Jean-Jacques Birgé

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mardi 2 septembre 2014

Ciel !


Loin des lumières de la ville, le ciel nous rappelle comme nous sommes infimes. Ajoutons le bon r et nous voilà infirmes devant tant de soleils perçant la noirceur de la nuit. Retenir sa respiration pendant soixante secondes de pause révèle l'invisible au milieu des picotements blancs. Ma photo des Pyrénées dévoile des tâches bleues et rouges que je ne sais pas identifier. Les étoiles filantes ne seraient que des particules minuscules, grains de poussière entrant en fusion au contact de l'atmosphère. À la soixante et unième seconde l'une d'elles déchire mon planétarium, poursuivie par une longue traînée orange. Je fais un vœu pour ensuite regretter son égoïsme. Les humains s'entretuent et détruisent leur terre en pure absurdité. Même la boutade darwinienne attribuée à Pierre Dac, découvrant que le chaînon manquant entre le singe et l'homme c'est nous, me semble déplacée. Aucun animal n'est aussi bête. Nous ne sommes pas grand chose, pour si peu de temps.

lundi 1 septembre 2014

Humour de convoyeurs


Qui n'a jamais rêvé de voir tomber un sac d'un fourgon de la Brink's ? Faisons abstraction du fait que les sacs sont traçables et que ce serait mal acquis… J'ai les mêmes mauvaises pensées lorsque j'entre dans une banque ou une église, l'impression d'être un intrus, que ce n'est pas ma place. Si les responsables de ces lieux de culte pouvaient lire ce qui se passe dans mon cerveau je serais arrêté sur le champ, expulsé. L'affiche collée sur la porte du fourgon blindé me fait rire, comme celle de jeudi dernier à la porte de l'église, hypocrisie placardée sans que les fidèles ne s'en offusquent. Pourquoi dit-on qu'ils n'y voient que du feu ?

vendredi 29 août 2014

Anima de Wajdi Mouawad


Parmi mes lectures de l'été il est bon d'être subjugué par une écriture aussi originale que le scénario développé au fil de courts chapitres. Pour son deuxième roman Wajdi Mouawad replonge l'homme dans l'universel, là où sa solitude peut se fondre à la nature sans oublier la civilisation qui l'a construit, une histoire politique de l'humanité qui s'est de tous temps appuyée sur le crime. Brutalité que l'on dit bestiale alors que l'auteur donne la parole aux animaux, avec chacun sa manière de penser. Le thriller se déroulant entre le Canada et les États Unis, les Indiens ont toujours su jouer de ce miroir anthropomorphe. Les chapitres des deux premières parties portent les noms latins des espèces témoins subjectifs de la saga de l'homme blessé : oiseaux, insectes, reptiles, mammifères dont le héros est un intéressant spécimen. Dans la troisième partie les lieux traversés remplacent les titres de cette histoire naturelle pour n'être plus contée que par un canis lupus lupus, monstrueux chien loup. La brutalité de l'action retiendra les plus émotifs, car la sauvagerie des humains reste inégalée. Et l'homo sapiens sapiens de se souvenir que le massacre des Indiens, leur déplacement et leur parcage ressemblent fort au sort réservé aux Palestiniens, la scène clef du roman renvoyant à Sabra et Chatila. Comme j'avais passé Anima à Françoise, aussi emballée que moi, elle se demanda quel livre on pouvait lire après celui-ci… (Leméac/Actes Sud)

jeudi 28 août 2014

Le denier du culte


Ce ne sont d'abord que des cloches. Dans ce village désert modèle Ikéa elles sonnent tout de même la messe. Du vide sortent les pieux. Nombreux pour un dimanche. Comme venus d'un autre temps. La science-fiction nous ferait avaler n'importe quelle fable du moment qu'un système sous-tend la narration. Les années 50 avaient ce parfum suranné. Curés en soutane et bonnes sœurs en collerette fleurissaient comme les blouses grises des écoliers. Les temps ont changé. Pas pour tout le monde. Certains s'accrochent. Croire en une force supérieure est une chose, la foi en est une autre et l'église trait ses brebis dans la normalité revendiquée comme saine et sainte. Le denier du culte en fait ses choux gras. Peignés, gominés, cravatés, l'ourlet sous le genou, les robots gravissent la colline et chantent leurs louanges au saigneur. La mort en est friande. Partout sur la planète les églises se déchirent depuis l'avènement de Dieu, le seul, l'unique. Que de crimes n'a-t-on commis en ton nom ? Le monothéisme ne tolère aucun cousin. Pour une image ou une simple réflexion les hommes s'étripent. Une autre manière aussi d'opprimer les femmes. Pires de tous, les pays où l'État et l'Église se confondent. La laïcité y est plus que suspecte. J'ai dû parfois tergiverser, noyer le poisson pour ne pas mentir, fuir. Le storytelling serait né dans une grotte pour s'étendre à toutes les couches bébé. Ça mûrit sous la croix, le voile, la kipa ou je ne sais quelle croyance sectaire qui ne passe au stade de religion qu'en fonction de sa taille et de son pouvoir. J'en ferais des cauchemars.

mercredi 27 août 2014

Chroniques de résistance (CD)


Elsa, ton grand-père aurait été fier de t'entendre participer à ces Chroniques de Résistance, il aurait été bouleversé par ta voix et ses larmes auraient coulé sur ses joues comme lorsqu'il écoutait la Callas chanter Verdi (P.S.: le film "Senso" de Luchino Visconti commence sur une scène à la Fenice, l'opéra de Venise, avec l'air “Di quella pira” du Trouvère qui se termine par un appel aux armes, “All’armi, all’armi!” À la fin de l'aria les révolutionaires lancent depuis le balcon des tracts aux couleurs de la future Italie contre l'occupation autrichienne dont les officiers sont assis à l'orchestre).
Cette Suite en 27 fragments dédiée aux résistants du passé, du présent et du futur que Tony Hymas a composé magistralement est un opéra qui rend hommage à tous les oubliés de l'Histoire, un oratorio où la puissance des cuivres et de la percussion redonne au jazz son urgence de combat revendiquant la nécessité de la résistance.
Adressées aux résistants de la seconde guerre mondiale, les lettres américaines récentes de Barney Bush, John Holloway, David Miller et de la slammeuse Desdamona, dont le flow porte les mots acérés de tous comme des flèches pour que nous puissions vivre demain, répondent aux poèmes et textes clamés par les acteurs Nathalie Richard et Frédéric Pierrot que l'on a connus chez Rivette, Godard, Loach ou Assayas. La distribution de ce brûlot épique au poing levé et à la verve romantique est brillante : Aimé Césaire, René Char, Robert Desnos, Raymond Dronne, Buenaventura Durruti, Jean-Jacques Fouché et Gilbert Beaubatie, Armand Gatti, Georges Guingouin, Evelyn Mesquida, Marie-Eugène-Aimé Molle, Henri Nanot, Firmín Pujol, Maurice Rajfus, Jean Tardieu, Arsène Tchakarian.
Les Chroniques de résistance sont constituées de six parties : "Situation" replace d'emblée le combat dans le mouvement de l'Histoire sans négliger les luttes actuelles ; "Espagnols" parce que tout a commencé en 1936 et que les anti-franquistes passèrent plus tard les Pyrénées dans l'autre sens pour se battre contre les Nazis ; "Limousin" où le producteur Jean Rochard a fait naître ce magnifique projet lors du Festival de Treignac, Kind of Belou, et où surtout le maquis fut particulièrement actif (la première journée de l'équipe, avant les répétitions, commença par la visite du village martyr d'Oradour-sur-Glane) ; "Femmes" inoubliables, chansons bouleversantes portées par la voix à la fois tendre et déterminée d'Elsa Birgé : Suzy Chevet (écrite par Serge Utgé-Royo comme Souvenir de Ponzán dit François Vidal), Je trahirai demain (poignant texte de Marianne Cohn), Valse macabre 'à Germaine Tillion' (que j'ai moi-même écrite, inspiré par la lecture du Verfügbar et des témoignages des rescapées de Ravensbrück filmés par David Unger) ; dans le CD Elsa (qui à onze ans en 1996 interprétait déjà ¡Vivan las utopias! dans la compilation culte Buenaventura Durutti) chante également Les flamboyants et Addi-Bâ dont les paroles sont de Sylvain Girault et La complainte du Partisan écrite par Emmanuel d'Astier de la Vigerie sur une musique d'Anna Marly ; "Étrangers" pour les résistants de la première heure, Allemands (communistes du KPD, communistes antibolchéviques du KPOD, anarcho-syndicalistes la FAUD, anciens spartakistes, protestants de la Ligue d'urgence des pasteurs de Martin Niemöller, catholiques anciens membres de Zentrum, petites organisations étudiantes comme la Rose Blanche, aristocrates du Cercle de Kreisau, actions individuelles comme celle de Johann Georg Elser, déserteurs de la Wehrmacht, etc.), combattants de la MOI, Main Œuvre Immigrée (Polonais, Arméniens, Hongrois, Italiens, Espagnols, Français), Juifs de toute l'Europe, tirailleurs sénégalais renvoyés en Afrique pour "blanchir" l'armée de libération jusqu'au massacre de Thiaroye par les blindés français, tirailleurs marocains, tunisiens, algériens et l'on connaît maintenant les massacres de Sétif du 8 mai 1945 qui inaugurent la guerre d'indépendance algérienne, etc. ; "Libération(s)" parce que rien n'est terminé et que partout dans le monde des peuples résistent à l'oppression, à l'occupation, à la colonisation !
La musique du pianiste anglais Tony Hymas est remarquablement efficace, lyrique et puissante, sans aucun temps mort. Elle a donné du fil à retordre aux cinq instrumentistes virtuoses. Heureusement le saxophoniste baryton François Corneloup l'a pratiquée au sein d'Ursus Minor, le batteur-mandoliniste minnesotien des Fantastic Merlins Peter Hennig une fois dans le trio de Hymas, tandis que les cuivres de Journal Intime (Sylvain Bardiau à la trompette, Matthias Mahler au trombone, Frédéric Gastard au saxophone basse) font corps. Le souffle de la résistance leur donne l'énergie indispensable à cette fresque incroyable, suite logique des Voix d'Itxassou de Tony Coe, de la trilogie indienne Oyaté de Hymas et du double album consacré à Durutti.
Le livret bilingue de 152 pages est un complément indispensable, bourré d'informations passionnantes en plus de tous les paroles en français et anglais, et illustré merveilleusement par Vincent Bailly, Daniel Cacouault, Sylvie Fontaine, Stéphane Levallois, Jeanne Puchol, Vaccaro et quantité de photographies d'époque.
Parallèlement à la sortie de l'album chez nato et distribué par L'Autre Distribution, Frank Cassenti a réalisé un documentaire pendant les répétitions à Treignac en intégrant des extraits de son premier film, L'affiche rouge. Quant au spectacle il commencera sa tournée à l'automne. Ne le manquez pas !

samedi 23 août 2014

Une éclaircie


Le soleil revient demain...

mercredi 20 août 2014

Mantra Nuages


Le spectacle commence dès le matin. Allongés dans le lit nous regardons les nuages se transformer vitesse V. Ils peignent des bestioles que nous reconnaissons parfois et parfois non. Un jour il faudra les inventer. Nous y pensons.


En montagne nous les regardons de haut. Des brumes envahissent la vallée, tout en bas, caressant le lit de la rivière. D'autres nuages montrent leur plus beau profil comme si nous y attachions de l'importance. Les plus gloutons phagocytent la voûte céleste jusqu'à l'extinction du soleil. Poussés par les vents ils se déchirent, division cellulaire donnant naissance à de nouvelles entités ancestrales. On y passerait sa vie.

lundi 18 août 2014

Entorse


Donc chaise longue...

samedi 9 août 2014

Pas de nouvelle, bonne nouvelle


Loin d'Internet...

vendredi 1 août 2014

Saint-Clément-de-Piscine


No comment.

jeudi 31 juillet 2014

Fin de la saison 9, épisode 2905


Comme annoncé en colonne de droite, les vacances se profilent en marge du blog. Nous quittons la Méditerranée pour remonter vers Montpellier avant de regagner les Pyrénées où nous serons loin du réseau, loin du téléphone, loin d'Internet. Les mercredi et samedi, jours de marché à Bagnères-de-Luchon, je ne pourrai pas m'empêcher de descendre squatter l'Office du Tourisme pour relever les mails qui se seront amoncelés par centaines. Le climat sera nettement plus frais.


Avant de quitter La Ciotat nous sommes allés rendre visite à Philippe et Marie dont la maison de famille surplombe la rade de Toulon. Sur le fronton de la bicoque est inscrit 1665, date de la Jeune fille à la perle de Vermeer. Perchée sur l'une des restanques de ce coin encore sauvage, elle m'évoque celle de Peau d'Âne dans le film de Demy. D'en haut nous regardons le paysage urbain qui s'allume le soir avec les ferrys enguirlandés navigant vers la Corse. Le temps semble ralenti.

mercredi 30 juillet 2014

Rap News "Israel-Palestine"


Écrite et réalisée par Giordano Nanni et Hugo Farrant dans la banlieue de Melbourne en Australie, la webserie Juice Rap News aborde des sujets d'actualité avec humour et mordant. Les vingt épisodes mensuels de la première saison ont été diffusés entre 2009 et 2013. Israel vs Palestine - feat. DAM & Norman Finkelstein est le 4ème épisode de la saison 2 qui en comporte déjà six. Pour les sous-titres français appuyez sur l'icône CC ou les deux petites lignes à gauche de la roue crantée :


L'équipe de JuiceMedia est un organe de résistance contre le contrôle d'Internet et les manipulations médiatiques par le biais de la satire rythmée par le rap. Julian Assange, Noam Chomsky, Kristinn Hrafnsson, Sage Francis, Abby Martin, Norman Finkelstein y ont fait des apparitions remarquées et évidemment controversées ! Au delà de l'humour corrosif déployé ces news proposent une vision alternative de l'actualité qui fait fondamentalement défaut aux médias traditionnels. Ça y est, je suis accro, j'ai envie de regarder tous les autres épisodes. Le dernier en ligne sur YouTube concernait la coupe du monde de football, formidable !

mardi 29 juillet 2014

Le secret derrière la porte


Le secret derrière la porte (Secret Beyond The Door) ressort au cinéma le 17 septembre. Très beau thriller de Fritz Lang où Barbe-Bleue est confronté à la psychanalyse. L'amour peut changer toutes les donnes. À Saint-Clément-de-Rivière la Tahitienne peinte sur la porte invite à entrer dans une chambre de plein pied sur le jardin. Derrière le miroir le photographe n'a pas le temps de disparaître. Son costume et son bras ont la texture d'une toile. Les encadrements sont des fenêtres vers les rêves. Une découverte. L'après-midi les rideaux se fermeront sous le soleil. Dans ce village rendu artificiel sous la férule des promoteurs immobiliers les rares humains croisés sur la place déserte ressemblent à des androïdes. On ne peut y croire. Les images réfléchies sont plus vivantes que la fabrication de cette réalité formatée. Près de l'église on est soulagé de pouvoir s'adresser aux poules qui caquètent près d'un épouvantail dont la poésie incarne la résistance.

lundi 28 juillet 2014

Au fil des pages


Les vraies vacances, c'est quand je prends le temps de lire des romans. Le reste de l'année je consulte des magazines, des modes d'emploi, des échanges sur les réseaux sociaux, le journal, les mails, des ouvrages théoriques... Si je me plonge dans un roman j'ai besoin d'une continuité dans la lecture, sinon j'oublie ce que j'ai lu et je dois reprendre chaque fois le même chapitre. Cela n'avance pas. Pendant les vacances je dévore un bouquin de 600 pages en deux jours. À Paris seuls les films m'offrent de rompre avec le travail. J'en regarde souvent un après le dîner, avant de recommencer à m'activer. L'été le temps s'arrête, ou bien j'en vis un autre, comme un monde parallèle où la fiction littéraire m'emporte loin des préoccupations quotidiennes. Le chat adore ça. Je ne bouge plus. Il vient s'allonger contre moi. Scotch adore les vacances parce que nous sommes beaucoup plus disponibles. Il nous suit partout, portant bien son nom. Très tôt le matin, après avoir publié mon blog, j'attaque le petit-déjeuner, nous allons nous baigner avant que la foule ait envahi la plage, d'ailleurs nous n'allons presque jamais à la plage, préférant le petit ponton désert près de la villa des tours, et puis j'attrape mon bouquin...

vendredi 25 juillet 2014

Sur la question palestinienne


Sur la question juive est un texte de Karl Marx publié en 1844 et considéré comme l'une des premières tentatives pour Marx d'examiner ce qui sera décrit plus tard comme le matérialisme historique. Les réflexions qui suivent, certes quelque peu désordonnées, font suite à des conversations douloureuses ou solidaires avec des camarades dont la sensibilité exacerbée empêchait parfois de prendre le recul nécessaire pour comprendre les points de vue de l'autre.
Nos origines familiales nous rendent particulièrement sensibles aux phénomènes sociaux-politiques qui nous touchent. Par exemple, les Juifs se sentent terriblement concernés par l'agression dont sont victimes les habitants de Gaza. Les moins politisés y lisent un conflit entre deux communautés. Les humanistes et les marxistes condamnent la colonisation israélienne au nom de la morale qui les a sauvés pendant des siècles. Ceux qui s'identifient à leur communauté croient voir une recrudescence de l'antisémitisme en France. Les uns manifestent au nom de principes universels, les autres mettent en avant les cousins qui vivent au Moyen Orient... Dans chaque camp on pourra vous répondre que si vous aviez là-bas quelqu'un de votre famille tué par l'ennemi vous ne pardonneriez jamais et ne penseriez qu'à vous venger. Les faits et leur analyse sont évidemment plus complexes et il est impossible de réduire les opinions aux phrases précédentes.
Reprenons. Nous sommes évidemment plus sensibles à ce qui touche nos origines familiales. Ces derniers temps les Ukrainiens qui vivent à l'étranger étaient plus touchés par ce qui se passe à Kiev qu'aux évènements syriens ou irakiens. Dans les villes du monde où elle est implantée une partie de la diaspora juive est descendue dans les rues pour manifester son désaccord avec la politique d'extrême-droite du gouvernement israélien. Ils ne l'ont pas fait pour le Mali quand les Maliens défilaient. Cela ne signifie pas leur désintérêt pour les autres conflits qui ensanglantent ou affament la planète.
L'antisémitisme existe depuis des siècles. Les Juifs ont souvent été le bouc-émissaire de la misère. L'interdiction d'exercer quantité de métiers dans le passé les ont dirigés vers la gestion de l'argent, le vil métal, et ils riment souvent aujourd'hui avec les banques alors que c'est évidemment une infime partie d'entre eux. L'argent étant devenu le veau d'or de la pauvreté grandissante on peut toujours craindre un amalgame nauséabond ne tenant pas compte des réalités du Capital. C'est un racisme comme celui qui touche les plus démunis, et en France aujourd'hui les Arabes et les Noirs subissent une ségrégation autrement plus forte. La référence à l'extermination programmée par les Nazis produit une paranoïa qui éloigne de toute analyse politique et historique. L'esclavage devrait de même générer de tels ravages chez les Africains et que dire des Indiens d'Amériques ? On oublie facilement les guerres de religion qui ont ensanglanté l'Europe, et celles que seule l'économie suscitait. Les crimes de masse n'ont jamais été générés que par des intérêts économiques. Le racisme n'existe que dans la tête de ceux qui croient à l'existence des races. Être juif n'est pas une race, mais une religion, une religion dont le Christianisme est directement issu. Être chrétien n'est pas une race, pas plus que musulman. Le monothéisme a toujours fait des ravages car il exclut les autres dieux.
Il y a toujours eu des débiles, entendre des individus tenus à l'écart de l'enseignement, pour proférer des insultes ou commettre des actes qu'ils pensent racistes. Dans les cités nombreux jeunes gens confondent l'appartenance à la communauté juive et la politique du gouvernement israélien. L'occupation criminelle dont sont victimes les Palestiniens radicalisent une partie d'entre eux comme ils poussent les désespérés dans les bras du Hamas. Ce n'est pas plus tolérable que les fanatiques du Betar. La responsabilité nous incombe de montrer que les amalgames sont impossibles, d'où par exemple la détermination d'une partie des Juifs à exprimer leur désaveu de la politique guerrière suicidaire que mène l'état d'Israël. En marchant ensemble nous montrons que les Juifs ne sont pas les bourreaux à la solde du gouvernement israélien. De même qu'en Israël nos frères se mobilisent dans tous les camps. La confusion de l'église et de l'état aboutit toujours à des horreurs dont Israël et les pays musulmans aussi bien que les États Unis devront se débarrasser pour ne pas sombrer dans des délires mortifères. Dans nombreux pays d'Europe la religion a encore une place inadmissible dans l'enseignement public. La séparation de l'église et de l'état est une des grandes réussites de la loi de 1905.
Laïc d'origine juive je crains moins l'antisémitisme en France que si je vivais en Israël. Or cet état fut créé par les sionistes qui prétendaient vouloir enfin vivre en paix. Depuis ils n'ont connu que le terrorisme, le pratiquant d'abord pour chasser les Anglais, le subissant ensuite des Palestiniens, le pratiquant encore et toujours pour leur régler leur compte. On me répond qu'il fallait bien que les Juifs aillent vivre quelque part. Mais qu'en est-il aujourd'hui des Palestiniens ? Les pays arabes les méprisent sous les mêmes prétextes fallacieux que subirent les Juifs, leurs frères sémites. Où voulez-vous qu'ils aillent ? Où créer un état palestinien où ils puissent enfin vivre en paix après plus de 60 ans d'occupation humiliante et destructrice ?
À la fin de la seconde guerre mondiale les alliés ont créé un monstre pour se déculpabiliser. Ce monstre n'est qu'un être souffrant dont la paranoïa s'appuie sur ce qu'il a subi. Une névrose d'État s'est emparée de ses ressortissants. Aujourd'hui l'analyse permet à nombreux de s'en sortir. Les autres ont franchi la frontière du passage à l'acte. Il n'y a d'autre solution que de s'allonger sur le divan ou de s'assoir autour d'une table pour régler pacifiquement la question. L'antisémitisme ne disparaîtra qu'en montrant l'exemple de l'intelligence et celle-ci ne passera jamais par les armes.

jeudi 24 juillet 2014

Démoustiqueurs contre apiculteurs


La présence du moustique tigre (aedes albopictus), porteur éventuel du redoutable chikungunya et de la dengue, justifierait la campagne de démoustication dans le sud de la France. Selon le principe de précaution qui a envahi tout l'espace citoyen une équipe de l'EID Méditerranée pulvérise un insecticide puissant "à titre préventif et exceptionnel", à base de pyréthrinoïde ou de pyrèthre. Efficaces pour les insectes (et les poissons !), ils sont nocifs pour les chats et les chiens. Comprendre que s'ils tuent les moustiques ils entraînent avec eux les abeilles et tous les insectes pollénisateurs. Et tous les mammifères en prennent forcément pour leur grade, mammifères dont nous faisons accessoirement partie. Jean-Claude a donc confectionné des pancartes avertissant de la proximité de ses ruches, espérant que les ouvriers qui interviendront entre 4h et 7h du matin iront mollo. Nous n'apprécierons leur zèle que plus tard si les abeilles meurent encore plus vite que d'habitude, en but à toutes les saloperies déversées sur les cultures. Françoise a donc enfilé le costume d'apicultrice pour boucher l'entrée des ruches avec un linge humide après que nous ayons vidé les bassins des canards, car l'eau sera automatiquement empoisonnée, vouant à une mort certaine tous les insectes qui viendront s'y désaltérer. Nous ne pourrons pas non plus consommer avant trois jours les fruits et légumes du jardin cultivées pourtant sans pesticides et devrons évidemment les laver abondamment. Et quelle récolte pourrons-nous espérer l'an prochain en l'absence d'insectes pollénisateurs ?


Nous avons également vidé les soucoupes où vont boire tous les animaux, domestiques ou sauvages. Chaque soir Anne répand sur sa terrasse des croquettes pour chats afin d'attirer les hérissons qui ont pris l'habitude de lui courir entre les pattes. Il est surprenant de voir galoper ces bestioles dont certaines sont énormes, les nouveaux nés étant évidemment les moins farouches. Bilan des courses : la nuit suivante je me suis fait piquer à la cheville et au poignet !

mercredi 23 juillet 2014

Instruments de musique sur iPad


Après avoir investi les ordinateurs les instruments de musique virtuels se multiplient sur les tablettes. Mon iPad est ainsi rempli de petites applications légères et bon marché, clones de modèles physiques existants ou applications inventées sur mesures pour le portable.
J'ai commencé par acquérir les versions virtuelles des instruments que je possédais déjà, question de poids et d'encombrement, histoire aussi de les avoir toujours sous la main, tels le Tenori-on (TNR-i) et le Kaossilator (iKaossilator). Je possède deux exemplaires du premier que j'emporte pourtant partout avec moi comme j'adore jouer sur le petit jaune de Korg en glissant le doigt sur son pad. La programmation des virtuels et des physiques se ressemblent, mais il y a toujours des différences importantes. Le multitouch qui permet de jouer avec tous les doigts a un gros avantage sur les modèles embarqués sur ordinateur, la souris étant très limitée à moins d'ajouter une interface en dur.
J'ai également testé les gratuits, SynthStation, Alchemy, GlassPiano, etc., mais ils ne tiennent pas le choc devant les gros engins malins que m'indiquèrent les camarades. Par exemple, Edward Perraud utilise ThumbJam d'une manière parfaitement originale, ou Christian Taillemite me suggéra le Nave de chez Waldorf et l'iVCS3. La programmation et la sonorité du Nave me rappellent mes PPG et MicroWave dont je ne me sers plus qu'en studio et plutôt rarement, mais quelle joie quand l'occasion se présente ! Aucun synthétiseur ne possède la transparence du PPG, c'est hélas un meuble et il date d'avant la norme midi... Quant au clône du VCS3 (ou AKS) il est plus proche de mon premier synthé, un ARP 2600 que j'ai probablement eu tort de vendre en 1994 après vingt ans de bons et loyaux services, mais je ne reviens jamais en arrière sur les lieux de mes crimes. J'aime bien tester des petites applis originales comme Curtis ou DrawJong, tout dépend des projets en cours. S'ils décident de mes besoins, le temps de la découverte ne peut se faire que dans les temps de désœuvrement, façon de parler pour un workaholic ! Les vacances devraient me permettre d'expérimenter tout cela - cette dernière phrase validant la précédente ;-) - d'autant qu'avec mon adaptateur USB je peux brancher sur l'iPad le clavier DAW embarqué dans la Kangoo !

mardi 22 juillet 2014

Vol de chaises


Est-il normal que le portail de la maison soit resté ouvert toute la matinée ? C'est le sujet du message inquiet de Marie-Laure qui habite en face de chez nous. En notre absence personne n'a l'usage du garage et Jonathan me confirmera qu'il n'est jamais passé par là pour sortir les poubelles. Aucun signe d'effraction ni sur le garage ni sur la porte d'entrée. Sun Sun attache les deux battants avec de la ficelle en attendant le retour de notre ami américain. L'énigme persistera jusqu'au retour du soleil lui permettant de prendre enfin son petit déjeuner dehors. Il constate alors seulement que les quatre chaises et le fauteuil en bois exotique ravagés par le temps ont disparu. Les voleurs, certainement en camion et de nuit, ont enjambé le portail, enlevé la barre et poussé simplement la porte. La présence de Jonathan les aura dissuadés d'aller plus loin, sans compter caméra, alarme et tout l'attirail paranoïaque. Ils se sont donc rabattus sur cinq sièges pourris, rapine de la misère qui montre bien l'état de la pauvreté dans notre pays.

Photogramme Norman McLaren A Chairy Tale

lundi 21 juillet 2014

Devoir de mémoire


Il y a quatre ans sur mon statut FaceBook j'écrivais "La paranoïa est un suicide programmé". On me demanda de m'expliquer. Depuis 2006, j'avais écrit 4 articles :
Autodestruction
En Israël le communautarisme a enseveli la réflexion politique
Où fait-il bon vivre ?
Neige Nuit Sable Sang
Depuis j'en ai publié d'autres et 3 en particulier :
Ils diront qu'ils ne savaient pas (sur le film Jaffa, la mécanique de l'orange de Eyal Sivan)
Comment j'ai cessé d'être juif (sur le livre de Shlomo Sand)
Apartheid en Israël (sur le film de Emad Burnat, 5 caméras brisées).
J'aurais pu ajouter ceux de Simone Bitton que j'admire pour son engagement et la qualité de son œuvre.

Je me suis mobilisé pour le peuple palestinien il y a 47 ans lorsque j'ai compris que c'était la fin de tout ce que m'avaient appris mes parents, la fin de ma culture, mais pas de ma morale.
Mon père avait sauté du train qui l'emmenait vers la mort et mon grand-père avait été gazé à Auschwitz. La politique du gouvernement israélien mettait un terme à des siècles où les juifs avaient su résister sans jamais manier le bâton. Aujourd'hui je me sens moins seul tant les voix d'hommes et de femmes d'origine juive ou pas s'élèvent pour dénoncer l'horreur de la colonisation, la politique d'extrême-droite du gouvernement israélien, le soutien belliqueux et intéressé des USA, la complicité criminelle de notre président paillasson (les ministres qui ne démissionneront pas cette semaine sont bannis à jamais), la couardise de l'ONU, et cette paranoïa du "tuons-les tous avant qu'ils nous tuent !"...


Aujourd'hui, oui, l'espoir renaît en lisant les commentaires de tous les justes qui veulent pouvoir continuer à se regarder dans la glace sans avoir honte. Mais il reste encore du chemin pour libérer les Palestiniens du joug de l'occupant et qu'enfin la paix règne sur cette partie du monde.

vendredi 18 juillet 2014

Le virtuel et les pianos miracles


La publication d'un nouvel instrument virtuel de qualité est chaque fois une fête pour les claviéristes, compositeurs et musiciens qui en ont compris les qualités. Si ces instruments ressemblent de prime abord à des clones de leurs modèles physiques, les plus intéressants constituent une nouvelle lutherie offrant des possibilités de timbre et de jeu inédits. La société UVI vient de sortir ainsi l'EGP (pour Electric Grand Piano) dont les quelques 10 000 échantillons ont été enregistrés sur un Yamaha CP-70, le célèbre premier piano à queue électro-acoustique "portable", développé dans les années 70 pour les musiciens en tournée, même s'il pesait tout de même 136 kg ! Il employait une amplification électrique qui transitait par des micros piézo placés sous chaque corde. Très populaire il a marqué toute la pop et le rock progressif.
Si les amateurs de la sonorité du CP70 trouveront leur bonheur, surtout s'ils possèdent un clavier lourd permettant plus de nuances qu'un clavier synthé, je suis surtout excité par les préparations reproduisant les attaques des cordes avec baguettes, archets, archets électroniques, étouffoirs, balais, médiators, etc., sur son clavier habituel. Les préparations sont homogènes contrairement au piano préparé de l'Ircam, également produit par le français UVI, dont chaque note peut être affectée indépendamment par 2 préparations différentes, une merveille ! Testant les presets de l'EGP j'ai découvert quantité de programmes impossibles à jouer avec l'instrument physique original, comme par exemple les archets. On ne peut pas faire tout ce que faisait son modèle, mais à l'inverse on bénéficie de programmes impossibles à réaliser jusqu'ici. L'objet possède en outre suffisamment de réglages pour se l'approprier en fonction de ses goûts ou de ses besoins. En plus de la partie électrique on peut mixer à sa guise une paire de microphones Bruel and Kjaer à stéréo large, un Neumann U67 et un microphone Royer à ruban combinés pour un signal Mid-Side.


Comme les autres instruments de la marque, l'EGP nécessite de télécharger l'application gratuite UVIworkstation, moteur multitimbral sans limitation du nombre de pistes, avec arpégiateur et d'autres effets. Il peut être utile d'acquérir en plus une clé-dongle iLok servant à protéger l'application contre la piraterie, mais l'on peut éventuellement s'en passer...
L'EGP d'UVI rejoint donc dans ma panoplie pianistique déjantée leur piano préparé, ainsi que l'Xtended Piano, l'EP73 Deconstructed et tous les autres claviers parus chez SonicCouture, autre excellent luthier d'applications virtuelles fonctionnant, elles, sous moteur Kontakt, mais les deux applications peuvent très bien se superposer !
Dans tous les cas la qualité de reproduction sonore, l'ergonomie générale, la facilité de programmation, et le prix sans commune mesure avec les instruments vintage, offrent aux musiciens de jouer avec la plus grande sensibilité, voire une nouvelle inventivité.