Jean-Jacques Birgé

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mercredi 28 janvier 2015

Birgé Hoang Fantazio filmés à La Java


Comme je cherchais une idée appropriée à l'hommage que nous désirions rendre à Jacques Thollot, Jean Rochard me rappelle que Jacques adorait Henri Michaux. Il en avait même tiré le titre de son fabuleux disque Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer ! Me voilà aussitôt en quête d'un comédien capable de dire ses poèmes accompagné par des musiciens, et que l'ensemble fasse corps. Qui de plus fou et de plus sensé que Fantazio pour relever le défi ? J'en parle à Antonin-Tri Hoang qui arrive à la maison avec une dizaine d'ouvrages de l'écrivain. Ailleurs, Face aux verrous, La vie dans les plis me sourient. Les textes courts se prêtant mieux à l'exercice, nous choisissons ce dernier recueil avec Fantazio qui rapplique aussitôt comme il habite deux rues plus haut. Pas le temps de fixer les choses, les uns et les autres sommes accaparés par les fêtes de fin d'année et les obligations familiales. Nous nous retrouvons donc le 4 janvier 2015 à La Java pour participer à une magnifique soirée au cours de laquelle une trentaine de musiciens dédieront leur prestation à l'extraordinaire batteur-compositeur disparu récemment.


Fantazio ouvre le bal en égrainant un B.O.N.S.O.I.R. de circonstance, enchaîne rapidement avec la mitrailleuse à gifles et nous voilà partis, sans n'avoir rien préparé qu'une lecture assidue du génial poète. J'attaque au piano préparé, Antonin à l'alto, Fantazio passant des alexandrins dont il a le secret au texte de La vie dans les plis. Pour les instrumentaux il fait subir à sa contrebasse les outrages dont elle a l'habitude. Une chose est certaine : nous nous amusons comme des petits fous.


Grenouilles, piano-jouet, percussions électros dessinent ma palette. Les Meidosems donnent à Fantazio le terreau dont il a besoin. Je dois moi-même à Henri Michaux mon apprentissage de la douleur, ou plutôt son apprivoisement, grâce au Bras cassé que Jean-André Fieschi me donna à lire lorsque j'avais vingt ans et un panaris ! L'exergue que je rabâche depuis en est issu : "Nous ne sommes pas un siècle à paradis, mais un siècle à savoir". Cette phrase m'a probablement sauvé la vie plus d'une fois. Il ne me restait plus qu'à monter la scène filmée par Françoise Romand depuis jardin... Et le tour est joué.

mardi 27 janvier 2015

Lire, c'est dans la poche


Françoise m'a offert une liseuse en espérant probablement me pousser à me reposer. Je ne lis de romans qu'en vacances. Le reste de l'année je suis devant les écrans de mes ordinateurs et je ne m'allonge qu'avec des journaux, des revues ou des modes d'emploi. Le soir j'ai besoin de focaliser loin devant moi, ce à quoi la projection sur le mur répond parfaitement, mon goût pour le cinématographe s'en trouvant conforté. L'objet qui ne pèse que 170 grammes peut contenir plus de livres que je n'en lirai peut-être encore dans ma vie, ce qui va soulager considérablement les bagages des futures vacances. Un léger éclairage arrière augmente le contraste, permettant de lire de jour comme de nuit. En plus on peut choisir sa police de caractères et sa taille. Aux incrédules je dirai que c'est comme lire un livre de poche hyper léger. Une simple pression sur les boutons cachés sous les doigts tourne les pages dans un sens ou l'autre. J'ai demandé conseil à mon ami Jean-Pierre Mabille qui a validé mes observations. D'abord le choix du PocketBook Sense, parfait j'en conviens. Ensuite ne pas coller la couverture, accessoirement signée Kenzo, pour ne protéger l'objet que lorsqu'il risque des rayures ou des coups. On tient mieux la liseuse libérée de son enveloppe. Pas nécessaire non plus de gaver la bibliothèque de littérature, à moins de partir pour un voyage autour du monde. Jean-Pierre me suggère de télécharger le widget gratuit Hiddenfiles pour faire apparaître les fichiers cachés et ajouter la police gratuite GillSans sans empattements dans les préférences de la liseuse. Je ne me sers pas du wi-fi, préférant gérer ma bibliothèque sur le Mac, relié en USB avec un cordon. Les autres applications fournies avec l'appareil me semblent également inutiles, d'autant que j'ai souvent avec moi un iPad ou à défaut un iPhone... Et puis j'ai lu. Le PocketBook est si petit qu'il tient dans une poche révolver, déconseillée si vous comptez vous asseoir, ou à la place d'un porte-feuilles. Comme les appareils que l'on n'hésite plus à emporter avec soi, pourquoi se priver du recueillement de la lecture dans les transports en commun ou je ne sais où. Elle est moins encombrante que le moindre journal et mieux nourrie, sans aucun doute...

J'ai essuyé les plâtres avec Maupassant et suis passé à Houellebecq, me méfiant de tout ce que l'on raconte sur l'écrivain provocateur. J'avais envie de savoir, surtout en cette période où la plupart des médias étouffent la réflexion sous un afflux émotionnel. Je ne peux pas m'empêcher de penser que la surenchère sensationnelle est essentiellement destinée à enterrer autant que possible la lutte des classes. Monter les communautés les unes contre les autres ou faire la guerre sert en général les intérêts économiques des puissants. On s'est par exemple débarrassé de notre paysannerie avec la première guerre mondiale comme on pousse aujourd'hui les inexploitables à s'entretuer en Afrique. C'est rentable pour les marchands de canons qui ont tous par ailleurs investi dans la presse et pour les dictateurs en herbe qui se font les dents avec des lois sécuritaires. Les autres profiteurs se contentent des rentes du pétrole ou des minerais précieux, du cacao ou des céréales, et surtout de la spéculation. On y reviendra, car je m'égare. Soumission n'est pas le roman le mieux écrit de son auteur, mais il conserve l'humour grinçant qui a fait son succès. J'ai été surpris de ne pas trouver d'islamophobie dans ce récit de politique-fiction. L'idée du bouquin est même plutôt marrante si nous ne vivions dans un climat rance où les musulmans sont désignés comme des envahisseurs sanguinaires par les mabouls et les vicieux. Le roman de Michel Houellebecq, avec qui j'ai enregistré deux CD en 1996, est pourtant insupportable, mais sous l'angle d'une misogynie insistante, montrant à quel point le narrateur n'a pas réglé les problèmes avec sa môman. Maintenant cela se lit facilement dans le métro, surtout si on a la chance de posséder une liseuse comme la mienne, dont le prix équivaut à sept romans en édition bourgeoise ou a une quinzaine en poche. Il existe ensuite quantité de livres gratuits passés dans le domaine public, ce qui explique l'actuel regain d'intérêt pour de très grands écrivains comme Zola, Maupassant, Flaubert, Balzac et d'autres.

lundi 26 janvier 2015

La radio en deuil, José Artur n'est plus


Ceux et celles qui n'ont pas connu les années 70 n'imaginent pas ce qu'ils doivent au Pop Club de José Artur. J'avais commencé à écouter de la musique à la radio sur Europe 1 avec l'émission Salut les copains, mais c'est avec le Pop Club que tout a basculé. Le rock et le jazz avaient trouvé leur maison et c'était sur France Inter, une radio comme on n'en fait plus. J'attendais 22h avec la fébrilité des débuts de concert. Le jingle composé par Claude Bolling et interprété par Les Parisiennes a bercé mon adolescence et Lettre à Monsieur le chef de gare de la Tour de Carol de Brigitte Fontaine fut le premier disque pop de la semaine à ouvrir l'émission chaque soir. J'ai découvert là Julie Driscoll, Luc Ferrari, Barney Willen, Napoleon XIV, François Bayle, le Bonzo Dog Band, les Fugs, les Troggs, Pink Floyd, Soft Machine, Xenakis, les musiques iranienne et indienne, Screamin' Jay Hawkins, Jacques Thollot, Leonard Cohen, Colosseum, etc. À partir de 1965, José Artur animait en direct une émission où il invitait des artistes et des intellectuels à parler de leur travail ou de l'air du temps, selon les époques il était secondé par Claude Villers, Pierre Lattès, Patrice Blanc-Francard, Bernard Lenoir... Les émissions de télé Bouton Rouge et Pop 2 en découlent directement. C'était l'arrivée sur les ondes de "la musique de sauvages" !
Il y a quelques années j'avais croisé José Artur au Festival Longueur d'Ondes à Brest. Je ne suis pas certain que lui rappeler les premières années du Pop Club lui ait fait si plaisir. Il rêvait à l'avenir malgré ses 80 ans passés. Il avait été une fée bienveillante sur toute une jeunesse née avec mai 68. Camarades musiciens, imaginez le tableau : fin des années 70, lorsqu'avec Un Drame Musical Instantané nous étions dans la dèche ou que nous désirions annoncer un concert nous téléphonions à l'assistant d'Artur pour lui demander si l'on pouvait passer au Pop Club, le soir-même nous jouions en direct sur France Inter et nous touchions un cacheton de 300 francs chacun ! Lors de la création du grand orchestre du Drame en 1981 j'avais tenu à donner à l'antenne le nom des quinze musiciens ; José Artur m'avait attrapé par le bras pour m'expliquer que cela partait d'un bon sentiment, mais que cette liste interminable passait au-dessus de la tête des auditeurs. Homme de radio par ailleurs extrêmement spirituel, il donnait des conseils aux petits jeunes dont nous saurions tirer profit plus tard lorsque nous produirons des émissions de création sur France Musique et Culture, et je pense souvent à lui lorsque je réponds à des interviews enregistrés.


José Artur est parti. Il avait 87 ans. Son empreinte marque des générations de radiophonistes et de musiciens, de journalistes et d'auditeurs. On peut écouter quelques traces de cette époque sur le site de France Inter.

Birgé Collignon Desprez (10/10) - À fond !


Pour le rappel notre dernière carte nous suggérait de demander un conseil. Dans le public le réalisateur Jean-Denis Bonan hurla "Allez-y à fond !" Nous ne nous sommes pas faits prier. J'envoyai l'artillerie lourde. Médéric Collignon attrapa son cornet. Julien Desprez fit un dernier baroud d'honneur.


Médéric fit un dernier solo vocal d'une étonnante virtuosité comme je battais les cartes de mon synthétiseur et que Julien grattait, pincait, frappait pour un ultime solo soutenu par le tambourin de Médéric.


Il ne nous restait plus qu'à saluer, remercier l'équipe du Triton pour le son et lumière, Françoise Romand pour sa captation vidéo, et d'espérer recommencer l'expérience un de ces jours ailleurs. Nous sautions de joie comme des garnements qui s'étaient bien amusés, car rien de tout cela n'avait été prévu, répété ou structuré. Seules les cartes du jeu nous guidaient, tirées au hasard par le public. Nous n'avions jamais joué ensemble. La prochaine fois il nous faudra donc inventer des situations nouvelles pour nous surprendre les uns les autres, et étonner le public qui participe chaque fois à cette drôle d'aventure.

P.S. : SPÉCIALE DÉDICACE À SYRIZA

vendredi 23 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (9/10) - Dans l'obscurité totale


Nous avions vraiment les cartes pour nous ce 28 novembre 2014 au Triton, Les Lilas, pour le spectacle Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. Comme nous annonçons le dernier morceau, la carte que je tire indique Dans l'obscurité totale ou dans une très grande salle, tout doucement. Nous éteignons les lumières, la plupart des machines et dans le noir nous nous lançons. Je dévoie l'application DigDeep publiée par les Inéditeurs pour composer des nappes de cordes. La voix de Médéric Collignon semble lointaine, mais nous n'y prêtons pas particulièrement attention. Julien Desprez se fond dans l'orchestre ou s'en extirpe en accords tranchants. Mais une surprise nous attend lorsque la lumière se rallume à la fin de notre improvisation...


Une colonne de fumée s'élève à l'emplacement de Médéric. Tour de magie à la Méliès ! Notre facétieux chanteur avait passé tout le morceau derrière l'épais rideau rouge qui recouvre le mur du fond, suant comme un damné et s'inquiétant de la durée de la pièce. Ce n'était évidemment pas terminé, le public réclamant un rappel...

jeudi 22 janvier 2015

Hommage à Jean Morières (1951-2014), samedi 15h


Parti se promener avec sa compagne Pascale Labbé dans la garrigue, Jean Morières s'écroula subitement en haut d'une petite colline. Rien ne laissait prévoir cette disparition prématurée qui nous priverait de son humour, de ses pensées, de son amitié et de sa musique si nous n'y prenions pas garde. Un an plus tard sa famille et ses amis ont décidé de lui rendre hommage en organisant un concert impromptu. Ce samedi de 15h à 18h au Conservatoire Léo Delibes de Clichy se succéderont le pianiste Florestan Boutin, le flûtiste Bruno Meillier, un trio formé de l'accordéoniste Agnès Binet, du saxophoniste François Cotinaud et du guitariste Jérôme Lefebvre, le guitariste Olivier Benoit, le clarinettiste Sylvain Kassap, et ma pomme. Ses témoignages en direct seront entrecoupés de films de Mathilde Morières (Autour de la zavrila, Un bon snob nu, Le cirque de chambre, Modus Operandi, La vie à Montignargues, Musique et vie, Eddy Bitoire). Pascale, Fanni et Antoine seront évidemment là également.


- Esprit es-tu là ?, le dernier album de Jean Morières en duo avec Florestan Boutin est un modèle de délicatesse. Japonaiserie à la manière de Van Gogh, c'est un pont sous la pluie, un arbre en fleurs, une miniature d'ukiyo-e gravée sur le bois de la table d'harmonie et autour du cylindre de buis. Le piano préparé accompagne la flûte zavrila que Jean avait inventée à sa mesure et qu'il faudrait bien qu'un musicien adopte pour qu'elle continue à vibrer. Que son esprit se manifeste dans le bois. Enregistré le 5 juin 2012 au Conservatoire de Montreuil, le disque qui tourne sur la table ne porte pas d'étiquette. Sans label, il n'est qu'une émanation. Impalpable, la musique est devenue celle des sphères.

Conservatoire Léo Delibes, 59 rue Marthe, 92110 Clichy (entrée libre) - Réservations : hommage.jm@gmail.com

mercredi 21 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (8/10) - Sur la voie


Continuez comme ça suggère la huitième carte tirée au hasard dans le jeu Oblique Strategies. Après les extravagances vocales de Médéric Collignon nous réagissons encore de la même manière, mais chacun à sa sauce, selon les instruments que nous avons apportés ce soir-là avec nous. Séance de zapping délirante où je transforme un montage radiophonique avec mon KaosPad tandis que Médéric fait de même avec son smartphone.
Dans cette séquence du spectacle Un coup de dés jamais n'abolira le hasard la caméra me relègue au hors-champ avec une accumulation inouïe de paysages sonores sortis de mon iPad qui défilent et rythment les interventions de mes camarades. Julien Desprez fait des mains et des pieds. Médéric danse sur place.

mardi 20 janvier 2015

Ella & Pitr à Paris jusqu'au 14 février


Les Papiers Peintres Ella & Pitr réussissent leur nouveau passage en galerie en se jouant des contraintes de la rue du Faubourg Saint-Honoré comme ils ont su le faire en épousant les anfractuosités des murs de la ville lorsqu'ils collent leurs affiches tendres, drôles ou impertinentes. La toile vendue à un collectionneur est un support anecdotiquement plus pérenne que le papier livré aux intempéries de la météo. Ils ont cette fois choisi la feuille d'or pour rehausser leurs fantaisies graphiques, luxe qu'ils ne peuvent se permettre en ville, mais aussi clin d'œil critique envers leur clientèle huppée. Ils ont choisi de tasser leurs portraits animaliers ou enfantins dans les rectangles que les cadres leur imposent. Leurs sujets émettent des sons que l'on ne peut que rêver.


La Galerie Le Feuvre expose donc See You Soon Like The Moon jusqu'au 15 février, 164 rue du Faubourg Saint-Honoré. De l'autre côté de la vitrine des policiers gardent je ne sais quel bâtiment (c'est à deux pas du Palais de l'Élysée !) tandis qu'à l'intérieur, Ella & Pitr ont peint un monstre qui saisit les pandores pour les dévorer. Au sous-sol on marche sur des pierres de lune. Partout les rêves d'enfants envahissent le monde des adultes.


On s'impatiente de la sortie du film Baiser d'encre, une fantaisie documentaire réalisée par Françoise Romand, pour découvrir l'envers du décor. Or ce conte moral révèle le va-et-vient entre le quotidien familial de ces jeunes artistes et leurs élucubrations tantôt projetées gracieusement sur les murs des villes du monde, tantôt s'adaptant aux lois du marché de l'art avec autant de facétie. Plus tard, pour sa publication en DVD, le film sera jumelé au carnet de croquis qui accompagne partout Ella & Pitr lors de leurs voyages interplanétaires. En attendant, la Galerie Le Feuvre a édité un nouveau catalogue, des centaines de photos sont accessibles sur Flickr, et si vous prenez de la hauteur peut-être découvrirez-vous les fresques monumentales qu'ils peignent sur les toits et qui sont visibles de la Lune !

lundi 19 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (7/10) - Soyez extravagant


Incroyable mais vrai ! Je fais tirer la septième carte à Médéric Collignon qui tombe sur Soyez extravagant. Quand on connaît les facéties de notre ami on ne pouvait pas rêver mieux pour lui faire plaisir...


Je transforme donc la voix de Médéric avec mon H3000. C'est une sorte de synthétiseur d'effets construit par Eventide, que j'ai programmé il y a des années. Médéric s'en donne à cœur joie ! Sa vitesse de réaction est toujours phénoménale. Derrière ses élucubrations se cache une critique sévère du monde sclérosé qui nous impose des lois dont personne ne se souvient plus des raisons.


Pas question de le laisser seul délirer en roue libre. J'embouche un ballon de baudruche et Julien Desprez enrobe ce paquet cadeau comme il se doit !

vendredi 16 janvier 2015

Le souffle continu des années 70


Le Souffle Continu, excellent magasin de disques spécialisé dans des musiques que l'on ne peut pas trouver ailleurs et dont 80% des ventes sont passées aux vinyles, se lance dans la réédition vinylique de 45 tours et 33 tours épuisés depuis belle lurette. Red Noise, Mahogany Brain, Heldon dessinent le rock français alternatif de mon adolescence. Influencés par la musique répétitive de Terry Riley ou les élucubrations de Frank Zappa, ils incarnent une version minimaliste de ce qui se tramait de l'autre côté de l'Atlantique. Mai 68 encore tout frais, les musiciens d'alors tiennent des discours radicaux qui laissaient entrevoir des lendemains qui chantent, et puis déchantent. Les compositions laissent libre cours à l'improvisation, preuve que le jazz n'en détenait pas l'exclusivité. La réédition de ces albums est conforme aux originaux publiés à l'origine par Gérard Terronès chez Futura pour les deux 30 centimètres et par Richard Pinhas pour les trois 45 tours. La matière plastique est cette fois chiquement colorée pour la version luxe de Red Noise (bleu transparent) et Mahogany Brain (parme transparent), et tout transparent, mat rouge et mat orange pour les petits formats de Heldon.

Son Schizo invite le philosophe Gilles Deleuze à lire un texte de Nietzsche intitulé Le voyageur sur fond de guitare, basse, batterie, et le pianiste Patrick Gauthier offre une composition jazz-rock avec Torcol (1972). Sur chaque face de ses petits 45 tours Richard Pinhas alterne guitare électrique et synthétiseur, le second disque exprimant son Soutien à la RAF (1975) pour leurs scandaleuses conditions de détention et le troisième des Pespectives instrumentales (1976). On y sent l'influence de Rainbow in Curved Air, mais dans un obstinato plus raide que sa source d'inspiration. C'est à cette époque qu'au sein de Lard Free je me retrouvai jouer de l'ARP 2600 avec Pinhas et Gilbert Artman sur la scène du Gibus et du Bus Palladium ! Je déclinai ensuite l'invitation à participer à la création de Urban Sax, intéressé par des formes plus dialectiques que l'on retrouvera en 1975 sur mon premier album, Défense de, avec Francis Gorgé et Shiroc, vinyle réédité cette fois par Wah Wah à Barcelone.

Le romantisme rimbaldien passé à la moulinette Burroughs de Mahogany Brain se fond dans un bordel ambiant franchement réjouissant en comparaison de ce qui se passait à l'époque. Sur With (Junk-Saucepan) When (Spoon-Trigger) (pochette toute noire) les balbutiements du groupe de Michel Bulteau et Patrick Geoffrois ouvrent la porte à une figure libre du rock, précurseur des impros débridées où il n'est pas nécessaire d'être un virtuose pour s'éclater et partager ses expériences lysergiques avec un public complètement défoncé.


Je lui préférai pourtant l'éclectisme de Red Noise, à la saine provocation anarchiste et à l'humour ravageur. Sarcelles-Lochères (qui figure sur la liste Nurse With Wound comme Mahogany Brain et Défense de) fait se rencontrer fortuitement un parapluie et une machine à coudre sur une table de dissection, des bruitages, du rock, du jazz, du free, des flonflons du bal dans une ambiance narquoise que j'eus la chance de partager pour avoir souvent réalisé le light-show du groupe. En 1970 le guitariste Patrick Vian (fils de Boris), le saxophoniste Jean-Claude Cenci, le bassiste Daniel Geoffroy et le batteur Philip Barry, ici augmentés de l'organiste John Livengood et du percussionniste Austin Blue, créent un petit théâtre zappien à la française qui me rappelle mes premiers pas dans le monde de la musique.


La plongée dans ces années formatrices me permet de retrouver deux affiches, celle des deux concerts que nous avions organisés au Lycée Claude Bernard, avec notre groupe Epimanondas, Red Noise + Planetarium sous le nom du Grand Berthoulet, et Dagon, l'orchestre des frères Lentin avec Daniel Hoffman et Fabien Loupignat, le tout arrosé par les lumières de H Lights que j'avais fondé avec Michel Polizzi, Thierry Dehesdin, Antoine Guerrero (qui a probablement dessiné l'affichette de la Maison des Mines) et Luc Barnier (qui me remplaçait lorsque j'étais sur scène).

jeudi 15 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (6/10) - Renversez


Médéric Collignon et moi avons la même idée. Elle nous est suggérée par notre instrumentation. La sixième carte tirée par le public indiquant Renversez, nous pensons illico à utiliser un effet qui diffuse notre voix à l'envers lorsque nous parlons en direct. Mais très vite Médéric et Julien Desprez rythment notre improvisation, l'un devenu Human Beat Box, l'autre frappant les cordes de la guitare avec un archet. L'énumération des chiffres dont l'ordre restera mystérieux nous fait glisser dans le cosmos. Je joue d'abord d'échantillons de cloches de verre excitées par un archet, puis d'un chaos que les pédales de mon synthétiseur me permettent de zapper allègrement.
Cette version du spectacle Un coup de dés jamais n'abolira le hasard a été enregistrée live au Triton, Les Lilas, le 28 novembre 2014, filmée par Françoise Romand, montée et mixée par mes soins. Le public tirait le thème de chaque pièce dans le jeu de cartes Oblique Strategies conçu par Brian Eno et Peter Schmidt.

mercredi 14 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (5/10) - Humanisez un sans faute (enfant)


Nous interprétons de manière très particulière la consigne de la cinquième carte tirée par un spectateur dans le jeu Oblique Strategies. Humanize something free of an error nous pousse vers une certaine forme de naïveté propre à l'enfance. Nous allons évidemment la chercher en nous. D'où notre titre en français : Humanisez un sans faute (enfant).




Quoi de mieux qu'un hochet pour illustrer ce retour à l'enfance ? Julien Desprez invente le sien en grattant ses cordes. Médéric Collignon se sert des jeux vidéo de son smartphone. Ce morceau a priori plus délicat m'inspire de prendre une quadruple guimbarde tandis que Médéric se saisit d'un porte-voix jouet de sa main libérée. J'ai enregistré des onomatopées sur mon Tenori-on. La guitare sature. Errare humanum est. L'erreur est le propre de l'homme. Le sans faute ne peut qu'être académique. Aucun risque de notre part ! Un coup de dés jamais n'abolira le hasard : le spectacle porte bien son titre.

mardi 13 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (4/10) - Distordre le temps


Distordre le temps marque le quatrième épisode de notre concert intitulé Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. C'est plus calme ! J'attaque gentiment, mais sombrement, à la trompette à anche, rejoint par Médéric Collignon au cornet tandis que Julien Desprez crée des sortes de nappes avec sa guitare. L'élasticité du temps me suggère d'emboucher une guimbarde à double lame. Pour le haut du spectre le synthétiseur est plus adéquat. Médéric scande le temps avec un tambourin au pied qu'ensuite il empoigne. Julien martèle le manche...
Pendant le concert nous aurons souvent recours à l'électroacoustique plus qu'à l'électronique. Les sons acoustiques sont transformés en temps réel plutôt que générés ex nihilo par des oscillateurs.


Fameux trompettiste, Médéric Collignon joue le plus souvent du cornet, mais lors de cette soirée les cartes le poussèrent à des excentricités plus vocales et électros...


La trompette à anche est un instrument inventé par Bernard Vitet qui dans les années 70 eut l'idée de fixer un bec de saxophone à une trompette. La sienne était une piccolo à quatre pistons avec un bec de sopranino. La mienne est une trompette de poche avec un bec d'alto. J'en tire des sons proches de la clarinette basse tandis que celle de Bernard permet des stridences plus proches du free jazz...


Le jeu de Julien Desprez est quasi chorégraphique. Il en souligne l'architecture en travaillant les gestes qui produisent les notes. À chaque effet correspond une gestuelle qui, loin d'être artificielle, génère un type de son ou de phrase particulier pour chaque mouvement.

lundi 12 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (3/10) - La répétition est une forme du changement



Toujours aussi délicat de publier autre chose que chacun son commentaire sur les événements politiques qui nous chamboulent. Il est pourtant indispensable de prendre quelque distance, et, pour ce, penser à autre chose pour éviter de se retrouver en boucle sur soi-même. Le travail, qui revient tout de même à soi mais sans la boucle, est un bon moyen pour lâcher du lest. J'appelle cela faire la vaisselle, même si c'est la tête que ça lave. Pour tout dire j'avais rédigé ce billet avant que tout explose...

La troisième carte de notre expérience tritonale indique La répétition est une forme du changement : je conserve le Tenori-on pour improviser une musique répétitive accumulative. Le public peut suivre le mouvement de ses notes grâce aux leds qui s'allument synchroniquement. Julien Desprez transforme le son de sa guitare avec une panoplie de pédales d'effets. Médéric Collignon fait de même avec son porte-voix. Je m'y colle à mon tour en faisant passer ma voix dans le H3000. Après quelques notes stridentes d'une flûte roumaine j'attrape une grosse flûte en PVC construite par Nicolas Bras.

C'est la troisième mouture du projet Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. La première a donné l'album Game Bling enregistré en studio avec la pianiste Ève Risser et le flûtiste Joce Mienniel. On retrouvera en vidéo la chanteuse Birgitte Lyregaard et la vibraphoniste Linda Edsjö pour la seconde, d'une part en intégralité sur le site de Radio France pour le concert enregistré au Studio 106 lors de l'émission À l'improviste et d'autre part dans un petit extrait filmé à l'Atelier du Plateau...

dimanche 11 janvier 2015

Point de vue de Boris Cyrulnik, neuropsychiatre


Je n'ai pas l'habitude de renvoyer vers une vidéo sans rédiger d'article, mais le remarquable entretien de TV7 Sud-Ouest avec Boris Cyrulnik me semble indispensable pour comprendre la situation politique actuelle, et je ne voudrais pas que mes prises de position sur les réseaux sociaux viennent court-circuiter son commentaire. Ces 26 minutes méritent que l'on prenne son temps pour en prendre connaissance (et puis elle est un plus longue que d'habitude à s'afficher, patience ! Cela vaut le coup...).

vendredi 9 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (2/10) - Court-circuit


La vie reprend son cours. On travaille du chapeau. Les questions se bousculent. Et les réponses ne se presseront pas. Je pense aussi à ceux qui sont blessés, en particulier à Simon que je n'avais pas vu depuis qu'il était entré à Charlie, mais dont je suivais discrètement les aventures... On n'a pas d'autre choix que d'avancer, de continuer en criant merde aux cons et aux salauds. Rester sur nos gardes, pas pour les raisons à la noix qui misent sur la peur et la haine, mais pour ne pas nous laisser manipuler. Les infos racontent n'importe quoi, pour ne rien dire. Alors on prend le temps de réfléchir.

En marge des évènements qui nous assaillent, voici donc le second épisode de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard enregistré live au Triton le 28 novembre 2014. La carte indiquant Court-circuit, nous glissons vers l'électronique. Médéric Collignon scratche son smartphone, Julien Desprez hache sa guitare, mon clavier cache le Mac. La carte offre un exemple de court-circuit : a man eating peas with the idea that they will improve his virility shovels them straight into his lap que je traduis un homme qui mange des petits pois en espérant que cela améliorera sa virilité les fait tomber sur ses genoux.
Les petits pois me suggèrent de passer au Tenori-on. Ses leds permettent de suivre leurs rebonds dans l'obscurité. Médéric transforme sa voix avec des effets posés sur un tabouret. Je termine avec des échantillons de grains de riz sur le manche d'une guitare. Celle de Julien souligne notre rôle d'électrons libres... Électrons libres, c'est ce que nous devons continuer à être...

jeudi 8 janvier 2015

Abattu


Je n'ai pas pu retenir mes larmes. Il m'a fallu plusieurs heures avant de me ressaisir, et encore ! Le massacre de Charlie-Hebdo est un acte de guerre, car il n'est de terrorisme que d'État. Alors par qui les salauds qui ont commis cet acte barbare sont-ils soutenus ou, plus exactement, manipulés ? À qui profitera le crime? Tout est possible. Ce n'est pas parce que les fous de Dieu crient "Allahu akbar" qu'ils ne peuvent pas être infiltrés et téléguidés, de tous côtés. Le terrorisme est une arme à double tranchant, jeu dangereux, sac de nœuds complexe.
La politique économique et les guerres que la France mène en Afrique et au Moyen-Orient, la stigmatisation imbécile des musulmans sont des pousse-au-crime. D'un autre côté, toutes les religions ont enfanté un jour des extrémistes et des assassins. Oh Dieu, que de crimes n'a-t-on pas commis en ton nom ! Mais attention aux amalgames, la très grande majorité des musulmans ne partagent absolument pas le point de vue des assassins, comme il est quantité de juifs dans le monde qui fustigent la politique coloniale d'extrême-droite du gouvernement israélien et que tous les catholiques ne sont pas aussi bouchés que les couillons de la manif pour tous. Et puis, de quelle nationalité sont les fusils avec lesquels les crimes sont commis ? N'oublions pas non plus que l'occident a armé les islamistes pour qu'ils combattent les communistes. Ils ont retourné ces mêmes armes contre leurs fournisseurs. Peut-être que les jours qui viennent nous permettront de comprendre les enjeux de cette abominable tuerie qui a touché des libres-penseurs, des journalistes, des artistes, des types dont le sens de l'humour ne plaisait pas forcément à tout le monde, boucs-émissaires de la folie des hommes.
Quoi que nous réserve l'avenir, nous ne nous tairons pas et nous devrons rester vigilants pour ne pas être manipulés à notre tour. Ici et là-bas les solutions ne peuvent être que politiques.

Le texte sur fond beige est de Joann Sfar.

mercredi 7 janvier 2015

Birgé Collignon Desprez (1/10) - Accrochez-vous à un espace sécurisant


Premier épisode d'un feuilleton musical basé sur le jeu imaginé par Brian Eno et Peter Schmidt, Accrochez-vous à un espace sécurisant (Define an area as 'safe' and use it as an anchor)) est la première carte tirée par une spectatrice. Julien Desprez commence par chatouiller sa guitare, j'enchaîne avec un programme de piano préparé et Médéric Collignon pose son cornet à dés sur la corde à linge tendue entre cour et jardin.
L'album complet de Un coup de dés jamais n'abolira le hasard est en écoute et téléchargement gratuits sur le site drame.org comme les 117 autres heures qui y sont diffusées par sa radio aléatoire, également accessibles album par album sous l'onglet mp3 gratuits. La vidéo se prête particulièrement bien à ce spectacle enregistré en public au Triton le 28 novembre 2014, filmé par Françoise Romand, monté et mixé par mes soins.

mardi 6 janvier 2015

Le sybaritisme de l'ascète


Même si le titre est juste il n'incite pas à regarder le documentaire de Nicolas Gayraud, trop flou si l'on ne sait rien. Et si l'on sait, le sujet me ferait plutôt fuir, surtout à comparer Le temps de quelques jours aux films de Cavalier et Depardon. Fausse route, ce n'est pas Thérèse et le filmage s'attache à des personnes qui se marrent tout le temps. D'autant que la religion et moi, ça fait deux, ce qui ne m'empêche pas d'adorer les films de Buñuel ! Le réalisateur a passé quelques jours avec les bonnes sœurs de l'Ordre cistercien de la Stricte Observance à Bonneval. Contrairement à ce que Françoise, qui connaît mes goûts, prédisait, nous accrochons dès la première image et nous restons fascinés pendant les 77 minutes passées avec ces femmes drôles, intelligentes et sensées qui ont choisi de vivre recluses dans la contemplation. La légèreté de ton sur un sujet aussi grave que le temps de vivre n'a rien à voir avec les modèles dont on le rapproche.


Et puis ces moniales fabriquent des chocolats dans les ateliers de leur abbaye, tradition depuis 1878, sans autre graisse végétale que le pur beurre de cacao ! Cela dit tout, même si leur vie est essentiellement consacrée à la prière. Gayraud ne reste que quelques jours, mais il prend son temps. Le temps de vivre, oui, c'est ce que ces femmes indépendantes, dégagées des contingences quotidiennes et de la mode, nous transmettent. Le réalisateur n'insistant pas particulièrement sur la foi chrétienne, leur philosophie ressemble un peu au bouddhisme. Les questions absentes sur leur économie ou la sexualité m'intriguent parce qu'elles semblent si libres que l'on a l'impression qu'elles peuvent parler de tout. Elles le font certainement en notre absence. Gayraud nous épargne aussi les bondieuseries, parce qu'il ne viole jamais leur intimité. Leur retraite ressemble à une communauté de féministes plongées dans la réflexion et le décalage. Il fait bon et frais sur les contreforts du plateau de l'Aubrac. La nature sauvage qui entoure l'abbaye est attirante. On ressort de la projection comme en élévation. Si vous aimez les projets positifs, la joie de ces vingt-six femmes qui ont aujourd'hui entre 35 et 94 ans est franchement communicative. Il n'y a pas que dans leurs propos qu'elles sont incroyablement modernes. Elles ont un site web et maintenant un film formidable est consacré à ce qu'elles représentent, du moins sous l'angle ouvert d'une écologie réelle. La caméra en propose une image personnelle sous la forme paradoxale d'un sybaritisme de l'ascète.

Le temps de quelques jours de Nicolas Gayraud, DVD Éditions Montparnasse sortie le 3 février, 15 euros

lundi 5 janvier 2015

2015, nouvel album avec Birgé Collignon Desprez


On ne chôme pas chez GRRR ! Un nouvel album est déjà en ligne, en écoute et téléchargement gratuits. Un coup de dés jamais n'abolira le hasard est l'enregistrement public du spectacle qui nous a réunis avec la chanteur-cornettiste Médéric Collignon et le guitariste Julien Desprez le 28 novembre 2014. Le thème de chaque pièce est tiré au hasard par les spectateurs dans le jeu de cartes imaginé par Brian Eno et Peter Schmidt : Accrochez-vous à un espace sécurisant / Court-circuit / La répétition est une forme du changement / Distordre le temps / Humanisez un sans faute (enfant) / Renversez / Soyez extravagant / Sur la voie / Dans l'obscurité totale / À fond.


Nous n'avions jamais joué ensemble, mais les cartes étaient avec nous ce soir-là au Triton. À l'annonce du dernier morceau la carte nous suggéra de jouer tranquillement dans l'obscurité totale. Les lumières s'éteignirent, les écrans disparurent. À la fin, quand la salle se ralluma, Julien et moi, qui étions à chaque extrémité de la scène, nous nous regardâmes avec stupeur : à l'endroit de Médéric il n'y avait plus qu'une colonne de fumée. Notre facétieux camarade était allé se cacher derrière le rideau, chantant sans micro sans que nous nous en aperçûmes. De même lorsqu'il avait tiré "Soyez extravagant" il avait fallu que cela tombe sur lui! Au rappel la carte indiquait de réclamer un conseil. Le réalisateur Jean-Denis Bonan qui assistait au spectacle cria "À fond !" et nous nous lançâmes dans une dernière improvisation sans filet. Julien avait disposé un éventail de pédales d'effets devant lui. Médéric jonglait avec ses borborygmes ou jouait de petits instruments électroniques comme avec son smartphone. J'alternais clavier, Tenori-on et divers instruments acoustiques telles une flûte, des guimbardes, la trompette à anche ou un ballon de baudruche. Ce soir-là le public semble s'être amusé presqu'autant que nous...
À suivre avec très prochainement les 10 vidéos du concert à raison de une par jour, soit un feuilleton musical en 10 épisodes !