Jean-Jacques Birgé

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lundi 31 décembre 2007

Pause


Ça y est. Nous sommes partis pour un long périple qui nous mènera en Thaïlande et au Laos. Il a fallu du temps pour nous décider. Prendre un mois de vacances n'est pas chose facile pour des artistes qui adorent leur travail et ne savent jamais comment s'arrêter. Nous avions vraiment besoin de faire un break pour remettre nos compteurs à zéro au retour. Rien de mieux alors que de s'envoler pour un pays dont nous ne parlons pas la langue et sans savoir ce que nous y ferons, où nous irons, ni ce que nous verrons et entendrons. L'Asie m'a toujours attiré, en particulier pour sa gastronomie et ses jungles.
Après que nous ayons trouvé une solution pour la maison et le chat, la décision la plus difficile à prendre fut pour moi d'interrompre le blog pendant notre périple. Nombre de mes lecteurs apprécient les récits de voyage et je savais que celui-ci serait riche en péripéties, comme le séjour que nous ferons à la cîme d'un arbre en y accédant par des tyroliennes, de longs câbles sur lesquels on se lance pour atteindre notre habitat. Peut-être là-haut aurons-nous la chance de croiser des gibbons ? Libération a parlé samedi de cette initiative de reconvertir les braconniers en protecteurs de la forêt.
Lorsque je me suis vu glisser un dvd dans le lecteur avec la main gauche, allumer l'ampli avec la droite et me demander si je ne pourrais pas en profiter pour appuyer sur le commutateur du vidéo-projecteur avec un orteil, j'ai compris qu'il me fallait sérieusement rompre mon rythme stakhanoviste. Pondre un billet 7 jours sur 7 depuis plus de deux ans est une gageure que j'espère pouvoir reprendre le 29 janvier, mais je ne suis aujourd'hui certain de rien du tout. Je n'ai pas envie de chercher le web-café de chaque coin paumé où nous comptons échouer. J'emporte de quoi écrire et un appareil-photo avec une carte mémoire suffisamment grande pour contenir quelques centaines d'images. Je ferai le tri au fur et à mesure. J'essaie de voyager léger, avec le minimum vital, mais il reste encore dix kilos. Je suis trop inquiet pour partir les mains dans les poches.
Nous passerons le réveillon dans l'avion qui nous mène à Bangkok, manière amusante de fêter notre rencontre. Françoise et moi sommes ensemble depuis cinq ans exactement aujourd'hui. Du moins ce soir, après que le commandant de bord aura annoncé les douze coups de minuit, et il faudra encore attendre une bonne heure, mais ça c'est une autre histoire.
Voilà. Si mes billets quotidiens vous manquent, surveillez le site Poptronics qui mettra enfin en ligne, d'ici une dizaine de jours, mon Pop'lab, sept pages bien denses comprenant mon texte, un entretien avec Annick Rivoire et Elisabeth Lebovici, des photos, des musiques en mp3 dont deux de mes premières œuvres totalement inédites datant de 1965 et 1968, etc. Vous pouvez aussi prendre votre courage à deux mains et fouiller dans le passé du blog. La recherche par mois est la plus exhaustive. Sinon, rendez-vous le 29 janvier et bonne année !

vendredi 7 décembre 2007

Entre chien et loup


Les volets se sont refermés sur leur secret. Là où brille la lumière, l'angle de vue ne permet pas d'en voir plus. On devine les cuisines et probablement les salles à manger. Rien ne filtre. L'ascenseur vide semble descendre. Les feuilles de vigne se sont racornies. Elles sont devenues cassantes. Chacun s'est replié sur son intimité. Par la fenêtre ouverte, on entend seulement de drôles de cris, mais il est impossible de savoir si c'est un être humain, un animal ou une machine. Avec les nouvelles technologies accessibles à tout un chacun où l'on peut falsifier la moindre chose et créer maintes illusions, ce genre de doute risque de devenir banal, et personne de s'en émouvoir... La cour elle-même crée une cage sonore qui ne permet pas d'affirmer d'où vient le son. L'énigme ne réside pourtant pas dans l'immeuble d'en face, mais dans l'identité de celui ou de celle qui regarde.