Jean-Jacques Birgé

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samedi 22 janvier 2022

De la lune


Diane. Pleine lune.
Pas lundi, mais mardi.
Bernaches. Nuit américaine.



J'ai pensé à L'île aux morts de Böcklin que nous avions traité en 3D (ici hélas en 2D) avec Pierre Oscar Lévy dans la série Révélations, une odyssée numérique dans la peinture qu'il avait réalisée et dont j'avais été à la fois le directeur artistique et le compositeur. L'ensemble avait été exposé au Petit Palais en septembre-octobre 2010. Là je joue du frein construit par Bernard Vitet, sa contrebasse électrique à tension variable que je transforme avec mon Eventide H3000. J'avais déjà utilisé cette instrumentation pour G10 de Sun Sun Yip.

dimanche 17 octobre 2021

Courseulles-sur-Mer


Rien n’est grand ni petit, mais proche ou loin
(chapitre "des distances" du Journal d’un inconnu).

samedi 16 octobre 2021

Normandie


Je n’avais jamais vu la tapisserie de Bayeux, bande dessinée du XIe siècle ou leporello cylindrique brodé de près de 70 mètres, spectacle incroyable de la bataille d’Hastings soulignée par une frise de petits animaux offrant plus de liberté aux chroniqueuses. J'y ai tout de même repéré quelques passages érotiques au début, la fin y présentant plutôt des cavaliers nus (dépouillés) et décapités !
La photo fait référence à l'autre spécialité touristique du Calvados, soit l'industrie du débarquement : pom pom pom pom...

vendredi 8 octobre 2021

Ni le jardin de son éclat


Au commencement il y eut l'automne, ou plus exactement les couleurs de l'automne.
Ce n'est pas vrai. Il est déjà tard dans l'après-midi lorsque je prends le temps de me poser et de regarder le jardin. Dès huit heures ce matin, je m'y étais attaqué comme un forcené. Coupé les bambous qui étouffaient le palmier, les effeuiller au sécateur avant de glisser les longues tiges sous le toit du garage, retirer les mortes qui avaient jauni. Attendu ma compagne avant de grimper en haut du charme pour couper de grosses branches à la tronçonneuse. Timber ! Pédalé jusqu'à la mairie pour chercher des sacs en papier à déchets verts et les remplir à ras bord. Aspiré-broyé le reste. Huit heures plus tard je décidai que c'était bon comme cela pour aujourd'hui et, fourbu, j'admire le travail.


Opposées à la vigne vierge je crois reconnaître les tropiques. Le ciel pareil à une mer découpée par la plage. Plongée et contrechamp. De l'avion peut-être ne connaîtrai-je plus que le son des réacteurs au-dessus de la maison. Bilan carbone oblige. Souvenirs. Aux plus jeunes il ne restera que les rêves. Je fais semblant. Si la forêt primaire et le désert me manquent, je les chercherai dans l'hexagone. Ou dans ma tête. Drôles d'évasions !


Troisième photo. Dans cet ordre. Secret bien gardé. Accelerando de percussion. C'est la musique de Fumio Hayasaka pour l'arrivée de la police dans Les amants crucifiés. Finalement je prends le temps, le temps d'écrire, le temps de vivre. Il serait temps. Il est toujours temps. C'est ce que je m'évertuais de répéter hier soir à un ami en détresse. Rien n'est jamais joué. Encore une fois résonne dans ma tête la fin de Au pied de la lettre dans Trop d'adrénaline nuit, le premier disque du Drame : sans que nous nous soyons concertés, Bernard scanda "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard" tandis que je clamais "Tout homme détient dans ses mains son destin". Je n'avais que 24 ans, mais Apollinaire et Vigo se complétaient à merveille.
Le soir tombe, la température est clémente pour octobre, je retourne admirer la nouvelle figure du jardin...

mardi 27 juillet 2021

Remontée vers le nord


Depuis que je suis rentré j'ai la tête à l'envers. Ce mois d'absence a généré plus de présence que ceux qui ont précédé. À croire qu'une soucoupe volante s'est posée sur le lac du Merle dans le Sidobre et que des extraterrestres m'ont reconnu parmi les leurs en entendant l'oiseau chanter. J'ai conduit jusque dans le Tarn où j'ai retrouvé mon cousin Olivier, pas vu depuis des décennies...


La question au touriste est chaque fois la même : souhaites-tu visiter tel vestige architectural ou te plonger dans la nature ? J'en ai vu de toutes les couleurs, des châteaux en France et en Espagne, des villages médiévaux et des églises mythiques, mais rien ne vaut pour moi de respirer l'air du large en pleine forêt, là où les elfes trouvèrent refuge. Sur les pentes les rochers me rappellent les décors fantastiques de Hayao Miyazaki...


Olivier et Maryse m'ont emmené acheter de l'ail rose du Tarn dont j'ai besoin pour concocter le noir. Il était encore frais, les tresses n'étaient pas sèches. Dès mon retour j'en ai mis à cuire au fond du jardin. Douze jours pleins à 80°. Des bonbons...


Toulouse est à une heure de Castres. Petite distance en regard des kilomètres parcourus depuis mon départ le 25 juin. Aux yeux et aux oreilles d'Hélène, la principale attraction est la Halle de la Machine conçue par François Delarozière, ancien de Royal de Luxe. Des démonstrateurs déclenchent les dizaines d'instruments de musique abracadabrants qu'elle abrite, orgues à feu et autres instruments mécaniques sortis de l'atelier de Gepetto. Dehors avance le Minotaure et tourne le Manège carré...


Le lendemain nous faisons le tour du lac Montbel, entre l'Aude et l'Ariège. Quinze kilomètres en cinq heures entrecoupés de baignades à poil dans une eau argileuse turquoise. Le rêve. On se croirait à Hawaï...


Dernière étape de mon périple, Brivezac où m'attend Francis. Nous évoquons notre adolescence, premier concert de rock au Lycée Claude Bernard à Paris il y a 50 ans, Un drame musical instantané, Bernard... La Dordogne déborde tant et si bien qu'elle transforme ses abords en mangrove. Le courant est trop fort pour qu'on s'y baigne. Direction piscine. La Corrèze offre un nouveau paysage magnifique. En dehors de la présence d'une tique sur ma jambe, c'est le paradis, d'autant qu'il y a beaucoup moins de moustiques qu'à Toulouse ! J'aurai bien marché pendant ces quatre semaines et rencontré tant d'amis et d'amies adorables...


À Bagnolet les pieds de tomates ont atteint deux mètres, mais les premiers fruits sortent seulement maintenant. Les chats ne me font pas la tête, mais la fête. Ils n'ont jamais été aussi câlins. Je dégage probablement des ondes bénéfiques, car les réactions des uns, des unes et des autres sont particulièrement chaleureuses, certaines surprenantes. C'est souvent ainsi, le rayonnement attire et je n'en suis pas avare depuis mon retour. La magie opère. C'était une question de patience. J'avais tenté de l'apprivoiser. C'est le bonheur.

lundi 26 juillet 2021

Vers le sud


Voilà, je suis rentré de mon périple autour de la France. J'y ai traversé la Grand Canyon, la forêt vierge et la steppe. Ai-je encore besoin de prendre l'avion ? Je me souvenais de l'incroyable diversité des paysages, mais au volant ou à pied je redécouvre les merveilles de la nature. Les amis rencontrés véhiculent leur propre exotisme et une gentillesse qui m'a chaque fois touché...


Face aux grands espaces je fus également hébergé dans de merveilleux édifices construits par l'homme où vivent certains de mes camarades de jeu, exilés loin de la capitale qu'ils ont déserté depuis que nous nous sommes rencontrés jadis. Fred m'a refait visiter le château avec son jardin conçu par Le Nôtre, la plus grande palmeraie du pays, la bambousaie (il m'explique que seule celle d'Anduze a le droit à l'appellation "bambouseraie"), leur plage et la cascade sur la Vis. Une vie de rêve comme chacune de mes dix étapes...


Le soir je croisai de temps en temps des sorciers ou des sorcières m'initiant à des mystères que je n'avais jusqu'ici que soupçonnés. La terre révélait son étonnant magnétisme...


Les images me rappelaient des films dont le souvenir-même se perdait sous les rayons du soleil ou les étoiles. Entre la Normandie et le Japon, Dumont et Kurosawa...


Nous sommes descendus dans le Cirque de Navacelles. Les chenilles des pyrales du buis s'accrochaient à nos cheveux et nos vêtements. La fraîcheur de la rivière nous attendait en bas...


Les Cévennes sont véritablement époustouflantes. Ailleurs ce furent les gorges qui criaient mon nom afin que je m'y enfonce. Je ne savais pas encore qu'une surprise m'attendrait à mon retour, même si je l'avais tant espérée. Il faut toujours se fier à son intuition et ne pas craindre de sauter du haut de la falaise...


J'ai continué à descendre vers le sud. Les touristes étaient moins nombreux que je ne pouvais le craindre. D'ailleurs je n'ai jamais rencontré d'embouteillages estivaux, au pire une autoroute un jour de semaine. Le plus souvent j'empruntai des départementales, un peu angoissantes lorsque, sinueuses, elles ne possédent qu'une seule voie. Sans compter le GPS qui me perdit une fois encore, incapable qu'est l'application à gérer une adresse un peu longue et complexe...


À Collioure, Marie m'emmena jusqu'à Port-Vendre et Argelès (photo tout en haut) dont je me rappelais grâce à Henry, condisciple de l'Idhec dont j'appréciais la rigueur. Je passai la frontière pour faire quelques emplettes gastronomiques avant de remonter vers Toulouse...

dimanche 11 juillet 2021

Selfies du Gard


Repos chez Pascale où j'en profite pour lire un peu et même faire la sieste ! J'avais commencé ces petites pauses régénératrices à Paris. Il aura fallu toutes ces années pour que je m'y mette. J'arpente toutes les pièces de la maison où je vis seul depuis une semaine à la recherche d'un cadre. Comme j'évite ceux qui sont vides, je m'y colle manière hollandaise... J'ai acquis un pied et une petite télécommande qui me rendent de précieux services...


Mon amie m'emmène me promener dans la garrigue avec le chien Jonibi. Si ce n'est pas trop loin, le chat Bleudouk suit l'équipée sauvage. Pascale sillonne souvent ces paysages merveilleux à cheval, mais le plus jeune fait des écarts trop vicieux pour qu'un novice s'y risque...


Pour une fois que j'y pense, j'enregistre les oiseaux, les poules, les insectes et les hennissements avec mon petit Nagra... Élise qui est en résidence au Diable Vauvert, Anne et Luc qui habitent Montpellier passent nous voir, alors qu'Elsa's family s'est envolée pour Nantes... Pascale imagine un projet de résidences avec, entre autres, construction d'un salon de musique et d'enregistrement...


Lorsque la chaleur devient harassante, je tourne en rond dans la piscine. Pourtant rien ne vaut la plage de L'Espiguette avec le sel qui colle à la peau en séchant... Nous nous repaissons d'huîtres, palourdes et télines aux Saintes-Marie-de-la-Mer où je n'étais jamais allé...


Fallait-il vraiment brûler un cierge à la Vierge noire pour que mes souhaits soient exaucés ? J'en doute, car je sais bien que tout arrive à son heure...


Je me vois plutôt partir dans les vaps que traverser le long couloir blanc. Cette volée de marches m'attire vers vous. Élévation ! On en reparlera en août, date butoir qui m'empêche de faire des projets. Aucune inquiétude à se faire pour autant. Walter devrait rééditer l'album Carnage pour la première fois en CD, avec un mix inédit en bonus où nous jouons avec un orchestre symphonique...


Je me prépare à de nouvelles aventures. Prochaines étapes, si rien ne chamboule mes plans, ce qui est déjà le cas : Saint-Laurent-le-Minier, Collioure, Toulouse, Brivezac...

vendredi 2 juillet 2021

Résumé des épisodes précédents


Ma sortie du mur me rappelle certaines images du Testament d'Orphée. Résurrection ou anticipation ? Nous avions besoin de nous détendre après l'épreuve de la piste noire. Passe-muraille me sied tout de même mieux que cascadeur...


La visite du Palais Idéal du Facteur Cheval est à l'origine de notre périple dans la Drôme et dans l'Ardèche couplée avec un concert auquel Nicolas participe ce soir à Valence. Beaucoup de photos de cette construction incroyable, mais on en trouve tant dans les guides. Nous y sommes allés suffisamment tôt pour profiter des histoires qu'il sculpta, inspiré par les cartes postales ornées de timbres qu'il apportait à ses concitoyens. 33 ans de travail sous les quolibets ou les encouragements, parallèlement à une tournée de 44 kilomètres en chemins escarpés pour apporter le courrier, le facteur, sec comme un coup de trique, devait être une force de la nature.


En fin de journée nous avons admiré l'Ardèche depuis la Drôme, et le lendemain la traversée du Rhône de Tain-l'Hermitage à Tournon offrit au plus jeune d'entre nous quelques tours de manège.


La baignade à Pont d'Arc, sous l'arche, avait un goût de vacances d'un autre siècle, peut-être parce que les hordes de touristes ne sont pas encore arrivées. Longeant les gorges de l'Ardèche nous surplombions des paysages de western. Pourquoi pensai-je alors à Anthony Mann plutôt qu'à Ford, Sturges ou Hawks ?


L'Airbnb à Saint Montan, avec ses escaliers à la Escher, semblait aussi médiéval que le reste du village reconstruit avec fidélité, tant dans l'architecture que dans les méthodes employées par les 10000 bénévoles qui se sont succédés pendant une quarantaine d'années. Nous étions seuls pour la montée au château qui offre un panorama superbe sur la région.


Les rues de galets sont aux sandales ce que le chemin diabolique avait été pour la Kangoo, toutes proportions gardées, car autrement moins dangereuses. Dans la Drôme les murs de galets des maisons avaient forcément inspiré le Facteur Cheval... Les autres villages médiévaux nous semblaient fades en comparaison de Saint Montan.


Dehors dedans. Nous nous sommes enfoncés dans les profondeurs de la Terre. 80 mètres, 250 marches. La Grotte de la Madeleine est magnifique. Que sommes-nous en regard de ces concrétions de 30 millions d'années ?


Détente dans l'Ardèche où j'apprécie le port de mes vieilles sandales qui ont arpenté tant de chemins, de la Roumanie au Laos. Je passais les gués comme qui rigole sans me blesser les pieds ni être surpris par les serpents d'eau. Ici ce sont simplement les galets, toujours les galets, que je foule jusqu'au courant qui m'entraîne vers de nouvelles aventures...

jeudi 1 juillet 2021

Au salaire de la peur


La photo ne donne rien. J'avais arrêté de trembler et c'était le dernier virage en bas de la côte infernale. Avant de m'arrêter au bord du champ de luzerne j'avais eu les mains crispées sur le volant. Dix minutes qui durent une vie. La voiture sautait dans tous les sens, avec le précipice à tribord. En piquant en avant j'ai éclaté le pare-choc, mais heureusement l'airbag ne s'est pas déclenché. Je n'y avais même pas pensé. Au début nous riions des branches de ronces qui zébraient les flancs de la Kangoo. Ne suivez jamais Waze aveuglément ! L'application nous avait indiqué un chemin de terre. Je n'étais pas très chaud, mais nous devions atteindre un village médiéval, alors pourquoi pas ? La route était si étroite que nous avions juste la largeur de la voiture. Impossible de faire demi-tour où que ce soit. Les herbes étaient de plus en plus hautes sur le talus au milieu du chemin. Ayant déjà conduit sur des cailloux, des creux et des bosses, je savais l'auto haute sur pattes. Nous n'avions d'autre choix que d'avancer, mais les ronces étaient de plus en plus denses. Au bout d'une vingtaine de minutes de cette épreuve, un panneau indiqua que nous nous engagions dans une voie privée, interdite aux étrangers., mais rien ne précisait que la route était impraticable. De gros cailloux avaient remplacé la terre. Nos rires ont commencé à se figer et la peur avait remplacé la rigolade. Derrière, L. s'affolait parce que des sauterelles et des araignées avaient pénétré l'habitacle. La pente devenait de plus en plus abrupte. En voyant le précipice et le tournant en épingle à cheveux N. a fait descendre tout le monde et j'ai continué seul sur la piste noire. Vraiment pas le choix ! C'était cela ou continuer à pied, mais jusqu'où, pour sortir la Kangoo en hélicoptère. Ce n'est pas une blague. Je ne riais plus du tout. Chaque tournant marquait une nouvelle épreuve, et chacun était plus angoissant que le précédent. Je me souvenais du Salaire de la peur et roulais en seconde, sauf lorsque je devais faire une manœuvre pour amorcer un virage. Marche arrière en espérant ne pas glisser dans le fossé. Les pentes atteignirent 40 degrés, une folie. Je pensais à mon père qui, un été au Maroc, avait sauté un pont avec la voiture de location comme dans les films avec Belmondo. Il savait donc voler. Et je glissais de plus belle sur la piste noire. La voiture ressemblait à un shaker entre les mains de Tom Cruise dans Cocktail. Je serrai les fesses quand la partie gauche du chemin fut à soixante centimètres de celle de droite. Lorsque je me repasse le film dans ma tête, je me demande comment j'ai réussi à passer. Les autres aussi. Ils me suivaient inquiets, rassurés de ne pas voir la voiture retournée en bas de chaque virage. Lorsque je suis arrivé en bas, j'ai respiré profondément et j'ai sifflé le plus fort possible vers le haut de la montagne pour leur dire que tout allait bien. J'ai tenté d'envoyer des SMS, mais il n'y avait pas le moindre réseau. Ils ont fini par m'entendre. J'ai déjà eu peur en voiture, mais je n'ai jamais vécu un cross pareil. Même un 4x4 ne serait pas passé là. D'ailleurs personne n'avait probablement emprunté ce passage depuis des années. Cela ressemblait au lit d'un torrent. E. nous a donné de l'arnica, histoire de négocier le stress. On avait tous tremblé comme des feuilles. On rigolait à nouveau. J'ai regardé le châssis qui semble intact. Le pare-choc est convexe d'un côté, concave de l'autre, et je me fiche des rayures de la carrosserie. Mais désormais je ne suivrai plus Waze aveuglément et n'emprunterai plus de chemin de terre sans y avoir réfléchi sérieusement. J'avoue que dans des moments pareils je fonce comme un buffle avec un sang froid exemplaire, ce qui est complètement idiot. Quand faut y aller, faut y aller. Je devais être dans un état second, faisant corps avec le bolide transformé en attraction de foire.

mardi 11 mai 2021

Pieds joints


J'ignorais le vertige
Lorsqu'arriva l'enfant.
La terreur me fige...
Un jeune adolescent
Me rendra le courage
De rentrer à la nage
Pour jouer sur tous les temps
Comme si j'avais dix ans.

Mesures.
Lake Powell, an 2000. Le saut fait dix mètres. Si j'avais eu 15 ans, j'aurais plongé sans trop hésiter. Une fille de cet âge-là saute dans le vide. Un gamin de 11 ans, ni une ni deux, hop là ! Je me renseigne. On me répond qu'il faut surtout garder les bras bien serrés le long du corps. J'attends 20 minutes. Les mômes passent et repassent. Elsa commence à avoir faim. J'ai peur. Ce n'est que de l'appréhension. Je me jette à l'eau, ramassant mes bras avant de toucher la surface. 300 mètres de profondeur. Aucun risque. Je me détends lorsque mes pieds s'enfoncent. Les abysses me rassurent. Je veux recommencer pour être certain de n'avoir pas rêvé. Avec le temps, on ne sait plus ce que l'on sait encore faire. Le savoir s'accumule en désordre. Je sauterai une 3ème fois pour ouvrir les yeux que j'ai gardés fermés. Mais rien n'y fait. La peur me renvoie à ma nuit intérieure, aux rêves de saut, lorsque je croyais savoir voler.

Article du 17 juillet 2008

mercredi 5 mai 2021

La Loire comme un loir


Je m'endors quelques jours. Le vague à l'âme s'estompe. Non, pas japonaise. Comme une gaufrette.

dimanche 27 décembre 2020

Finistère sud





Trois photographies (sans filtre) du lever du soleil sur l'ïle-Tudy vendredi matin suivies des rochers de Saint-Guénolé le jour suivant.

mardi 21 juillet 2020

Jusqu'au bout du bout


Retour sur les chapeaux de roues avant de mettre le pied à l'étrier. J'aime autant revenir que partir, mais trois petites semaines bretonnes donnent beaucoup de travail lorsqu'on s'y remet. Je ressens encore les courbatures dans les cuisses et les mollets d'avoir escaladé la Pointe du Raz presque jusqu'au bout du bout. Finis Terrae. Epstein. Mon chouchou lyrosophe. La dernière fois que je m'étais adonné à ce sport, j'avais une quarantaine d'années et le grand écart me rappelle durement à la réalité. Comme lorsque je me vois aujourd'hui en photo. Ce n'est évidemment pas l'image que j'ai de moi-même. Je perçois ma nouvelle fragilité et je constate que j'ai basculé dans le troisième âge, malgré mon hyperactivité. J'ai donc eu un peu peur de crapahuter seul sur les rochers acérés le long des à-pic. Même chose lorsque je nage. Plus jeune, j'avais l'impression qu'en prenant mon temps j'atteindrais les îles Glénan sans me fatiguer, alors qu'après quelques brasses musclées je me retrouve terriblement essoufflé. Mon père m'aurait conseillé de "numéroter ses abattis". Ça se gère, mais nécessite de nouveaux repères. J'ai donc fait le papou, sans os dans le nez, avec mon petit-fils Eliott, et j'ai pris mon temps. Voilà la solution. Prendre son temps, c'est prendre le pouls du monde, et trouver sa vitesse de croisière. Il faut que je m'habitue à cette gymnastique qui consiste à revoir les bases avec de nouvelles habitudes. Les écarts sont toujours aussi indispensables, mais le grand, plus question. Il faut que je marche puisque c'est comme ça que "ça" marche. Je reprends donc doucement mon rythme quotidien, ici et ailleurs. Sur les pointes et les touches...
Je vais déjà suivre la promo de mon disque Perspectives du XXIIe siècle tout en travaillant sur le prochain, un double CD avec plus d'une trentaine d'improvisateurs/trices ! À côté de ces cabrioles, j'ai quelques commandes de design sonore aussi excitantes que les projets de performances "live" ainsi que deux autres aventures discographiques. Mais c'est l'été à Paris et je compte d'abord en profiter, alors je me reposerai parfois sur les archives du blog, quinze ans en arrière, que je m'évertuerai de réactualiser, bien entendu... Le soir, il fait frais, c'est délicieux.

mardi 30 juin 2020

Pause estivale


Retour régulier du blog le 21 juillet.

dimanche 7 juin 2020

Océan


No comment

samedi 6 juin 2020

Derrière l'horizon [archive]


Article du 29 août 2006

L'horizon est un hors champ sans cadre, sans limites. Il respire les récits de Conrad et les aventures du capitaine Troy. Tout y semble possible, îles désertes, civilisations perdues, trésors cachés. On s'attend à ce qu'en surgissent une Armada, des naufragés victimes de passeurs assassins, le Nautilus, Moby Dick, l'Atlantide ou de simples navigateurs solitaires. Le soleil y fait surface chaque matin pour s'y plonger chaque soir. Alors seul un miroir étoilé scintille au-dessus des flots, encore plus loin, mais on n'entend rien d'autre que le bruit des vagues. Un vol d'oiseaux migrateurs ne ferait que poser de nouvelles questions. Pris en photo, l'horizon reste le plus mystérieux des castelets. La courbure enfin visible donne le vertige. L'eau donne son volume à la sphère. La ligne sans cesse repoussée reflète les profondeurs, mais la distance est immuable. Dis, Papa, c'est encore loin ? Tais-toi et nage !
En haute montagne ou dans le désert, il m'est arrivé de recevoir notre planète en pleine figure, sa nature certes, mais jamais cette appréhension globale...

vendredi 5 juin 2020

Le Corbusier [archives]


Articles des 25, 26 août et 11 septembre 2006

INVITATION AU SUICIDE

Le Corbusier rêvait d’un autre monde. En visitant la cité radieuse à Marseille, je suis sidéré par sa rigueur et son imagination. Tout est si cartésien qu’en regardant le plongeoir construit sur le toit, au neuvième étage, on a du mal à imaginer autre chose qu’une invitation au suicide. On dit qu’il rêva la cité radieuse si emblématique que l’on aurait envie de choisir son immeuble pour en finir avec la vie. Et Le Corbusier de construire ce promontoire au-dessus du vide, à côté du gymnase, de la pataugeoire pour les enfants, de la salle de spectacles et de l’écran en plein air. Tous les deux ans, un désespéré ne manque d’ailleurs pas de sauter. Depuis deux ans, la fréquence s'est accrue, deux par trimestre.
Le suicide est une affaire intime, comme la morale ou la psychanalyse. Drôle de comparaison, m’objecterez-vous. La folie, la rébellion, la délinquance, l’expression artistique sont des réponses si peu satisfaisantes face aux difficultés de vivre là. Il y est question de son rapport au social, et l’on peut respecter le choix de chacun, même si ce n’est pas une partie de rigolade pour celles et ceux qui lui survivent. Parfois un peu de patience aurait peut-être eu raison des idées noires. L’humour tout aussi noir du génial « fada » serait-il une leçon de savoir vivre ?
Charles-Édouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier voire Corbu, s’est mystérieusement noyé le 27 août 1965 à Cap Martin. Il est enterré à côté de sa femme, dans la tombe qu'il avait dessinée, au cimetière de Roquebrune.

LE MODULOR


Autour de la cité radieuse, commencée en 1945 et livrée en 1952, s’étalent un jardin, un tennis, des jeux pour les enfants, un parking. À l'entrée de ce monument historique de 337 appartements tous habités par une clientèle de plus en plus bobo (il n'existe même plus d'appartement témoin), et abritant hôtel, restaurant, bibliothèque, école maternelle, supérette, boulangerie, boutiques, cabinets d’architectes, piste de jogging, sauna, ciné-club, etc., les gardiens sont obligés d’être présents 24 heures sur 24.


Les couloirs, qu’on appelle la rue, me font penser à ceux des hôtels de Las Vegas. Les portes dessinent des tâches de couleurs dans l’obscurité. Le Corbusier imaginait que les habitants pourraient les laisser ouvertes, et qu’en bon voisinage, les passants auraient envie d’entrer, attirés par la lumière.


Sauf quelques rares doubles, tous les appartements font 3,66 mètres de large, c’est le module. Conçus tout en longueur, sans aucune place perdue, la plupart bénéficient de la double exposition. Il y a des studios, des apparts avec trois chambres, et quelques plus grands. Séparés les uns des autres par de l’air et reposant sur des plots de plomb, ils sont insonorisés.


Adelaide est fascinée par la place prévue pour accrocher les casseroles. Rosette adore le passe-plat et les boîtes sur le palier qui servaient à la livraison des plats ou de la glace (Corbu n'avait pas imaginé la place qu'allait prendre le réfrigérateur !). Françoise rappelle le travail de Charlotte Perriand qui a conçu le mobilier.


Tous les éléments architecturaux et le mobilier sont calculés sur une sorte de nombre d’or à partir de la taille des Français des années 50, le modulor. Les plafonds peuvent sembler un peu bas, maintenant que les jeunes ont grandi.


Après nous avoir fait visiter son duplex, Emmanuel a la gentillesse de nous guider jusqu’au toit. Vue à 360° sur Marseille. Le Corbusier a pensé au moindre détail pour que la vie communautaire soit favorisée.

DÉCOUPE


L'escalier attire d'abord mon regard. Quatre à quatre. Toujours. Jusqu'au tournis. Escher. On pose sur les marches ce que l'on a besoin d'emporter avec ses jambes pour ne pas grimper les mains vides. La finesse de la rambarde est inattendue. Métal contre ciment. Donc certainement pas un bateau. Du solide. Je recule pour voir la fenêtre. Regarder au travers. Traverser. Le voyeur. Poli. Dépoli au niveau du bas ventre. Zoom sur le paysage. Déjà un souvenir. La côte. Horizontale vue d'une verticale. Le soir ?

mardi 25 février 2020

Préparatifs


J'en rêve. J'en rêve tant, que j'ai du mal à dormir. J'ai téléchargé Lonely Planet, le Routard et le Petit Futé, interrogé les amis qui y sont allés récemment, et à chaque lecture ou conversation je changeais mon fusil d'épaule, bifurquant vers un autre trajet. On me disait qu'il fallait tout réserver à l'avance, éviter Okinawa qui nous tentait, car la saison des pluies et des typhons y serait déjà avancée en juin, oublier Kyoto et le flot de touristes, louer une voiture dans ce pays où l'on conduit à gauche, prendre des billets échangeables à cause du coronavirus, etc. J'en perdais mon latin, alors le kanji ! Avant le Japon, j'avais jeté mon dévolu sur le Pérou, mais ce qui m'y plaisait le plus, m'enfoncer dans la forêt amazonienne, est au dessus de mes moyens. Me revoilà donc plongé dans les guides, à glaner les informations sur Internet, et à appeler copains et copines qui me donnent d'excellents conseils, rarement contradictoires, mais très différents les uns des autres en fonction de leur propre expérience. L'offre touristique est gigantesque au pays du soleil levant. Nous étions déterminés à passer une petite semaine à Tokyo répartie entre le départ et l'arrivée, à prendre du temps sur l'île de Naoshima pour profiter de ses musées d'art contemporain... Le reste n'a pas cessé de changer entre l'envie de plage et de nature sauvage, et le besoin d'échapper à la foule. Après avoir secoué mon ciboulot dans tous les sens il semble que nous ayons enfin une petite idée de nos trois semaines nippones, considérant que nous y étions déjà allés tous les deux il y a longtemps, chacun de notre côté. En 1997, j'y avais réalisé l'environnement sonore de l'exposition The Extraordinary Museum pour Raymond Sarti et Zeev Gourarier, 2500 m² au Fukuoka Center à Ōmuta sur l'île de Kyūshū, puis au Nagoya Dome. J'avais aussi profité de l'accueil à Tokyo de mon ami Aki Onda, pour qui j'avais assuré la direction artistique de son disque Un petit tour, et adoré Kyoto...


Si cela se confirme, arrivée à Tokyo, repos dans un onsen ryokan, Kyoto malgré l’affluence, Naoshima et Teshima, louer une voiture pour découvrir l'île de Shikoku, retour. Trois semaines de rêve martien en perspective. J'ai évidemment prévu le Pass JR pour voyager partout en train, un Pocket Wi-Fi, une copie de mon permis de conduire en japonais et des cartes Suica. Quand nous aurons les billets d'avion, je commencerai à réserver ici ou là, mais pas au delà du onzième jour, histoire de se laisser la possibilité de modifier notre escapade sans tout prévoir. En notre absence Django et Oulala seront en de bonnes mains, et d'ici là mon nouvel album sera tout juste sorti, notre installation au ZKM à Karlsruhe sera terminée, et je pourrai réfléchir sereinement aux prochains projets, d'autant que je me serai enfin arrêté de bloguer quelque temps !

mercredi 30 octobre 2019

Auf Wienersehen


Vienne est zébrée de pistes cyclables. J'avais pédalé toute la matinée sur la bicyclette dorée prêtée par l'hôtel. Lors d'une pause au bord d'un étang du Prater, j'ai immédiatement reconnu l'inspiration de Klimt pour ses jardins. Ailleurs, Claude Monet ou Jacques Perconte ont fait la même expérience. L'eau frémissait à peine. Une corneille mantelée, très élégante, est venue me tenir le crachoir pendant que j'appelais Paris. Pas croâ, mais un son de percussion guttural proche d'un vibraslap ou d'une mâchoire d'âne.


Cherchant le Danube bleu, j'ai atterri sur une île aux couleurs de l'automne. Pour enjamber les ponts, là non plus les cyclistes n'ont pas été oubliés, même si j'ai eu du mal à trouver comment y grimper. Les rayons du plus proche dessinaient une gloire. Je trouvais l'avoir bien méritée après les émotions de ces derniers jours. Le long de la berge flottaient des embarcations en planches faites de bric et de broc. J'ai rebroussé chemin pour aller manger un boudin noir croustillant sur lit de choucroute. Les spécialités locales n'étant pas si nombreuses, j'en ai pratiquement fait le tour.


J'avais envie de voir comment les Actionnistes étaient présentés à Vienne. Grosse déception au Mumok, carrément l'arnaque, pas une œuvre annoncée n'était visible. Les collections permanentes du musée d'art moderne fermées et les temporaires sans grand intérêt, je suis resté sur ma faim. Je suis donc allé déguster un gâteau chez Demel et j'ai envoyé de là-bas un selfie à Claire en souvenir de nos rigolades viennoises d'il y a vingt ans. Le soir je suis rentré fourbu. Durant mon séjour, j'avais marché, pris le métro, mais la bicyclette m'a conquis une fois de plus dans une ville repensée pour elle. Copenhague m'avait déjà donné cette impression.


Avant de quitter Vienne j'ai fait un saut au Musée d'Histoire de l'Art pour la magnifique exposition Caravaggio et Bernini. Avec le Louvre et l'Ermitage, c'est un des plus beaux musées du monde, de plus, construit pour sa fonction. Au delà de l'émotion suscitée par les tableaux du Caravage, dans tout le musée je suis épaté par la qualité de présentation des œuvres, tant dans la manière de les éclairer que par leur place dans l'espace. Les décors des collections égyptiennes vous plongent des siècles en arrière. Je suis surtout abasourdi par le nombre de Brueghel, par les Rubens, les Velasquez, des Arcimboldo que je ne connaissais pas, L'art de la peinture de Vermeer, Suzanne et les vieillards du Tintoret dont la blancheur explose au milieu des autres, et tant d'autres. Si l'entrée est majestueuse, comparé au Louvre le palais construit par les Habsbourg a taille humaine. Rassasié, je rejoins le Ring pour prendre mon avion.


Dans Stadtpark je croise la statue en bronze doré de Johann Strauss au violon, mais Vienne est sur son 31, trop guindée pour la valse comme je l'entends. J'ai toujours préféré les arrangements qu'en ont fait Berg, Schönberg et Webern. La pièce musicale qui correspond le mieux à l'idée que je me fais de cette ville est une œuvre méconnue d'Arnold Schönberg, Die eiserne Brigade, stupidement considérée comme mineure. La brigade d'acier est une marche pour piano et quatuor à cordes d'un humour grinçant qui m'enthousiasme. Dans des pays comme l'Autriche ou le Japon, la rigueur suscite forcément la révolte.

lundi 28 octobre 2019

Pickpocket


Vienne m'apparaissait trop sûre. Les piétons attendent que le signal soit vert pour traverser, même s'il n'y a pas une seule automobile à l'horizon. Les rues sont propres. Tout ce qui est lourd, édifices et pâtisseries, est recouvert d'une épaisse couche de crème fouettée, créant ainsi l'illusion. On ne voit pas de resquilleur dans le métro ; en tout cas, aucune infrastructure mobilière ne permet de s'en apercevoir si jamais cela arrive. Vraiment pas de raison de se méfier, si ce n'est qu'un touriste est toujours une proie potentielle, quelle que soit la grande ville !
Nous étions nombreux attablés au Café Europa. Les Polonais étaient partis, mais les camarades anglais et autrichiens sirotaient leurs bières et les Français digéraient leur goulasch. C'est probablement lorsque Walter m'a remboursé le taxi que quelqu'un m'a repéré empochant mon porte-feuilles. Pendant les trois minutes où je suis allé aux toilettes, mon manteau est resté sur le dossier de ma chaise, entouré de tout le monde. Lorsque j'ai voulu payer, l'argent avait disparu du porte-feuilles pourtant resté dans ma poche. Ce ne pouvait être que des virtuoses comme celui du sublime film de Robert Bresson que j'avais pensé revoir avant mon départ. Cela n'aurait pas changé grand chose. Personne n'a rien remarqué. Le gars aura été rapide, peut-être poussant ma chaise comme si elle était dans le passage ou aura-t-il relacé son soulier derrière elle. La serveuse avait bien noté deux types "louches" au bar derrière nous, repartis sans rien commander. Il m'a bien fallu me rendre à l'évidence.
J'ai choisi de prendre cette mésaventure avec le sourire malgré la somme transportée, plus importante que d'habitude. À quoi sert-il d'en rajouter ? Dans ce genre de situation, ma mère disait : « Plaie d'argent n'est pas mortelle ». Les voleurs, puisqu'il faut souvent un ou deux complices pour accomplir ce genre de larcin, ont eu la délicate attention de laisser le porte-feuilles contenant mes cartes de paiement, d'identité, d'assurances, de visite, etc. Ou probablement, sont-ils allés au plus facile. J'avais eu le tort de ne pas reboutonner ma poche alors que je le fais systématiquement lorsque je suis en vadrouille. Dans le métro, je vérifie discrètement avec mon avant-bras que rien ne manque ! Mon père, qui connaissait des pickpockets londoniens lorsqu'il était journaliste, m'avait averti de ne jamais indiquer où était le magot en me précipitant vérifier aussitôt l'annonce diffusée par les haut-parleurs. J'espère que mes voleurs avaient vraiment besoin de cet argent. J'ai cherché un distributeur pour ne pas rester sans liquide, mais, les jambes coupées, j'ai préféré m'allonger avec Askja, le nouveau Ian Manook qui se passe en Islande. Il n'arrive pas à la cheville de Yeruldelgger, mais lire me change les idées...