Jean-Jacques Birgé

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mardi 2 septembre 2014

Ciel !


Loin des lumières de la ville, le ciel nous rappelle comme nous sommes infimes. Ajoutons le bon r et nous voilà infirmes devant tant de soleils perçant la noirceur de la nuit. Retenir sa respiration pendant soixante secondes de pause révèle l'invisible au milieu des picotements blancs. Ma photo des Pyrénées dévoile des tâches bleues et rouges que je ne sais pas identifier. Les étoiles filantes ne seraient que des particules minuscules, grains de poussière entrant en fusion au contact de l'atmosphère. À la soixante et unième seconde l'une d'elles déchire mon planétarium, poursuivie par une longue traînée orange. Je fais un vœu pour ensuite regretter son égoïsme. Les humains s'entretuent et détruisent leur terre en pure absurdité. Même la boutade darwinienne attribuée à Pierre Dac, découvrant que le chaînon manquant entre le singe et l'homme c'est nous, me semble déplacée. Aucun animal n'est aussi bête. Nous ne sommes pas grand chose, pour si peu de temps.

samedi 23 août 2014

Une éclaircie


Le soleil revient demain...

mercredi 20 août 2014

Mantra Nuages


Le spectacle commence dès le matin. Allongés dans le lit nous regardons les nuages se transformer vitesse V. Ils peignent des bestioles que nous reconnaissons parfois et parfois non. Un jour il faudra les inventer. Nous y pensons.


En montagne nous les regardons de haut. Des brumes envahissent la vallée, tout en bas, caressant le lit de la rivière. D'autres nuages montrent leur plus beau profil comme si nous y attachions de l'importance. Les plus gloutons phagocytent la voûte céleste jusqu'à l'extinction du soleil. Poussés par les vents ils se déchirent, division cellulaire donnant naissance à de nouvelles entités ancestrales. On y passerait sa vie.

lundi 18 août 2014

Entorse


Donc chaise longue...

samedi 9 août 2014

Pas de nouvelle, bonne nouvelle


Loin d'Internet...

vendredi 1 août 2014

Saint-Clément-de-Piscine


No comment.

jeudi 31 juillet 2014

Fin de la saison 9, épisode 2905


Comme annoncé en colonne de droite, les vacances se profilent en marge du blog. Nous quittons la Méditerranée pour remonter vers Montpellier avant de regagner les Pyrénées où nous serons loin du réseau, loin du téléphone, loin d'Internet. Les mercredi et samedi, jours de marché à Bagnères-de-Luchon, je ne pourrai pas m'empêcher de descendre squatter l'Office du Tourisme pour relever les mails qui se seront amoncelés par centaines. Le climat sera nettement plus frais.


Avant de quitter La Ciotat nous sommes allés rendre visite à Philippe et Marie dont la maison de famille surplombe la rade de Toulon. Sur le fronton de la bicoque est inscrit 1665, date de la Jeune fille à la perle de Vermeer. Perchée sur l'une des restanques de ce coin encore sauvage, elle m'évoque celle de Peau d'Âne dans le film de Demy. D'en haut nous regardons le paysage urbain qui s'allume le soir avec les ferrys enguirlandés navigant vers la Corse. Le temps semble ralenti.

mardi 29 juillet 2014

Le secret derrière la porte


Le secret derrière la porte (Secret Beyond The Door) ressort au cinéma le 17 septembre. Très beau thriller de Fritz Lang où Barbe-Bleue est confronté à la psychanalyse. L'amour peut changer toutes les donnes. À Saint-Clément-de-Rivière la Tahitienne peinte sur la porte invite à entrer dans une chambre de plein pied sur le jardin. Derrière le miroir le photographe n'a pas le temps de disparaître. Son costume et son bras ont la texture d'une toile. Les encadrements sont des fenêtres vers les rêves. Une découverte. L'après-midi les rideaux se fermeront sous le soleil. Dans ce village rendu artificiel sous la férule des promoteurs immobiliers les rares humains croisés sur la place déserte ressemblent à des androïdes. On ne peut y croire. Les images réfléchies sont plus vivantes que la fabrication de cette réalité formatée. Près de l'église on est soulagé de pouvoir s'adresser aux poules qui caquètent près d'un épouvantail dont la poésie incarne la résistance.

lundi 28 juillet 2014

Au fil des pages


Les vraies vacances, c'est quand je prends le temps de lire des romans. Le reste de l'année je consulte des magazines, des modes d'emploi, des échanges sur les réseaux sociaux, le journal, les mails, des ouvrages théoriques... Si je me plonge dans un roman j'ai besoin d'une continuité dans la lecture, sinon j'oublie ce que j'ai lu et je dois reprendre chaque fois le même chapitre. Cela n'avance pas. Pendant les vacances je dévore un bouquin de 600 pages en deux jours. À Paris seuls les films m'offrent de rompre avec le travail. J'en regarde souvent un après le dîner, avant de recommencer à m'activer. L'été le temps s'arrête, ou bien j'en vis un autre, comme un monde parallèle où la fiction littéraire m'emporte loin des préoccupations quotidiennes. Le chat adore ça. Je ne bouge plus. Il vient s'allonger contre moi. Scotch adore les vacances parce que nous sommes beaucoup plus disponibles. Il nous suit partout, portant bien son nom. Très tôt le matin, après avoir publié mon blog, j'attaque le petit-déjeuner, nous allons nous baigner avant que la foule ait envahi la plage, d'ailleurs nous n'allons presque jamais à la plage, préférant le petit ponton désert près de la villa des tours, et puis j'attrape mon bouquin...

jeudi 24 juillet 2014

Démoustiqueurs contre apiculteurs


La présence du moustique tigre (aedes albopictus), porteur éventuel du redoutable chikungunya et de la dengue, justifierait la campagne de démoustication dans le sud de la France. Selon le principe de précaution qui a envahi tout l'espace citoyen une équipe de l'EID Méditerranée pulvérise un insecticide puissant "à titre préventif et exceptionnel", à base de pyréthrinoïde ou de pyrèthre. Efficaces pour les insectes (et les poissons !), ils sont nocifs pour les chats et les chiens. Comprendre que s'ils tuent les moustiques ils entraînent avec eux les abeilles et tous les insectes pollénisateurs. Et tous les mammifères en prennent forcément pour leur grade, mammifères dont nous faisons accessoirement partie. Jean-Claude a donc confectionné des pancartes avertissant de la proximité de ses ruches, espérant que les ouvriers qui interviendront entre 4h et 7h du matin iront mollo. Nous n'apprécierons leur zèle que plus tard si les abeilles meurent encore plus vite que d'habitude, en but à toutes les saloperies déversées sur les cultures. Françoise a donc enfilé le costume d'apicultrice pour boucher l'entrée des ruches avec un linge humide après que nous ayons vidé les bassins des canards, car l'eau sera automatiquement empoisonnée, vouant à une mort certaine tous les insectes qui viendront s'y désaltérer. Nous ne pourrons pas non plus consommer avant trois jours les fruits et légumes du jardin cultivées pourtant sans pesticides et devrons évidemment les laver abondamment. Et quelle récolte pourrons-nous espérer l'an prochain en l'absence d'insectes pollénisateurs ?


Nous avons également vidé les soucoupes où vont boire tous les animaux, domestiques ou sauvages. Chaque soir Anne répand sur sa terrasse des croquettes pour chats afin d'attirer les hérissons qui ont pris l'habitude de lui courir entre les pattes. Il est surprenant de voir galoper ces bestioles dont certaines sont énormes, les nouveaux nés étant évidemment les moins farouches. Bilan des courses : la nuit suivante je me suis fait piquer à la cheville et au poignet !

jeudi 17 juillet 2014

Un rideau de méduses


Je n'en croyais pas mes yeux. Mardi soir se dressait devant moi un rideau de méduses. Depuis le bateau le banc urticant s'étalait sur la mer, mais sous l'eau il m'entourait de toutes parts. Nous étions partis pêcher à bord du pointu de Jean-Claude. La température de l'eau était remontée après la chute du mistral. Au large je saute à l'eau sans maillot et Françoise me tend le nouveau masque que je souhaite tester pour l'occasion.


L'impressionnant masque facial snorkeling Easybreath permet de respirer par la bouche et le nez, et il offre une vision panoramique exceptionnelle. Hélas je n'ai pas eu beaucoup le temps d'en profiter. Aussitôt enfilé, il me livre la vision impressionnante de milliers de méduses qui m'encerclent telle la projection 3D d'un film d'horreur ! Je panique un peu, me demandant comment me faire un chemin jusqu'à l'arbre de l'hélice sur lequel grimper pour remonter sur le bateau. Coup de chance incroyable, parce que j'y nage paniqué à l'aveuglette, mais aucune méduse, probablement des aurélies, ne me touche.


J'étais si excité de prendre mon premier bain méditerranéen de l'été, le soleil dans les yeux, je n'ai pas eu l'idée de regarder avant de sauter. De mémoire de Ciotaden, personne n'en a jamais vu autant. Je prends quantité de photos (voir reportage France 3) et Maurice nous montre comment les attraper à la main sans se piquer. Il les tient par l'ombrelle et explique qu'elles ne produisent aucun effet sur le dessus de la main. En rentrant je cherche comment cuisiner celles que Françoise a pêchées, en plus des oblades, des bogues et du bia qui feront notre dîner et le déjeuner de demain. Il est écrit qu'il faut les faire bouillir et les enfleurer avec de l'huile de sésame ! Peu sûr de mes capacités culinaires en matière de cnidaires je préfère me rabattre sur le sachet tout près acheté à Belleville.

jeudi 3 juillet 2014

Petit déj stéphanois vu de nuit


Le soir, Ella et Loïc préparent le petit déjeuner des enfants. Toute la famille s'est attelée à dessiner sur la table de la cuisine. Passé minuit il y a peu de lumière, mais demain matin il fera jour lorsqu'Äki et Piel trouveront demie banane, grains de raisins, petit gâteau et verre de lait disposés tel offrandes au peuple de la cuisine.


Et puis c'est l'anniversaire de Scotch aujourd'hui. Nous reprenons la route. Il ira se blottir dans le coffre et nous n'entendrons plus parler de lui avant l'arrivée à l'étape. Du côté des arènes...

mercredi 2 juillet 2014

Cap vers le sud


Jonathan Buchsbaum ayant terminé son livre sur l'exception culturelle française après douze ans de labeur et autant de visites aux archives du CNC, le voilà à Paris les mains dans les poches. Ou presque. Difficile de s'arrêter quand le monde est en marche. Il souhaite prouver aux Américains qu'un autre système que le "leurre" est possible ! Nous lui laissons les clefs et filons vers le sud avec armes et bagages.
Première étape Saint-Étienne avant de rejoindre Arles où je dois installer 15 haut-parleurs pour ma création sonore à l'Église des Frères Prêcheurs où se tiendra l'exposition sur les monuments aux morts sous le parrainage de Raymond Depardon. Je m'attèlerai ensuite à la direction artistique des Soirées au Théâtre Antique où Michèle Buirette et Edward Perraud joueront live le mercredi 9...
Françoise redevenue momentanément ciotadène me rejoindra pour l'inauguration si les intermittents ne la mangent pas. Ils auraient pourtant d'excellentes raisons d'agir d'une façon ou d'une autre !

mercredi 23 avril 2014

Les bestioles d'Atacama


Françoise m'a demandé de sonoriser trois petites séquences animalières qu'elle a tournées au début du mois à San Pedro dans le désert d'Atacama au Chili. Pas question d'illustrer platement les flamants roses. Quitte à rajouter une musique, autant qu'elle apporte du sens ! Toute référence à l'éléphant de Slon Tango était vouée à l'échec, le fabuleux court métrage de Chris Marker reposant sur le long plan séquence d'un animal dressé dont la mémoire chorégraphique exprime probablement le stress. J'ai bien essayé. Aucune danse ne collait au jeu de jambes des échassiers. Les illusionnistes savent que l'on ne recommence jamais deux fois le même tour. Il fallait mieux chercher quelque chose d'exogène, rencontre du troisième type, comme si les animaux venaient de la planète Mars. C'est d'ailleurs ici que la NASA teste ses véhicules extraterrestres.


Gloria des Them tournait sur la platine à l'étage du dessous. Nous aurions pu être tentés par du rock, mais j'ai collé un duo improvisé avec Hélène Sage en 1981. L'archet de sa contrebasse se fond à mon dispositif électro-acoustique comme une partie de ping-pong. Les évènements disparates participent au synchronisme accidentel en faisant ressortir quantité de détails discrets comme ces étranges petits reptiles qui se faufilent sur le salar, l'un des plus grands gisements de lithium du monde. La bluette des flamants devient une scène inquiétante où le danger est suggéré par le traitement dramatique de la partition sonore. Sur la fin, en observant la courte phrase mélodique d'un grand ensemble j'ai pensé au projet inabouti de Buñuel de placer un orchestre symphonique aux fenêtres d'un immeuble en construction dans Los Olvidados.


La séquence des becs, est plus mignonne. Je me suis contenté de traiter le son synchrone avec le H3000. Les percussions, étirées, deviennent une sorte de chœur à la seconde entrée de champ des moineaux, mais surtout, à la fin, les piaillements et les coups de becs des pique-assiettes de plus en plus synthétiques rappellent avec humour un caquetage humain. Picos et Atacama font écho à Portée, un autre film de Françoise avec des petits oiseaux sur des fils téléphoniques. Pour la troisième séquence intitulée Salar, qui tient plus des souvenirs de vacances, j'ai ajouté au son direct une version instrumentale de la chanson La peste et le choléra écrite avec Bernard Vitet en 1992 pour l'album Carton, rien de très original, juste une couleur sud-américaine... Trois manières de traiter le réel pour se rapprocher de la fiction : en prenant un contrepied radical, en soulignant une allusion, en collant du papier peint...

jeudi 3 avril 2014

Magnitude 7.4


Depuis Santiago du Chili Françoise m'envoie quelques notes sur les films qu'elle a vus au festival auquel participait Baiser d'encre, son dernier long métrage (gros succès, mais ça c'est une autre histoire). Je me mets aussitôt en quête et projette Gabrielle, le nouveau film de Louise Archambault. C'est en effet un beau film. Une chorale constituée de handicapés mentaux répète en vue d'un concert où elle doit accompagner Robert Charlebois. La différence ou son absence est le sujet de ce tendre film québequois qui met en scène les émois de l'adolescence. La magie cinématographique doit beaucoup aux acteurs dont on ne sait s'ils sont sortis d'un documentaire ou entrés dans la fiction. Ce genre de film passe souvent inaperçu lors de l'exploitation en salles. Dommage ! La critique préfère nous bourrer le mou avec les attractions foraines et des histoires sordides. Heureusement des comédies comme Les Garçons et Guillaume, à table ! ou 9 mois ferme trouvent grâce aux yeux du public et de la profession. Succès mérité. Mais combien de petites merveilles passent à l'as faute d'un budget promo conséquent !?
Le festival est terminé. Sur la Cordillère des Andes les volcans crachent leur fumée noire. Françoise s'est envolée pour le désert d'Atacama où la nuit est si sombre que les astronomes y ont trouvé l'endroit idéal pour regarder les étoiles. Et puis mardi soir, pouf ! Tremblement de terre magnitude 7.4, épicentre à quatre heures de route de San Pedro. Il ne faudrait pas que ce soit plus fort. Pendant quelques minutes c'était très impressionnant. L'électricité est coupée. Dîner aux chandelles. Sans télé, sans musique. Enfin le silence !

jeudi 20 mars 2014

El Paso Tango


J'ignore ce que c'est. La plante en séchant se sera ouverte. J'ai réussi à ne pas la casser depuis que je l'ai ramassée sur la piste d'El Paso dans le désert texan en 1968. Les déménagements sont en général fatals à ce genre de souvenir. Il m'en reste trois, mais celle-ci est la mieux conservée. Je les ai trimballées dans ma valise pendant des semaines, de San Francisco à la Nouvelle-Orléans, de San Antonio à Hartford, Connecticut. Je ne crois pas en avoir parlé dans mon roman USA 1968 deux enfants. Comment les avais-je protégées ? Je ne sais plus. Sa figure de danseur de tango m'a toujours fasciné. J'ai soufflé sur la poussière avant de prendre la photo. Depuis combien de temps était-elle posée sur le sable quand je l'ai trouvée il y a quarante-cinq ans ? Le vent l'avait-il traînée jusque là ? À quoi ressemblait-elle lorsqu'elle était vivante ? J'aimerais connaître son nom.

P.S.: Extraordinaire découverte de mon ami anglais Gary May, journaliste à ImproJazz, mais qui fut jardinier de la Reine pendant de nombreuses années. Cela ne s'invente pas ! Un personnage directement sorti d'Alice au Pays des Merveilles.


Et Gary met le doigt sur un article évoquant mes griffes du Diable ! Les Devil's claws (Proboscidea louisianica ssp. louisianica) y sont présentées comme un des plus étonnants spécimen de la végétation nord-américaine, utilisé par les Indiens pour faire de la vannerie et aux propriétés médicinales antalgiques. Mais le plus hallucinant est leur rôle d'auto-stoppeur, ou plus exactement d'homo-stopper, la gousse de la plante s'accrochant aux rares aventuriers du désert pour aller semer ses graines. Si j'avais su cela plutôt je l'aurais évidemment inséré dans mon dernier roman, cette cousine du sésame ouverte au voyage devenant le symbole de notre incroyable périple (deux enfants livrés à eux-mêmes font le tour des États-Unis pendant trois mois à l'été 1968).

Autre article en français indiqué également par Gary May.

lundi 3 mars 2014

Chacun cherche son chat


Joli début de semaine à fêter le retour de Gezi disparue pendant six jours et six nuits ! J'avais la garde d'une jeune chatte de six mois pendant la semaine où ses maîtres (ou ses domestiques, selon la conscience que l'on a des félins qui vivent avec nous) étaient en vacances en Turquie. Armagan et Christophe étaient souvent venus à la maison avec Gezi, du nom du parc où se réunissait la résistance stambouliote, histoire qu'elle fasse connaissance avec le vieux Scotch. Une amitié était née entre les deux bestioles. Scotch plaquait de temps en temps au sol l'excitée lorsqu'il en avait marre de jouer au judo, prise facile avec son poids huit fois celui de la demoiselle. Et la câline de ronronner dans mes bras jusqu'à ce qu'un matin, ayant découvert deux jours plus tôt le passage secret qui mène à la rue, elle disparut. Panique à bord ! Je cherchai dans tout le quartier, appelai la vétérinaire, la Maison du Chat, sonnai chez les voisins, arpentai les rues... Sans succès. Ma première nuit fut blanche comme je sursautais au moindre bruit. J'étais malade d'annoncer à mes amis la nouvelle. Ils la prirent plutôt bien, connaissant mon tendre dévouement et comprenant que, vu l'époque de l'année, la jeune chatte avait probablement eu ses premières chaleurs et était partie courir le guilledou. On avait beau nous raconter que tel chat était revenu au bout de dix jours, un mois, trois mois, six mois (sic), nous cherchions Gezi partout comme des fous. Armagan et Christophe collaient des dizaines d'affiches, Françoise rentrée de La Ciotat appelait partout elle aussi l'animal, les voisins s'y mettaient, mais nous faisions chou blanc. Momo trouva même un gros lapin bélier sur le chemin ! Il faut tout de même préciser que Gezi est particulièrement tendre et jolie, et surtout très jeune. J'aurais fermé le soupirail si Armagan m'avait appelé d'Istanbul après qu'on lui ait lu dans le marc de café un problème avec son chat. Heureusement la sixième nuit des petits miaulements aigus me réveillèrent. Gezi, excitée comme une puce, se frottait le long du lit. Scotch lui renifla le derrière pendant que nous réveillions nos amis qui malgré l'heure tardive (ou très matinale) rappliquèrent dare-dare en pyjamas. Tout est bien qui commence bien, mais ces six jours n'avaient pas été des plus joyeux. Comme pour Scat qui disparaissait tous les week-ends on ne saura jamais où Gezi est passée pendant sa fugue. Seul peut-être Scotch en a les clefs, mais il ne cafte pas. Ce qu'on peut être bête parfois !

mercredi 5 février 2014

Bagnolet en plongée


Prenant le thé chez Caroline et Stan j'en ai profité pour photographier la vue de leur seizième étage. Voilà 15 ans que j'habite Bagnolet et que je rêve de dominer Paris depuis les barres devant chez nous. Entre elles et nous, les lofts qui sont montés de trois mètres sur le trottoir d'en face ont caché ceux du bout de la rue Diderot. J'avais répondu à Françoise que la perte de la découverte qui s'ouvrait à nous serait peut-être compensée par l'arrivée de voisins sympas. On ne saurait dire mieux. C'est incroyable comme de vivre dans un pavillon crée des liens rares lorsque nous sommes en immeuble. La promiscuité éloigne les gens les uns des autres. On protège son intimité là où l'indépendance réclame du lien social. Il y a évidemment quelques brebis galeuses comme les célèbres sorcières du fond de l'impasse, mais notre quartier est un village où nous nous rendons régulièrement visite les uns les autres et partageons de très fortes amitiés. La campagne pour les élections municipales a multiplié les connexions et nous avons fait récemment connaissance avec des riverains qui deviendront probablement des amis, même si tous ne soutiennent pas (encore) comme nous le candidat du Front de Gauche, Laurent Jamet !


Si le plateau où nous habitons est situé à cent mètres de haut par rapport à la Seine le seizième étage rajoute cinquante mètres, ce qui le place à la hauteur du second étage de la Tour Eiffel, minuscule comme la Tour Montparnasse, le Panthéon, le Sacré Cœur dans le panorama incroyable qui s'offre à nous. Seules les Twin Towers des Mercuriales nous regardent avec prétention et me suggèrent d'aller un de ces jours y faire un tour...

jeudi 28 novembre 2013

Guilo Guilo


Guilo Guilo, ça chatouille les papilles. Ma maman nous avait invités pour mon anniversaire dans ce restaurant japonais de cuisine inventive situé près des Abbesses, hautement conseillé par mon camarade Sacha Gattino. Le menu unique change chaque mois. Le chef Eijchi Edakuni a beau n'être à Paris que les mois pairs, nous sommes restés scotchés par les parfums subtils de cette soirée inoubliable. Lorsqu'il officie dans ses enseignes kyotoïte ou hawaïenne, son second prend le relais avec maestria. Tandis que je travaillais au Japon j'avais pu constater l'extraordinaire variété de mets les plus exquis. Les sushis et les yakitoris sont l'équivalent de nos sandwichs ou des tapas. Le menu de Guilo Guilo est à 45 euros, comptez 8 euros de supplément pour ses célèbres sushis au foie gras et évitez l'alcool si vous n'en avez pas les moyens car là ça fait très mal...
Il existe d'autres excellentes adresses nippones à Paris comme Kiku ou Kinutoraya 2... Mais lorsque l'on est fan de cette cuisine légère et renversante le plus économique est d'apprendre à la faire ! Il y a deux ans Chloé m'avait offert le livre de Harumi Kurihara paru chez Flammarion, pour une parfaite cuisine familiale. Après avoir noté les ingrédients indispensables, faire ses courses chez K-Mart, rue Sainte-Anne, moins cher que nombreuses épiceries du quartier de l'Opéra.


Le menu du 5 novembre était composé de :
1. Huitre grillée avec algues et sauce sésame
2. Bento avec tofu de crabe aux œufs de lump et wasabi, vermicelles au miso, marron, omelette au saumon grillé, aubergine marinée, tempura aux pistaches, etc.
3. Tempura de morue aux cèpes
4. Sushis de thon gras sauce lie de saké et radis daikon
5. Tofu glacé à la truffe
6. Shabu shabu avec sashimi de daurade sauce Ponzu, bouillon arrêtes de daurade, champignons shitaké, chou chinois, tofu
7. Bol de riz poisson liche poivre caramélisé avec salsifis caramélisés, sésame, algues et légumes racines de lotus
8. Sushi de foie gras
9. Panacotta au marron avec glace au café
Elsa qui a pris les photos n'a évidemment pas noté tous les détails, mais à quoi bon puisque tout réside dans des effluves intraduisibles ? Cela valait franchement le coup d'avoir 61 ans.

mardi 10 septembre 2013

Station Pain


Denrées de première nécessité. L'ancienne station-service a été transformée en dépôt de pain. À l'emplacement des pompes se dressent deux grandes armoires distributrices. Le boulanger est malin et il a de l'humour. On a toujours le choix, mais ce n'est plus du super ou du diesel. Baguette, ficelle ou chocolatine ? Le prix est payé en espèces et le pain chaud tombe comme une canette. Aux heures d'ouverture on peut aller directement à la boutique; sinon on s'arrête au drive-in : emballé, c'est pesé.
J'ai acheté une diesel, parce que que cela consomme moins et la pub disait que c'était moins polluant que l'essence. Il y avait du moins des sigles "éco" un peu partout. Aurais-je confondu économique et écologique ? L'année suivante je lis que le diesel est si polluant qu'il mérite d'être taxé. Comme si on ne pouvait pas intervenir en amont, auprès des constructeurs et des raffineurs. Comme si on ne pouvait pas inventer autre chose. Privilégier les transports en commun, construire des parkings aux portes des villes ou devant les gares. À Montpellier on paye un forfait parking + tramway. Il y a de la place. C'est simple et efficace. Les lobbys automobiles et pétroliers empêchent que l'on repense le système.
Comme les transports urbains, le pain devrait être gratuit, mais mon boulanger n'est pas d'accord. C'est pareil. Si l'on veut changer les choses on ne peut pas se contenter de réformettes. Il faut inventer, bousculer, recycler, prendre le risque de mécontenter. Il n'y a qu'à changer aussi le système électoral. Tout est coincé, sclérosé. Le pays est trop vieux. Les radoteurs sont à la solde des banques. La pente raide nous fait glisser vers le pire, l'illusion du changement. Les faits sont pourtant là, mais on préfère glisser son bulletin de vote pour se donner bonne conscience, pas pour que cela change. Ce sera chaque fois pire.
En attendant la catastrophe on fait le plein pendant que le gouvernement fait le vide.
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