant sur notre trajet l'épicier Izraël, le magasin d'instruments de musiques anciens, Berthillon et quantité de petites échoppes dont l'un ou l'autre connaît le secret. En rentrant et les jours suivants, nous avions fabriqué les ailes d'un dragon, joué avec un mégaphone emprunté à Nicolas Chedmail et tiré le rideau. Il me restait, entre autres, à peaufiner un piano rag pour l'attraction Méliès et des musiques de cirque tandis que Sacha soignait la charte sonore des effets génériques et plongeait dans la science-fiction. Pour être prêts à temps, nous accumulons du matériau, un peu comme un Lego qu'il nous suffira d'adapter dès que nous recevrons les dispositifs interactifs. Via Yassine Slami, qui en est le concepteur, nous avons demandé aux développeurs des différentes attractions d'externaliser les sons pour que nous puissions les remplacer ou les régler jusqu'au dernier instant.