Jean-Jacques Birgé

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vendredi 21 septembre 2018

Mon Centenaire sur Vital Weekly !


Dans son n°1149, Vital Weekly (The Oldest Online Source for Music Reviews !) chronique mon Centenaire à son tour :
JEAN-JACQUES BIRGÉ - THE 100TH ANNIVERSARY (1952-2052) (CD by GRRRR)
Birgé is a pioneer from France, most known for his work with Un Drame Musical Instantané (1976-2008). He made his first steps in the early 70s experimenting with synthesizers. In the 70s he initiated the return of live music for silent movies. Yes, we are dealing with of a multi-disciplinary artist: composer, improviser, moviemaker, founder of the GRRR-label, etc. I supposed the label had stopped activity, until I reviewed the remarkable work ‘Long Time No Sea’, by his trio El Strøm in 2017 (see Vital Weekly 1092). Now Birgé surprises us with another new work. A work that comes from the future: 2052 to be precise, when Birgé will have his 100th birthday. With this concept Birgé winks at his father who loved science fiction. He composed ten pieces imagining all ten decades that span his hypothetical life span. He turned his archive of recordings and tapes upside down and selected recordings from each – well almost – decade. There are many musicians; singers as Pascale Labbe, Birgitte Lyregaard and his daughter Elsa, but also Bernard Vitet (trumpet), Yves Robert (trombone), Chedmail Nicolas (horn), Didier Petit (cello), and many others. With this old material as a starting point, he composed a work for each decade. Birgé plays himself synthesizer, theremin, Tenori/on, Mascarade Machine, trumpet, flute, inanga, jew´s harp and vocals.The CD closes with ´Tombeau de Birgé, composed and performed by Sacha Gattino. Included is a magnificent 52-pages booklet.
Birgé pictures his life - past, present and future - in imaginative sound works, that move between composed, improvised, collage, audioplay, etc. Birgé has his very own procedures concerning copying and pasting precorded material of musical and non-musical origin. And combining them with musical manoeuvres played by him and his colleagues. Audio works of course, but always created in a way as if he wants to produce a visual world. He never manipulates his sound sources that much. Rain is rain. A car driving by remains a car. But is the way he structures the components into a whole that make his art special. This new album is again an enjoyable example of his unique approach. (DM)
––– Address: http://www.drame.org/

Trois accordéons


Il y a 35 ans l'accordéon devait encore raser les murs pour ne pas subir les moqueries des autres instruments, particulièrement dans le rock et le jazz. Il avait eu ses beaux jours avec le swing de Gus Viseur, Tony Murena, Jo Privat, Marcel Azzola, etc., mais Yvette Horner suivant le Tour de France donnait une image ringarde que raillait le chanteur Antoine fin des années 60. Les musiques traditionnelles n'avaient pas encore le vent en poupe avec les diatoniques et les classiques n'accouchaient que de virtuoses rarement considérés à leur juste valeur malgré leurs incroyables basses chromatiques. Le tango jouissait d'une image plus seyante, en particulier avec Astor Piazzola, compositeur contemporain inventif qui avait réussi à mettre un pied dans la porte. J'ai résumé vite fait où j'en étais lorsque j'ai rencontré l'accordéoniste Michèle Buirette qui jouait du free jazz au sein du groupe Dernier Cri et remplaça Jacques Bidou au pied levé lors d'un concert mémorable que j'avais organisé au 28 rue Dunois en grand orchestre pour mon trentième anniversaire. Tellement séduit, j'avais fini par l'épouser ! À l'époque j'étais également passionné par les morceaux de Raúl Barboza inspirés des indiens Guarani... Les artistes de variétés s'en sont finalement emparés avec des musiciens modernes comme Richard Galliano ou de nombreux revivals, tandis que le jazz a bénéficié de l'ouverture d'esprit des improvisateurs.
Aujourd'hui l'accordéon a conquis ses titres de noblesse au même titre que n'importe quel instrument. Il ne reste plus qu'à la guimbarde et à la scie musicale de suivre l'exemple ! Comme Trần Quang Hải, Wang Li, Joce Mienniel, Sacha Gattino et quelques autres je m'emploie à redorer le blason de ce que les Anglo-saxons appellent jaw harp ou Jew's harp, les Italiens scacciapensieri, les Allemands Maultrommel, etc., un des plus vieux instruments du monde, en particulier en Asie. Quant à la scie musicale je me souviens de Pierre Clémenti en jouant au sein de Crouille Marteaux dont je faisais le light-show au début des années 70.


Ces jours-ci sortent coup sur coup trois albums des meilleurs accordéonistes français actuels, trois manières très différentes de mêler l'ancien "piano du pauvre" aux autres instruments de l'orchestre. L'Aveyronnais Lionel Suarez fonde le Quarteto Gardel avec la trompettiste zélée Airelle Besson, la star du violoncelle Vincent Segal et le percussionniste argentin Minino Garay pour renouer avec le tango de son enfance. Tendre et charmante aventure au cours de laquelle tous les musiciens ont écrit pour le quartet en plus des reprises de Carlos Gardel et du Feuillet d'album d'Emmanuel Chabrier !


Dans son nouvel album Living Being II / Night Walker, le Niçois Vincent Peirani rivalise de virtuosité en s'appropriant des tubes comme Bang Bang de Sonny and Cher (chanté en France par Sheila et Dalida !), Kashmir et Stairway To Heaven de Led Zeppelin, un extrait du Roi Arthur de Purcell ou tirant sur le rock progressif où l'espace est saturé de notes avec des pièces de sa composition. Les tempi lents profitent plus particulièrement aux reprises dans de très beaux arrangements. Accompagné par son alter ego Émile Parisien au sax soprano, Tony Paeleman au Fender Rhodes, Julien Herné à la guitare et à la basse, Yoann Serra à la batterie, Peirani réalise un album au timbre clair, extrêmement séduisant...


Quant au Basque Didier Ithursarry, il publie un duo étonnant avec le saxophoniste prolifique Christophe Monniot dont le sopranino et l'alto semblent avoir épousé la logique du clavier à bretelles. Dans ces Hymnes à l'amour, dont quatre composés par Monniot, les autres par son comparse, ou encore Duke Ellington et Tony Murena, souffle un vent de folie où les anches se fondent librement l'une dans les autres tant et si bien que l'on a l'impression d'un imposant et magnifique instrument solo.

→ Lionel Suarez, Quarteto Gardel, cd Bretelles Prod, dist. L'autre distribution, 12,99€
→ Vincent Peirani, Living Being II / Night Walker, cd (et lp) ACT, 17,50€ (et 20€)
→ Christophe Monniot & Didier Ithursarry, Hymnes à l'amour, cd ONJ Records, dist. L'autre distribution, sortie le 16 novembre 2018

mardi 18 septembre 2018

Bartók Impressions, la revanche


Au tout début du XXe siècle, comme son ami Zoltán Kodály, autre pionnier de l’ethnomusicologie, le compositeur Béla Bartók passa des années à faire du collectage dans les villages hongrois, puis slovaques et roumains. Il proclamera que ce furent ses plus belles années, à enregistrer les paysans et à transcrire ce qu'il avait réussi à leur faire jouer et chanter. Ces milliers d'airs populaires alimenteront son œuvre où je retrouve les travaux sur les modes à transposition limitée de mon camarade Bernard Vitet qui avait construit tout un système de cadrans et d'horloge que j'espère voir un jour appliquer à un système informatique.
Le nationalisme de Bartók n'a rien à voir avec celui de Viktor Orbán. Le compositeur revendiquait de chercher son inspiration dans ses propres terroirs plutôt que de rapporter celui de Bali ou d'Espagne comme ses contemporains Debussy ou Ravel. Aujourd'hui les musiciens français s'affranchissent ainsi de plus en plus de l'hégémonie étatsunienne ou anglo-saxonne en revisitant leur patrimoine historique ou en reprenant les chansons populaires actuelles. Dans la Hongrie de la Fidesz qui sombre dans la dictature, le sexisme, le racisme et l'ostracisation de ses minorités ethniques, il est logique que la résistance s'organise dans les foyers culturels. La musique y est particulièrement vivante et inventive, comme elle le fut d'abord par son folklore foisonnant à côté des influences tziganes, puis avec Liszt, Kodály, Bartók, Joseph Kosma, et plus près de nous György Kurtág, Péter Eötvös et évidemment György Ligeti... Le label BMC (Budapest Music Center) produit quantité de disques formidables de "jazzmen" qui ont merveilleusement repris le flambeau.
Or justement le contrebassiste hongrois Mátyás Szandai et le violoniste français Mathias Lévy (entendu récemment aux côtés de Louise Jallu) qui vivent tous deux à Paris, plus le joueur de cymbalum Miklós Lukács (déjà salué dans cette colonne), improvisent d'après des pièces composées à l'origine par Bartók, assumant leurs affinités avec les musiques traditionnelles et dressant un pont avec le XXIe siècle qu'ils revendiquent absolument dans leur manière de les appréhender. Le jazz, comme le tango, fait partie des musiques populaires, au même niveau de création que ce que la bourgeoisie appelle avec arrogance les musiques savantes. Le trio s'imprégnant de leurs Bartók Impressions n'a rien d'iconoclaste lorsqu'il s'écarte de la partition pour s'approprier à leur tour un patrimoine exceptionnel. Ils arrangent ainsi certains Mikrokosmos composés à l'origine pour piano, un duo pour violons, des chants de Noël roumains, des rythmes bulgares ou le quatrième mouvement du Concerto pour orchestre avec une dansante inventivité qui rend hommage au compositeur mort dans la misère à New York en 1945. Edgar Varèse est présent lors de ses obsèques. Depuis, on l'aura jamais autant joué. Szandai, Lévy et Lukács seraient-ils des adeptes de la métempsychose à le faire renaître ainsi encore et en corps ?

→ Matyas Szandai, Mathias Levy, Miklos Lukacs, Bartók Impressions, cd BMC, dist. L'autre distribution, sortie le 5 octobre 2018
→ concert le 20 octobre au Comptoir, Fontenay-sous-Bois, c'est à côté de chez moi / le 7 novembre, festival Jazzycolor à l'Institut Hongrois de Paris, à peine plus loin / le 14 décembre au Triton, Les Lilas, carrément la porte à côté...

vendredi 14 septembre 2018

Sounds of Mirrors de Dhafer Youssef


Il y a des disques que l'on peut écouter en boucle, que l'on soit triste ou gai, seul ou accompagné, en plein soleil ou sous la lune, que les fenêtres soient grandes ouvertes à midi ou tard dans l'obscurité de la chambre... Les arabesques de Dhafer Youssef vous prennent au lasso et vous nouent comme une poupée de bondage. Le chanteur et oudiste tunisien fait d'abord tourner le disque de ses Sounds of Mirrors sur rythmiques des tablâs indiens de Zakir Hussain, fils du célèbre Alla Rakha dont j'adorais les peaux épousant ses extravagantes figures vocales. La voix de tête de Dhafer Youssef se mêle à la clarinette du Turc Hüsnü Şenlendirici tant que l'on ne sait plus qui de l'anche ou des cordes vocales font danser les volutes de fumée. Un nuage se forme alors sous les cordes de la guitare du Norvégien Eivind Aarset jusqu'à tisser un tapis volant au-dessus des continents. Enregistré à Bombay puis à Istanbul cet équipage qui parle le même langage se retrouve mixé à Göteborg en Suède.


Comme souvent les étiquettes valsent, certains parlent de nu jazz, d'autres de musique traditionnelle inventive, j'entends essentiellement le son épuré des pays du nord avec les accents chantants de ceux du sud. Dhafer Youssef a la chance de traverser la Méditerranée sans les dangers qu'affrontent quotidiennement les migrants d'Afrique et d'Asie mineure alors que l'Occident se nourrit de l'Orient. Comment peut-on être insensible à ces génies libérés de la bouteille où les avaient enfermés d'absurdes préjugés ?

→ Dhafer Youssef, Sounds of Mirrors, cd Anteprima, sortie le 5 octobre 2018

samedi 8 septembre 2018

Mon Centenaire en CD dans Libération


Après Télérama et Citizen Jazz, Jacques Denis évoque l'album de mon Centenaire dans Libération avec en illustration une photo intitulée "Le matin ne pas se raser les antennes" (2010). Je reviendrai sur cet autoportrait mardi dans ce blog...

Dans un album rétrofuturiste, le musicien conceptuel revisite les sonorités de chaque décennie, depuis sa naissance en 1952 jusqu’à la date de son centenaire fantasmé.

Fondateur du label de disques GRRR, compositeur au sein du Drame musical instantané, blogueur pour Mediapart, prosateur pour les Allumés du jazz, improvisateur par nature, expérimentateur par désir, bidouilleur laborantin avant l’heure, Jean-Jacques Birgé est un agitateur d’idées, comme les généreuses années 70 surent en générer tant. Depuis bientôt un demi-siècle, il ne cesse de produire des projets, souvent conceptuels, jamais dénués de charnel, où il interroge la nature même de la musique, entendue comme un ensemble de vibrations qui parlent de (et à) la société des humains. A un âge où beaucoup s’assoupissent sur leurs carrières, où d’autres gèrent leur retraite, lui continue de cogiter sur cette matière première qu’est le son, sur ce qu’elle peut susciter de réflexions et d’inflexions.
C’est de cette oreille qu’il faut appréhender cet album qui célèbre avec une délicieuse ironie son Centenaire, une mise en abyme biographique qui va de 1952, sa naissance, à 2052, il faut bien une fin. Soit une vraie-fausse autocélébration qu’il entend tel un clin d’œil à Orson Welles, à ses films Arkadin et surtout F for Fake. «Pour comprendre ma musique, il faut se tourner vers le cinéma, confie-t-il. Mon approche est encyclopédique, mais la syntaxe est résolument cinématographique. Je pense que c’est ce qui en fait l’originalité. C’était une manière de pallier mes incompétences. Je suis un autodidacte en musique, mais pas en tant qu’artiste.»

Vignettes

Tant dans la scénarisation de l’histoire (la sienne, découpée par décennies, avec son portrait qui vieillit au fil des pages du livret), que dans le casting des musiciens (du regretté trompettiste Bernard Vitet au violoncelliste Vincent Ségal en passant par les voix de son père et de sa sœur ressorties d’une archive de 1958), ou dans le montage des séquences, résonnent en creux ses études à l’Idhec, l’ancien nom de la Femis. «Metteur en sons», ce pourrait être une autre définition de ce «copernicien marxiste», pour qui la dialectique peut parfois casser quelques briques. Les mots - trafiqués, samplés, cuttés, scandés… - comptent aussi dans ce drôle de carnet de notes.
A travers son propre parcours, celui d’un concepteur d’albums dont le premier instrument fut le magnétophone, cet homme de studio plus que de scène invite à revisiter/regarder l’histoire de la musique enregistrée. Chaque décennie évoquée fait écho aussi bien aux esthétiques qu’aux techniques utilisées alors : les millésimes en mode improvisation bien balancée, l’heure des échantillonnages et des claviers aux sonorités étranges - une de ses marottes -, le temps du grand mix electro-organique avec les années 2.0, avant d’entrer dans la prospective.

Empreintes

Jean-Jacques Birgé,s’est toujours plu à manipuler et à jouer avec les nouveaux supports : CD, CD-rom, tablettes, cloud… Et ainsi de suite. Voilà pourquoi cet objet improbable n’est en rien la manifestation d’une quelconque nostalgie, si ce n’est celle du futur. «Il faut sans cesse s’affranchir du passé tout en s’appuyant dessus», insiste ce fervent partisan du temps présent.
Plus que de bilan, il s’agit donc, au cours de cet ego-trip rétrofuturiste, d’ouvrir des perspectives en repartant des empreintes essaimées, des cycles jamais tout à fait achevés, en imaginant aussi les pistes possibles pour demain. Jusqu’au Tombeau final, où Birgé laisse Sacha Gattino lui composer un hommage, avec boîte à musique vintage, sifflements planants et battement électronique. A l’heure de l’ultime rembobinage, cela sonne comme une boucle poétique, qui renvoie à la séquence d’ouverture, un siècle plus tôt. Comme si le temps était sphérique, comme une ultime pirouette pour dire qu’aux voies rectilignes il faudra toujours préférer suivre les courbes sinusoïdales…

Jacques Denis

Centenaire de Jean-Jacques Birgé 1952-2052 (GRRR).

vendredi 7 septembre 2018

Exclusivement sur Internet !


La presse papier en retard de plusieurs métros, déconnectée des nouveaux usages, refuse de chroniquer les albums exclusivement en ligne. Cette ineptie coûte cher aux musiciens et aux labels indépendants qui sont obligés de faire imprimer des CD au minimum sous enveloppes en carton, au maximum sous packaging plus seyant. Lorsque le CD fait partie d'un objet particulièrement soigné, luxueux livret illustré, travail graphique et textes conséquents, il n'y a pas de regret, mais le plus souvent les auditeurs se passent très bien de la formule physique la plus rébarbative. Issue de la vieille école du vinyle, il est certain que je préfère néanmoins avoir entre les mains un bel objet plutôt qu'un fichier dématérialisé. J'écoute les CD sur ma chaîne hi-fi alors que la virtualité se contente le plus souvent des haut-parleurs de mon ordinateur. La plupart des disques ne se vendant plus qu'à la fin des concerts, il est pourtant absurde de presser quelques centaines d'exemplaires pour une presse qui n'a même plus d'espace dans ses colonnes pour en parler !
Internet permet en outre de publier des formats qui feraient exploser la durée d'un CD ou d'un vinyle. Ainsi Poisons d'Un Drame Musical Instantané dure 24 heures ! C'est l'équivalent des séries TV de qualité par rapport aux films qui sortent en salles. Il aura fallu du temps pour que les cinéphiles en apprécient le suc. J'adore également enregistrer un album le vendredi et publier le résultat avec pochette et crédits le lundi suivant ! Je pourrais prétendre que la musique n'a absolument rien à voir avec le support ; c'est vrai et faux à la fois. Dans cette polémique, on parle trop souvent du contenant en faisant abstraction du contenu, comme les audiophiles qui font écouter leur matériel en se fichant totalement des œuvres qui les traversent. D'une part la musique existe quel que soit le support, mais d'autre part à chaque support correspond un projet et chaque projet suggère tel ou tel support. Les conditions sociales et matérielles dans lesquelles s'inscrit la production musicale influent forcément sur la nature des œuvres. Combien d'artistes se plient ainsi à la mode au lieu de profiter de leur liberté de créer !
C'est donc avec une joie non dissimulée que je lis les chroniques que Citizen Jazz publie de mes albums exclusivement en ligne, en écoute et téléchargement gratuits sur drame.org et depuis peu sur BandCamp. Cette plateforme les diffuse gratuitement dans une formule limitée dans le temps, et payante moyennant un pourcentage de 10% ou selon le degré de solidarité des amateurs de nos créations sonores. Ainsi dans son dernier numéro qui me consacre un imposant dossier avec entretien et la mention ÉLU pour mon récent Centenaire qui sort officiellement aujourd'hui, on trouvera sous la plume de Nicolas Dourlhès un compte-rendu de 8 albums virtuels les plus récents parus chez GRRR, soit deux volumes de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (2015) avec d'une part le trompettiste Médéric Collignon et le guitariste Julien Desprez, et d'autre part l'accordéoniste Pascal Contet et le saxophoniste-clarinettiste Antonin-Tri Hoang, L'isthme des ismes (2017) avec Hoang et le batteur Samuel Ber, Arlequin (2015) et Défis de prononciation (2017) avec la chanteuse-bassoniste Sophie Bernado et la chanteuse-vibraphoniste Linda Edsjö, Harpon (2016) et Paradis (2017) avec la platiniste Amandine Casadamont, Carambolages (2016) pour l'exposition de Jean-Hubert Martin au Grand Palais...

lundi 3 septembre 2018

Citizen Jazz me gâte


En plus d'être en couverture de l'édition de Citizen Jazz, le magazine en ligne (depuis 2001 !) m'offre un long entretien avec Franpi Barriaux chroniquant l'album de mon Centenaire qui sort ces jours-ci tandis que Nicolas Dourlhès revient sur une dizaine de mes enregistrements les plus récents. Au travers de ces trois approches se dessine un joli portrait où je crois me reconnaître... Sans oublier 3 titres sur 15 dans la Playlist des Zélés Élus !

Le magazine a spatialement ses limites que je comprends aisément, mais les coupes astucieusement réalisées par Matthieu Jouan ont fait disparaître Étienne Mineur à qui je dois l'admirable travail graphique de mon Centenaire. Merci Etienne pour ces 52 pages hautes en couleurs ! Comme je ne me souviens plus de ce que j'ai raconté, l'ensemble me paraît tout à fait cohérent, à part mon allusion à mes exploits cinématographiques de 1993 en Algérie, en Afrique du Sud et à Sarajevo pendant le siège. J'y étais comme réalisateur, petit détail qui n'était déjà pas très clair dans la version intégrale ! Hors ces deux points, je jubile avec le reste de l'équipe, et je remercie Christian Taillemite pour ses photos qui complètent la belle orange de Sonia Cruchon et mon autoportrait devant miroir que j'appellerai L'homme de Shangaï en hommage à Orson Welles qui est l'une des inspirations de mon album borgésien. J'avoue qu'après l'article de mercredi dernier dans Télérama écrit par Louis-Julien Nicolaou, voilà qui commence bien la semaine !

C'est bien agréable de répondre à des questions intelligentes (d'autres m'en ont posées cette semaine, mais leur publication est pour un peu plus tard et c'est chouette de savoir que cela va suivre !) comme celles de Franpi Barriaux sous la rubrique "Entretiens" ou de lire des chroniques d'albums exclusivement en ligne sur Internet que la presse papier néglige depuis bientôt dix ans en ne s'intéressant qu'aux disques physiquement palpables. Ainsi, sous la rubrique "Tribunes", Nicolas Dourlhès évoque-t-il les plus récents, soit deux volumes de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (2015) avec d'une part Médéric Collignon et Julien Desprez, et d'autre part Pascal Contet et Antonin-Tri Hoang, L'isthme des ismes (2017) avec Hoang et Samuel Ber, Arlequin (2015) et Défis de prononciation (2017) avec Sophie Bernado et Linda Edsjö, Harpon (2016) et Paradis (2017) avec Amandine Casadamont, Carambolages (2016) pour l'exposition de Jean-Hubert Martin au Grand Palais... Pour terminer, commençons avec l'album de mon Centenaire qui sort donc cette semaine et que raconte Franpi Barriaux sous la rubrique "Chroniques".

Centenaire de Jean-Jacques Birgé / The 100th Anniversary, cd GRRR, distribution Orkhêstra ainsi que Les Allumés du Jazz et BandCamp).

samedi 1 septembre 2018

Bel article dans Télérama


Super article de Louis-Julien Nicolaou dans Télérama qui me réjouit et me rajeunit. Juste un détail, sur mon Centenaire le violoncelliste Vincent Segal (sans accent sur le e) joue exceptionnellement de la basse électrique !

vendredi 31 août 2018

Jean Cohen-Solal, flûtiste shadokien


Jean-Cohen Solal est un artiste mythique pour avoir prêté sa voix aux Shadoks de Jacques Rouxel tandis que son frère Robert en composait la musique. Le Souffle Continu ressort ses albums en vinyle, le premier, Flûtes libres (1972), voit la flûte cuisinée à toutes sauces, tant qu'on avait oublié tout ce que l'on peut faire avec ce tuyau percé. Très expérimental, ce disque est un voyage psychédélique influencé par la musique planante et les recherches électroacoustiques du GRM que le musicien fréquente de temps en temps. On croit entendre les structures sonores Lasry-Baschet au milieu des couches du multipistes où le souffle irrigue tous les canaux. Depuis les Beatles, le sitar (George Harrison sur Norwegian Wood, Tomorrow Never Knows, Love You To, Within You Without You) et les tablas (sur son Wonderwall Music) se sont immiscées dans l'instrumentarium pop. Le polyinstrumentiste Serge Franklin et le percussionniste Marc Chantereau viennent ainsi épauler le chercheur. En me laissant aller à la rêverie, j'ai l'impression d'être tombé dans la marmite d'un alchimiste ivre de son.
Le second album, Captain Tarthopom (1973), ressemble plus à la pop des groupes français de l'époque, agrémentée de facéties bruitistes, de fanfares médiévales et de chaos organique. Pink Floyd croise le flair avec Bach et le free jazz raille la lithurgie. Le guitariste Jean Claude Deblais, le bassiste Léo Petit, le batteur Serge Biondi, le trompettiste Michel Barre, le trombone basse Jean Luc Chevallier, l'ondiste Sylvain Gaudelette et Charlotte, qui chante, participent aux agapes que dirige le compositeur à la flûte, au piano, à l'orgue, à la contrebasse, etc. Les deux albums font la paire, rappelant encore une fois l'étonnante imagination créative de cette époque libertaire.

→ Jean Cohen-Solal, Flûtes libres, LP vert pomme Le Souffle Continu, 21€
→ Jean Cohen-Solal, Captain Tarthopom, LP transparent Le Souffle Continu, 21€
→ Les deux ensemble, 38€

mardi 28 août 2018

Kings and Bastards de Roberto Negro


Mis à part l'album de mon centenaire (!), Kings and Bastards de Roberto Negro est la meilleure surprise de la rentrée. Le pianiste dont c'est le premier album en solo ne cède pas aux chimères du jazz américain comme tant de ses collègues. S'il s'inspire de ses études classiques il élabore surtout un discours personnel par le truchement de ressorts dramatiques que lui offre l'addition du piano, du piano préparé et de l'électronique. J'adore ses timbres de hang, gamelan, filetages, résonnateurs qui me rappellent ceux du piano préparé échantillonné par l'Ircam ou les instruments savamment samplés par SonicCouture. Si le gant est retourné, Roberto Negro le relève haut la main. Les douze pièces sont merveilleusement composées, instantanées ou préalablement écrites, qu'elles profitent de cette alchimie ou de la pureté du Fazioli enregistré au Studio Artesuono à Udine ou d'un Steinway B. Les effets électroniques ajoutés en post-production sont toujours délicats et adéquats, même dans les rares ruptures que le pianiste manie ailleurs avec la plus grande virtuosité. L'atmosphère est ici au recueillement, tendre et romantique. On voyage en diligence. En écoutant certaines pièces comme Fahrenheit 1.7 j'ai pensé que si Lucchino Visconti demandait aujourd'hui à Nino Rota de composer la musique de son prochain film cela sonnerait peut-être ainsi. Roberto Negro assume depuis toujours ses racines italiennes. Mais la promenade traverse aussi bien le Congo, l'Indonésie ou nos banlieues, à condition que l'on s'y rende de nuit, subrepticement, quand toute la ville dort pour nous surprendre. Une découverte est un élément de décor placé derrière une ouverture pour simuler l'arrière-plan. La musique s'en est fait une spécialité. Alors, lorsque l'aube surgit, subsiste le désir de revenir le lendemain soir pour apprécier chaque détail de notre tragique histoire. Les rois, devenus de fieffés bâtards, révèlent aux bâtards qu'ils en sont les véritables rois, à condition qu'ils osent prendre le pouvoir que l'imagination leur accorde. Sic.

→ Roberto Negro, Kings and Bastards, cd CamJazz/Harmonia Mundi, sortie le 5 octobre 2018
Mais si vous êtes trop impatients, rendez vous au Studio de l'Ermitage à Paris le 4 septembre ! Ou plus tard à Lyon, Orléans, Nantes, Avignon, Radio France, Fontenay-sous-Bois, etc.

vendredi 24 août 2018

La Jetée ce soir sans les images ni le son !


Le compositeur Antonin-Tri Hoang projette des spectacles cinématographiques sans images. Les sous-titres des films qu'il retranscrit défilent sur l'écran comme à l'opéra, constituant la partition du concert. Le texte qu'interprètent les musiciens selon des indications essentiellement dramatiques leur confère ainsi le statut de sur-titres. Libre à celles et ceux qui connaissent les images de jouer des frictions que la mémoire leur octroie, les autres découvrant une œuvre inédite par les mots, mais tous et toutes d'assister à une recréation en se faisant son propre cinéma. À Montreuil ce vendredi soir à 20h30 nous interpréterons ainsi La jetée de Chris Marker. Ce chef d'œuvre de 1962 joue justement des bribes de ce dont nous nous souvenons, comment des photographies ravivent cette mémoire enfouie dans les plis de l'enfance. La science-fiction permet au héros de voyager dans le passé et le futur pour former une boucle, mise en abîme fatale qu'a générée la troisième guerre mondiale. Comme lui les spectateurs tenteront de comprendre cette fabuleuse intrigue...
Chris Marker se serait inspiré de sa visionneuse d'enfant, un Pathéorama, et du film Vertigo (Sueurs froides) d'Alfred Hitchcock, explicitement cité dans le remake de Terry Gilliam, L'armée des douze singes. La partition sonore de Trevor Duncan mixée par Antoine Bonfanti sera évidemment absente, comme les images, mais cette transposition musicale rend hommage à la puissance du son dans les films, dont la complémentarité avait été suggérée à Marker par la projection du Traité de bave et d'éternité de Isidore Isou. Toute l'œuvre de Marker repose sur des faux-semblants, ambiguïté de la réalité que le cinéma permet de travestir. Pour lui c'est un jeu, fut-il révélateur d'une prise de conscience politique. Ailleurs et massivement, les manipulations de l'opinion développées par Edward Bernays sont devenues le moteur du corps d'armée audiovisuel. Les images fixes en noir et blanc de La jetée réussissent à nous entraîner dans les méandres d'un souvenir à venir. Qui sait ce que produira notre interprétation de ce conte critique où le monde court à sa perte ?


Il y a quelques jours j'évoquais les circonstances dans lesquelles se déroule ce concert improvisé. "Tout le mois d'août le compositeur, clarinettiste-saxophoniste, Antonin-Tri Hoang est en résidence à L'Office, Croix de Chavaux à Montreuil. Il en profite pour organiser des évènements impromptus comme un concert pour synthétiseurs auquel il m'a convié pour un duo improvisé le vendredi 24 à 18h. Il sera aux commandes d'un système modulaire qu'il a assemblé. Je viendrai avec un Lyra-8 russe, un Tenori-on japonais et l'unique exemplaire du JJB64 qu'Éric Vernhes avait inventé pour moi à l'occasion de mon anniversaire et qui fonctionne sur une machine dont les pièces et le montage viennent probablement de Chine. (...) La résidence Tout/Rien est enveloppée par une très belle et malicieuse installation de Marie-Christine Gayffier." Depuis, Antonin a invité la pianiste Ève Risser et le saxophoniste (alto et sopranino) Sol Lena-Schroll à intervenir lors des plongées dans le passé pour lesquelles il a composé des petites séquences inspirées par la musique de Bernard Herrmann pour Vertigo !

→ concert La jetée, vendredi 24 août à 20h30, avec Antonin-Tri Hoang, Jean-Jacques Birgé, Ève Risser, Sol Lena-Schroll - 1ère partie solo de la harpiste Laura Perrudin qui ne jouera, elle aussi, que d'instruments électroniques !... Tout cela dans le cadre de Tout/Rien à L'Office (ancien Office du Tourisme), 1 rue Kléber, Croix de Chavaux, Montreuil (ligne 9 - sortie 4)
→ Le texte de Chris Marker vient dans un très beau livre où sont reproduites les images et le récit dit à l'origine par Jean Negroni, et par James Kirk dans la version anglaise, ou du DVD publié en France par Arte

mardi 14 août 2018

Michael Gordon par le Kronos Quartet


Mais non, fidèles lecteurs et lectrices, je ne vous laisse pas tomber. Je vais bien. Je n'ai pas d'ennui de santé. Juste un changement de rythme. Les aléas de la vie font exploser les habitudes. Besoin de voir ailleurs si j'y suis. Ce qui ne m'empêche d'ailleurs pas de continuer à signaler presque chaque nouvelle production du Kronos Quartet. On peut toujours critiquer leur entrain dynamique très rock 'n roll, le quatuor californien a le mérite de faire découvrir quantité de compositeurs du monde entier et d'origines musicales relativement variées...


Michael Gordon n'est pas une découverte puisqu'il est l'un des trois piliers du new-yorkais Bang On A Can avec sa compagne Julia Wolfe et David Lang. Les interprétations à l'arrache de Bang On A Can sont d'ailleurs très proches de celles du Kronos. Cet album présente dix ans de collaboration avec le compositeur, à commencer par Potassium (2000) pour quatuor amplifié avec distorsion et sons électroniques, puis The Sad Park (2006) avec les voix enregistrées d'enfants de 3 ou 4 ans trafiquées réagissant au 11 septembre 2001, Exalted (2010) où le Young People’s Chorus of New York City dirigé par Francisco Núñez fait écho en araméen au précédent avec également le recours à un dispositif électronique. Clouded Yellow, composé la même année pour le Kronos, ouvre le disque. Glissés empruntés aux violonistes du Taraf de Haïdouk, phrases répétitives, traitements électroacoustiques, mélange avec les voix des enfants, découpage radical, rappellent le style à la fois planant et enlevé de Gordon.

→ Michael Gordon & Kronos Quartet, Clouded Yellow, cd Cantaloupe

lundi 13 août 2018

La folie de Château Perché


D'abord le lieu : un parc de cent hectares où s'élève le château d'Avrilly avec ses restes du XVe et XVIIe siècle et ses rénovations du XIXe, plans d'eau merveilleux, sous-bois secrets sous un ciel immaculé. Y sont disséminées douze scènes où la musique résonne non-stop pendant deux jours et deux nuits. Boum-boum-boum-boum, il faut aimer la techno sous toutes ses déclinaisons, même si on a la surprise de découvrir un groupe de salsa, des rappeurs ou une fanfare en parcourant la forêt. C'est suffisamment ouvert pour que Harpon y fasse un set nocturne de trois heures à l'Orée de la Clairière dans une programmation ambient/expérimentale !


Huit mille festivaliers ont rejoint cette cinquième édition du Festival Château Perché. La plupart sont maquillés, déguisés, allumés dans ce qui ressemble à un Blade Runner bon enfant. Le dress code (Tribute to Charles Freger‘s Photography, puis La Belle Époque) est interprété très librement. Dans ce pays des merveilles où chaque scène est décorée différemment, c'est peace & love ressuscités ! Au petit matin on voit évidemment errer ceux qui ont abusé des boissons alcoolisées ou des substances psychédéliques, et qui n'ont pas été embarqués par les ambulances. Je n'en connais pas la composition chimique, mais leurs adeptes gardent le sourire même si la Terre vacille sous leurs pieds. La plupart des festivaliers sont simplement des amateurs de musique de danse et de transe. L'expérience est hallucinante.
Chaque année le festival se tient dans un château différent et nécessite une organisation incroyable doublée d'une grande fantaisie. Je ne connaissais presqu'aucun des deux cents musiciens et DJ, si ce n'est Coldcut et Ben Osborne, responsable de la scène UK. La musique était devenue accessoire, seule l'expérience me fascinait. Le travail raffiné des timbres de Harpon et notre choix narratif des 1001 nuits furent terriblement perturbés par la rythmique binaire d'une autre scène pourtant assez éloignée. Notre duo avec Amandine Casadamont s'en sortit tant bien que mal en remontant le volume et en glissant progressivement vers des séquences rythmiques couvrant la pollution sonore de cette proximité, mais nous avons dû hélas abandonner les méandres raffinés du conte arabe...

mardi 7 août 2018

Les 1001 nuits de Harpon au Château Perché


Dans la nuit du 11 au 12 août de 1h à 4h du matin Amandine Casadamont et moi jouerons trois heures d'affilée sur l'une des huit scènes du Festival Château Perché qui se tiendra cette année au Château d'Avrilly près de Moulins dans l'Allier. Ce lieu, c'est l'orée de la clairière, l'île du Ketoshima, dédiée à la paix, où ne seront présentées que des musiques downtempo et ambient. Je ne connais aucun des artistes qui nous y précéderont ou suivront (Adc-303 - Andrea Belfi - Asmar - Benjamin König - Dialogue/s - Gagarin Project - (Live) Harpon c'est nous ! - Kawrites - Lakker - Lopal - Loup des Steppes (Théâtre - production In Carne) - Månljus - Paul Mørk - Samy El Moudni - Shaded Explorer - Sub Accent - (Live) Vito Lucente), pas plus que les 200 en tout qui se succéderont pendant les deux jours de ce festival hors normes. C'est dire si nous sommes curieux et avides de découvertes.
Comme notre prestation se déroulera aux rares heures où je dors habituellement je crains la nuit blanche avec trajets aller et retour depuis et vers Paris. Amandine me racontera certainement des histoires comme Shéhérazade pour que je ne m'endorme pas au volant. Tapis volant, s'entend. Cent ans justement. Puisque la nuit porte conseil nous avons choisi d'interpréter, très librement, dix contes des 1001 Nuits, cahier des charges que nous nous imposons pour donner un cadre à nos imaginations débridées. Ma camarade sera aux commandes de trois platines tourne-disques, 100% vinyle, tandis que je jouerai sur mes claviers ou sur instruments acoustiques. J'ai donc choisi aussi le Tenori-on qui produit de la lumière, le H3000 qui démultiplie les voix, le Lyra-8 fraîchement débarqué de Russie, certains programmes délicats développés pour iPad par Les inéditeurs, quelques instruments à vent, mes guimbardes... Deux energy chimes serviront à marquer le passage d'un conte à un autre.
Les dix contes sont Aladin ou La lampe merveilleuse, Sinbad le marin, Le cheval enchanté, L’Épopée de Umar an-Nu'mân, Ali-Baba et les quarante voleurs, Les trois Calenders, Le chien du Tsar, Le Conte du pêcheur et du démon, Les sept Vizirs, Le Conte d’Ayyûb le marchand, de son fils Ghânim et de sa fille Fitna. Je fais cette annonce alléchante, mais je crains que vous ne puissiez assister à cette performance si vous n'avez déjà acquis l'un des 5000 tickets, car c'est hyper booké. Je vous raconterai, puisque c'est le mérite du conte arabe de vous tenir en haleine jour après jour, nuit après nuit...

lundi 6 août 2018

Les disques GRRR sur Bandcamp


Sur Bandcamp vous trouverez l'album de mon Centenaire tout récent, Long Time No Sea du trio El Strøm, Établissement d'un ciel d'alternance où je suis en duo avec Michel Houellebecq, le disque de chansons Carton en duo avec Bernard Vitet, plusieurs albums d'un Drame Musical Instantané (Machiavel, Opération Blow Up, Urgent Meeting, Qui vive ?, Le K, Sous les mers, L'hallali, Trop d'adrénaline nuit...).
Cette plateforme permet d'écouter, de télécharger les albums dans leur intégralité ou pièce par pièce (en FLAC, ALAC (Apple Lossless), AAC, Ogg Vorbis, WAV ou AIFF !), de commander les CD, etc.
Nous avons donné un maximum d'informations sur chaque album, photos à l'appui, mais rien ne vaut l'objet lui-même tel que nous l'avons conçu dans sa matérialité.

mardi 31 juillet 2018

L'album de mon Centenaire est sur Bandcamp !


L'album sort officiellement le 7 septembre. Il est distribué par Orkhêstra et Les Allumés du Jazz. On le trouve aussi sur Bandcamp comme une douzaine de CD du label GRRR. On peut l'y écouter, le télécharger sous différents formats et commander le somptueux digipack. Il est accompagné d'un livret de 52 pages réalisé par Étienne Mineur. Pour plus d'infos se référer à l'article précédent ! Mais dores et déjà vous pouvez l'écouter en cliquant ici sur chaque décennie, même s'il vous manque les passionnantes notes de pochette et le remarquable travail graphique de Mineur...

vendredi 6 juillet 2018

Il n'y a plus de secret


Les neuf indices (1 2 3 4 5 6 7 8 9) livrés dans cette colonne pouvaient-ils laisser présager de ce qui se tramait. Étienne Mineur s'y entend d'ailleurs en trames, au vu de sa création graphique, 52 pages hautes en couleurs. J'ai mis dix ans à accoucher de ce projet. Dix ans. Chaque pièce de l'album représente d'ailleurs une décennie. Les chiffres !? Avant l'ultime pièce due à Sacha Gattino, mes compositions durent un total 52 minutes, pas une seconde de moins. C'est aussi l'année de naissance. Mon chiffre préféré a toujours été le 7. Ajoutez ou multipliez, vous retomberez toujours sur ce tiercé, 52-7-10. Une martingale. Dans mes cauchemars d'enfant, le 7 épousait le rythme de ma respiration, probablement celle de ma mère ce mercredi de novembre. Non, ce n'était pas le septième mois. Le septième est celui de juillet ! On y est. Un obsessionnel fait dire aux chiffres ce qu'il veut. Libre au compositeur de jongler avec eux comme avec les mots. La musique est de cet ordre. Je l'aurai tordue dans tous les sens.
Dans une lettre datée du 5 novembre 2052, Laure Nbataï écrit :
"En 2018 Jean-Jacques Birgé se tourne vers son passé en enregistrant une pièce par décennie, réfléchissant à la fois son parcours et l’époque où il s’inscrit. En hommage à son père féru de science-fiction, il imagine également les décennies à venir, composant trois pièces d’anticipation. Cette évocation vectorielle ressemble à un spectacle d'ombres chinoises dont les apparences se confondent avec le réel. Pour conclure l’album, le compositeur Sacha Gattino s’est fait un devoir d’écrire un Tombeau en hommage à son camarade.
Par souci d’authenticité, Jean-Jacques Birgé mêle des archives, dont la plus ancienne date de 1958, à des enregistrements réalisés avec nombreux musiciens et musiciennes parmi ses amis. On retrouve ainsi les chanteuses Elsa Birgé sa fille, Pascale 
Labbé, Birgitte Lyregaard, son camarade d’Un Drame Musical 
Instantané Bernard Vitet à la trompette, le trombone Yves Robert, le corniste Nicolas Chedmail, le compositeur Antonin-Tri Hoang à la clarinette basse, les guitaristes Hervé Legeay et Philippe 
 Deschepper, le violoncelliste Didier Petit tandis que Vincent Segal est à la basse, les batteurs Cyril Atef et Éric Échampard, l’accordéoniste Michèle Buirette, la créatrice sonore Amandine 
Casadamont et Sacha Gattino mélangeant échantillonneur, boîte à musique orgue et sifflement.

Pour sa part, tout au long de ces dix décennies formant ce petit opéra, on peut entendre le compositeur au synthétiseur, son instrument de prédilection dont il fut l’un des premiers utilisateurs en France dès 1973, mais aussi au Theremin, au Tenori-on, à la Mascarade Machine, à la trompette, à la flûte, à la cythare inanga et à la guimbarde, son instrument fétiche. Sa voix est également présente, de l’enfance à l’âge adulte, dont trois passages chantés."

→ Commandes anticipées chez le distributeur Orkhêstra, ou auprès du label GRRR
si vous désirez le recevoir avant sa sortie officielle le 7 septembre...

jeudi 5 juillet 2018

Cauchemar


Coup de théâtre et accumulation de douches froides : mes disques seraient retrouvés et arriveraient ce soir vers 20h par camion spécialement affrété ! Comme ils avaient disparu il y a une semaine au fin fond de la Suède et qu'il était impossible de les localiser, j'ai espéré un moment devenir n°1 chez les Esquimaux...
Avec par ordre d'apparition Étienne Mineur, Michèle Buirette, Elsa Birgé, Nicolas Chedmail, Hervé Legeay, Vincent Segal, Cyril Atef, Bernard Vitet, Didier Petit, Pascale Labbé, Philippe Deschepper, Yves Robert, Éric Échampard, Sacha Gattino, Birgitte Lyregaard, Amandine Casadamont, Antonin-Tri Hoang...

Actualisation : VÉRITABLE CAUCHEMAR
Toujours aucune livraison et il est 22 heures !

Transhuman/ce par l'Anguison Quartet


J'ai commencé par sentir un léger frémissement. Le vent a fait bouger les feuilles. C'est ce que j'ai cru avant de lire le titre de la pièce, Hanuman Dance. Il y avait donc quelqu'un dans l'arbre. Un langur à face noire ? Ou un truc carrément plus gros ? En réalité ils étaient quatre : Fabrice Charles au trombone, Nicolas Nageotte au baryton, et les deux autres à la batterie et aux percussions, Jacques Di Donato (non, pas à la clarinette !) et Roméo Monteiro qui a également réalisé le mixage des improvisations. La suite est aussi délicate. Ils s'étaient mis d'accord pour ménager les oreilles des auditeurs, proches des pavillons et des cymbales. Pour retrouver le contexte où le public est convié au milieu de l'espace sonore, Christian Maes a enregistré en binaural, donc l'écoute au casque est fortement conseillée pour suivre le cours de l'Anguison, petit ruisseau du Morvan. Sur ses rives fleurissent des bouches colorées, mais de temps en temps éclate une discrète tragédie. Le quartet ne s'en aperçoit sérieusement qu'après coup. Ses membres identifient seulement à l'écoute les étapes de leur promenade qui aura duré trois jours. Ils l'ont d'ailleurs appelée Transhuman/ce. J'ai apprécié d'avoir attendu la crue, lorsqu'en index 8 le flux se moque des petits cailloux et des herbes folles, mais le free reste très zen, se laissant consommer par petites gorgées dans des sazukis. La végétation laisse défiler une toile paysagère qui ne se perçoit qu'en s'allongeant sur l'herbe...

→ Anguison Quartet, Transhuman/ce, cd Urborigène

mercredi 4 juillet 2018

Disparition mystérieuse de toute une vie


Tout était calé pour que j'envoie mon nouvel album à sa vingtaine de participants et à la presse mercredi dernier, avant mon départ en vacances. Mais une erreur d'aiguillage a chamboulé mes plans. Encore une fois un transporteur, cette fois l'Allemand Dachser, a été à la hauteur de cette profession sinistrée. Mon chargement est parti au fin fond de la Suède au lieu de Bagnolet. J'ai donc attendu deux, puis trois, puis cinq jours, l'annonce de la livraison étant chaque fois ajournée alors que je faisais le pied de grue à l'attendre. Une semaine plus tard, alors qu'encore une fois je n'ose pas quitter le studio, Squeezer m'apprend que "le transporteur a perdu le stock et qu'il est impossible de le localiser" !!!
------- cela vaut bien trois points d'exclamation -------
Les huit indices (1 2 3 4 5 6 7 8) publiés dans cette colonne attendront donc encore un peu pour que la solution de l'énigme vous soit révélée, même si le titre de cet article représente un nouvel indice.
Vous comprendrez pourquoi je désirais tant l'avoir derrière moi. C'est une page qui se tourne, et non des moindres. La sortie de cet album magnifiquement habillé par le graphiste Étienne Mineur en 52 pages coïncide avec une année clef. Ma fille a eu un petit garçon, les archives de la famille descendues du haut d'une armoire m'ont donné envie de faire pousser mon arbre généalogique, ma curiosité est allée jusqu'à faire séquencer mon génome, et puis cet album commencé il y a dix ans et dont je parle depuis des semaines en termes voilés clôt inévitablement une histoire, une très longue histoire. Après tout cela j'ai besoin d'avoir l'esprit libre pour envisager de nouvelles aventures. Régulièrement, mais heureusement pas trop souvent, je remets ma vie en question, et ce à tous les niveaux, intime, domestique et professionnel. Qu'ai-je maintenant envie de faire ? Quel avenir envisager ? Pas question de m'endormir sur mes acquis.
Cette aventure au goût saumâtre me contrarie, car je pensais prendre la route avec le passé derrière moi. Je crains aussi que le pressage disparu réapparaisse en promo un de ces jours sur Internet ou ailleurs, car mon nouvel album n'a pas été enlevé par des extra-terrestres. Le feuilleton a engendré suffisamment de tensions additionnées à d'autres problèmes pour que nous ne partions plus en vacances. J'ai défait les valises. L’usine d'Optimal va prendre en charge un repress complet de l’ensemble des exemplaires, en express disent-ils. Je pourrai peut-être faire mes envois en fin de semaine prochaine. De toute manière cet objet, à la fois symbolique et conceptuel, ne paraîtra que le 7 septembre, mais je comptais aussi assurer les pré-commandes auprès de celles et ceux qui partagent mon impatience...
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