Jean-Jacques Birgé

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mercredi 21 octobre 2020

The Lunatic Fringe par Steve Dalachinsky & RG Rough


L'album posthume du poète Steve Dalachinsky (1946-2019) est une petite merveille de flow américain, à l'égal des meilleurs disques de William Burroughs par exemple. L'association avec le Bordelais anglais RG Rough y est pour quelque chose, le multi-instrumentiste soulignant la prosodie ou forçant le slam vers des accents mélodiques ou dramatiques, relativement rares chez le poète new-yorkais. Steve Dalachinsky marmonne, murmure, chante, éructe, porté par la batterie, la guitare électrique, les sons électroniques et les bruitages, rythmique et arythmie... L'auditeur devient le passager d'une embarcation lancée dans une tempête de paroles acérées et de transe musicale.


Sur Where is the love at the love canal ?, la saxophoniste Ryoko Ono rappelle les affinités de Steve Dalachinsky avec le free jazz,. Il collabora merveilleusement avec William Parker, Susie Ibarra, Matthew Shipp, Mat Maneri, Didier Lassere, Dave Liebman, Jim O'Rourke ou Joëlle Léandre, mais comme déjà avec Les snobs, le travail avec RG Rough est plus rock ou electro, plus imagé, surtout plus libre que le free !

→ Steve Dalachinsky & RG Rough, The Lunatic Fringe, CD et Bandcamp, Bambalam Records

lundi 19 octobre 2020

Un enterrement de première classe


Plongé dans la composition ou l'écriture, je ne sors pas si souvent. De temps en temps, je me force, souvent lorsqu'on m'invite, mais hélas et heureusement je ne peux pas non plus répondre à toutes les sollicitations. Au su du massacre culturel entamé par le gouvernement, je me suis dit que j'avais bien fait d'aller écouter quelques concerts au début du mois.
Au Studio de l'Ermitage, les Rivages du guitariste Kevin Seddiki avec l'accordéoniste Jean-Louis Matinier soulagent ma peine récente par une tendresse légère.
Au Théâtre Dunois, pour le 40e anniversaire du label nato, le guitariste Jean-François Pauvros accompagné par l'organiste Antonin Rayon et le batteur Mark Kerr, me réveille en cassant la baraque du bas rock à tort et à travers.
À la Maison de la Poésie, pour le Festival La voix est libre, le nouveau récital de la chanteuse réunionnaise Ann O'Aro m'enchante. J'avais chroniqué son premier disque, mais je ne l'avais jamais entendue sur scène. Une boule de feu en volutes de fumée, à la fois drôle et bouleversante. Remarquablement accompagnée par le trombone Teddy Doris et le percussionniste Bino Waro (rouler, sati, piker), son nouvel album, Longoz, est aussi envoûtant.
À l'Église Saint-Eustache, dans le cadre du Festival d'Automne, les compositeurs Alessandro Bosetti et David Cristoffel ont concocté un savoureux Consensus Partium à quatre mains, soit des pièces pour deux trios, trois gars aux cuivres (Matthias Champon, Nicolas Chedmail, Maxime Morel) et trois chanteuses (Valérie Philippin, Frédérique Borsarello, Noémie Legendre), mêlés à leurs propres voix et tripatouillages électroacoustiques. L'enjeu de faire sonner les voûtes de la paroisse est remarquablement réussi, les huit protagonistes se déplaçant sans cesse dans le chœur en jouant des différentes réverbérations qu'offrent les instruments, les modes de jeu et les emplacements.
À l'Échangeur de Bagnolet, le concert du Spat'sonore avec les Musiques à Ouïr est une autre manière d'exploser l'espace de la représentation puisque le public est encerclé par les musiciens et leur pieuvre instrumentale. Il suffit de fermer les yeux pour se laisser chavirer, les sons acoustiques provenant de gauche, de droite, des cintres et de partout à la fois, sans avoir recours à aucun procédé électronique.
Enfin, hélas enfin, avant d'emprunter la rue Poliveau pour regagner mes pénates avant 21h avec tous les moutons de mon espèce condamnés à un ridicule embouteillage, je suis allé samedi soir à ma propre performance au Grand Action, pour le Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux. J'accompagnais les images 3D temps réel d'Anne-Sarah Le Meur. À sa symphonie de couleurs, je répondis au clavier bien préparé de rouille fondante, morphing géant que j'agrémentai par ci par là d'un mouvement brownien en fonction des plissés que la plasticienne avait programmés...

mercredi 14 octobre 2020

Pique-nique au labo, la fête !


Élise Dabrowski, Amandine Casadamont, Elsa Birgé, Linda Edsjö, Eve Risser, Marie-Christine Gayffier, Vincent Segal, Karsten Hochapfel, Mathias Lévy, Jean-François Vrod, Antonin-Tri Hoang, Nicolas Chedmail, Hasse Poulsen, Jean-Brice Godet, Ravi Shardja, Médéric Collignon, Jonathan Pontier... C'était vraiment génial de vous avoir tous ensemble ! Nous avons mis les coudes pour ce cluster du diable. J'ai pensé aux absents, Alexandra Grimal, Birgitte Lyregaard, Sophie Bernado, Fanny Lasfargues, Christelle Séry, Samuel Ber, Nicholas Christenson, Pascal Contet, Julien Desprez, Wassim Halal, Edward Perraud, Sylvain Lemêtre, Sylvain Rifflet, Joce Mienniel... Et à toutes celles et tous ceux qui nous rejoindront lors de ces rencontres conviviales. Ce que nous avons enregistré ensemble montre simplement que l'improvisation n'est pas un style, mais une manière de vivre, soit réduire le temps entre composition et interprétation, penser longtemps pour agir vite. Il faut qu'il y ait d'autres dimanches où nous puissions discuter à bâtons rompus, confronter nos expériences, partager cette tendresse qui fait tant défaut aux professionnels que l'on veut faire de nous, il faut sans cesse retrouver la passion des amateurs, étymologiquement celles et ceux qui aiment. Pique-nique au labo ne se voulait pas un manifeste, mais la musique qui s'en dégage m'y fait penser !
En 2013 j'avais d'ailleurs rédigé un texte sur celles et ceux que j'appelais Les Affranchis. Vous en reconnaîtrez quelques un/e/s parmi mes invités. Leur rassemblement sur ces deux disques fait sens, musicalement, mais aussi politiquement. Parce que l'une ne va pas sans l'autre. Comme disait Jean Cocteau, une œuvre est une morale, même s'il déplorait que certains s'amusent sans arrière-pensée. J'avais développé mon point de vue dans un long article intitulé Cent soleils, commandé par la revue en ligne Citizen Jazz. J'y reviendrai, mais je suis aujourd'hui extrêmement heureux et fier que le travail de tous mes camarades de jeu dresse une sorte de portrait chinois de nos aspirations communes. Les plus jeunes avaient 20 ans lors des enregistrements, le plus âgé en a 60. Je ne parle pas du mien, je suis simplement jeune depuis plus longtemps que tous les autres, comme disait Françoise. Selon les générations et les différents secteurs où ils évoluent, leurs méthodes varient, mais ils cherchent tous et toutes la même chose, la liberté de créer comme ça leur chante, quand l'art et la vie se fondent dans le même mouvement.


La "release party", ce pique-nique festif qui m'avait cantonné deux jours en cuisine pour le préparer, m'a remonté le moral après (et avant) les incohérences à répétition du presseur Optimal Media qui traita notre commande par dessous la jambe, malgré l'insistance de Squeezer, notre intermédiaire parisien. Ces derniers jours tournèrent plutôt en "Panique au labo" ! C'est la seconde fois que le presseur allemand patauge dans la livraison. Pour le précédent album fabriqué chez eux pour le label GRRR ils avaient perdu le camion, avaient failli tout represser pour finalement retrouver le chargement au nord de la Suède. Ce n'est pas une blague ! Cela eut des conséquences dramatiques sur ma vie privée. Cette fois, alors qu'ils avaient tous les documents depuis trois semaines, ils se sont aperçus le jour prévu du départ du camion qu'il manquait de la matière graphique pour la coupe à un endroit non précisé dans le gabarit qu'ils nous avaient envoyé. Ce qui signifie évidemment qu'ils avaient pris du retard sans nous prévenir et qu'ils n'avaient pas ouvert les documents auparavant. Comme si cela ne suffisait pas, deux jours plus tard, ils ont découvert un nouvel endroit où il manquait de la matière, toujours pas précisé dans leur gabarit. Ils étaient pourtant prévenus qu'un retard de leur part impliquerait des frais supplémentaires en cascade. En me battant, j'ai fini par recevoir 100 exemplaires pour la fête de sortie, que j'avais dû décaler au dernier moment et où étaient conviés tous les musiciens. J'avais stipulé qu'ils m'en fallait 200 minimum ce jour-là. Allez m'expliquer pourquoi le deuxième carton de 72 disques n'en contenait que 28 ! Pour faire un compte rond ? Et pourquoi repousser la livraison de l'ensemble encore à la semaine suivante ? J'aimerais bien apprendre quelles sont les difficultés de conditionnement qui empêchent de livrer une commande complète lorsqu'on a accumulé les ratés sans jamais s'excuser. Et le jour absolument promis de la livraison, sans cesse repoussée, j'ai attendu en vain Dachser, leur maudit transporteur qui nous avait déjà plantés en 2018. Si c'était exceptionnel encore, mais non, la rigueur allemande en prend un coup. Heureusement l'objet est tel qu'attendu, magnifique (merci mcgayffier !), et les galettes sont nickel argentées (masterisées par bibi).

→ Jean-Jacques Birgé + 28 invités, Pique-nique au labo, double CD 3 volets avec livret 12 pages, GRRR 2031-2032, dist. Orkhêstra, 15€ (le prix d'un simple CD, mais celui-ci dure 120 minutes !), sortie officielle 21 Octobre 2020, ou déjà commander sur Bandcamp !

lundi 12 octobre 2020

Papier ciseau pour Roberto Negro


Papier ciseau, parto ciselée, papier ciseau, impro taillée. Parmi les jeunes musiciens de la nouvelle scène dite jazz et musiques improvisées, qui n'est plus fondamentalement jazz ni improvisée, le pianiste Roberto Negro est probablement le compositeur français dont je me sens le plus proche. Sauf que lui joue vraiment bien du piano ! J'apprécie son mélange de romantisme délicat et de cut-up à l'arrache où la recherche de timbres électriques est riche de couleurs inédites. La ludicité, ici mise en avant, n'est jamais loin et la mémoire retravaillée rajeunit l'histoire avec de merveilleux points de suspension. Le trio DADADA est devenu quartet avec l'arrivée du violoncelliste Valentin Ceccaldi ici à la basse. Le saxophoniste Émile Parisien y est lyrique et le percussionniste Michele Rabbia inventif, juste ce qu'il faut pour prolonger l'imagination du pianiste qui a aussi recours à des claviers électriques. Plusieurs écoutes n'en viennent pas à bout, jusqu'à la ghost track qui rappelle que le silence est un art.



→ Roberto Negro, Papier ciseau, CD Label bleu, dist. L'autre distribution, sortie le 13 novembre 2020

vendredi 9 octobre 2020

Steve Potts, Musique Pour Le Film D'Un Ami


Il est toujours passionnant de faire sortir un musicien de sa zone de confort. Toute commande de musique appliquée provoque des remises en question de nos habitudes et fait sortir le pantin (Jack in the box) de la petite boîte dans laquelle le milieu musical nous cantonne. J'ai coutume de rappeler que lorsque je sais faire je gère, mais lorsque je ne sais pas je crée ! L'autre avantage est souvent économique. On peut ainsi équilibrer sa vie entre les commandes qui paient mais ne rapportent aucune visibilité dans les médias et ses propres projets qui coûtent parfois plus qu'ils ne rapportent, mais que la presse relate. En ce qui me concerne, le plaisir est le même, que ce soit dans la pure invention ou dans les exercices de style.
En 1975, Steve Potts avait quitté Steve Lacy le temps de composer Musique pour le film d’un ami à la demande du réalisateur Joaquín Lledó (a.k.a. Joaquin Noessi) pour le film Sujet ou Le secrétaire aux 1001 tiroirs. En acceptant de créer un tango ou une valse musette, un blues ou un rock, Steve Potts nous surprend par la manière personnelle avec laquelle il s'approprie les choses sans perdre de vue le swing du jazz et la liberté du free. En appelant à la rescousse des virtuoses comme Joss Basselli à l'accordéon, Elie Ferré (probablement Elios) et Christian Escoudé aux guitares, Gus Nemeth ou Jean-Jacques Avenel à la contrebasse, le saxophoniste assure ses arrières. On peut aussi entendre le trompettiste Ambrose Jackson, le pianiste Frank Abel, les batteurs Donny Donable ou Kenny Tyler, le joueur de bongos Keno Speller, et les chanteuses Flipas ou Juliette. Jusqu'au mixage de cette musique entraînante assuré par Jef Gilson au Studio Palm ! À force d'hétérogénéité l'ensemble finit par faire réellement penser à un disque de musique de film. Comme disait Bourvil dans la chanson Les crayons : "Quand on est artiste il faut faire tous les genres !".

→ Steve Potts, Musique pour le film d'un ami, cd/lp Le Souffle Continu (LP 20€ / CD 12€ / Numérique 7,90€)

mercredi 7 octobre 2020

Haut-Karabagh, Musiques du front


Alors que la guerre a repris au Haut-Karabagh, enclave arménienne en territoire azéri, je constate que le CD Haut-Karabagh, Musiques du front, paru chez Silex en 1995 et dont j'avais assuré la direction artistique, n'est plus disponible depuis fort longtemps. Récupéré par Auvidis, lui-même racheté en 1999 par Naïve qui à son tour en 2017 tombe dans l'escarcelle de Believe, le disque comme toute la formidable collection de musiques du monde Silex (ainsi que la collection non moins extraordinaire Zéro de Conduite) finira au pilon à l'orée du nouveau siècle. Cette constatation me désole, d'autant que le field recording de l'ingénieur du son Richard Hayon est exceptionnel et que je suis très fier du montage que j'en ai réalisé alors.
Le Haut-Karabagh est un territoire arménien attribué à l'Azerbaïdjan en 1921 par l'Union Soviétique. Relié à l'Arménie au sud-ouest par le corridor de Latchine, il a toujours été la proie d'invasions : arabes, turque, mongole, turkmène, persane et russe. Depuis le début du siècle, le Haut-Karabagh, dans un rapport de force de 1 contre 10, est en situation d'autodéfense face a l'Azerbaïdjan. Toutes les propositions pacifistes faites aux Azéris par l'Arménie pour l'indépendance du Karabagh se sont toujours soldées par la violence et des massacres. Après la dissolution en 1989 du bloc soviétique, le Haut-Karabagh s'auto-proclame République en septembre 1991. Depuis, c'est l'inévitable escalade d'une guerre de principes pour les uns et de survie pour les autres.
J'avais rencontré Richard Hayon à Sarajevo pendant le siège. Il avait auparavant enregistré au Haut-Karabagh musiques et vie quotidienne en direct sous les bombes, dans les tranchées et les ruines. Je lui avais demandé d'écrire à la main les notes de pochette comme le journal de bord de son aventure où il avait rencontré le célèbre Commandant Avo tué sur le front d'Aghdam en juin 1993. Des cartes manuscrites et des photos illustrent les 24 pages de ses descriptions. Silvio Soave avait mixé ce disque qui représente pour moi une de mes plus belles réussites dans ce domaine, après l'album collectif Sarajevo Suite la même année. Juste après le siège de la ville martyre, les Bosniaques, plutôt liés aux musulmans de Turquie, n'avaient pas compris que je prenne la défense d'orthodoxes, les Arméniens. Les Justes n'étant pas toujours les mêmes, j'ai choisi de toujours prendre parti pour les opprimés, que ce soit en Palestine ou dans mon propre pays.
Vous pourrez donc écouter ici les 21 index de ce disque qui, à ma connaissance, est le seul à avoir été enregistré au Haut-Karabagh. Au delà de son intérêt musical, ce CD présente un témoignage historique. Il s'ouvre sur les pleurs d'une femme sur la tombe de son fils au cimetière de Stepanakert, capitale du Haut-Karabagh. Ce Jour des Morts, un violoniste accompagne son chant de douleur et de chagrin. C'est un disque poignant. Comme dans tous les films qui racontent le génocide dont ils furent victimes, les Arméniens n'en finissent jamais de pleurer.

mardi 6 octobre 2020

Robert Wyatt & Alfie Benge, côte à côte


Le recueil de textes de Robert Wyatt et Alfie Benge rend d'abord hommage à tout le travail de la muse du musicien anglais. Si elle est partout présente à commencer par le diptyque Alifib/Alife sur le disque Rock Bottom paru en 1974, Alfie est l'autrice des illustrations de toutes les pochettes et elle a écrit nombreuses paroles des chansons figurant sur la dizaine d'albums qui ont suivi et que nous écoutons avec des étoiles dans les yeux. Ses petits croquis, ici en noir et blanc, accompagnent les textes et elle en profite pour commenter les sujets qui l'ont inspirée alors que Robert livre simplement les siens. Il y a dix ans, les paroles de quatre vingt chansons étaient déjà parues avec leur traduction française dans un luxueux ouvrage illustré par Jean-Michel Marchetti et rassemblant 5 tomes publiés depuis 1997. Les selected lyrics qui sortent aujourd'hui en anglais chez Faber sous le titre Side By Side représentent donc réellement le travail du couple, leur vie et leur engagement. Après une introduction de Jarvis Cocker (du groupe Pulp) et les préfaces des deux auteurs, les paroles, tant pataphysiciennes que politiques, de Robert Wyatt sont classées en trois parties, non chronologiques, tandis que celles d'Alfreda Benge s'intitulent Espagne, Oiseaux, Conflit, Amour et perte, Comptines aléatoires. L'ouvrage est donc précieux, les explications d'Alfie permettent de mieux comprendre leur collaboration, leur manière d'avancer ensemble, leur intérêt pour la politique internationale déjà explicite pour qui parle anglais. J'ignore si est prévue une traduction française. Ce n'est certainement pas simple au su de la quantité de jeux de mots, de néologismes et de raccourcis poétiques. Le choix de ne pas renvoyer les textes aux albums souligne l'importance du sens des paroles et des images, débarrassées de la voix bouleversante et sublime, à la fois haut perchée et zozotante, de Robert Wyatt.

Je ne résiste pas au plaisir d'insérer la version d'Alifib, c'est de circonstance, par Odeia et chantée par ma fille sur laquelle l'auteur a écrit : "i should emphasise that your own arrangement of the song for alfie clearly transcends my original, in my opinion, as you may have guessed.. . . .you and your brilliant band— plus, the wonderful video… really moved me.."


Rappel de quelques articles sur RW publiés dans cette colonne :
Free Will & Testament / Le marché de Robert Wyatt / Odeia
Entretien que j'ai réalisé chez lui à Louth et publié en 1999 sur Jazz Magazine.